Criminal appeal inadmissible for insufficient motivation

6B_1098/2010Tribunal fédéral / Division pénale14 avr. 2011Dismissed

Extrait par Omnilex

Résumé Omnilex

The Federal Criminal Court dismissed X.’s appeal as inadmissible. It held that his bias complaint about Judge C. was insufficiently reasoned and, in any event, unfounded because the recusal request had been raised too late. New complaints concerning the absence of an interpreter and refusal to appoint chosen counsel were inadmissible because they had not been exhausted below. His attack on the evidence was purely appellatory and failed to demonstrate arbitrariness. As the appeal had no chance of success, legal aid was refused and reduced court costs of CHF 800 were imposed on him.

Regeste Omnilex

Art. 42, 64, 66 and 80 LTF; recusal, exhaustion of cantonal remedies, and arbitrariness review in criminal appeals before the Federal Court; a complaint must specifically address the reasoning of the cantonal decision and comply with the heightened motivation requirements. New grounds not raised below are inadmissible. Allegations of arbitrary assessment of evidence and violation of in dubio pro reo are only considered if manifest arbitrariness is shown; merely appellatory criticism is insufficient. Legal aid is refused when the appeal lacks any prospect of success; costs are borne by the losing party, with reduction possible for financial hardship.

Texte intégral

{T 0/2}
6B_1098/2010

Arrêt du 14 avril 2011
Cour de droit pénal

Composition
MM. et Mme les Juges Favre, Président,
Schneider et Jacquemoud-Rossari.
Greffière: Mme Gehring.

Participants à la procédure
X.________,
recourant,

contre

  1. Procureur général du canton de Berne, case postale, 3001 Berne,
  2. Y.________, représenté par Me Yves Richon, avocat,
    intimés.

Objet
Lésions corporelles simples, dommages à la propriété, violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires,

recours contre le jugement de la 2ème Chambre pénale de la Cour suprême du canton de Berne du 18 août 2010.

Faits:

A.
Par jugement du 28 septembre 2009, le Président 1 de l'Arrondissement judiciaire I Courtelary-Moutier-La Neuveville a reconnu X.________ coupable de lésions corporelles simples, dommages à la propriété, ainsi que violence et menace contre des fonctionnaires et l'a condamné, notamment, à une peine pécuniaire de soixante jours-amende à trente francs chacun, avec sursis et délai d'épreuve de deux ans.

B.
Statuant sur appel du condamné, la 2ème Chambre pénale de la cour suprême du canton de Berne a confirmé la condamnation par arrêt du 18 août 2010 fondé sur les principaux éléments de faits suivants.

Le 21 mars 2006, Z.________ (maman de l'enfant B.________) et Y.________ (curateur de celui-ci) se sont rendus au domicile du père, X.________, afin d'y chercher B.________ pour que la mère puisse exercer son droit de visite. Se référant à un entretien téléphonique avec son avocate, X.________ a cru que le droit de visite était suspendu et refusé de remettre l'enfant. Suite aux discussions qui s'en sont suivies, le père a décidé de quitter le domicile en emmenant B.________ qu'il a assis dans sa voiture. Alors qu'il regagnait le siège du conducteur, Z.________ a ouvert la portière pour prendre son fils. X.________ s'est alors précipité sur elle en lui assénant des coups à la tête. Y.________ est intervenu en demandant à X.________ de cesser, puis en le ceinturant. Se libérant de l'emprise subie, X.________ s'est retourné et a frappé le visage de Y.________ à coups de poing, que la victime a partiellement pu esquiver. Tombées à terre, les lunettes que ce dernier portait, ont été volontairement écrasées par X.________. Durant cette altercation, Z.________ a récupéré son fils et l'a, à son tour, assis dans sa voiture. X.________ s'est alors une nouvelle fois jeté sur elle, la bousculant par le col de sa veste. En tentant derechef de s'interposer, Y.________ a été à nouveau frappé à coups de poing et de pied par X.________.

