Dublin transfer to Italy upheld; asylum appeal dismissed

e-4302-2010Tribunal administratif fédéral / 5e division18 juin 2010Dismissed

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

An Eritrean asylum seeker appealed against the Federal Migration Office’s Dublin non-entry decision and removal to Italy. The Federal Administrative Court held that Eurodac and the Italian takeover procedure established Italy’s responsibility, that the tacit acceptance under Dublin II was effective, and that no exceptional reason justified Switzerland assuming the case itself. The applicant’s objections about precarious conditions in Italy did not show a concrete risk of treatment contrary to the ECHR. The appeal was dismissed in a summary single-judge procedure, legal aid was refused, and CHF 600 in costs were imposed.

Regeste Omnilex

Art. 34 al. 2 let. d LAsi; Dublin II Arts. 3, 20; removal to a responsible third state; conditions for invoking the sovereignty clause and for refusing transfer on human-rights grounds. The Federal Administrative Court reiterates that, where Eurodac and the Dublin takeover mechanism establish another State’s responsibility, the asylum authority may declare non-entry and order removal. The sovereignty clause remains exceptional and is not triggered by mere difficulties or precarious living conditions in the responsible State. Transfer is unlawful only where the record shows a concrete, personal and serious risk of treatment contrary to Art. 3 ECHR or a comparable international obligation; generalized allegations are insufficient.

Texte intégral

BVGer E-4302/2010

Entscheiddatum: 18.06.2010Publikationsdatum: 28.06.2010

Bundesverwaltungsgericht

Tribunal administratif fédéral

Tribunale amministrativo federale

Tribunal administrativ federal

Cour V

E-4302/2010/wan

{T 0/2}

Arrêt du 18 juin 2010

Composition

Maurice Brodard, juge unique,

avec l'approbation de Gérard Scherrer, juge ;

Edouard Iselin, greffier.

Parties

A._______, née le (...), Erythrée,

représentée par (...),

(...),

recourante,

contre

Office fédéral des migrations (ODM),

Quellenweg 6, 3003 Berne,

autorité inférieure.

Objet

Asile (non-entrée en matière) et renvoi (Dublin) ;

décision de l'ODM du 30 avril 2010 / (...).

Vu

la demande d'asile déposée en Suisse par l'intéressée le 21 février 2010,

les investigations de l'ODM, le 22 février 2010, dans le système européen "Eurodac" (ci-après Eurodac), lesquelles ont révélé que la requérante avait déjà déposé une demande d'asile en Italie le 4 novembre 2009,

l'audition sommaire du 26 février 2010, durant laquelle l'intéressée a eu la possibilité de se déterminer sur la compétence éventuelle de l'Italie pour traiter sa demande d'asile du 21 février 2010 ainsi que sur un possible transfert dans cet Etat,

la requête de reprise en charge présentée le 15 mars 2010 par l'ODM aux autorités italiennes, basée sur l'art. 16 par. 1 let. c du règlement (CE) n° 343/2003 du Conseil du 18 février 2003 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande d'asile présentée dans l'un des Etats membres par un ressortissant d'un pays tiers (JO L 50 du 25.2.2003, p. 1ss ; ci-après règlement Dublin II),

l'absence de réponse des autorités italiennes dans le délai échéant le 30 mars 2010,

la décision du 30 avril 2010, notifiée le 8 juin 2010, par laquelle l'ODM, se fondant sur l'art. 34 al. 2 let. d de la loi du 26 juin 1998 sur l'asile (LAsi, RS 142.31), n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de la requérante, a prononcé son renvoi de Suisse vers l'Italie - pays compétent pour traiter sa demande d'asile selon l'accord du 26 octobre 2004 entre la Confédération suisse et la Communauté européenne relatif aux critères et aux mécanismes permettant de déterminer l'Etat responsable de l'examen d'une demande d'asile introduite dans un Etat membre ou en Suisse (AAD, RS 0.142.392.68) - et a chargé le canton compétent de l'exécution de cette mesure, tout en constatant aussi l'absence d'effet suspensif d'un éventuel recours,

le recours interjeté, le 14 juin 2010, contre la décision précitée, concluant à son annulation et au renvoi de la cause à l'ODM pour nouvelle décision,

les demandes d'octroi de l'effet suspensif et d'assistance judiciaire partielle dont il est assorti,

et considérant

que, sous réserve des exceptions prévues à l'art. 32 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal administratif fédéral (LTAF, RS 173.32), le Tribunal, en vertu de l'art. 31 LTAF, connaît des recours contre les décisions au sens de l'art. 5 de la loi fédérale du 20 décembre 1968 sur la procédure administrative (PA, RS 172.021) prises par les autorités mentionnées à l'art. 33 LTAF,

qu'en particulier, les décisions rendues par l'ODM concernant l'asile peuvent être contestées devant le Tribunal conformément aux art. 105 LAsi, 33 let. d LTAF et 83 let. d ch. 1 de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF, RS 173.110),

