BGE 54 I 441
BGE 54 I 441Bge20 mars 1920Ouvrir la source →
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Staatsrecht.
en nature pendant le delai de construction, et cela
quand bien mme ces prestations en nature auraient
ete remplacees temporairement par des versements
proportionnes de sommes d'argent.
Il convient en outre de relever qu'en l'espece les
annuites de 10000 fr. stipulees dans le contrat repre-
sentent la contre-valeur de prestations en nature dont
la Commune d'Evolene avait un besoin immediat, ainsi
qu'll ressort des reclamations figurant au dossier.
Dans ces conditions, la Dixence ne saurait se mettre
au benefice de l'art. 50 aJ. 1 pour les annuites de 10000 fr.
qui
sont effectivement dues a la Commune d'EvoIene.
4. -La recourante a integralement paye les rede-
vances
et annuites echues au cours des trois premieres
annees, soit en 1919, 1920 et 1921.
Pour l'annee 1922, la Dixence a verse une somme de
25
000 fr. « a valoir sur les redevances echues le 6 juiUet
1922
pour la concession de la Borgne» ainsi que le
constate
la quittance du 16 octobre 1922. A defaut de
stipulation contraire, ce paiement devait s'imputer pro-
portionnellement
sur les deux dettes echues (art. 87
al. 2 CO). La recourante a donc paye le 71,43 % de
chacune de ses
dettes ; elle doit-encore pour le solde de
l'annuite de 10000 fr. echue le 31 juillet 1922, la somme
de 2857 fr.
50.
En vain objecterait-elle que son paiement de 1922 de-
vait s'imputer exclusivement sur l'annuite de 10000 fr.,
qui seule
Hait due, du moment que la redevance de
25000 fr. avait ete stipulee en violation de la loi. S'il
est vrai qu'en principe le concessionnaire ne peut renon-
cer au droit decoulant pour lui de l'art. 50 al. 1 de la
loide 1916, il a toutefois la faculte de renoncer a l'exer-
cice de
ce droit pour chacune des annees courantes ;
une teIle renonciation de sa
part doit Hre admise lors-
qu'il paie
nel
temporaire des travaux» dont l'engagement prend fm a
l'achevement des dits travaux.
A. -Le 9 fevrier 1918, l'ingenieur enchef de la ,trac-
tion
du Ier arrondissement des Chemins de fer federauxne redevance annuelle sans faire aucune
reserve
(cf. RO 49 I p. 181 et 182). Or, la Dixence a
accepte, sans protester, que
la somme versee par elle ]e
Dienstverhältnis der Bundesbeamten. N° 58.
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16 octobre 1922 fUt consideree comme un acompte sur
la redevance proprement dite et sur l'annuite de
10000 fr. Par consequent, elle doit ts a 5 % des le 31 juillet 1923, la demande-
resse
Hant deboutee pour le surplus.
VI.
DIENSTVERHÄLTNIS DER BUNDESBEAMTEN
RAPPORTS DE SERVICE
DES FONCTIONNAIRES FEDERAUX
58. Arret du 30 novembre 1928
dans la cause Müller contre Caisse de pension
et d.e secours d.u personnel des C. F. F.
L'art. 41 des statuts de la caisse de pension et de secours du
personnel des C.F.F. n'est pas applicable au «persotre censee avoir
renonce
a exercer ses droits pour ce qui concerne la
redevance annuelle de 25000 fr. echue en juillet 1922,
jusqu'a concurrence de la somme qu'elle a effectivement
payee sur cette prestation.
Pour l'annee 1923, la Dixence, qui n'a fait aucun
versement, ne peut etre tenue de payer autre chose que
l'annuite de 10000 fr. prevue a la clause 5 du contrat
de concession.
Le Tribunal fideral prononce:
Le recours est partiellement admis en ce sens que la
demande de la Commune d'Evoltne ne peut tre dec1a-
ree fondee que pour les sommes de 2857 fr.50 ayec
interts a 5 % des le 31 juillet 1922, et de 10000 fr.
avec
inter
442 Staatsrecht.
ecrivait au demandeur, lequel est ingenieur, qu'll pouvait
entrer au bureau de l'electrification des C. F. F., a Sion.
Cette
lettre se terminait ainsi : « L'engagement n'est que
temporaire
et nous nous reservons de le denoncer moyen-
nant un avertissement prealable d'un mois, delai qui
doit
Hre observe egalement par vous. »
Le demandeur entra immediatement en fonctions.
