Recours irrecevable faute de motivation

CPF kc15-020309-296/2015Tribunal cantonal / Chambre des poursuites et faillites21 oct. 2015Poursuite pour dettes et failliteRejeté

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

Le tribunal cantonal des poursuites a considéré que le recours du débiteur contre une décision de mainlevée provisoire avait été déposé à temps, mais qu’il était irrecevable, car il ne contenait aucun motif ni aucune conclusion identifiable. L’absence de motivation ne pouvait être réparée en invitant le recourant à rectifier son acte conformément au CPC. Le recours a donc été rejeté comme irrecevable, sans frais judiciaires ni dépens.

Regeste Omnilex

Art. 321 al. 1 et 2 CPC ; la recevabilité d’un recours suppose le dépôt d’un acte motivé dans le délai légal. L’autorité de recours doit pouvoir comprendre, sans procéder à ses propres recherches, quelles constatations du premier juge sont contestées et pour quels motifs. Un recours totalement dépourvu de motivation est irrecevable ; ce défaut ne constitue pas une simple irrégularité formelle au sens de l’art. 132 CPC et ne peut être réparé par une demande de clarification fondée sur l’art. 56 CPC. Le dépôt du recours auprès de l’autorité inférieure dans le délai légal sauvegarde le délai.

Texte intégral

111 TRIBUNAL CANTONAL KC15.020309-151718 296 C O U R D E S P O U R S U I T E S E T F A I L L I T E S


Arrêt du 21 octobre 2015


Composition : Mme R O U L E A U , présidente Mme Carlsson et M. Hack, juges Greffier :M. Elsig


Art. 321 al. 1 CPC Vu le prononcé rendu le 2 juillet 2015 et notifié au poursuivi le 4 août 2015, à la suite de l’audience du 2 juillet 2015, par la Juge de paix du district de Lausanne prononçant la mainlevée provisoire de l’opposition formée par C., à [...], à la poursuite n° 7'432'803 de l’Office des poursuites du district de Lausanne exercée contre lui à l’instance de U., à Lausanne, vu la demande de motivation et contestation de ce prononcé déposée le 11 août 2015 par le poursuivi,

  • 2 - vu le prononcé motivé adressé pour notification aux parties le 28 septembre 2015 et notifié au poursuivi le 2 octobre 2015, vu les autres pièces du dossier ; attendu que le recours au sens des art. 319 ss CPC [Code de procédure civile du 19 décembre 2008, RS 272] doit être introduit auprès de l'instance de recours par acte écrit et motivé (art. 321 al. 1 CPC), dans les dix jours à compter de la notification de la décision motivée (art. 321 al. 2 CPC), que le droit de recourir peut toutefois déjà s'exercer dans le délai de demande de motivation, lequel est de dix jours à compter de la communication de la décision sous forme de dispositif (art. 239 al. 1 et 2 première phrase CPC), un acte de recours déposé dans ce délai étant alors considéré comme une demande de motivation, qu'en outre, le principe selon lequel est réputé observé un délai si le mémoire a été adressé à l'autorité précédente, qui vaut pour les recours au Tribunal fédéral (art. 48 al. 3 LTF [loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005, RS 173.110]), doit être également appliqué dans la procédure de recours régie par le CPC (ATF 140 III 636; Tappy, Les voies de droit du nouveau Code de procédure civile, in JdT 2010 III 115, spéc. p. 131), qu'en l'espèce, le dispositif du prononcé du Juge de paix du district de l'Ouest lausannois du 2 juillet 2015 a été notifié le 4 août 2015 au poursuivi, de sorte que le recours de ce dernier, adressé le 11 août 2015 au magistrat précité, a été déposé en temps utile; attendu que la partie qui entend user d'une voie de droit a la charge de se conformer à certaines règles de forme, à défaut de quoi sa démarche sera frappée d'irrecevabilité (Jeandin, in

  • 3 - Bohnet/Haldy/Jeandin/Schweizer/Tappy (éd.), Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, n. 1 ad art. 321 CPC),

qu'en particulier, selon l'art. 321 al. 1 CPC, le recours doit être motivé, que cette norme ne fait pas des conclusions formelles une condition de recevabilité du recours,

qu'il faut toutefois que la motivation du recours permette de comprendre ce que le recourant veut obtenir, faute de quoi l'intérêt au recours n'est pas démontré (CPF, 9 décembre 2014/404; CPF, 20 mars 2014/100; CPF, 7 février 2012/33; CPF, 30 décembre 2011/548),

que l'instance de recours doit ainsi pouvoir comprendre ce qui est reproché au premier juge sans avoir à rechercher des griefs par elle- même, ce qui exige une certaine précision quant à l'énoncé et à la discussion des griefs (CREC, 11 mai 2012/173), qu’en l’espèce le poursuivi n'a formulé aucun grief, motif ou moyen de recours reconnaissable contre le prononcé levant définitivement son opposition dans son écriture du 11 août 2015, qu'il n'a pas déposé d'autre acte après réception des motifs de la décision, que l'absence de motivation du recours est un vice qui n'est pas réparable (cf. par analogie : TF 5P.429/2006 du 11 décembre 2006), qu'ainsi l'art. 132 CPC, selon lequel le tribunal peut fixer un délai pour la rectification de certains vices affectant un acte, ne s'applique pas dans le cas d'un acte de recours dépourvu de motivation,

qu'en effet, l'absence de motivation ne constitue pas un vice purement formel visé par l'art. 132 al. 1 CPC, tel que l'absence de

  • 4 - signature ou de procuration, et n'est pas non plus assimilable à une motivation incompréhensible au sens de l'art. 132 al. 2 CPC (CPF, 2011/548 et 2014/100 précités),

que l'art. 56 CPC, selon lequel le tribunal donne aux parties l'occasion de clarifier ou de compléter leurs actes ou déclarations peu clairs ou manifestement incomplets, concerne des allégations de fait et n'est pas applicable non plus en cas d'absence de motivation d'un acte de recours (ibidem),

que l'acte du 11 août 2015, faute d'être motivé, ne satisfait pas aux exigences de forme posées par la loi et doit par conséquent être déclaré irrecevable;

attendu que le présent arrêt peut être rendu sans frais judiciaires ni dépens. Par ces motifs, la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites, p r o n o n c e : I. Le recours est irrecevable. II. L’arrêt, rendu sans frais judiciaires ni dépens, est exécutoire. La présidente : Le greffier :

  • 5 - Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à : -M. C., -Mme U.. La Cour des poursuites et faillites considère que la valeur litigieuse est de 3’500 francs. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, au moins à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué à : -Mme la Juge de paix du district de Lausanne. Le greffier :

Mots-clés

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Yes. The appeal sent to the first-instance magistrate on 2015-08-11 was timely under the CPC deadline rules.

The dispositive part was notified on 2015-08-04, and filing with the lower authority preserves the deadline.

No. The filing contained no identifiable grievance, argument, or request that would allow the court to understand what was being challenged.

An appeal under Art. 321 CPC must be reasoned; without any recognizable grounds, the appeal is inadmissible. The defect is not curable under Art. 132 CPC and Art. 56 CPC does not apply.

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