que l'intéressée a qualité pour recourir (art. 48 al. 1 PA) et que son recours, interjeté dans la forme (art. 52 PA) et le délai (art. 108 al. 2 LAsi) prescrits par la loi, est recevable,

que, dans le cas d'espèce, il y a lieu de déterminer si l'ODM était fondé à faire application de l'art. 34 al. 2 let. d LAsi, disposition en vertu de laquelle l'office fédéral n'entre pas en matière sur une demande d'asile lorsque le requérant peut se rendre dans un Etat tiers compétent, en vertu d'un accord international, pour mener la procédure d'asile et de renvoi,

que pour ce faire, en application de l'AAD, l'ODM examine la compétence relative au traitement d'une demande d'asile selon les critères fixés dans le règlement Dublin II (cf. art. 1 et 29a al. 1 de l'ordonnance 1 du 11 août 1999 sur l'asile relative à la procédure [OA1, RS 142.311] ; Mathias Hermann, Das Dublin System, Eine Analyse der europäischen Regelungen über die Zuständigkeit der Staaten zur Prüfung von Asylanträgen unter besonderer Berücksichtigung der Assoziation der Schweiz, Zurich, Bâle et Genève 2008, p. 193 ss),

que la procédure de détermination de l'Etat responsable ne doit pas être confondue avec l'examen de la demande d'asile, par conséquent des motifs liés à celle-ci (cf. art. 5 par. 1 du règlement Dublin II),

qu'aux termes de l'art. 3 par. 1 du règlement Dublin II, une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre, celui-ci étant déterminé à l'aide des critères fixés par son chapitre III,

qu'ainsi, l'Etat compétent est celui où réside déjà légalement un membre de la famille du demandeur puis, successivement, celui qui a délivré au demandeur un titre de séjour ou un visa, celui par lequel le demandeur est entré, régulièrement ou non, sur le territoire de l'un ou de l'autre des Etats membres, et celui auprès duquel la demande d'asile a été présentée en premier (art. 5 en relation avec les art. 6 à 13 du règlement Dublin II),

qu'en l'occurrence, les investigations entreprises par l'ODM ont révélé, après consultation d'Eurodac, que la recourante avait, le 4 novembre 2009, déposé une demande d'asile en Italie,

que les dénégations de l'intéressée, s'agissant du dépôt de cette demande d'asile et de son séjour subséquent dans cet Etat, ne sont pas de nature à infirmer la présomption d'exactitude des données dactyloscopiques enregistrées dans Eurodac (cf. aussi ses déclarations contradictoires au sujet de la date son arrivée en Italie, qui aurait eu lieu soit vers la mi-novembre 2009, soit le 15 février 2010 [cf. pt. 3 et pt. 16 p. 7 du procès-verbal de l'audition sommaire]),

que, le 15 mars 2010, l'ODM a présenté aux autorités italiennes compétentes une requête tendant au transfert de la recourante dans cet Etat,

que l'Italie n'ayant pas répondu à la requête de reprise en charge déposée par les autorités suisses dans le délai prévu à l'art. 20 par. 1 let. b du règlement Dublin II, ce pays est réputé avoir accepté la reprise en charge de la recourante (art. 20 par. 1 let. c),

que la compétence de l'Italie pour mener la procédure d'asile introduite en Suisse est dès lors effectivement donnée,

que, par ailleurs, il n'existe en l'occurrence aucune raison que la Suisse fasse usage de la possibilité qui lui est offerte de traiter elle-même cette demande, l'application de la clause de souveraineté prévue à l'art. 3 par. 2 du règlement Dublin II devant rester exceptionnelle (cf. Christian Filzwieser/Andrea Sprung, Dublin II-Verordnung, 3e éd., Vienne/Graz 2010, K 8 ad art. 3 p. 74 ; cf. aussi en particulier l'argumentation ci-après relative aux obligations de la Suisse fondées sur le droit international),

que la recourante a invoqué qu'elle ne souhaite pas retourner en Italie car ses conditions de vie y seraient précaires,

que l'Italie est partie à la convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (Conv., RS 0.142.30) et à son protocole additionnel du 31 janvier 1967 (Prot., RS 0.142.301), de même qu'à la convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CEDH, RS 0.101) ainsi qu'à la convention du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Conv. torture, RS 0.105),

que rien au dossier ne laisse supposer que cet Etat faillirait à ses obligations internationales (p. ex. respect du principe de non-refoulement) en renvoyant la recourante dans un pays où sa vie, son intégrité corporelle ou sa liberté seraient sérieusement menacées, ou encore d'où elle risquerait d'être astreinte à se rendre dans un tel pays,

qu'en l'espèce, l'intéressée n'a pas été en mesure d'établir l'existence d'un risque personnel concret et sérieux d'être exposée à un traitement contraire aux dispositions de la CEDH, et en particulier de son art. 3,

