402
TRIBUNAL CANTONAL
AI 166/11 - 177/2013
ZD11.021044
C O U R D E S A S S U R A N C E S S O C I A L E S
Présidence de MmeT H A L M A N N
Juges:M.Neu et Mme Pasche
Greffière:MmeMestre Carvalho
Cause pendante entre :
Z.________, à [...], recourant, représenté par Me Catherine Jaccottet Tissot,
avocate à Lausanne,
et
OFFICE DE L'ASSURANCE-INVALIDITÉ POUR LE CANTON DE VAUD, à
Vevey, intimé.
Art. 6, 7, 8 16 et 17 LPGA; art. 4 et 28 LAI
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3 -
de maçon et plâtrier, celle-ci impliquant des travaux lourds, mais que de
nombreux autres travaux demeuraient possibles sans perte de rendement.
Au cours des années 1999 et 2000, l’assuré a subi trois autres
accidents :
-
Il a souffert de gonalgies apparues après avoir joué au
football en mars 1999 et a subi, le 31 août 1999, une résection par voie
arthroscopique d’une déchirure en languette de la corne postérieure du
ménisque interne du genou gauche (cf. déclaration d'accident du 10
septembre 1999 et protocole opératoire du 31 août 1999 du Dr W.________
de la Permanence de X.________).
-
Le 7 mars 2000, il a glissé sur la première marche d’une
échelle, occasionnant une déchirure des ligaments au niveau de la cheville
droite (cf. déclaration d’accident du 8 mars 2000).
-
Le 9 juin 2000, il a de nouveau glissé sur une marche et a
souffert d'une contusion à la cheville droite, traitée par immobilisation (cf.
déclaration d'accident du 16 juin 2000 et rapport médical du 8 août 2000
du Dr T.________ de la Permanence de X.________).
Par décision du 11 janvier 2001, la CNA a mis l’assuré au
bénéfice d’une rente d’invalidité d’un taux de 25% dès le 1
er
janvier 2001,
fondée sur un degré d’incapacité de travail de 25% dans l’activité
habituelle de plâtrier, due aux séquelles de l’accident de février 1997.
Dans un projet de décision du 22 février 2001, l’Office de
l'assurance-invalidité pour le canton de Vaud (ci-après : l'OAI) a informé
l’assuré de son intention de rejeter la demande de prestations pour les
motifs suivants :
"Selon les renseignements dont nous disposons, vous avez été
victime d’un accident survenu le 24.02.1997 vous mettant en
incapacité totale de travail. Vous avez cependant pu reprendre votre
activité progressivement depuis le 13.05.1997. A l’échéance du délai
d’attente d’une année, soit le 24.02.1998, votre capacité de travail
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et de gain est évaluée à 75% que vous désirez toujours mettre en
valeur auprès de votre employeur.
Votre degré d’invalidité découle dès lors du calcul suivant :
francs
Revenu provenant d’une activité lucrative,
sans invalidité 63'763.00
Revenu provenant d’une activité
raisonnablement exigible, avec invalidité 47'822.00
Manque à gagner/degré d’invalidité15'941.09 = 25%
Lors de l’entretien que vous avez eu en novembre dernier avec
notre service de réadaptation, vous n’avez pas souhaité changer
d’activité dans la mesure où vous appréciez le travail que vous
accomplissez chaque jour. Là également notre intervention ne se
serait pas justifiée, excepté pour une éventuelle aide au placement,
puisque vous pourriez réaliser un gain annuel de Fr. 54’600.-- en
qualité de magasinier par exemple.
Votre degré d’invalidité découlerait alors du calcul suivant :
francs
Revenu provenant d’une activité lucrative,
sans invalidité 63’763.00
Revenu provenant d’une activité
raisonnablement exigible, avec invalidité 54’600.00
Manque à gagner/degré d’invalidité 9'163.00 =
14.37%"
Par décision du 26 mars 2001, l’OAI a rejeté la demande de
prestations de l'assuré pour les motifs exposés dans son projet précité.
B.Le 12 octobre 2001, l’assuré a déposé une deuxième demande
de prestations, sollicitant l'octroi d'une rente et faisant état de maux de
dos.
Dans un certificat médical du 2 novembre 2001, le Dr
D.________, spécialiste en médecine interne générale et médecin traitant
de l'assuré, a fait mention d'une aggravation de l’état de santé de ce
dernier pour cause de lombalgies et de toux chronique.
Dans un projet de décision du 21 décembre 2001, l’OAI a fait
part à l’assuré de son intention de ne pas entrer en matière sur sa
nouvelle demande.
-
5 -
Suite à l’opposition formée le 11 janvier 2002 par l’assuré, un
rapport du 21 septembre 2001 consécutif à des radiographies de la
colonne lombaire a été produit, aux termes duquel de la Dresse
Q., radiologue, concluait à une scoliose lombaire sinistro-convexe
et à une atteinte dégénérative débutante en L4-L5.
A teneur d'un questionnaire pour l’employeur du 12 mars
2002, l'entreprise V. SA a indiqué que l’assuré continuait à
travailler à son service comme maçon-plâtrier, mais avec des taux
variables, l’intéressé allant à son rythme. La moyenne annuelle de travail
était de 41 heures par semaine, pour un salaire horaire de 21 fr. 40 depuis
le 1
er
janvier 2002, étant précisé que sans atteinte à la santé, ce salaire se
serait porté à 29 fr. de l'heure.
Dans un rapport du 6 juin 2002 consécutif à des radiographies
de la colonne cervicale, le Dr C., radiologue, a conclu à un léger
pincement de l’espace intersomatique C5-C6 et à un aspect prononcé des
apophyses unciformes de C6.
Dans un rapport du 10 février 2003, le Dr D. a posé
comme diagnostic ayant des répercussions sur la capacité de travail celui
de cervicalgies existant depuis 2001, et a fait état d'une incapacité de
travail de 50%. Le 8 mai 2003, ce même médecin a précisé que
l’incapacité de travail était présente depuis le 1
er
mai 2002. Il a en outre
mentionné les diagnostics suivants :
-
Ulcère antral traité avec Nexium;
-
Status après résection de la corne postérieure du ménisque interne du
genou gauche le 31 août 1999;
-
Léger pincement de l’espace intersomatique C5-C6 avec cervicalgies;
-
Sensation d’anesthésie de la main droite;
-
Sinusite et bronchite (novembre 2001);
-
Lombalgies.
-
6 -
Par décision du 4 août 2003, l’OAI a rejeté la demande de
rente en considérant notamment ce qui suit :
"Résultat de nos constatations :
Nous avons repris l’instruction de votre demande, bien que les
renseignements médicaux au dossier ne fassent pas état d’une
aggravation à proprement parler de votre état de santé.
Depuis votre accident survenu en 1997, pour lequel la SUVA vous a
reconnu une incapacité de gain de 25% et vous verse une rente en
conséquence, vous avez pu reprendre votre activité lucrative de
plâtrier-peintre, activité que votre employeur a adaptée à vos
problèmes de santé, avec un rendement de l’ordre de 75%.
Votre degré d’invalidité découle donc du calcul ci-dessous :
Revenu annuel professionnel raisonnablement exigible :
sans invaliditéCHF 61'828.00
avec invaliditéCHF 44'772.00
La perte de gain s’élève àCHF 17'056.00 = un degré
d’invalidité de 27.75%
Un degré d’invalidité inférieur à 40% ne donne pas droit à une rente
d’invalidité."
Le recours interjeté le 10 septembre 2003 par l’assuré auprès
du Tribunal des assurances du canton de Vaud a été écarté
préjudiciellement par jugement du 1
er
octobre 2003 dès lors qu’aucune
décision sur opposition n’avait été rendue, et cet acte, considéré comme
une opposition, a en conséquence été transmis à l’OAI comme objet de sa
compétence.
A teneur d'un rapport du 25 avril 2003, le Dr V.,
spécialiste en médecine interne et gastroentérologie, a posé les
diagnostics de glissement herniaire avec signes de reflux, gastroptose sur
pylorospasme fonctionnel et ulcère antral prépylorique.
Le 20 août 2003, l’assuré s’est tordu la cheville droite et n’a
par la suite plus repris le travail. Dans un rapport du 12 décembre 2003
consécutif à une imagerie par résonance magnétique (IRM) de la cheville
droite, le Dr R., radiologue, a conclu à une lésion ostéochondrale
du versant latéral du dôme astragalien, avec une déformation des
surfaces articulaires dans le segment postérieur de la lésion, une atteinte
-
7 -
avancée des surfaces cartilagineuses à ce niveau, un oedème extensif de
l’astragale et des altérations du signal de type oedémateux du segment
tibial distal, en regard de la lésion. L'intéressé a été opéré de sa fracture
ostéochondrale de l'astragale de la cheville droite le 6 janvier 2004, date à
laquelle une mosaïque-plastie ostéochondrale a été pratiquée.
L’assuré a séjourné à la Clinique [...] (ci-après : la Clinique
N.) du 8 juin au 14 juillet 2004. Du rapport de sortie établi le 23
juillet 2004 par les médecins de cet établissement, il est résulté que la
situation médicale n’était pas totalement stabilisée à ce moment-là.
Cependant et en ce qui concernait la cheville droite uniquement, les
limitations pouvant être retenues concernaient la marche sur les terrains
difficiles, la montée et la descente répétitive d’escaliers et le port de
charges lourdes. Une reprise du travail à 100% était envisageable dans
une activité qui respecterait ces limitations, la capacité de travail dans
l’activité habituelle étant nulle.
Le 12 mai 2005, l’assuré a été examiné par le Dr P.,
médecin d'arrondissement auprès de la CNA, qui a indiqué que les
séquelles de l’ancienne fracture scaphoïdienne du poignet droit n’avaient
pas évolué de façon significative depuis la liquidation du cas par la CNA.
En ce qui concernait l’atteinte astragalienne, la situation était désormais
stabilisée. Les dernières radiographies de la cheville, pratiquées le même
jour, témoignaient d’une nette régression de l’ostéodystrophie mouchetée
médio-tarsienne observée sur des clichés pratiqués en 2004. Il subsistait
une irrégularité de l’angle astragalien supéro-externe, mais on n’observait
pas de pincement arthrosique de la tibio-astragalienne. En l’absence
d’altérations dégénératives notables, les séquelles n’atteignaient pas un
degré indemnisable selon les barèmes de l’IPAI (indemnité pour atteinte à
l’intégrité). Cette appréciation devait cependant être revue en cas
d’évolution tardive vers une arthrose tibio-astragalienne. Il existait une
pleine capacité de travail, dans les limites de la rente actuelle, dans toutes
activités n’exigeant pas de déplacement en terrain irrégulier ni de marche
prolongée, comme les activités mentionnées dans les Descriptions de
postes de travail (DPT) n° [...] (surveillant de parking), [...] (surveillant de
-
8 -
parking), [...] (micro-soudeur et contrôleur), [...] (caissier de
station/kiosque) et [...] (caissier) établies par la CNA.