C.
Ce dernier interjette un recours en matière pénale à l'encontre du jugement cantonal dont il requiert l'annulation, concluant au renvoi de la cause à l'autorité précédente en vue de son acquittement et nouveau jugement sur les frais judiciaires de 1ère et 2ème instances. L'intéressé requiert en outre le bénéfice de l'assistance judiciaire.

Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures.

Considérant en droit:

1.
Le recourant estime que la Juge C.________ ne pouvait pas statuer de manière impartiale sur la présente affaire dès lors qu'elle avait précédemment siégé à la cour ayant rejeté, par jugement du 17 décembre 2008, son recours contre l'attribution de l'autorité parentale et de la garde de B.________ à la mère. Il se plaint à ce propos d'un cumul inadmissible de fonctions au regard de l'art. 30 al. 1 Cst.

Par décision du 17 février 2010, la 2ème Chambre pénale de la cour suprême du canton de Berne a déclaré la demande de récusation déposée par le recourant contre la magistrate prénommée, contraire aux règles de la bonne foi qui commandent de faire état le plus tôt possible d'éventuels vices de procédure ou motifs de récusation (ATF 133 III 638 consid. 2 p. 640) et, partant, irrecevable. Dans le présent recours, X.________ - qui ne conteste pas la motivation précitée - se borne à reprendre les griefs de prévention formulés à l'encontre de la magistrate. Ce faisant, il n'explique pas en quoi les considérants corrélatifs de la décision cantonale seraient erronés. Faute de satisfaire aux exigences de motivation prévues à l'art. 42 LTF, le grief est irrecevable. Au demeurant, le moyen était de toute manière infondé au regard des considérants pertinents de la décision du 17 février 2010 à laquelle la cour de céans renvoie intégralement (art. 109 al. 3 LTF).

2.
Le recourant se plaint ensuite d'une violation de son droit d'être entendu, puisqu'il n'aurait pas été assisté d'un interprète (recours p. 14 § 6). En outre, il reproche au premier juge d'avoir refusé, sans motivation, de lui désigner l'avocat de son choix comme défenseur d'office (recours p. 20 § 2). Invoqués pour la première fois en instance fédérale, ces griefs sont irrecevables faute d'épuisement des instances cantonales (art. 80 al. 1 LTF; ATF 135 I 91 consid. 2.1 p. 93).

3.
3.1 Enfin, le recourant se prévaut d'appréciation arbitraire des preuves en violation de la présomption d'innocence. En bref, il reproche aux juges cantonaux de l'avoir condamné au mépris des circonstances qui établissent son innocence. Seuls les éléments à charge avaient été pris en compte, ceux à décharge ayant été systématiquement écartés. Les témoins entendus étaient dépourvus de toute crédibilité, leurs dépositions ayant été influencées par l'aversion qu'ils lui portaient. Les versions des différents protagonistes variaient toutes les unes des autres, les considérations de la partie adverse se révélant, de surcroît, contradictoires et illogiques. Enfin, le condamné justifie ses agissements par le fait qu'en refusant de remettre l'enfant, il avait strictement observé les consignes de son avocate et tenté de mettre son fils à l'abri, notamment des troubles psychiques présentés par la mère.

3.2 Tel qu'il est soulevé, ce grief revient à invoquer une violation du principe "in dubio pro reo" comme règle de l'appréciation des preuves, donc, en définitive, à se plaindre de ce que cette appréciation serait arbitraire (ATF 127 I 38 consid. 2 p. 40 ss). Cette dernière notion n'est pas synonyme de discutable, ni même de critiquable. Pour être qualifiée d'arbitraire, une appréciation doit se révéler manifestement insoutenable, et cela non seulement dans sa motivation mais dans son résultat (ATF 134 I 140 consid. 5.4 p. 148; 133 I 149 consid. 3.1 p. 153). Le Tribunal fédéral, qui n'administre pas lui-même les preuves, ne saurait en effet en revoir librement l'appréciation et substituer la sienne, supposée différente, à celle du juge du fait. Il ne peut s'écarter de la solution retenue que s'il est amené à constater qu'elle s'avère absolument inadmissible. Il ne peut au demeurant entrer en matière sur l'arbitraire allégué que si ce dernier est démontré dans le recours conformément aux exigences de motivation de l'art. 106 al. 2 LTF (cf. ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287).

