Appeal does not lift suspensive effect in child support case

101 2012 89Tribunal cantonal / Chambre des recours civile25 avr. 2012Dismissed

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

The Civil Court of Appeal considered a mother's request to remove the suspensive effect from the father's appeal against a default judgment fixing paternity and child maintenance. The court held that the appeal remained suspensive under Art. 315(1) CPC, that anticipatory enforcement under Art. 315(2) CPC was not justified, and that the father's late response was inadmissible. Because the father was professionally represented, the omission to warn him about the Easter deadline exception did not preserve the late filing under Art. 145(3) CPC. The request was therefore rejected and costs were reserved.

Regeste Omnilex

Art. 315 al. 1 et 2 CPC; Art. 145 al. 2 et 3 CPC: effet suspensif de l’appel et exécution anticipée; procédure sommaire. L’appel suspend en principe la force de chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée dans la mesure des conclusions prises. L’instance d’appel ne peut autoriser l’exécution anticipée que de manière provisionnelle et sur la base d’une pesée des intérêts. En procédure sommaire, les suspensions de délais ne s’appliquent pas aux exceptions de l’art. 145 al. 2 CPC; l’omission d’avertir n’emporte pas protection lorsqu’une partie est assistée d’un mandataire professionnel et devait reconnaître l’évidence de l’exception (consid. 2).

Texte intégral

101 2012-89

Arrêt du 25 avril 2012

ie cour d’appel civil

composition

Juge délégué : Jérôme Delabays Greffière: Florine Kueng

parties

A.________, ** requérante**,représentée par Me Nicolas Riedo, avocat

contre

B.________, ** intimé**,représenté par Me Jérôme Magnin, avocat

objet

Art. 315 al. 2 CPC: requête du 27 mars 2012 d'exécution anticipée du jugement du 13 février 2012 du Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine

attendu

que, statuant par défaut le 13 février 2012, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de la Sarine a constaté que B.________ est le père de C.________, né en 2011, fils de A.________;

qu'il l'a au surplus condamné à verser mensuellement pour l'entretien de son fils 1'000 fr. jusqu'à l'âge de 6 ans révolus, 1'200 fr. de 6 ans à 12 ans révolus, puis 1'400 fr. jusqu'à sa majorité, sous réserve de l'art. 277 al. 2 CC, les allocations familiales étant payables en sus;

que, le 21 mars 2012, soit dans le délai légal de l'art. 311 al. 1 CPC, B.________ a déposé un recours en appel, concluant à ce que la pension pour C.________ soit abaissée à 200 fr. par mois;

que, le 27 mars 2012, A.________, arguant de sa situation financière très précaire, a prié le Juge de céans de "retirer l'effet suspensif de l'appel déposé le 21 mars 2012 par Maître Jérôme Magnin au sens de l'art. 315 al. 2 CPC";

que, par courrier du 28 mars 2012 notifié le lendemain, le Président a fixé à B.________ un délai de dix jours pour déposer une éventuelle détermination, ce qu'il a fait par lettre du 23 avril 2012;

que l'appel suspend la force de la chose jugée et le caractère exécutoire de la décision attaquée dans la mesure des conclusions prises en appel (art. 315 al. 1 CPC);

qu'ainsi, compte tenu du recours du 21 mars 2012, le jugement du 13 février 2012 n'est pas exécutoire pour la quotité de la contribution d'entretien dépassant la somme mensuelle de 200 fr. reconnue par B.________;

que, selon l'art 315 al. 2 CPC, l'instance d'appel peut autoriser l'exécution anticipée. Elle ordonne au besoin des mesures conservatoires ou la fourniture de sûretés;

que la décision retirant l'effet suspensif est une mesure provisionnelle (TF, arrêt 4A_440/2011 du 21 octobre 2011 consid. 1, in RSPC 2012 p. 125), de la compétence du Juge délégué (art. 53 al. 3 LJ; arrêt du Tribunal cantonal de l’Etat de Fribourg du 19 mai 2011 en la cause 801 2011-8 du 24 mars 2011, publié on-line);