Le Prof. M.________, rhumatologue, a été mandaté expert par
l’OAI. Il résulte de son rapport d’expertise du 23 mai 2005 notamment ce
qui suit :
"4. DIAGNOSTIC
▪ Douleurs résiduelles de la cheville droite
▪ Status post-Iésions ostéochondrales du dôme supérieur
externe de l’astragale droite, sur entorses à répétition,
ayant bénéficié d’une mosaïque-plastie ostéochrondrale
▪ Gonarthrose gauche débutante
▪ Lombalgies chroniques sur troubles statiques et
dégénératifs
▪ Fracture du scaphoïde carpien à droite en 1996
▪ Méniscectomie du genou gauche en 2000
▪ Ulcère gastro-duodénal en 2003
-
10 -
Le Dr G., du Service médical régional de l'AI (ci-après :
le SMR), a indiqué ce qui suit dans un avis médical 28 juin 2005 :
"Nous avons fait procéder à une expertise chez le Prof M.. Il
s’agit d’une pathologie mixte, en partie secondaire à des accidents
et en partie secondaire à une pathologie médicale.
L’assuré a présenté plusieurs accidents, le dernier en date, une
fracture de l’astragale et un status après plusieurs entorses de la
cheville droite, génère une incapacité de travail de 100% dans le
métier exercé, depuis le 20.08.2003. En raison de cette pathologie,
le travail antérieur n’est plus exigible.
En tenant compte de la gonarthrose gauche débutante, des
lombalgies chroniques, du status après fracture du scaphoïde
carpien droit en 1996, avec des douleurs résiduelles, la capacité de
travail dans une activité adaptée aux limitations fonctionnelles
décrites ci-dessous est de 100%, avec une diminution de rendement
de 20%.
Une réadaptation aurait pu être mise en oeuvre dès octobre 2004.
La toux chronique, l’ulcère duodénal traité ne sont pas des
pathologies invalidantes.
Limitations fonctionnelles : Port de charges de plus de 15 kg, activité
en porte à faux du tronc, activité nécessitant de longs déplacements
à pied, particulièrement en terrain difficile."
Dans un avis médical du 13 septembre 2005, ce praticien a en
outre mentionné ce qui suit :
"Avant le 20.08.2003, l’assuré présentait bien une CT de 75% dans
son métier de plâtrier peintre et de 100% dans une activité adaptée.
La diminution de 25% de la CT dans l’activité habituelle est motivée
par un accident du poignet droit de 1997 et en conformité avec
l’avis de la SUVA. Les lombalgies banales et au demeurant modestes
ne contre-indiquent pas l’exercice de la profession de plâtrier
peintre, tout comme la gonarthrose débutante.
L’assuré a présenté plusieurs entorses de la cheville dès 2000, avec
une probable instabilité articulaire. La dernière entorse en août 2003
a entraîné une fracture nécessitant une intervention chirurgicale.
Cette intervention a entraîné des complications avec une probable
algodystrophie. En tenant compte de l’observation de la Clinique
N., de l’expertise du Dr M., j’ai estimé que la
réadaptation n’aurait pas pu avoir lieu avant octobre 2004. Je
maintiens cette estimation. Il s’agit d’une date basée sur l’état
clinique de l’assuré lors de deux observations rigoureuses (Clinique
N.________ et expertise) et sur l’histoire « naturelle » de ce genre de
complications."
-
11 -
Dans un rapport du 11 juillet 2006, le Dr F., spécialiste
en chirurgie orthopédique, a posé les diagnostics suivants :
"Arthrose post-traumatique débutante de la cheville droite.
Status après plastie ostéo-chondrale mosaïqué du dôme astragalien
externe, pathologie méniscale du genou gauche.
Status après fracture du scaphoïde carpien droit."
Il a notamment exposé ce qui suit :
"Appréciation et proposition : En résumé, il s’agit d’une évolution
défavorable après une grosse ostéo-chondrite disséquante que l’on
a tenté de réparer par une greffe en mosaïque. L’évolution se fait
graduellement vers l’arthrose post-traumatique.
Du point de vue médical, la gêne du patient ne nécessite pour
l’instant pas de traitement agressif. En cas d’aggravation des
symptômes, il faudrait rediscuter de faire une arthroscopie avec
débridement du compartiment antéro-externe et inspection de la
greffe. A plus long terme, je pense que le patient pourra bénéficier,
une fois [que] l’usure cartilagineuse tibio-astragalienne sera
complète du côté externe, d’une prothèse de cheville. J’ai également
proposé au patient, en première ligne en cas d’aggravation, de
tenter une infiltration à la cortisone de l’articulation tibio-
astragalienne. Il me rappellera à ce sujet.
Du point de vue professionnel, il est clair qu’en fonction de cette
atteinte grave de la cheville droite et d’autres atteintes musculo-
squelettiques, auxquelles se rajoute une pathologie respiratoire, on
ne peut pas espérer une reprise du travail dans un quelconque
travail lourd ou même relativement léger en position debout. Par
contre, il faut, à mon sens, essayer une reconversion professionnelle
dans une activité en majeure partie assise, en ne soulevant des
charges de maximum 5 kg.
Je laisse aux instances compétentes le soin de déterminer quel type
d’activité sur le marché du travail pourrait répondre à ce critère."
L’assuré a effectué un stage d’évaluation du 30 octobre au 24
novembre 2006 au Centre O.. La Dresse S., médecin-
conseil auprès de ce centre, a conclu son rapport du 11 décembre 2006
comme il suit :
"M. Z. bénéficie d’une rente SUVA de 25 %, suite à l’accident
du poignet droit en 97, pour lequel il avait subi une fracture du
scaphoïde. En 2000, il se blesse la cheville droite, subissant une
opération pour une ostéochondrite disséquante en janvier 04,
probablement compliquée d’une maladie de Südeck. M. Z.________
est aussi connu pour des troubles statiques et dégénératifs
lombaires ainsi que pour une gonarthrose gauche modérée (status
après méniscectomie en 99).
-
12 -
Dès lors, toute activité lourde, en position debout soutenue,
nécessitant de nombreux déplacements, et sollicitant de manière
répétée et en force le poignet droit n’est plus envisageable. Dans
des activités allégées, permettant l’alternance des positions et
favorisant la station assise, nous avons pu constater effectivement
des difficultés d’utilisation de la main droite, celle-ci servant surtout
comme pince, ou comme appui avec la paume de la main. Malgré
cela, la qualité d’exécution est tout à fait acceptable, M. Z.________
pouvant se révéler débrouillard et astucieux, et capable de fournir
un travail soutenu, sans pause supplémentaire.
Nous restons toutefois très perplexe devant un comportement
téméraire de surélévation du membre inférieur droit, quelque soit le
poste proposé, qui a souvent été assis. En effet, M. Z.________ adopte
systématiquement des positions non ergonomiques, très
inconfortables pour le rachis, notamment pour le rachis cervical,
argumentant la nécessité impérative de garder son membre
inférieur droit surélevé, sans que nous ayons de cause anatomique
congruente à ce comportement. Nous avons aussi pu observer qu’il
adoptait d’emblée une position assise normale lors des pauses et du
repas de midi. Les déplacements se font avec une boiterie, mais ont
été évités au maximum durant l’évaluation. En position debout, la
stabilité n’est pas optimale et prétérite dès lors d’autant plus
l’utilisation du membre supérieur droit.
Oeuvrant sur la retenue, avec un certain ralentissement de toute
gestuelle et une épargne d’utilisation de la main droite, les
rendements ont été de l’ordre de 40 à 65 %.
Cependant, de par les multiples observations faites dans les
différents ateliers, nous concluons à la possibilité d’une activité
légère et simple, de conditionnement ou d’établi, avec une baisse de
rendement de 25 %, de par l’handicap de la main droite. Comme dit
précédemment, seules des activités ne sollicitant pas de manière
soutenue et fine la main droite peuvent être envisagées, ce qui
restreint notablement l’éventail de possibilités de reclassement pour
ce patient aux ressources limitées."
Les responsables du Centre O.________ ont établi leur rapport
le 22 décembre 2006. Il en résulte notamment ce qui suit :
"6. CONCLUSION
En conclusion, au terme de cette expertise, notre équipe
d’observation est d’avis que M. Z.________ conserve une capacité
résiduelle de travail de 75%, dans une activité adaptée et sur un
horaire plein-temps. Comme activités adaptées nous pensons à du
conditionnement, du petit montage ou du travail à l’établi.
En l’occurrence, nous pouvons répondre aux questions posées de la
manière suivante :
-
13 -
-
14 -
La séance de bilan interne a eu lieu le 08/12/2006 en présence de
l’assuré et des soussignés. L’assuré est d’accord avec les
observations, cependant il pense ne pas être capable de travailler la
journée complète (au [...], il devrait prendre des comprimés en
raison de douleurs cervicales et à la cheville). En outre, il dit ne pas
arriver au rendement de 75%."
Le Dr F.________ a pratiqué le 9 janvier 2007 une arthroscopie
de la cheville droite et un débridement antéro-externe. Dans son rapport
du 12 février 2007, il a notamment indiqué les points suivants :
"Pour l’instant, pas d’amélioration des douleurs ou de la capacité à
la marche. Le patient est toujours en rééducation en physiothérapie
et l’on peut s’attendre à une légère amélioration des douleurs
antéro-externes.
Le pronostic demeure réservé notamment quant à la reprise d’une
activité physique lourde. Même si l’on en arrive à une sanction
chirurgicale plus radicale comme par exemple une prothèse de la
cheville, on ne peut pas compter sur une reprise d’une telle activité.
Par contre, le patient sera à même de pratiquer à 100% un travail
assis. Je conseille donc qu’il soit reclassé dans une telle activité,
dans la mesure où son niveau de formation et le marché du travail le
permettent."
Le Dr H., spécialiste en médecine interne générale et
nouveau médecin traitant de l'assuré, a indiqué ce qui suit dans un
compte-rendu du 15 février 2007 :
"Le patient a été opéré par le Dr F. d’une arthroscopie de la
cheville d. avec débridement le 9.1.2007.
Par ailleurs on ne note aucune amélioration et même une péjoration
sur les douleurs arthrosiques de la colonne lombaire et cervicale
ainsi qu’au niveau de la gonarthrose bilatérale. Compte tenu de la
progressivité de la maladie arthrosique et de ses conséquences, il
n’y a pas d’amélioration de la capacité de travail à attendre.
Du point de vue respiratoire le syndrome obstructif est persistant et
limite la capacité fonctionnelle respiratoire. Le syndrome
métabolique avec excès pondéral, RTA et hyperlipidémie ne s’est
pas amendé sous traitement."
