Suspension de la procédure de recours en matière d’assurances sociales refusée

CASSO zd12-043148-ai25712/2013Tribunal cantonal / Chambre des assurances sociales13 juin 2013Droit des assurances socialesRejeté

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

W.________ a recouru contre une décision de l’AI lui refusant une rente d’invalidité et a demandé la suspension de la procédure pendant six mois afin qu’une évaluation professionnelle puisse être achevée après son transfert dans une autre institution. La Cour cantonale vaudoise, Division des assurances sociales, a considéré que la décision contestée devait être examinée au regard de la situation de fait existant au moment où elle a été rendue; des faits ultérieurs ne peuvent justifier une suspension destinée à remplacer la révision. La demande de suspension a donc été rejetée, et les frais de l’incident ont été réservés jusqu’à droit connu sur la cause principale.

Regeste Omnilex

Art. 25 LPA-VD, 94 al. 2 LPA-VD; suspension de la procédure dans les recours en matière d’assurances sociales: le juge ne peut suspendre la cause que pour de justes motifs, notamment lorsque la décision dépend de l’issue d’une autre procédure. La suspension n’est pas admissible lorsqu’elle vise à attendre des faits survenant après la décision administrative contestée, puisque le contrôle judiciaire porte en principe sur la situation de fait existant à la date de cette décision; les développements ultérieurs doivent être pris en compte par une nouvelle décision administrative ou par la révision, et non par un retard de procédure (consid. sur la portée temporelle du contrôle).

Texte intégral

407 TRIBUNAL CANTONAL AI 257/12 ZD12.043148 C O U R D E S A S S U R A N C E S S O C I A L E S


Ordonnance du 13 juin 2013


Présidence de MmeD E S S A U X , juge instructeur Greffier :MmeMatile


Cause pendante entre : W.________, à Chevilly, requérante, représentée par Me Jean-Marie Agier, avocat auprès du Service juridique de la Fédération suisse pour l'intégration des handicapés, à Lausanne, et OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ POUR LE CANTON DE VAUD, à Vevey, intimé.


Art. 25 LPA-VD; 94 al. 2 LPA-VD

  • 2 - Vu la décision de l'Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après: OAI) du 15 octobre 2012 refusant à W.________ le droit à une rente d'invalidité, vu le recours interjeté par W.________ le 24 octobre 2012 contre la décision précitée, vu la requête de suspension de la procédure pour une durée de six mois présentée le 12 mars 2013 par W., vu l'opposition du 15 avril 2013 de l'OAI à la requête de suspension, vu les pièces au dossier; attendu que le magistrat instructeur est compétent pour prendre les mesures d'instruction et celles relatives aux mesures provisionnelles (art. 94 al. 2 LPA-VD [loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative, RSV 173.36]), que le juge instructeur peut, d'office ou sur requête, suspendre la procédure pour de justes motifs, notamment lorsque la décision à prendre dépend de l'issue d'une autre procédure ou pourrait s'en trouver influencée d'une manière déterminante (art. 25 LPA-VD), qu’en l'espèce, W. fait valoir à l'appui de sa requête de suspension que la décision de l'OAI du 15 octobre 2012 était prématurée, que plus particulièrement, sa capacité résiduelle de travail en qualité d'employée en intendance au sein de l'Ensemble Hospitalier O.________ était impossible à déterminer dans la mesure où son contrat de

  • 3 - travail était un contrat de "remplacement" sans définition de taux d'activité, qu’il convenait de disposer du temps nécessaire à l'établissement d'un bilan professionnel ensuite de son déplacement de l’EMS E.________ à l'Hôpital X.________ (décidé le 12 février 2013), étant précisé que ce bilan, destiné à déterminer sa réelle capacité de travail, ne pouvait être effectué avant plusieurs mois, que lorsqu'il a rendu sa décision le 15 octobre 2012, l'OAI connaissait les conditions du contrat de travail liant W.________ à l'Ensemble Hospitalier O.________, que selon une jurisprudence constante, le juge des assurances sociales apprécie la légalité des décisions attaquées, en règle générale, d'après l'état de fait existant au moment où la décision litigieuse a été rendue (ATF 121 V 366 consid. 1b et les arrêts cités), que les faits survenus postérieurement, et qui ont modifié cette situation, doivent normalement faire l'objet d'une nouvelle décision administrative (ATF 121 V 366 consid. 1b et la référence), qu’en l’espèce, la suspension de cause ne saurait être envisagée dès l’instant où elle a pour but d’exploiter des faits postérieurs à la décision litigieuse, qu’au demeurant, l’octroi de la suspension équivaudrait en l’occurrence à détourner les règles prévalant en matière de révision, qu’en conséquence, il ne sera pas fait droit à la requête de suspension, que les frais et dépens de la présente procédure incidente suivent le sort de la cause au fond.

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  • 5 - Par ces motifs, le juge instructeur p r o n o n c e : I. La requête de suspension de cause présentée le 12 mars 2013 par W.________ est rejetée. II. Les frais et dépens de la présente procédure suivent le sort de la cause au fond. La juge instructeur : La greffière : Du L’ordonnance qui précède est notifiée à : -Me Jean-Marie Agier, avocat (pour W.________), -Office de l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud, -Office fédéral des assurances sociales, par l'envoi de photocopies. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière de droit public devant le Tribunal fédéral au sens des art. 82 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral ; RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF, sous réserve des exigences de 92 et 93 LTF. Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral (Schweizerhofquai 6, 6004 Lucerne) dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). La greffière :

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Mots-clés

suspension of proceedingssocial insuranceinvalidity pensionrevisiontemporal scope of reviewincidental procedurecosts

No. Suspension was refused because it would seek to exploit facts arising after the challenged decision and would bypass the rules on revision.

The court held that social insurance review is generally based on the facts existing when the contested decision was issued. Later developments must ordinarily be dealt with through a new administrative decision, not by suspending the appeal to await them.

The costs and party expenses of the incidental procedure follow the outcome of the merits case.

Since the request for suspension was rejected, the court left costs to be determined together with the main appeal.

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