3.3 A l'appui de la condamnation contestée, les juges se sont fondés sur les déclarations concordantes de Y.________, de Z.________ et de deux témoins, sur le dossier photographique établissant les blessures subies par Y.________, sur la facture des anciennes et des nouvelles lunettes de ce dernier, ainsi que sur les certificats médicaux du docteur D.________ établissant les lésions subies par Z.________ (hématome au niveau pariéto-occipital de 32 x 4 cm à la tête) et par Y.________ (griffures au front de 4 et 3 cm, tuméfaction de la paupière supérieure gauche, hématome au niveau de la mâchoire inférieure gauche de la taille d'une pièce de cinq francs, hématome tuméfié de 8 x 7 cm à la cuisse droite, petites lésions multiples au niveau du dos de la main gauche, douleurs à la palpation du flanc gauche et de la cage thoracique basale gauche, douleurs à la mobilisation de la colonne lombaire).

3.4 Le condamné conteste les constatations cantonales sans pour autant établir en quoi la cour aurait procédé à une appréciation arbitraire des preuves. Il n'allègue pas que celle-ci aurait faussement retranscrit les déclarations des témoins entendus ou le contenu des pièces sur lesquelles elle s'est fondée. De manière globale, il reproche aux juges leur appréciation des circonstances et des moyens de preuves sans pour autant démontrer en quoi celles-ci seraient insoutenables. Il se borne à exposer sa propre conception du litige dans une critique appellatoire qui ne remplit pas les exigences de motivation précitées et qui se révèle par conséquent irrecevable (cf. consid. 3.2 supra).

4.
Dès lors que le recours était de la sorte d'emblée dénué de chance de succès, la requête d'assistance judiciaire doit être rejetée. Le recourant, qui succombe, supporte les frais judiciaires, qui seront réduits afin de tenir compte de sa situation financière (art. 64 et 66 al. 1 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est irrecevable.

2.
La demande d'assistance judiciaire est rejetée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 800 francs, sont mis à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour suprême du canton de Berne, Section pénale, 2ème Chambre pénale.

Lausanne, le 14 avril 2011

Au nom de la Cour de droit pénal
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: La Greffière:

Favre Gehring

Mots-clés

criminal appealinadmissibilityrecusalexhaustion of remediesarbitrarinesspresumption of innocencelegal aidcourt costs

Extrait par Omnilex

Question juridique clé

Whether the alleged bias of Judge C. rendered the cantonal appeal judgment unlawful

Solution extraite

The complaint was inadmissible because the appellant failed to challenge the cantonal reasoning that the recusal request was belated and contrary to good faith; in any event it was unfounded.

Motifs extraits

A party must raise recusal grounds as soon as possible and must specifically attack the contested reasoning before the Federal Court; the appellant did neither.

Question juridique clé

Whether the appellant could raise, for the first time before the Federal Court, complaints about lack of an interpreter and refusal to appoint his chosen counsel as public defender

Solution extraite

No; these complaints were inadmissible because they had not been exhausted in the cantonal proceedings.

Motifs extraits

New arguments not previously submitted to the cantonal instances fail the exhaustion requirement under the Federal Supreme Court Act.

Question juridique clé

Whether the cantonal court arbitrarily assessed the evidence and violated the presumption of innocence

Solution extraite

The challenge was inadmissible because it amounted only to an appellatory criticism and did not demonstrate manifest arbitrariness.

Motifs extraits

The appellant did not show that the cantonal findings were untenable or that evidence had been misrepresented; the Federal Court does not freely reweigh evidence.

Question juridique clé

Whether legal aid should be granted

Solution extraite

Denied because the appeal had no prospect of success.

Motifs extraits

An obviously futile appeal does not meet the requirements for legal aid.

Question juridique clé

How court costs should be allocated

Solution extraite

Costs of CHF 800 were imposed on the appellant, reduced in view of his financial situation.

Motifs extraits

The losing party bears costs; reduction was granted because of limited means.

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