Aux termes d'un certificat médical du 8 mars 2007, ce
praticien a indiqué que l’assuré était capable d’exercer une activité
professionnelle à 40-50% dans un travail léger et sans sollicitation
importante de la main droite. Dans un rapport médical du 17 avril 2007, le
Dr H.________ a posé les diagnostics ayant des répercussions sur la
-
15 -
capacité de travail de lombalgies chroniques, fracture du scaphoïde
carpien droit, méniscectomie gauche, gonarthrose gauche, entorses à la
cheville droite et arthrose cervicale, tout en précisant que l’incapacité de
travail était totale depuis le 18 septembre 2001. Toujours le 17 avril 2007,
ce médecin a relevé qu’un travail de bureau sans port de charges ni
déplacement pouvait être exercé avec une diminution de rendement de
20%, respectivement que l’assuré pouvait exercer la profession de gardien
de parking à 80%.
Le 9 mai 2007, le Dr F.________ a posé le diagnostic d’arthrose
post-traumatique à la cheville droite, en indiquant que la situation était
stationnaire et susceptible de lentement s’aggraver, une évolution vers
une prothèse de la cheville ou une arthrodèse étant possible. Il a estimé
que l’impossibilité de reprendre l’activité antérieure était définitive et
qu’une reconversion professionnelle pouvait être tentée dans une
profession en grande partie assise, sans déplacements trop longs, sans
port de charge en marchant et sans longues stations debout ni de
marches.
Par avis médical du 27 décembre 2007, le Dr J., du
SMR, a retenu une capacité de travail médicalement exigible dans une
activité adaptée de 80%, soit un plein temps avec une diminution de
rendement de 20%, celle-ci découlant de l’expertise du Prof. M.,
laquelle prenait en considération l’ensemble des atteintes à la santé de
l’assuré. Il a relevé que le Dr F.________ estimait la capacité de travail à
100% dans une activité adaptée en fonction des lésions de la cheville
uniquement. S'agissant de la capacité de 75% retenue par le Centre
O., le Dr J. a relevé qu’il ne s’agissait pas d’une
appréciation médicale mais du résultat d’une observation en atelier, au
cours de laquelle intervenaient des facteurs non médicaux.
Le Dr F.________ a précisé, le 28 janvier 2008, que l'évaluation
de la capacité de travail ressortant de son précédent rapport n’avait tenu
compte que de la situation de la cheville droite et qu’il fallait également
prendre en considération une limitation des mouvements de la main droite
-
16 -
due à un ancien traumatisme. Il a estimé qu’au niveau d’un travail
hypothétique purement assis, cette seconde affection risquait de limiter
soit le temps de travail à environ 70%, soit la vitesse ou la répétition des
gestes ainsi que les charges.
Par décision sur opposition du 20 mai 2008, l’OAI a
partiellement admis l’opposition de l'assuré en ce sens que ce dernier
avait droit à une rente entière fondée sur un degré d’invalidité de 100%
dès le 1
er
juin 2004 jusqu’au 31 décembre 2004. L'office a notamment
considéré ce qui suit :
"En l’espèce, votre première demande de prestations Al a été
rejetée, par décision du 26 mars 2001. En date du 12 octobre 2001,
vous avez déposé une nouvelle demande de prestations Al.
Dans le cadre de la procédure d’opposition, nous avons estimé
nécessaire de compléter l’instruction de votre dossier sur le plan
médical. Une expertise rhumatologique a ainsi été sollicitée du Dr
M.. Du rapport d’expertise du médecin précité du 23 mai
2005, il ressort que votre capacité de travail est de 0% dans votre
activité habituelle ; en revanche, une capacité de travail de 100%
avec une diminution de rendement de 20% peut raisonnablement
être exigée de vous dans une activité adaptée sans port de charges
lourdes de plus de 15kg et avec une possibilité de changement de
position.
[...]
En l’occurrence, il y a lieu d’admettre que le rapport d’expertise
précité remplit toutes les conditions auxquelles la jurisprudence
soumet la valeur probante d’un tel document. En effet, ledit rapport
d’expertise procède d’une étude approfondie de votre cas, ses
conclusions sont bien motivées et convaincantes ; il est de surcroît
bien étayé et nous constatons qu’il ne présente aucune
contradiction. Nous n’avons dès lors aucune raison de nous écarter
des conclusions émises par le Dr M..
Par ailleurs, le Service médical régional de l’Al (SMR) a établi
plusieurs avis médicaux se fondant sur toutes les pièces médicales
figurant à votre dossier. Des avis médicaux du SMR, il ressort que
vous présentiez une capacité de travail de 75% dans votre activité
habituelle et de 100% dans une activité adaptée à votre état de
santé. Votre état de santé s’est toutefois péjoré et votre capacité de
travail est de 0% depuis le 20 août 2003 dans votre activité
habituelle ; cependant, une capacité de travail de 100% avec une
diminution de rendement de 20% dès octobre 2004 peut
raisonnablement être exigée de vous dans une activité adaptée à
vos limitations fonctionnelles (cf. avis médicaux du SMR des 13
septembre et 28 juin 2005 ainsi que du 27 décembre 2007).
-
17 -
S’agissant du rapport d’évaluation du centre de formation O.________
du 22 décembre 2006, il est à préciser que les données médicales
l’emportent sur les constatations qui peuvent être faites à l’occasion
d’un stage d’observation professionnelle [...].
Par conséquent, il convient de retenir que votre capacité de travail
est de 100% avec une diminution de rendement de 20% dans une
activité adaptée à votre état de santé.
Reste maintenant à évaluer votre préjudice économique,
considérant que votre capacité de travail est de 100% avec une
diminution de rendement de 20% depuis octobre 2004.
D’après l’art. 16 de la Loi fédérale sur la partie générale du droit des
assurances sociales (LPGA) (jusqu’ici l’art. 28 al. 2 LAI), le degré
d’invalidité des personnes assurées actives se détermine par le biais
d’une comparaison des revenus. Le revenu du travail que la
personne assurée pourrait réaliser en exerçant l’activité qu’on peut
raisonnablement attendre d’elle, après exécution éventuelle de
mesures de réadaptation et compte tenu d’une situation du marché
du travail équilibrée (revenu d’invalide) est comparé au revenu
qu’elle aurait pu réaliser si elle n’était pas invalide (revenu de
valide).
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral des assurances
(TFA), lorsque l’assuré n’a pas repris d’activité professionnelle ou
alors aucune activité adaptée raisonnablement exigible, on peut,
pour estimer le revenu d’invalide, se référer aux données
statistiques, telles qu’elles résultent des enquêtes sur la structure
des salaires de l’Office fédéral de la statistique (ATF 126 V 76
consid. 3b/aa et bb). On se réfère alors à la statistique des salaires
bruts standardisés, en se fondant toujours sur la médiane ou valeur
centrale.
En l’occurrence, le salaire de référence est celui auquel peuvent
prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives
dans le secteur privé (production et services), soit en 2004 (année
d’ouverture du droit à la rente, ATF 128 V 174 consid. 4a), frs 4'588.-
par mois, part au 13ème salaire comprise (Enquête suisse sur la
structure des salaires 2004, TA1 ; niveau de qualification 4).
Comme les salaires bruts standardisés tiennent compte d’un horaire
de travail de quarante heures, soit une durée hebdomadaire
inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2004 (41,6
heures ; La Vie économique, 11-2005, p.86, tableau B 9.2), ce
montant doit être porté à frs 4'771.52 (frs 4'588.- x 41,6 : 40), ce qui
donne un salaire annuel de frs 57'258.24.
Attendu qu’on peut raisonnablement exiger de vous que vous
exerciez une activité légère de substitution à 80%, le salaire
hypothétique est dès lors de frs 45’806.59 par année.
Le montant ainsi obtenu doit, le cas échéant, encore être réduit en
fonction des empêchements propres à la personne de l’assuré, par
exemple certaines limitations liées au handicap, à l’âge, à la
nationalité, à la catégorie de permis de séjour ou au taux
d’occupation. Il n’y a toutefois pas lieu d’opérer des déductions
-
18 -
distinctes pour chacun des facteurs entrant en considération, mais il
convient plutôt de procéder à une évaluation globale des effets de
ces facteurs sur le revenu d’invalide, compte tenu de l’ensemble des
circonstances du cas concret. La jurisprudence n’admet pas de
déduction globale supérieure à 25% (ATF 126 V 80 consid. 5b/cc).
Dans le cas d’espèce, aucun abattement ne peut être retenu (vos
limitations fonctionnelles ont déjà été prises en compte dans le
rendement diminué). Le revenu annuel d’invalide s’élève ainsi à frs
45'806.59: Il est à relever que vous pourriez par exemple exercer
des travaux de surveillance ou de manutention, de conditionnement
et des travaux à l’établi légers.
Comparaison faite avec le revenu que vous auriez réalisé sans
invalidité dans votre ancienne activité en 2004, soit frs 67’526.-, le
taux d’invalidité s’élève à 27,72%, arrondi à 28%. Ce taux étant
inférieur à 40%, il ne vous ouvre pas le droit à une rente
d’invalidité[.]
Votre degré d’invalidité étant toutefois supérieur à 20%, notre
service compétent en matière de mesures professionnelles reste à
votre disposition, si vous le souhaitez, pour examiner le droit à des
mesures professionnelles.
En outre, vous pouvez prétendre à une aide au placement au sens
de l’art. 18 aI. 1 LAI (à la condition toutefois que vous admettiez que
vous disposez d’une capacité de travail de 80% dans une activité
adaptée à votre état de santé), et nous vous invitons dès lors à
prendre contact avec notre service compétent en matière d’aide au
placement si vous souhaitez bénéficier de cette mesure.
Par ailleurs, il est à relever que le SMR dans ses avis médicaux
précités retenaient que vous avez présenté une incapacité de travail
totale du 20 août 2003 jusqu’à octobre 2004. Il convient de rappeler
que le droit à une rente est ouvert dès le moment où l’assuré a
présenté une incapacité de travail de moyenne de 40% au moins
pendant une année, et nous avons ainsi procédé au calcul de
l’invalidité moyenne (votre taux d’invalidité a été estimé à 25%, par
décision du 26 mars 2001). Il en résulte que votre taux d’invalidité
atteint une moyenne d’au moins 40% sur une année le 20 juin 2004
(2 mois à 25% et 10 mois à 100%). C’est donc à cette date que doit
être fixé le début du droit à la rente. Par conséquent, vous avez droit
à une rente entière limitée dans le temps du 1
er
juin 2004 jusqu’au
31 décembre 2004 (soit 3 mois après l’amélioration de votre état de
santé dès octobre 2004, conformément à l’art. 88a al. 1 RAI)."