que la procédure sommaire est applicable (art. 248 let. d CPC), si bien que la suspension des délais du septième jour avant Pâques au septième jour après Pâques inclus ne s'appliquait pas au délai fixé le 28 mars 2012 (art. 145 al. 2 let. b CPC), qui a commencé à courir le 29 mars 2012 et est arrivé à échéance le mardi 9 avril 2012, le dimanche et le lundi de Pâques étant fériés (art. 142 al. 3 CPC et 121 al. 2 LJ);

que, certes, B.________ n'a pas été rendu attentif à cette exception (art. 145 al. 3 CPC);

que, selon le Message du CPC, la sanction d'une violation de cette obligation pourrait être d'appliquer néanmoins les suspensions selon l'art. 145 al. 1 CPC au délai concerné (cf. Message in FF 2006 6841/6919);

que, cependant, d'après TAPPY (Code de procédure civile commenté, Bâle 2011, ad. art. 145 CPC, n. 16), il faut réserver les cas où la partie devait se rendre compte elle-même qu'une exception au sens de l'art. 145 al. 2 CPC était manifestement réalisée, ce qui pourrait être facilement admis en particulier lorsque la partie en question était assistée d'un représentant professionnel;

qu'en l'espèce, il y a lieu de souscrire à cet avis et de considérer que l'art. 145 al. 3 CPC ne s'applique pas, dès lors que le défendeur est assisté d'un représentant professionnel (dans le même sens: arrêt du Tribunal cantonal de l’Etat de Vaud du 18 novembre 2011 en la cause HC/2012/28, publié on-line);

que la détermination du 23 avril 2012 est par conséquent irrecevable;

que les pensions ont été fixées le 13 février 2012 sans que la situation financière de B.________ ne fut alors connue, dès lors qu'il ne l'avait pas exposée dans sa réponse du 14 septembre 2011 et n'avait pas comparu aux débats du 4 novembre 2011;

qu'il a allégué son revenu net dans son appel (ch. 7.2), soit 3'971 fr. 40 par mois, part au 13ème salaire compris:

qu'il estime ses charges à 3'169 fr. 80, d'où un solde de 802 fr. 60 qu'il allègue consacrer à l'entretien de ses quatre enfants, dont C.________;

que la recevabilité de ces allégués et des moyens de preuve y afférant n'est pas exclue;

qu'il est possible que les pensions contestées portent atteinte au minimum vital de B.________;

que l'effet suspensif constitue enfin la règle en matière d'appel dans les cas non visés par l'art. 315 al. 4 CPC;

que la requête d'exécution anticipée du 27 mars 2012 sera rejetée,

que, la présente décision n'étant pas finale, les frais seront réservés (art. 104 al. 1 CPC) ;

le Juge délégué arrête:

I. La requête de retrait de l'effet suspensif assortissant l'appel déposé le 21 mars 2012 par B.________ à l'encontre du jugement du Président du Tribunal civil de la Sarine du 13 février 2012 est rejetée.

II. Les frais sont réservés.

Le Tribunal fédéral connaît, comme juridiction ordinaire de recours, des recours en matière civile; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 72 à 77 et 90 ss de la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF). Il connaît également des recours constitutionnels subsidiaires; la qualité et les autres conditions pour interjeter recours sont déterminées par les art. 113 à 119 et 90 ss LTF. Dans les deux cas, le recours motivé doit être déposé devant le Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14, dans les trente jours qui suivent sa notification.

Fribourg, le 25 avril 2012/jde

La Greffière : Le Juge délégué :

Mots-clés

suspensive effectanticipatory enforcementchild supportsummary procedurelate filingprofessional representationinterim relief

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the appeal should lose its suspensive effect and the first-instance judgment be provisionally enforceable.

Solution extraite

No; the request for anticipatory enforcement was rejected and the appeal retained its suspensive effect.

Motifs extraits

The challenged judgment was not enforceable beyond the CHF 200 monthly amount acknowledged in appeal. The respondent's determination was late and inadmissible. As a professionally represented party, he could not rely on the omission to be warned under Art. 145(3) CPC, and the ordinary rule of suspensive effect in appeals applied.

Question juridique clé

Whether the respondent's submission of 23 April 2012 was timely.

Solution extraite

It was untimely and therefore inadmissible.

Motifs extraits

The summary procedure applied, so Easter suspension did not apply; the set deadline expired on 9 April 2012. Because the respondent had professional representation, Art. 145(3) CPC did not save the late filing.

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