Irrecevabilité de l’appel faute de conclusions chiffrées en matière d’entretien

CACI jc07-013140-43/2013Tribunal cantonal / Chambre des recours civile23 janv. 2013Droit de la familleIrrecevable

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

K.M. a recouru contre une décision d’un tribunal de district vaudois ratifiant une convention liée au divorce en tant que mesures provisionnelles et jugement partiel sur les effets civils du divorce. L’appel, d’abord déposé en anglais puis corrigé en français, contestait les contributions d’entretien mais n’indiquait aucun montant. La Cour d’appel civile a considéré que les conclusions en appel portant sur des affaires pécuniaires doivent être chiffrées, même en matière familiale, et que l’Art. 132 CPC n’imposait pas au tribunal de fixer un délai pour remédier à ce vice. L’appel était donc irrecevable, sans frais judiciaires.

Regeste Omnilex

Art. 221 al. 1 let. b et 311 al. 1 CPC; exigences relatives aux conclusions chiffrées en appel dans les affaires pécuniaires. Lorsque le litige porte sur une affaire pécuniaire, l’appel doit contenir des conclusions précises portant sur des sommes d’argent; cela vaut également dans les procédures familiales régies par la maxime inquisitoire. Si le montant réclamé ne peut être déterminé à partir de la motivation de l’appel, le tribunal ne peut remédier au vice en impartissant un délai en vertu de l’Art. 132 CPC; ce n’est qu’à titre exceptionnel que des conclusions déficientes peuvent être admises lorsque le montant réclamé ressort néanmoins clairement de la motivation. À défaut d’une telle clarté, l’appel est irrecevable (consid. 2).

Texte intégral

1108 TRIBUNAL CANTONAL TP07.013140-130044 43 J U G E D E L E G U E D E L A C O U R D ’ A P P E L C I V I L E


Arrêt du 23 janvier 2013


Présidence de M. B A T T I S T O L O , juge délégué Greffier :MmeGabaz


Art. 221 al. 1 let. b et 311 al. 1 CPC Vu la convention signée le 12 décembre 2012 et ratifiée séance tenante par le Président du Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois pour valoir ordonnance de mesures provisionnelles et jugement partiel au fond sur les effets civils du divorce dans la cause divisant K.M., à Grandvaux, d’avec I.M., à Grandvaux, vu l'appel en langue anglaise interjeté le 21 décembre 2012 par K.M.________ contre la décision précitée, vu le courrier du Juge délégué de la Cour d'appel civile du 14 janvier 2013, impartissant à l'appelant, en application de l'art. 132 al. 1 et 2 CPC (Code de procédure civile du 19 décembre 2008; RS 272), un délai

  • 2 - de cinq jours dès réception pour rectifier l'acte déposé car rédigé dans une langue qui n'est pas celle de la procédure, à défaut de quoi l'acte ne sera pas pris en considération, vu le nouvel acte en français déposé le 19 janvier 2013 par K.M.________, vu les autres pièces au dossier; attendu que, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, l’appel doit contenir des conclusions chiffrées, s’agissant de conclusions pécuniaires, sous peine d’irrecevabilité, et ce même lorsque la cause est soumise à la maxime d’office, soit notamment dans les procédures ayant trait aux enfants dans les affaires du droit de la famille (ATF 137 III 617 c. 4 et 5, RSPC 2012, p. 221 et SJ 2012 I 373), qu'en pareil cas, il n'appartient pas à l'instance d'appel de fixer un délai à l'appelant pour faire préciser ses conclusions si celles-ci ne sont pas suffisamment précises, l'art. 132 al. 1 et 2 CPC ne s'appliquant pas dans une telle situation (ibidem), que la Cour d’appel civile, respectivement le juge délégué, peut exceptionnellement entrer en matière sur des conclusions déficientes, pour autant que l’on comprenne, à la lecture de la motivation du mémoire d’appel, ce que demande l’appelant, respectivement à quel montant il prétend (ibidem), qu'en l'espèce, l'appelant réclame un réajustement des contributions d'entretien convenues, sans cependant les chiffrer, que l’on ne comprend de surcroît pas à la lecture de la motivation de son appel quel montant il serait disposé à payer,

  • 3 - que l’appel doit par conséquent être déclaré irrecevable, sans qu’il faille impartir un délai selon l’art. 132 al. 2 CPC à l’appelant pour compléter sa procédure, que l'arrêt est rendu sans frais judiciaires. Par ces motifs, le juge délégué de la Cour d’appel civile du Tribunal cantonal, statuant à huis clos, p r o n o n c e : I. L’appel est irrecevable. II. L'arrêt, rendu sans frais, est exécutoire. Le juge délégué : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -M. K.M., -Me Yvan Guichard (pour I.M.). Le juge délégué de la Cour d’appel civile considère que la valeur litigieuse est supérieure à 30'000 francs. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin

  • 4 - 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -M. le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de l'Est vaudois. La greffière :

Mots-clés

family lawmaintenanceappellate admissibilityquantified conclusionsprocedural forminadmssibilityofficial investigation principle

No. The appeal sought a readjustment of maintenance contributions without stating the amounts requested or the amount the appellant was willing to pay.

Under Federal Supreme Court case law, pecuniary claims must be stated with quantified conclusions, even in family cases subject to the official investigation principle. Since the meaning of the appeal could not be determined from the reasoning, the court could not enter into the appeal.

No. Article 132 CPC did not apply in this situation, so no curing deadline had to be set.

Where monetary conclusions are insufficiently precise, the appellate court may not set a deadline to have them clarified; inadmissibility follows directly unless the requested amount can exceptionally be inferred from the reasoning.

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