C.Dans un avis médical du 9 juin 2008, le Dr J.________ a estimé
que l’arthroscopie de la cheville droite pour débridement, réalisée au
début 2007, avait pu justifier une incapacité de travail temporaire d’au
maximum 15 jours et que cette intervention, si elle n’avait pas amélioré
les douleurs ni la capacité à la marche, n’avait certainement pas aggravé
l’état de santé, le Dr F.________ ayant d’ailleurs attesté, dans son rapport
du 12 juillet 2007, une capacité de travail de 100% dans un travail assis.
-
19 -
Dans un rapport du 16 juin 2008, le Dr F.________ a indiqué ce
qui suit :
"Résumé anamnestique : Ce patient a développé une
ostéochondrite disséquante post-traumatique de l’astragale droit
suite à une entorse de la cheville droite en 2000. L’aggravation des
symptômes [a] conduit des confrères à pratiquer en janvier 2004,
une plastie en mosaïque avec ostéotomie de la ma[ll]éo[l]e interne.
Malheureusement, l’évolution post-opératoire a été défavorable
avec persistance de douleurs et pincement progressif de l’interligne
articulaire. J’ai pratiqué moi-même en janvier 2007, une arthroscopie
avec débridement de la région antéro-interne et la région de la
greffe, mais cette intervention elle-même n’a pas permis d’améliorer
les symptômes.
En accord avec la Suva et vu l’aggravation de la gêne et du
handicap, j’ai ensuite pratiqué en avril 2008, une arthrodèse tibio-
tarsienne par abord antérieur. On est actuellement dans la phase de
rééducation après cette intervention, dont l’évolution est lentement
favorable. Actuellement, le patient est encore à l’arrêt de travail à
100%, comme il l’était d’ailleurs avant l’intervention dans son
ancienne activité de plâtrier peintre, Il y aura une incapacité de
travail totale définitive dans cette professio[n].
Du point de vue pronostique, une fois la guérison complète
atteinte après cette intervention, on peut prévoir une capacité de
travail d’au moins 50% dans une position uniquement assise ou avec
très peu de déplacements et possibilité de se lever fréquemment
pour changer de position de la cheville.
En ce qui concerne l’AI, il y a une nette aggravation de l’état de
santé au niveau de la cheville droite depuis la dernière évaluation de
2004, et il persistera un handicap permanent au niveau de la
cheville droite sous forme d’une restriction majeure de la mobilité
articulaire de l’arrière-pied."
Dans un avis médical du 6 août 2008, le Dr J.________ a estimé
que l’arthrodèse tibio-tarsienne réalisée en avril 2008 justifiait une
incapacité de travail de trois mois postopératoire dans toute activité et
que dès le quatrième mois, la capacité de travail médicalement exigible
était à nouveau entière avec une baisse de rendement de 20% dans une
activité adaptée, sédentaire, permettant l’alternance des positions assise
et debout. Il a souligné à cet égard que l’intervention sur la cheville ne
pouvait médicalement justifier aucun empêchement ou limitation dans
une activité exercée en position assise au-delà de la phase postopératoire.
Il a ajouté que toute intervention chirurgicale était par principe destinée à
-
20 -
améliorer l’état de santé du patient et qu’une telle intervention ne pouvait
certainement pas être interprétée comme la preuve d’une aggravation
permanente de l’état de santé. Dans ces conditions, le Dr J.________ a
retenu qu'hormis trois mois d’incapacité totale dans toute activité justifiée
par la convalescence postopératoire, l’exigibilité médicale demeurait
inchangée par l’intervention d’avril 2008.
Par certificat médical du 28 août 2008, le Dr F.________ a
attesté d’une incapacité de travail entière depuis le 2 avril 2008.
Le 10 octobre 2008, l’assuré a été examiné par le médecin
d’arrondissement de la CNA, la Dresse K.________, spécialiste en
rhumatologie et en médecine interne, laquelle a mentionné notamment ce
qui suit dans son rapport :
"EXAMEN CLINIQUE :
A l’examen clinique, il s’agit d’un assuré de 49 ans, en excès
pondéral, au faciès pléthorique, conscient, bien orienté.
Il marche en décharge relative du MID avec diminution du temps
d’appui.
La marche sur la pointe des pieds et sur les talons n’est pas
possible.
L’agenouillement est possible aux ¾ de la course.
L’examen de la cheville droite révèle des cicatrices fines, indolores,
la cheville est empâtée avec une différence de périmètre de 1cm, il
existe une chaleur locale, un discret œdème prenant le godet. Le
medio-tarse et l’avant-pied sont calmes, il n’y a pas de signe qui
pourrait faire évoquer une algodystrophie.
L’examen du genou est sp.
On relève une amyotrophie du mollet avec différence de périmètre
de 1,5cm en défaveur de la droite.
La cheville droite est bien fixée, sans fausse mobilité résiduelle.
En ce qui concerne les MS, la ceinture scapulaire est bien équilibrée,
sans amyotrophie. Le périmètre du MSD est supérieur à celui du
gauche au niveau du bras et de l’avant-bras d’un bon centimètre et
demi. Il n’y a pas d’atrophie de l’éminence thénar ni
hypothénarienne. La mobilité du poignet est très discrètement
réduite et reste comparable au status du bilan final évoqué ci-
dessus. En revanche, la force de préhension est diminuée. Lors du
-
21 -
test, le patient adopte une attitude d’adduction du pouce alors qu’il
a été observé une mobilité tout à fait normale lorsqu’il cherchait ses
radiographies dans son sac et qu’il a porté son sac pour le mettre
sur son épaule. Les cicatrices restent fines et indolores.
RADIOGRAPHIES :
Les radiographies attestent d’une bonne consolidation de
l’arthrodèse. L’interligne articulaire est encore visible
postérieurement. Il existe une discrète sclérose au niveau sous-
astragalien. Le matériel est en place sans signe de descellement.
APPRÉCIATION DU CAS :
On se trouve à un délai de 6 mois d’une arthrodèse tibio-tarsienne
par voie antérieure chez un maçon de 49 ans, bénéficiant d’une
rente partielle Suva de 28% pour les suites d’un ancien accident de
la main et d’une entorse de la cheville droite survenue le
20.08.2003.
L’examen clinique montre un status d’arthrodèse tibio-tarsienne,
avec matériel encore en place, la persistance de discrets signes
irritatifs localement.
L’examen actuel confirme une incapacité de travail totale et
définitive dans l’activité de maçon.
Dans une activité ne sollicitant pas le MID, avec peu de
déplacements, évitant les terrains irréguliers, les escabeaux, les
échelles, la position à genoux ou accroupie, la capacité de travail au
plan médico-théorique m’apparaît exigible à 75% en admettant
l’incapacité résiduelle de 25% en relation avec l’état irritatif post-
opératoire. Si l’on envisage l’AMO, je ne pense pas que le résultat
fonctionnel sera forcément meilleur chez un patient qui est resté
algique de cette cheville depuis maintenant 5 ans. La situation me
paraît stabilisée.
Le status après arthrodèse donne lieu à une IPAI qui sera donnée sur
rapport séparé.
En ce qui concerne les séquelles post-traumatiques qui concernent
la main droite, la situation est stationnaire par rapport à l’examen
final du 28.10.1999.
Il a été conseillé à M. Z.________ de reprendre contact avec l’Al
concernant l’incapacité de travail totale qui n’a pas permis d’aller
plus loin dans les mesures de réadaptation. A partir du présent
examen, ces mesures devraient être reprises.
Une capacité de travail de 50% dans une activité adaptée selon les
limitations fonctionnelles données était exigible à partir du
16.06.2008, comme mentionnée par le Dr F.________."
-
22 -
En outre, la Dresse K.________ a estimé à 15% le taux de
l'atteinte à l'intégrité, l’articulation tibio-tarsienne étant bloquée à angle
droit.
Dans un avis médical du 25 mars 2009, le Dr J.________ a
indiqué ce qui suit :
"Ma position (cf. avis médical du 06.08.2008) est médico-théorique.
En effet, habituellement après une intervention pour arthrodèse
tibio-tarsienne, on est théoriquement en droit d’attendre la
récupération de la capacité de travail antérieure après trois mois.
S’agissant d’un cas SUVA et étant donné que le médecin
d’arrondissement a examiné l’assuré, sa position est plus solide que
la mienne et je me rallie à ses conclusions, qui ne diffèrent d’ailleurs
pas fondamentalement (CT de 75% au lieu de 80%).
Concernant la chronologie, le médecin d’arrondissement a validé de
facto une IT totale jusqu’au 15.06.2008 et une IT de 50% dès le
16.06.2008, comme mentionnée par le médecin traitant. C’est
probablement « généreux » mais en l’absence d’arguments
médicaux au dossier pour démontrer une exigibilité et une
chronologie différente[s], je propose de l’accepter.
En résumé, la capacité de travail dans une activité adaptée a
évolué comme suit :
CT0% du 02.04.2008 au 15.06.2008
50% du 16.06.2008 au 09.10.2008
75% dès le 10.10.2008"
Le 25 septembre 2009, l’assuré a de nouveau été examiné par
la Dresse K.________, laquelle a observé notamment ce qui suit :
"L’assuré est revu pour évaluer l’exigibilité avec les descriptions des
postes de travail offrant des périodes de pauses officielles dans
lesquelles pourraient être incluses les périodes de pauses
médicalement justifiées.
[...]
EXAMEN CLINIQUE :
Assuré de 50 ans, maintenant un excès pondéral.
Il marche avec une discrète boiterie de décharge du MID qu’il tient
en discrète rotation externe. Les cicatrices en regard de la cheville
droite restent fines et indolores.
Il persiste un empâtement de la cheville et du médio-tarse avec une
différence de 1 cm. Je ne retrouve plus de chaleur locale ni l’œdème
-
23 -
prenant le godet. Il n’y a pas de signe faisant évoquer une
algodystrophie.
La cheville droite est bien fixée. Il persiste une mobilité sous-
astragalienne, indolore, diminuée de moitié par rapport à la gauche.
Pour les MS, le status reste comparable sans amyotrophie avec une
discrète limitation du carpe droit. La force de préhension est à 30kg
à droite (40kg à gauche).
Il n’y a pas eu de nouveau bilan radiologique depuis le dernier
contrôle du 10.10.2008.
On se trouve à un délai de 1½ ans d’une arthrodèse tibio-tarsienne
par abord antérieur avec une évolution discrètement favorable d’un
état irritatif. Le status montre une arthrodèse stable.
Les limitations fonctionnelles restent d’actualité. Il faut éviter un
travail en force avec de la marche, sur terrain irrégulier ou
nécessitant la position à genoux ou accroupie. Il faut également
éviter les activités sur des échelles ou escabeaux.
En intégrant les descriptifs de postes de travail donnés qui
mentionnent que l’introduction de pauses dans le déroulement du
travail est possible, sans implication d’une baisse de rendement,
l’exigibilité m’apparaît totale. Ces pauses sont en effet nécessaires
pour éviter l’ankylose lors de la remise en marche et éviter la
recrudescence de signes irritatifs.
[...]
