Legal aid request wrongly declared inadmissible; case remanded

102 2015 255Tribunal cantonal / Chambre des recours civile27 nov. 2015Granted

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

A and B appealed against a first-instance ruling that had declared their legal-aid request inadmissible for failure to cure formal defects. The appellate court accepted their argument that they had filed the correcting submission within the deadline, as shown by postal evidence, and that the omission resulted from an administrative error. It therefore annulled the decision of 5 November 2015 and remanded the matter for a new decision. The court further held that legal-aid proceedings are generally free, fixed appellate costs at CHF 100, charged them to the State, and awarded no party compensation.

Regeste Omnilex

Art. 132 al. 1 CPC, Art. 119 al. 6 CPC, Art. 327 al. 3 let. a CPC; rectification of formal defects in legal-aid proceedings and consequences of timely filing. A procedural act is timely if the party cures the defects within the prescribed time limit; if the submission reaches the court in time but is overlooked because of an administrative error, it cannot be treated as untimely. Where the inadmissibility ruling is based on an incorrect assumption that the defects were not cured, the appellate court shall annul the decision and remit the matter for a new decision. Legal-aid proceedings are in principle free; appellate costs follow the outcome and may be borne by the State when the appeal succeeds (consid. 2-4).

Texte intégral

102 2015 255 et 256

Arrêt du 27 novembre 2015 IIe Cour d’appel civil

Composition

Président: Adrian Urwyler Juges: Catherine Overney, Michel Favre Greffière: Estelle Magnin

Parties

A.________, ** requérante et ** recourante, B.________, ** requérant** et ** recourant**

Objet

Assistance judiciaire Recours du 12 novembre 2015 contre la décision du Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine du 5 novembre 2015

attendu

que, le 28 septembre 2015, B.________ et A.________ ont requis le bénéfice de l’assistance judiciaire dans le cadre d’une procédure de médiation pour une séparation de fait;

que, par ordonnance du 29 septembre 2015, le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Président) a constaté que la requête du 28 septembre 2015 ne répondait pas aux exigences de l’art. 119 al. 2 CPC et leur a imparti un délai expirant le 14 octobre 2015 pour remédier aux vices de forme de celle-ci;

que, le 13 octobre 2015, B.________ et A.________ ont déposé une requête commune de mesures protectrices de l’union conjugale et d’assistance judiciaire;

que, par décision du 5 novembre 2015, le Président a déclaré la requête d’assistance judiciaire du 28 septembre 2015 irrecevable au motif que les vices de forme constatés n’ont pas été rectifiés dans le délai imparti;

que, le 12 novembre 2015, B.________ et A.________ ont recouru contre cette décision, concluant, sous suite de frais, à l’annulation de la décision attaquée, au renvoi de la cause au Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine (ci-après: le Tribunal) pour nouvelle décision et à ce qu’il ne soit pas perçu de frais de première instance;

que, dans sa détermination du 23 novembre 2015, le Président a constaté que la requête du 13 octobre 2015 avait bien été reçue au Tribunal le 14 octobre 2015 mais que, suite à une erreur administrative, il n’en a pas eu connaissance. Il estime dès lors que le recours doit être admis et la cause renvoyée pour nouvelle décision;

qu’aux termes de l’art. 132 al. 1 CPC, le tribunal fixe un délai pour la rectification des vices de forme et qu’à défaut l’acte n’est pas pris en considération;

qu’en l’espèce, les recourants ont agi dans le délai imparti (cf. justificatifs postaux produits par les recourants);

que, selon l’art. 119 al. 6 CPC, la procédure d’assistance judiciaire est en principe gratuite, si bien qu’il ne sera pas perçu de frais en première instance;

que la décision rendue le 5 novembre doit être annulée et la cause renvoyée au Président (art. 327 al. 3 let. a CPC) pour qu’il examine si la requête d’assistance judiciaire doit être admise;

que, le recours ayant été admis, les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l’Etat (art. 106 al. 1 CPC);

qu’ils comprennent les frais judiciaires, fixés forfaitairement à CHF 100.- (art. 19 al. 1 du Règlement du 30 novembre 2010 sur la justice [RJ; RSF 13.11]);

qu’il n’est pas alloué de dépens.

(dispositif page suivante)

la Cour ** arrête:**

I. Le recours est admis.

Partant, la décision rendue le 5 novembre 2015 par le Président du Tribunal civil de l’arrondissement de la Sarine est annulée et la cause renvoyée pour nouvelle décision dans le sens des considérants.

II. Les frais de la procédure de recours sont mis à la charge de l’Etat.

Les frais judiciaires dus à l’Etat sont fixés à CHF 100.- (émolument forfaitaire).

Il n’est pas alloué de dépens.

III. Communication.

Cet arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile au Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent sa notification. La qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). L'acte de recours motivé doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.

Fribourg, le 27 novembre 2015/ema

Président

Greffière

Mots-clés

legal aidformal defectsdeadlineremandcourt costsadministrative errorpostal proof

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the legal aid request of 28 September 2015 was filed in time and the formal defects were cured within the deadline.

Solution extraite

The appellants acted within the deadline; the first-instance inadmissibility ruling was therefore unjustified.

Motifs extraits

The court relied on postal proof showing timely action and noted that the later request had reached the court on 14 October 2015, but an administrative error prevented the judge from noticing it.

Question juridique clé

Whether the first-instance decision declaring the legal aid request inadmissible should be annulled and the matter remanded.

Solution extraite

The challenged decision was annulled and the case remanded to the first instance for a new decision on the legal aid request.

Motifs extraits

Because the defect was in fact cured in time, the first instance must assess the admissibility and merits of the legal aid request anew.

Question juridique clé

Whether first-instance and appellate costs should be charged to the applicants.

Solution extraite

No first-instance fees were to be collected, and the appellate costs were placed on the State; no party compensation was awarded.

Motifs extraits

Legal aid proceedings are in principle free under Art. 119(6) CPC, and the successful appeal shifted appellate costs to the State under Art. 106(1) CPC.

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