que sauf circonstances très exceptionnelles - telle en particulier la nécessité, qui, au vu dossier, n'est pas donnée en l'espèce, de recevoir des soins complexes et indispensables dont l'interruption équivaudrait sans aucun doute possible à un traitement cruel et inhumain - des conditions d'existence, même particulièrement précaires, ne sauraient constituer un traitement prohibé par l'art. 3 CEDH et être suffisantes pour empêcher le transfert dans un pays européen partie à l'accord d'association à Dublin,

qu'en conséquence, le transfert de la recourante en Italie s'avère licite (sur la notion d'illicéité cf. Jurisprudence et informations de la Commission suisse de recours en matière d'asile [JICRA] 1996 n° 18 consid. 14b/ee p. 186 s., et jurisp. cit., à propos de l'art. 83 al. 3 de la loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers [LEtr, RS 142.20]),

qu'il n'existe pas de motifs liés à la situation de la recourante, femme jeune et en bonne santé, permettant d'admettre une mise en danger concrète de celle-ci en cas de transfert en Italie ; que, d'ailleurs, les requérants d'asile renvoyés en Italie en application du règlement Dublin II y bénéficient d'un traitement privilégié en matière d'hébergement et de soins (cf. arrêts D-2050/2010 du 8 avril 2010 et E-2221/2010 du 23 avril 2010),

qu'enfin, l'Italie ayant accepté la prise en charge de l'intéressée, l'exécution du transfert est aussi possible (art. 83 al. 2 LEtr),

qu'au vu de ce qui précède, c'est à juste titre que l'ODM n'est pas entré en matière sur la demande d'asile de la recourante et a prononcé le renvoi de Suisse (cf. à ce sujet art. 44 al. 1 LAsi et art. 32 OA 1) ainsi que l'exécution de cette mesure ; que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 30 avril 2010 et au renvoi de la cause à l'ODM doivent dès lors être rejetées,

que le recours s'avérant manifestement infondé, il est rejeté dans une procédure à juge unique, avec l'approbation d'un second juge (art. 111 let. e LAsi),

qu'il est dès lors renoncé à un échange d'écritures, le présent arrêt n'étant motivé que sommairement (art. 111a al. 1 et 2 LAsi),

que le Tribunal ayant statué sur le fond de la cause, la demande d'octroi de l'effet suspensif au recours est sans objet,

que les conclusions du recours étant d'emblée vouées à l'échec, la demande d'assistance judiciaire partielle doit être rejetée (art. 65 al. 1 PA),

que, vu l'issue de la cause, il y a lieu de mettre les frais de procédure à la charge de la recourante, conformément aux art. 63 al. 1 PA et 2 et 3 let. b du règlement du 21 février 2008 concernant les frais, dépens et indemnités fixés par le Tribunal administratif fédéral (FITAF, RS 173.320.2),

le Tribunal administratif fédéral prononce :

Le recours est rejeté.

La demande d'assistance judiciaire partielle est rejetée.

Les frais de procédure, d'un montant de Fr. 600.-, sont mis à la charge de la recourante. Ce montant doit être versé sur le compte du Tribunal dans les 30 jours dès l'expédition du présent arrêt.

Le présent arrêt est adressé à la mandataire de la recourante, à l'ODM et à l'autorité cantonale compétente.

Le juge unique : Le greffier :

Maurice Brodard Edouard Iselin

Expédition :

Mots-clés

asylumdublin transfernon-entrytake-back requesteurdacsovereignty clausearticle 3 ECHRlegal aidcourt costs

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the ODM correctly applied the Dublin rules and Art. 34(2)(d) AsylA to issue a non-entry decision and removal to Italy.

Solution extraite

Yes. Italy was responsible under Dublin, and its tacit acceptance meant Switzerland could rely on Art. 34(2)(d) AsylA.

Motifs extraits

Eurodac and the unrefuted data supported a prior asylum claim in Italy; Italy did not answer the takeover request within the Dublin time limit and was deemed to have accepted responsibility. No basis existed to invoke the sovereignty clause.

Question juridique clé

Whether transfer to Italy would violate Art. 3 ECHR or otherwise be unlawful or impossible.

Solution extraite

No. The record did not show any concrete personal risk or systemic failure by Italy; precarious living conditions alone were insufficient.

Motifs extraits

Italy is bound by the Refugee Convention, ECHR and CAT, and nothing indicated breach of non-refoulement or a serious risk of inhuman treatment for this young, healthy applicant.

Question juridique clé

Whether the request for partial legal aid should be granted.

Solution extraite

No, because the appeal was manifestly without prospects of success.

Motifs extraits

Under Art. 65 PA, legal aid is unavailable where the claims are doomed to fail.

Question juridique clé

Whether the appeal should have suspensive effect.

Solution extraite

The request became moot because the court decided the case on the merits.

Motifs extraits

Once the merits were decided, the interim request no longer required separate treatment.

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