La situation est stable en ce qui concerne les séquelles post-
traumatiques de la main droite.
Je m’écarte de l’incapacité partielle retenue par le Dr F.________ vu
l’évolution actuelle favorable et au vu des descriptifs des postes de
travail adaptés."
Par décision du 22 octobre 2009, la CNA a octroyé à l’assuré
une rente d’invalidité, basée sur un degré d’invalidité de 36%, dès le 1
er
octobre 2008, ainsi qu’une IPAI d’un taux de 15%. Elle a notamment
considéré ce qui suit :
"Sur la base des constations médicales, les séquelles accidentelles,
si elles se sont aggravées, n’empêcheraient pas M. Z.________
d’exercer une activité légère sur sol plat, évitant les positions
malcommodes agenouillées ou accroupies et ne sollicitant pas de
manière soutenue la main et le poignet droits. Une telle activité (p.
ex. dans différents secteurs de l’industrie à des travaux de petite
mécanique, de surveillance de machines, contrôle ou tri de produits
manufacturés, etc.) est médicalement exigible et permettrait
d’obtenir un revenu d’au moins CHF 48200.-. Comparé au gain
d’environ CHF 75500.- réalisable sans les accidents, il en résulte une
-
24 -
perte de 36,16 %. Nous augmentons dès lors la rente d’invalidité à
36 %."
Statuant sur l'opposition formée par l'assuré le 3 décembre
2009, la CNA a rendu le 21 janvier 2010 une décision sur opposition
confirmant son prononcé du 22 octobre 2009. Elle s’est notamment
fondée sur l’avis de son médecin-conseil, le Dr A., spécialiste en
chirurgie, du 19 janvier 2010. Sur la base des documents médicaux
attestant de l’évolution de l’état de santé de l’assuré depuis son accident
de février 1997, ce médecin retenait qu’il n’y avait pas eu de changement
dans l’état de santé de l’assuré entre les deux examens pratiqués par la
Dresse K., ou à tout le moins aucune péjoration; il affirmait en
outre que toutes les descriptions de postes retenues étaient exigibles à
100% et que, dans une activité adaptée, l’introduction de pauses
supplémentaires n’était pas nécessaire. Le 16 février 2010, l'assuré a
interjeté recours auprès de la Cour des assurances sociales du Tribunal
cantonal à l'encontre de la décision sur opposition susmentionnée.
Le 25 mai 2010, l’OAI a fait part à l’assuré de son intention de
lui octroyer, du 1
er
juin 2008 au 31 août 2008, le droit à un quart de rente
puis, dès le 1
er
septembre 2008, le droit à une demi-rente, cette prestation
étant supprimée dés le 1
er
février 2009. Il a notamment considéré ce qui
suit :
"Résultat de nos constatations :
• Nous constatons que vous présentez une invalidité moyenne de
40% durant douze mois dès le 1
er
juin 2008 (10 mois à 32% de
préjudice économique et 2 mois à 100%, soit à partir du mois d’avril
2008, date de l’intervention pour l’arthrodèse tibio-tarsienne). Dès
lors, à partir du 1
er
juin 2008, le droit à un quart de rente est
reconnu.
• Du point de vue médical, votre dossier a fait l’objet d’un examen
approfondi par le Service médical régional.
• A partir du mois de septembre 2008, vous présentez une
incapacité de travail de 50% dans une activité qui soit adaptée à vos
limitations fonctionnelles.
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral des assurances
(TFA), lorsque l’assuré n’a pas – comme c’est votre cas – repris
d’activité professionnelle, on peut se référer aux données
-
25 -
statistiques, telles quelles résultent des enquêtes sur la structure
des salaires de l’Office fédéral de la statistique, pour estimer le
revenu d’invalide (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb). On se réfère
alors à la statistique des salaires bruts standardisés, en se fondant
toujours sur la médiane ou valeur centrale.
En l’occurrence, le salaire de référence est celui auquel peuvent
prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives
dans le secteur privé (production et services), soit en 2006, CHF
4732.00 par mois, part au 13ème salaire comprise (Enquête suisse
sur la structure des salaires 2006, TA1; niveau de qualification 4).
Comme les salaires bruts standardisés tiennent compte d’un horaire
de travail de quarante heures, soit une durée hebdomadaire
inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2008 (41,7
heures; La Vie économique, 10-2006, p. 90, tableau B 9.2), ce
montant doit être porté à CHF 4933.11 (CHF 4732.00 x 41,7 : 40), ce
qui donne un salaire annuel de CHF 59197.32.
Après adaptation de ce chiffre à l’évolution des salaires nominaux de
2006 à 2008 (+ 1.60% pour 2007 et + 2.07% pour 2008; La Vie
économique, 10-2006, p. 91, tableau B 10.2), on obtient un revenu
annuel de CHF 61389.47 (année d’ouverture du droit à la rente, ATF
128 V 174 consid. 4a).
Attendu qu’on peut raisonnablement exiger de vous que vous
exerciez une activité légère de substitution à 50%, le salaire
hypothétique est dès lors de CHF 30694.75 par année.
Le revenu annuel d’invalide s’élève ainsi à CHF 30694.75.
Revenu annuel professionnel raisonnablement exigible :
sans invaliditéCHF 73’141.00
avec invaliditéCHF 30’694.00
La perte de gain s’élève àCHF 42’447.00 = un degré
d’invalidité de 58 %
• Dès le 1
er
septembre 2008, vous avez ainsi droit à une demi-rente.
• Toutefois, nous constatons qu’à partir du mois de novembre 2008,
votre état de santé s’est amélioré. Vous présentez une capacité de
travail raisonnablement exigible à 100% avec une diminution du
rendement de 20% dans une activité adaptée à vos limitations
fonctionnelles.
• Dès lors, nous avons déterminé votre degré d’invalidité par le biais
d’une approche théorique.
Selon la jurisprudence constante du Tribunal fédéral des assurances
(TFA), lorsque l’assuré n’a pas – comme c’est votre cas – repris
d’activité professionnelle, on peut se référer aux données
statistiques, telles qu’elles résultent des enquêtes sur la structure
des salaires de l’Office fédéral de la statistique, pour estimer le
revenu d’invalide (ATF 126 V 76 consid. 3b/aa et bb). On se réfère
alors à la statistique des salaires bruts standardisés, en se fondant
toujours sur la médiane ou valeur centrale.
En l’occurrence, le salaire de référence est celui auquel peuvent
prétendre les hommes effectuant des activités simples et répétitives
dans le secteur privé (production et services), soit en 2006, CHF
-
26 -
4732.00 par mois, part au 13ème salaire comprise (Enquête suisse
sur la structure des salaires 2006, TA1; niveau de qualification 4).
Comme les salaires bruts standardisés tiennent compte d’un horaire
de travail de quarante heures, soit une durée hebdomadaire
inférieure à la moyenne usuelle dans les entreprises en 2006 (41,7
heures; La Vie économique, 10-2006, p. 90, tableau B 9.2), ce
montant doit être porté à CHF 4933.11 (CHF 4732.00 x 41,7 : 40), ce
qui donne un salaire annuel de CHF 59197.32.
Après adaptation de ce chiffre à l’évolution des salaires nominaux de
2006 à 2008 (+ 1.60% pour 2007 et + 2.07% pour 2008; La Vie
économique, 10-2006, p. 91, tableau B 10.2), on obtient un revenu
annuel de CHF 61389.47 (année d’ouverture du droit à la rente, ATF
128 V 174 consid. 4a).
Votre capacité de travail étant de 100% avec une diminution de
rendement de 20%, le revenu annuel d’invalide s’élève à CHF
49111.57[.]
Revenu annuel professionnel raisonnablement exigible :
sans invaliditéCHF 73'141 .00
avec invaliditéCHF 49'111.55
La perte de gain s’élève àCHF 24'029.45 = un degré
d’invalidité de 37 %."
L'assuré a contesté ce projet de décision par acte du 17 juin
2010, rédigé par son mandataire. A cette occasion, il a notamment invité
l'OAI à s'adresser au Dr E., oto-rhino-laryngologiste, concernant un
problème à l'oreille interne droite ainsi qu'une intervention prévue pour le
1
er
septembre 2010 en raison d'un papillome récidivant. Il a également
renvoyé l'office à s'adresser au Dr H. s'agissant de ses problèmes
d'arthrose.
Dans un rapport du 28 septembre 2010, le Dr H.________ a
posé comme diagnostics avec effet sur la capacité de travail ceux de
lombalgies chroniques, fracture du scaphoïde carpien droit,
méniscectomie gauche, gonarthrose gauche, cervicarthrose et entorse
sévère de la cheville droite. A titre d'atteintes sans effet sur la capacité de
travail, il a mentionné une broncho-pneumopathie chronique obstructive
(BCPO), de l'hypertension artérielle, une hernie hiatale avec reflux gastro-
œsophagien (RGO), un papillome inversé nasal gauche et un syndrome
d'apnées du sommeil (SAS) léger. Il a indiqué que la situation demeurait
inchangée depuis son dernier rapport datant de 2007, les problèmes
orthopédiques n’ayant pas connu de développement clinique significatif. Il
-
27 -
a signalé la découverte d’un SAS et d’une polypose nasale opérée sans
répercussion sur la capacité de travail. Il a en outre mentionné ce qui suit :
"Toujours et encore des douleurs des Ml et cervic[o]-lombaire
asso[c]iée[s] à une boiterie. Revendication assécurologique pour
l’obtention d’une rente. Peu voire pas de motivation à une
réinsertion professionnelle chez un patient sans aucune formation
diplômée à disposition."
Enfin, le Dr H.________ a précisé qu’aucune amélioration n’était
à attendre sur les plans fonctionnel et symptomatologique, et que la
capacité de travail était nulle dans l’activité de plâtrier.
Dans un rapport du 29 octobre 2010, le Dr E.________ a posé
les diagnostics avec effet sur la capacité de travail de crises de vertiges
récidivants d’origine indéterminée et d’aréflexie vestibulaire périphérique
droite. Comme diagnostic sans effet sur la capacité de travail, il a
mentionné une volumineuse récidive de papillome sino-nasal gauche
depuis 1992, ayant fait l’objet d’une cure chirurgicale le 30 août 2010. Il a
fait état d'une notion de vertiges rotatoires en crise sur des périodes de
trois jours, sinon asymptomatique, hormis une légère instabilité résiduelle.
Il a déclaré avoir constaté une aréfléxie vestibulaire périphérique droite
aux épreuves caloriques, l’examen otoneurologique étant normal. Il a émis
un pronostic favorable et indiqué qu'aucun traitement n’était suivi, une
médication en réserve ayant été prescrite en cas de vertiges. Il a
considéré que l’activité habituelle de l’assuré était exigible à 100%.
