Recours contre le refus de désigner un avocat d’office dans une affaire de sursis concordataire

CPF fv16-040747-383/2016Tribunal cantonal / Chambre des poursuites et faillites16 déc. 2016Poursuite pour dettes et failliteRejeté

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

R.________ a recouru contre une décision du Tribunal d’arrondissement de Lausanne qui ne lui avait accordé que partiellement l’assistance judiciaire dans une procédure de sursis concordataire et avait refusé de lui désigner un avocat. La Cour cantonale a considéré que le recours avait été déposé en temps utile et était recevable, mais a jugé justifié le refus de désigner un avocat d’office, au motif qu’elle avait déjà bénéficié de l’assistance d’un avocat, avait elle-même mis fin au mandat et semblait capable de se défendre seule. Elle a également relevé que la cause au fond était vouée à l’échec. La demande d’assistance judiciaire pour la procédure de recours a été rejetée et le recours a été rejeté sans frais.

Regeste Omnilex

Art. 117, 118 et 121 CPC; recours contre le refus de désigner un avocat d’office et d’accorder l’assistance judiciaire dans une procédure de sursis concordataire. Une décision refusant l’assistance judiciaire est susceptible de recours en vertu de l’art. 121 CPC. Une notification par lettre recommandée est réputée accomplie à l’expiration du délai de garde de sept jours. La désignation d’un avocat d’office au sens de l’art. 118 CPC n’est nécessaire que si la sauvegarde des droits du requérant l’exige; une représentation antérieure, la résiliation du mandat par l’intéressé et sa capacité apparente à conduire la procédure peuvent justifier le refus. L’assistance judiciaire pour le recours lui-même est exclue lorsque celui-ci est manifestement dépourvu de chances de succès (art. 117 lit. b CPC).

Texte intégral

105 TRIBUNAL CANTONAL FV16.040747/AJ16.003175-162135 383 C O U R D E S P O U R S U I T E S E T F A I L L I T E S


Arrêt du 16 décembre 2016


Composition : Mme R O U L E A U , présidente M.Colombini et Mme Byrde, juges Greffier :MmeDebétaz Ponnaz


Art. 118 et 121 CPC Vu la requête déposée le 15 septembre 2016 par R., à Lausanne, sous la plume de son conseil de choix, l’agent d’affaires breveté X., concluant à l’octroi d’un sursis concordataire provisoire de quatre mois et à la nomination de l’agent d’affaires breveté S.________ comme commissaire provisoire au sursis, vu la décision rendue le 15 septembre 2016 par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, accordant à R.________ un sursis provisoire de quatre mois et désignant S.________ en qualité de commissaire provisoire,

  • 2 - vu la demande de récusation du commissaire provisoire au sursis et la demande d’assistance judiciaire déposées le 21 octobre 2016 par R., agissant seule, vu la résiliation du mandat de son conseil X., par R., le 24 octobre 2016, vu la décision rendue le 25 novembre 2016 par la Présidente du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, accordant à R., dans la cause en sursis concordataire, le bénéfice de l’assistance judiciaire comprenant l’exonération d’avances et de frais judiciaires, avec effet au 15 septembre 2016, la bénéficiaire étant astreinte au paiement d’une franchise mensuelle de 50 fr., vu le recours formé le 13 décembre 2016 contre cette décision par R.________, sous la plume de son nouveau conseil, concluant, avec suite de frais et dépens, à l’annulation de la décision et à ce qu’il soit dit que la recourante a droit à l’assistance juridique d’un mandataire dans le cadre de la procédure de sursis concordataire, ainsi qu’à l’octroi de l’assistance judiciaire dans la présente procédure de recours ; attendu que les décisions refusant ou retirant totalement ou partiellement l’assistance judiciaire peuvent faire l’objet d’un recours (art. 121 CPC [Code de procédure civile ; RS 272]), que la décision attaquée, adressée pour notification à la recourante en courrier recommandé le 25 novembre 2016, est censée lui avoir été notifiée à l’échéance du délai de garde de sept jours (art. 138 al. 3 let. a CPC), soit le 3 décembre 2016, que le recours, posté le 13 décembre 2016, a été déposé en temps utile (art. 321 al. 2 CPC),

  • 3 - qu’il répond en outre aux exigences formelles de l’art. 321 al. 1 CPC, qu’il est ainsi recevable ; attendu qu’une personne a droit à l’assistance judiciaire si elle ne dispose pas de ressources suffisantes et si sa cause ne paraît pas dépourvue de chance de succès (art. 117 CPC), que l’assistance judiciaire comprend l’exonération d’avances et de sûretés, l’exonération des frais judiciaires et la commission d’un conseil juridique par le tribunal lorsque la défense des droits du requérant l’exige, en particulier, lorsque la partie adverse est assistée d’un avocat (art. 118 al. 1 CPC), que l’assistance judiciaire peut être accordée totalement ou partiellement (art. 118 al. 2 CPC), qu’en l’espèce, le premier juge n’a pas accordé à la recourante la commission d’un conseil d’office, considérant qu’elle avait eu un conseil, dont elle avait résilié le mandat en invoquant l’existence d’un conflit d’intérêt, mais sans donner plus de justification, et qu’elle paraissait en outre capable de procéder seule à la défense de ses intérêts, que ces motifs sont convaincants et peuvent être confirmés, qu’au demeurant, la cause de la recourante était vouée à l’échec, pour les motifs exposés dans l’arrêt rendu sur le fond le 9 décembre 2016, que le recours doit par conséquent être rejeté, que, vu le sort du recours, qui paraissait d’emblée dépourvu de toute chance de succès, la recourante n’a pas droit à l’assistance judiciaire pour la procédure de deuxième instance (art. 117 let. b CPC),

  • 4 - que le présent arrêt est rendu sans frais (art. 119 al. 6 CPC). Par ces motifs, la Cour des poursuites et faillites du Tribunal cantonal, statuant à huis clos en sa qualité d'autorité de recours en matière sommaire de poursuites et de faillite, p r o n o n c e : I. Le recours est rejeté. II. La requête d’assistance judiciaire est rejetée. III. La décision est confirmée. IV. L’arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. La présidente : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi de photocopies, à : -Me David Métille, avocat (pour R.________). Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110). Ce recours doit être déposé devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF).

  • 5 - Cet arrêt est communiqué à : -Mme la Présidente du Tribunal d'arrondissement de Lausanne. La greffière :

Mots-clés

legal aidappointed counselappeal admissibilitydebt restructuringmoratoriumprospects of successnotificationself-representation

The appeal was admissible: the challenged decision was deemed notified on 2016-12-03 and the appeal filed on 2016-12-13 was timely and met formal requirements.

Decisions refusing or withdrawing legal aid are appealable under Art. 121 CPC; notification by registered mail is deemed completed after the seven-day holding period; the filing complied with Art. 321 CPC.

No. The first judge’s refusal to appoint counsel was upheld because the appellant had previously been represented, had terminated that mandate herself, and appeared able to conduct the case personally.

Under Art. 118 CPC, appointed counsel is granted only when the defense of rights requires it; here the grounds relied on by the first judge were persuasive, and the appeal case was in any event hopeless.

No. Since the appeal was manifestly without prospects of success, legal aid for the appeal proceedings was refused.

Art. 117 let. b CPC requires that the case not be devoid of chances of success; this condition was not met.

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