Dans un avis médical du 17 novembre 2010, le Dr J.________ a
exposé ce qui suit :
"Le rapport du Dr H.________ du 28.09.10 ne fait aucune mention, ni
d'arthrose cervicale, ni de vertiges. Il continue d'attester une IT de
100%, sans interruption depuis 2003. Ce document n'apporte aucun
élément nouveau.
Le rapport du Dr E.________ du 29.10.10 retient les diagnostics de
« crises de vertiges récidivants d'origine indéterminée. Aréflexie
vestibulaire périphérique droite. » Une cure chirurgicale de récidive
de papillom[e] sino-nasal G a eu lieu ambulatoirement le 30.08.10.
Le Dr E.________ atteste une pleine capacité de travail dans l'activité
habituelle de plâtrier.
-
28 -
En l'absence de fait nouveau de nature à modifier la capacité de
travail, nous maintenons nos conclusions."
Par lettre du 18 mars 2011, l’OAl écrit à l’assuré ce qui suit :
"Par projet d’acceptation de rente du 25 mai 2010, nous vous avons
reconnu le droit à un quart de rente du 1
er
juin 2008 au 31 août
2008 puis à une demi-rente d’invalidité du 1
er
septembre 2008 au 31
janvier 2009.
Dans votre courrier du 17 juin 2010, vous contestez la capacité de
travail retenue. Vous alléguez en effet ne pas être en mesure de
travailler en raison de votre état de santé.
Nous avons interrogé le Dr E.________ et le Dr H.. Or, force
est de constater que le rapport médical du Dr H. du 28
septembre 2010 ne fait aucune mention, ni d’arthrose cervicale, ni
de vertiges. Ce document n’apporte aucun élément médical
nouveau.
Le rapport du Dr E.________ du 29 octobre 2010 retient les
diagnostics de « crise de vertiges récidivants d’origine indéterminée.
Aréflexie vestibulaire périphérique droite ». De plus, une cure
chirurgicale de la récidive de papillom[e] sino-nasal gauche a eu lieu
ambulatoirement le 30 août 2010. Toutefois, le Dr E.________ atteste
une pleine capacité de travail dans l’activité habituelle de plâtrier.
Au vu de ce qui précède, votre contestation du 17 juin 2010 ne nous
apporte aucun élément susceptible de modifier notre position. Notre
projet du 25 mai 2010 est fondé et doit être entièrement confirmé."
Par décision du 5 mai 2011, l’OAl a confirmé son projet de
décision du 25 mai 2010 et alloué à l’assuré un quart de rente du 1
er
juin
2008 au 31 août 2008, puis une demi-rente dès le 1
er
septembre 2008,
celle-ci étant supprimée dés le 1
er
février 2009.
D.Par acte du 6 juin 2011, Z.________, représenté par Me
Catherine Jaccottet Tissot, a interjeté recours contre cette décision auprès
de la Cour des assurances sociales du Tribunal cantonal, concluant, avec
suite de frais et dépens, à sa réforme, en ce sens qu’il est mis au bénéfice
d’une rente entière pour la période du 2 avril au 15 juin 2008, puis d’une
demi-rente du 16 juin au 31 janvier 2009 et enfin d’un quart de rente à
compter du 1
er
février 2009. Le recourant critique tout d'abord l'octroi d'un
quart de rente d'invalidité dès le 1
er
juin 2008, s'agissant tant du point de
départ de la rente que de son taux. Il relève à cet égard qu'il a subi une
-
29 -
arthrodèse tibio-tarsienne le 2 avril 2008 et qu'il est ensuite demeuré à
l'arrêt de travail complet tout au moins jusqu'au dépôt du rapport du Dr
F.________ du 16 juin 2008, lui reconnaissant une capacité de travail de
50%. Il en déduit que le point de départ de la rente aurait dû être fixé au 2
avril 2008, date à laquelle a été pratiquée l'arthrodèse tibio-tarsienne, et
que son incapacité était entière à tout le moins durant les deux mois qui
ont suivi cette intervention. Le recourant conteste par ailleurs
l'appréciation de l'OAI selon laquelle son degré d'invalidité n'atteindrait
pas 40% pour la période postérieure au 1
er
janvier 2010. Sur ce plan, il
rappelle que le rapport du 28 septembre 2010 du Dr H.________ signale des
douleurs des membres inférieurs ainsi qu'au niveau cervico-lombaire,
associées à une boiterie, et que c'est donc à tort que le Dr J., dans
son avis du 17 novembre 2010, a retenu que ce rapport ne faisait aucune
mention d'arthrose cervicale. Il doute de surcroît que l'on puisse dénier la
nature incapacitante des cirses de vertiges récidivants d'origine
indéterminée mentionnées par le Dr E. dans son rapport du 29
octobre 2010. Il considère enfin qu'au vu des affections d'origine maladive
qui s'ajoutent aux séquelles des différents accidents dont il a été victime,
l'intimé ne pouvait lui refuser le droit à un quart de rente d'invalidité à tout
le moins.
Dans sa réponse du 26 août 2011, l’OAI a conclu au rejet du
recours. Pour l'essentiel, il confirme le bien-fondé de l'octroi d'un quart de
rente d'invalidité dès le 1
er
juin 2008, celui-ci résultant du calcul de
l'incapacité de travail moyenne en fonction du taux d'invalidité de 28%
(s'élevant en réalité à 32%) retenu dans la décision sur opposition du 20
mai 2008 et de l'incapacité de travail totale survenue du 2 avril au 15 juin
-
30 -
Un second échange d'écritures a été ordonné, dans le cadre
duquel les parties n'ont pas soulevé de nouveaux arguments.
Le dossier de la CNA a été versé en cause, comportant
notamment les pièces suivantes :
-
une lettre du 18 novembre 2008 de V.________ SA, exposant
que si l'assuré avait encore été au service de l'entreprise et en pleine
possession de ses moyens, son salaire horaire en 2008 aurait atteint 31 et
32 fr. auxquels se seraient ajoutés un treizième salaire et une indemnité
de vacances, pour une moyenne annuelle de travail de 41 h 25 par
semaine;
-
cinq DPT datant de 2009 : collaborateur de production à [...]
(DPT n° [...], 42’100 fr. de salaire minimum) ou à [...] (DPT [...], 45'180 fr.
de salaire minimum, et DPT [...], 49’000 fr. de salaire minimum),
chauffeur-livreur à [...] (DPT [...], 50’396 fr. de salaire minimum) et aide-
mécanicien à [...] (DPT [...], 54’600 fr. de salaire minimum).
Par arrêt rendu le 16 mars 2012 dans la cause opposant le
recourant à la CNA, la Cour de céans a rejeté le recours et confirmé la
décision sur opposition de la caisse du 21 janvier 2010 (AA 22/12 –
233/2012).
E n d r o i t :
1.a) Les dispositions de la LPGA (loi fédérale sur la partie
générale du droit des assurances sociales du 6 octobre 2000; RS 830.1)
s’appliquent à l’Al (cf. art. 1 LAI [loi fédérale du 19 juin 1959 sur
l'assurance-invalidité; RS 831.20]. Les décisions sur opposition et celles
contre lesquelles la voie de l’opposition n’est pas ouverte sont sujettes à
recours auprès du tribunal des assurances compétent (cf. art. 56 et 58
-
31 -
LPGA). Le recours doit être déposé dans les trente jours suivant la
notification de la décision sujette à recours (cf. art. 60 al. 1 LPGA).
Dans le cas présent, le recours a été formé en temps utile et
dans le respect des formalités prévues par la loi (cf. art. 61 let, b LPGA
notamment), de sorte qu’il est recevable.
b) La LPA-VD (loi cantonale vaudoise du 28 octobre 2008 sur la
procédure administrative; RSV 173.36), qui s’applique aux recours et
contestations par voie d’action dans le domaine des assurances sociales
(cf. art. 2 al. 1 let. c LPA-VD), est applicable dans le cas présent. La Cour
des assurances sociales du Tribunal cantonal est compétente pour statuer
(cf. art. 93 al. 1 a LPA-VD).
2.a) Lorsque, comme en l’espèce, l’administration est entrée en
matière sur la nouvelle demande (cf. ATF 109 V 114 consid. 2b, TFA I
490/03 du 25 mars 2004 consid. 3.2), il convient de traiter l’affaire au fond
et vérifier que la modification du degré d’invalidité ou de l’impotence
rendue plausible par l’assuré est réellement intervenue. Cela revient à
examiner, par analogie avec l’art. 17 LPGA, si entre la dernière décision de
refus de rente, qui repose sur un examen matériel du droit à la rente, avec
une constatation des faits pertinents, une appréciation des preuves et une
comparaison des revenus conformes au droit, et la décision litigieuse, un
changement important des circonstances propres à influencer le degré
d’invalidité, et donc le droit à la rente, s’est produit (cf. ATF 133 V 108,
130 V 71 consid. 3.2; cf. TF 9C_685/2011 du 6 mars 2012).
b) Le bien-fondé d’une décision d’octroi d’une rente
temporaire doit être examiné au regard des conditions d’une révision du
droit à la rente au sens de l’art. 17 LPGA (cf. notamment arrêts
9C_718/2009 du 4 février 2010 consid. 1.2, 8C_104/2009 du 14 décembre
2009 consid. 2 et 8C_180/2009 du 8 décembre 2009 consid. 3).
L'art. 17 al. 1 LPGA prévoit que, si le taux d’invalidité du
bénéficiaire de la rente subit une modification notable, la rente est,
-
32 -
d’office ou sur demande, révisée pour l’avenir, à savoir augmentée ou
réduite en conséquence, ou encore supprimée. Selon l'art. 88a RAI
(règlement du 17 janvier 1961 sur l'assurance-invalidité; RS 831.201),
dans sa teneur en vigueur jusqu'au 31 décembre 2011, si la capacité de
gain ou la capacité d’accomplir les travaux habituels d’un assuré
s’améliore ou que son impotence ou le besoin de soins découlant de
l’invalidité s’atténue, il y a lieu de considérer que ce changement
supprime, le cas échéant, tout ou partie de son droit aux prestations dès
qu’on peut s’attendre à ce que l’amélioration constatée se maintienne
durant une assez longue période. Il en va de même lorsqu’un tel
changement déterminant a duré trois mois déjà, sans interruption notable
et sans qu’une complication prochaine soit à craindre (al. 1). Si
l’incapacité de gain ou la capacité d’accomplir les travaux habituels ou
l’impotence ou le besoin de soins découlant de l’invalidité d’un assuré
s’aggrave, il y a lieu de considérer que ce changement accroît, le cas
échéant, son droit aux prestations dès qu’il a duré trois mois sans
interruption notable (al. 2).
Tout changement important des circonstances propres à
influencer le degré d’invalidité, et donc le droit à la rente, peut motiver
une révision; la rente peut être révisée non seulement en cas de
modification sensible de l’état de santé, mais aussi lorsque celui-ci est
resté en soi le même, mais que ses conséquences sur la capacité de gain
ont subi un changement important (cf. ATF 133 V 545 consid. 6.1, 130 V
343 consid. 3.5 et 113 V 273 consid. 1a; voir également ATF 112 V 371
consid. 2b et 387 consid. 1b). Une appréciation différente d’une situation
demeurée inchangée pour l’essentiel ne constitue pas un motif de révision
(cf. TFA I 491/03 du 20 novembre 2003 consid. 2.2 in fine et les
références). L’assurance-invalidité connaissant un système de rentes
échelonnées, la révision se justifie lorsque le degré d’invalidité franchit un
taux déterminant (cf. ATF 133 V 545 consid. 6.2 à 7). Le point de savoir si
un changement important s’est produit doit être tranché en comparant les
faits tels qu’ils se présentaient au moment de la dernière .décision entrée
en force qui reposait sur un examen matériel du droit à la rente avec une
constatation des faits pertinents, une appréciation des preuves et une
-
33 -
comparaison des revenus conformes au droit, et les circonstances régnant
à l’époque de la décision litigieuse (cf. ATF 133 V 108 consid. 5, ATF 130 V
343 consid. 3.5.2 et ATF 125 V 368 consid. 2 avec la référence citée; cf. TF
9C_431/2009 du 3 novembre 2009 consid. 2.1 et les références).
c) En l’espèce, il y a dès lors lieu d’examiner si l’état de santé
du recourant s’est modifié de manière à influer sur le droit à la rente
depuis la dernière décision entrée en force du 20 mai 2008 et, dans
l’affirmative, si cette modification est susceptible d'avoir des
conséquences pour la période au-delà du 31 janvier 2009.
3.a) Est réputée invalidité l’incapacité de gain totale ou partielle
qui est présumée permanente ou de longue durée, résultant d’une
infirmité congénitale, d’une maladie ou d’un accident (cf. art. 8 al. 1 LPGA
et 4 al. 1 LAI). Est réputée incapacité de gain toute diminution de
l’ensemble ou d’une partie des possibilités de gain de l’assuré sur un
marché du travail équilibré dans son domaine d’activité, si cette
diminution résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou
psychique et qu’elle persiste après les traitements et les mesures de
réadaptation exigibles (cf. art. 7 LPGA). Quant à l’incapacité de travail, elle
est définie par l’art. 6 LPGA comme toute perte, totale ou partielle, de
l’aptitude de l’assuré à accomplir dans sa profession ou son domaine
d’activité le travail qui peut raisonnablement être exigé de lui, si cette
perte résulte d’une atteinte à sa santé physique, mentale ou psychique.
En cas d’incapacité de travail de longue durée, l’activité qui peut être
exigée de l’assuré peut aussi relever d’une autre profession ou d’un autre
domaine d’activité. L’assuré a droit à une rente si sa capacité de gain ou
sa capacité d’accomplir ses travaux habituels ne peut pas être rétablie,
maintenue ou améliorée par des mesures de réadaptation
raisonnablement exigibles, s’il a présenté une incapacité de travail d’au
moins 40% en moyenne durant une année sans interruption notable et si
au terme de cette année, il est invalide à 40% au moins (cf. art. 28 al. 1
LAI).
-
34 -
b) Pour pouvoir fixer le degré d’invalidité, l’administration – en
cas de recours, le tribunal – se fonde sur des documents médicaux, le cas
échéant, des documents émanant d’autres spécialistes pour prendre
position. La tâche du médecin consiste à évaluer l’état de santé de la
personne assurée et à indiquer dans quelle proportion et dans quelles
activités elle est incapable de travailler (cf. ATF 125 V 256 consid. 4; TF
9C_519/2008 du 10 mars 2009 consid. 2.1 et les autres références citées).
En outre, les renseignements fournis par les médecins constituent une
base importante pour apprécier la question de savoir quelle activité peut
encore être raisonnablement exigible de la part de la personne assurée
(cf. ATF 125 V 256 consid. 4, 115 V 133 consid. 2, 114 V 310 consid. 2c et
105 V 156 consid. 1; cf. TFA I 274/05 du 21 mars 2006 consid. 1.2 et TF I
562/06 du 25 juillet 2007 consid. 2.1).
L’assureur social – et le juge des assurances sociales en cas de
recours – doit examiner de manière objective tous les moyens de preuve,
quelle qu’en soit la provenance, puis décider si les documents à
disposition permettent de porter un jugement valable sur le droit litigieux.
Si les rapports médicaux sont contradictoires, il ne peut liquider l’affaire
sans apprécier l’ensemble des preuves et sans indiquer les raisons pour
lesquelles il se fonde sur une opinion médicale et non pas sur une autre,
en se conformant à la règle du degré de vraisemblance prépondérante (cf.
ATF 126 V 353 consid. 5b et 125 V 351 consid. 3a; cf. TF 9C_418/2007 du
8 avril 2008 consid. 2.1). C’est ainsi qu’il importe, pour conférer pleine
valeur probante à un rapport médical, que les points litigieux importants
aient fait l’objet d’une étude circonstanciée, que le rapport se fonde sur
des examens complets, qu’il prenne également en considération les
plaintes de la personne examinée, qu’il ait été établi en pleine
connaissance du dossier (anamnèse), que la description du contexte
médical et l’appréciation de la situation médicale soient claires et enfin
que les conclusions de l’expert soient bien motivées. Au demeurant,
l’élément déterminant, pour la valeur probante, n’est ni l’origine du moyen
de preuve, ni sa désignation comme rapport ou comme expertise, mais bel
et bien son contenu (cf. ATF 125 V 351 consid. 3a et 134 V 231 consid.
5.1; cf. TF 9C_1023/2008 du 30 juin 2009 consid. 2.1.1). En ce qui
-
35 -
concerne les rapports établis par le médecin traitant de l’assuré, le juge
prendra en considération le fait que celui-ci peut être enclin, en cas de
doute, à prendre parti pour son patient en raison de la relation de
confiance qu’ils ont nouée (cf. ATF 125 V 351 consid. 3b/cc; cf. TF
8C_862/2008 du 19 août 2009 consid. 4.2) Dans une procédure portant sur
l’octroi ou le refus de prestations d’assurances sociales, le Tribunal fédéral
a récemment précisé que, lorsqu’une décision administrative s’appuie
exclusivement sur l’appréciation d’un médecin interne à l’assureur social
et que l’avis du médecin traitant ou d’un expert privé auquel on peut
également attribuer un caractère probant laisse subsister des doutes
même faibles quant à la fiabilité et la pertinence de cette appréciation, la
cause ne saurait être tranchée en se fondant sur l’un ou sur l’autre de ces
avis et qu’il y a lieu de meure en oeuvre une expertise par un médecin
indépendant selon la procédure de l’art. 44 LPGA ou une expertise
judiciaire (cf. ATF 135 V 465).
4.En l’espèce, le recourant conteste le point de départ de la
rente et son taux, estimant avoir droit à une rente entière dès le 2 avril
2008, s'étant trouvé à l’arrêt de travail complet depuis cette date et ce
tout au moins jusqu’au dépôt du rapport du Dr F.________ du 16 juin 2008,
lui reconnaissant alors une capacité de 50%. Il allègue en outre que c’est à
tort que l’OAI a retenu qu’il n’atteindrait pas un taux d’invalidité de 40%
pour la période postérieure au 1
er
janvier 2010. Il relève que le rapport du
Dr H.________ du 28 septembre 2010 mentionne explicitement la
persistance de douleurs des membres inférieurs ainsi qu'au niveau
cervico-lombaire, associées à une boiterie; il estime que c'est dès lors de
manière erronée que, dans son avis médical du 17 novembre 2010, le Dr
J.________ a indiqué que le rapport du Dr H.________ ne faisait mention
d'aucune arthrose cervicale. Par ailleurs, il doute que les crises de vertige
récidivant relevées par le Dr E.________ n’auraient aucune incidence sur la
capacité de travail. Enfin, il soutient que dans la mesure où la CNA retient
un taux d’invalidité de 36% fondé sur des accidents, l’OAI, compte tenu
des affections d’origine maladive dont il souffre et qui portent atteinte à la
capacité de travail, ne pouvait dénier le droit à un quart de rente tout au
moins. Il se prévaut plus particulièrement des difficultés de mobilité et de
-
36 -
l’absence de sensibilité des quatre doigts de la main droite, qui n’ont pu
faire l’objet à ce jour d’une investigation complète et pour lesquelles on ne
peut exclure une origine en partie maladive dégénérative.
a) Lorsque l’OAI a rendu sa décision du 20 mai 2008, il s’est
fondé sur l’expertise du Prof. M.________ du 23 mai 2005, lequel a tenu
compte des pathologies dont était atteint le recourant, à savoir des
douleurs résiduelles de la cheville droite, un status post-lésions
ostéochondrales du dôme supérieur externe de l’astragale droite sur
entorses à répétition, ayant bénéficié d’une mosaïque-plastie
ostéochrondrale, une gonarthrose gauche débutante, des lombalgies
chroniques sur troubles statiques et dégénératifs, une fracture du
scaphoïde carpien à droite en 1996, une méniscectomie du genou gauche
en 2000 ainsi qu’un ulcère gastro-duodénal en 2003. Il a retenu une
capacité de travail entière avec un rendement réduit de 20% dans une
activité adaptée aux limitations fonctionnelles du recourant (pas de port
régulier de charges lourdes de plus de 15 kg, avec possibilité de
changement de position). Concernant en particulier la main droite, le Prof.
M.________ a considéré que la mobilisation du poignet et de la main droite
était complète.
Dans un rapport médical du 17 avril 2007, le Dr H.________ a
posé les diagnostics ayant des répercussions sur la capacité de travail de
lombalgies chroniques, fracture sur scaphoïde carpien droit,
méniscectomie gauche, gonarthrose gauche, entorses à la cheville droite
et arthrose cervicale, l’incapacité de travail étant totale depuis le 18
septembre 2001. Toujours le 17 avril 2007, le Dr H.________ a précisé
qu’un travail de bureau sans port de charges ni déplacement pouvait être
exercé avec une diminution de rendement de 20% ou que l’assuré pouvait
exercer la profession de gardien de parking à 80%.
b) Quant aux circonstances existant lors de la décision
attaquée, s’agissant de la cheville droite, il appert que le rapport du Dr
F.________ du 16 juin 2008 indiquait qu’une fois atteinte la guérison
complète suite à l’opération du 2 avril 2008, on pourrait escompter une
-
37 -
capacité de travail d’au moins 50% dans une activité permettant une
position uniquement assise ou avec très peu de déplacements et
comportant la possibilité de se lever fréquemment pour changer la
position de la cheville. Le 10 octobre 2008, la Dresse K.________ a examiné
le recourant et a admis, en relation avec l’état irritatif post-opératoire
(décrivant notamment une chaleur locale et un discret oedème prenant le
godet), une incapacité de travail résiduelle de 25% dans une activité ne
sollicitant pas le membre inférieur droit, comportant peu de déplacements
et évitant les terrains irréguliers, les escabeaux, les échelles et la position
à genoux ou accroupie, tout en signalant que la capacité de travail de 50%
retenue par le Dr F.________ était exigible au moment du rapport de ce
dernier. Après avoir réexaminé le recourant une année plus tard, soit le 25
septembre 2009, la Dresse K.________ a fait état d’une évolution favorable
(notant notamment l'absence de chaleur locale et d’oedème) et n’a plus
retenu aucune incapacité de travail dans une activité adaptée aux
limitations fonctionnelles décrites dans son précédent rapport, qui
restaient d’actualité. Le Dr A.________ (rapport du 19 janvier 2010) a
confirmé que, dans une activité adaptée, la capacité de travail était
entière et que l’introduction de pauses supplémentaires n’était pas
nécessaire.
En ce qui concerne les séquelles post-traumatiques de la main
droite, la Dresse K.________ a indiqué dans ses deux rapports précités que
la situation était stationnaire par rapport à l’examen final du 28 octobre
Quant au Dr H., il a posé comme diagnostics avec effet
sur la capacité de travail ceux de lombalgies chroniques, fracture du
scaphoïde carpien droit, méniscectomie gauche, gonarthrose gauche,
cervicarthrose et entorse sévère de la cheville droite. Par ailleurs et
surtout, il a indiqué que la situation demeurait inchangée depuis son
dernier rapport datant de 2007, les problèmes orthopédiques n’ayant pas
connu de développement clinique significatif (rapport du 28 septembre
2010). Enfin, le Dr E. a certes posé le diagnostic de crises de
-
38 -
vertiges récidivants, mais a estimé que l’activité habituelle du recourant
demeurait entièrement exigible (rapport du 29 octobre 2010).
Par conséquent, force est de constater que les pièces figurant
au dossier ne permettent de retenir aucune aggravation de l’état de la
main droite du recourant depuis la dernière décision entrée en force. En
outre, contrairement à ce que prétend l'assuré, on ne saurait retenir sur la
base des rapports des Drs H.________ et E., respectivement des 28
septembre et 29 octobre 2010, que des problèmes d'arthrose ou de
vertiges invalidants se seraient développés depuis la décision sur
opposition du 20 mai 2008.
Le rapport établi le 25 septembre 2009 par la Dresse
K. se fonde sur un examen complet de l’assuré, notamment de sa
cheville et de sa main droites, ainsi que sur son dossier médical. Il prend
également en considération les plaintes émises par le recourant. La
Dresse K.________ a expliqué les raisons pour lesquelles elle s’écartait de
son appréciation précédente (soit de l’incapacité de travail résiduelle de
25% retenue dans son rapport du 10 octobre 2008) et de celle du Dr
F.________ du 16 juin 2008 (capacité de travail de 50% minimum).
L’évolution observée lui est en effet apparue favorable, la cheville ne
présentant notamment plus d’état irritatif, au vu de l’absence désormais
de chaleur locale et d’oedème prenant le godet. Ses conclusions ne sont
par ailleurs pas incompatibles avec celles du rapport du Dr F.________
précité, aux termes duquel ce praticien indiquait n'avoir procédé qu’à une
estimation de la capacité de travail minimum de son patient, avant la
stabilisation de son état de santé. Il s'ensuit que le rapport de la Dresse
K.________ souscrit aux réquisits posés par la jurisprudence et a ainsi
valeur probante.
Il y a lieu dès lors de retenir que l’aggravation de l’état de la
cheville du recourant a été passagère, entraînant une incapacité de travail
totale du 2 avril au 15 juin 2008 et à 50% depuis le 16 juin 2008 et
jusqu’en octobre 2008. Dès ce moment, la capacité de travail du recourant
est restée totale dans une activité adaptée, avec un rendement réduit de
-
39 -
20% bien que ses limitations fonctionnelles soient plus nombreuses que
celles retenues dans la dernière décision, les limitations supplémentaires
décrites par la Dresse K.________ étant dues à l’état de la cheville droite
suite aux opérations du 9 janvier 2007 et du 2 avril 2008 (activité légère
sur sol plat, comportant peu de déplacement et évitant les positions
malcommodes agenouillées ou accroupies).
c) En ce qui concerne le point de départ de la rente, l’assuré
doit avoir présenté une incapacité de travail d’au moins 40% en moyenne
durant une année sans interruption notable et au terme de cette année
être invalide à 40% au moins (cf. art. 28 al. 1 LAI). Le délai d’attente est
réputé avoir commencé dès qu’il a été possible de constater une
incapacité de travail indiscutable au vu des circonstances, une réduction
de la capacité de travail de 20 % étant d’ailleurs, en règle générale, déjà
considérée comme significative (cf. Pratique VSI 1998 p. 126; cf. ch. 2010
ss de la Circulaire sur l'invalidité et l'impotence dans l'assurance-invalidité
[CIIAI]). Dans le cas présent, I’OAI s’est fondé sur la décision du 20 mai
2008 retenant une incapacité de gain de 28%, en rectifiant le calcul
effectué dans cette décision portant ainsi ce taux à 32%, et sur le taux
d’incapacité de travail de 100% dans toute profession dès le 2 avril 2008.
Afin de calculer l'invalidité moyenne de 40% sur un an, il a retenu deux
mois à 100% et dix mois à 32% ([2 x 100] + [10 x 32] = 520 / 12 =
43.33%). C’est ainsi à juste titre que I’OAI a fixé le point de départ de la
rente limitée dans le temps au 1
er
juin 2008, considérant que l'intéressé
pouvait prétendre dès cette date à un quart de rente d'invalidité.
5.Selon l’art. 16 LPGA, pour évaluer le taux d’invalidité, le
revenu que l’assuré aurait pu obtenir s’il n’était pas invalide est comparé
avec celui qu’il pourrait obtenir en exerçant l’activité qui peut
raisonnablement être exigée de lui après les traitements et les mesures de
réadaptation, sur un marché du travail équilibré. La comparaison des
revenus s’effectue, en règle ordinaire, en chiffrant aussi exactement que
possible les montants de ces deux revenus et en les confrontant l’un avec
l’autre, la différence permettant de calculer le taux d’invalidité (cf. ATF
-
40 -
130 V 343 consid. 3.4 et 128 V 29 consid. 1; cf. TF 8C_708/2007 du 21
août 2008 consid. 2.1).
a) Le revenu sans invalidité doit être déterminé en établissant
au degré de la vraisemblance prépondérante ce que l’assuré aurait
effectivement pu réaliser au moment déterminant s’il était en bonne santé
(cf. ATF 134 V 322 consid. 4.1; cf. TF 9C_501/2009 du 12 mai 2010 consid.
5.2). Il doit être évalué de la manière la plus concrète possible (cf. ATF 129
V 222 consid. 4.3.1; cf. TF 9C_409/2009 du 11 décembre 2009 consid. 3.
et TF I 1034/06 du 6 décembre 2007 consid. 3.3.2.1).
L’année de comparaison des revenus est celle du début du
droit à la rente (cf. ATF 128 V 174 consid. 4a), soit 2008 en l’espèce.
Comme revenu sans invalidité, l’OAI a retenu le montant
73’141 fr. qui correspond à celui communiqué par V.________ SA le 18
novembre 2008. Ce montant, d’ailleurs non contesté, n’est pas critiquable.
b) Le revenu d’invalide doit être évalué avant tout en fonction
de la situation professionnelle concrète de la personne assurée. Lorsque
l’activité exercée après la survenance de l’atteinte à la santé repose sur
des rapports de travail particulièrement stables, qu’elle met pleinement en
valeur la capacité de travail résiduelle exigible et que le gain obtenu
correspond au travail effectivement fourni et ne contient pas d’éléments
de salaire social, c’est le revenu effectivement réalisé qui doit être pris en
compte pour fixer le revenu d’invalide. En l’absence, comme en l’espèce,
d’un revenu effectivement réalisé – soit lorsque la personne assurée,
après la survenance de l’atteinte à la santé, n’a pas repris d’activité
lucrative ou alors aucune activité normalement exigible –, le revenu
d’invalide peut être évalué sur la base de salaires fondés sur les données
statistiques résultant de l’Enquête suisse sur la structure des salaires
(ESS) ou sur les données salariales résultant des descriptions de postes de
travail (cf. ATF 129 V 472 consid. 4.2.1; cf. TF 9C_900/2009 du 27 avril
2010 consid. 3.3). On se réfère alors à la statistique des salaires bruts
standardisés, en se fondant toujours sur la médiane ou valeur centrale (cf.
-
41 -
ATF 124 V 323 consid. 3b/bb; cf. TF I 7/2006 du 12 janvier 2007 consid.
5.2; cf. VSI 1999 p. 182).
En l’occurrence, le salaire de référence est celui auquel
peuvent prétendre les hommes effectuant des activités simples et
répétitives dans le secteur privé (production et services), soit en 2008,
4'806 fr. par mois, part au 13
ème
salaire comprise (Enquête suisse sur la
structure des salaires 2008, TA1, niveau de qualification 4). Comme les
salaires bruts standardisés tiennent compte d’un horaire de travail de
quarante heures, soit une durée hebdomadaire inférieure à la moyenne
usuelle dans les entreprises en 2008 (41,6 heures; cf. La Vie économique,
6-2011, p. 94, tableau B 9.2), le revenu mensuel s’élève à 4'998 fr. 24
(4’806 fr. x 41,6 / 40), ce qui donne un salaire annuel de 59'978 fr. 88.
Le recourant ayant eu une capacité de travail de 50% dans
une activité adaptée de juin 2008 à octobre 2008, son salaire avec
invalidité était de 29’989 fr. 44. Son incapacité de travail s’est alors élevée
à 59% ([73'141 fr. - 29’989 fr. 44] / 73’141 fr), ouvrant ainsi le droit à une
demi-rente dès le 1
er
septembre 2008 (cf. art. 88a al. 2 RAI). Compte tenu
de l’amélioration de son état de santé dès après octobre 2008, à savoir
une capacité de travail entière avec diminution de rendement de 20%
dans une activité adaptée, le salaire avec invalidité est depuis lors de
47’983 fr. 10 et le taux d’invalidité de 34.4% ([73'141 fr. – 47'983 fr. 10] /
73’141 fr), justifiant ainsi la suppression de la demi-rente avec effet au 1
er
février 2009 (cf. art. 88a al. 1 RAI).
6.a) Il résulte de ce qui précède que le recours, mal fondé, doit
être rejeté et la décision attaquée confirmée.
b) Les frais, arrêtés à 400 fr., doivent être mis à la charge du
recourant. En outre, il n’y a pas lieu d’allouer de dépens, le recourant
n’obtenant pas gain de cause (cf. art. 61 let. g LPGA et art. 55 LPA-VD).
Par ces motifs,