En date du 20 mars 1920, le demandeur et les C. F. F.
ont signe un « contrat d'engagement de personnel tem-
poraire des travaux ». A teneur de l'art. 1 de ce contrat :
« Le directeur du Ier arrondissement des C. F. F. confere
a M. Müller Emile un emploi d'ingenieur pour I'etablisse-
ment de la ligne electrique Sion-Lausanne. » L'art. 5 du
m~me contrat prevoit que « les rapports de service sont
regis par les prescriptions des C. F. F. pour le personnel
temporaire des travaux, du 10 novembre 1914 ».
Ces « prescriptions » prevoient que chaque partie peut
donner conge moyennant un avertissement prealable
de 3 mois.
B. -Le 28 decembre 1926, le Directeur du Ier arron-
dissement des
C. F. F. adressait au demandeur une lettre
circulaire qui contient le passage suivant : « Comme le
programme d'eIectrification
accelere des lignes principales
de notre reseau sera
realise vers le milieu de l'annee 1928
et qu'i! est peu probable que les travaux d'electrification
pourront tre continues immediatement apres cette
epoque, nous ne sommes pas,
a notre grand regret, en
mesure de proceder
a votre reelection pour la periode
triennale entiere
comment;ant le 1 er avril1927. Cependant,
pour ce qui nous concerne, votre emploi dans notre
administration durera en
tout cas jusqu'au 30 juin 1928. »
Le demandeur repondit, par lettre du 22 avril 1927
ä. la Direction du Ier arrondissement, qu'il s'etait mis en
qute d'une autre situation et que ses demarches etaient
sur le point d'aboutir eventuellement pour le 1
er
juin
de l'annee courante. Il demandait quelle indemnite on
lui allouerait
en application de rart. 41 des Statuts de la
Caisse de pensions et de secours.
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La Direction du Ier arrondissement transmit cette
lettre a la Direction generale, qui ecrivit en retour ä. la
Direction du Ier arrondissement, le 2 mai 1927 : « Nous
vous informons que vous pouvez allouer
ä. M. Emile
Müller qui
quittera le service des C. F. F. le 1 er juin
prochaIn une indemnite de licenciement de 6000 fr. et
lui rembourser ses indemnites versees ä. la Caisse de
secours
et pension. »
Le demandeur fut avise de cette reponse de la Direction
generale. Il declara, dans une lettre du 9 mai 1927,
qu'i!
quitterait les C. F. F. le 1 er juin de la meme annee,
mais qu'il
demandait le 150 % de son traitement, soit
13 129 fr. 50.
C. -Par demande introduite devant le Tribunal fede-
ralle 19 mai 1928, le demandeur conclut, avec frais et
depens, que la Caisse de pensions et de secours du
personnel des C. F. F. est sa debitrice et lui doit immediat
paiement de Ia somme de 13 467 fr. 60 avec interet
au 6 % des le 1
er
juin 1927.
La defenderesse conclut a liberation des fins de :la
demande.
Dans sa replique, le demandeur
reduisit ses conclu-
sions a 13 129 fr. 50. La defenderesse maintint ses conclu-
sions
liberatoires.
Considerant en droit :
444 Staatsrecht.
2. -Le demandeur n'a jamais appartenu aux fonction-
naires
et employes a poste fixe des C. F. F., lesquels
sont nommes pour 3 ans (art. 6 de la loi federale sur
le statut des fonctionnaires). Il a fait partie de cette
classe d'employes provisoires que l'on a appele
« le per-
sonnel temporaire des travaux » ; cela resulte de la lettre
qui lui a ete adressee par les C. F. F. le 9 fevrier 1918,
et de son contrat d'engagement du 20 mars 1920. Cet
etat de choses n'a pas He modifie dans la suite. C'est
en vain que le demandeur soutient, dans sa replique,
qu'en 1921 il a He nomme pour une periode de 3 ans.
Il
n'a pas rapporte la preuve de cette allegation et iI
ne peut non plus invoquer la publication parue dans la
Feuille Ollicielle des C. F. F. de 1923, N° 52, prevoyant
la reelection des fonctionnaires et employes a poste fixe.
Quant a l'expression inexacte dont la Direetion du
Ier arrondissement s'est senie dans sa lettre du 28 deeem-
bre 1926, OU il est question de « reeleetion pour la periode
triennale
entüre commenf:;ant le 1 er avril 1927 », il s'agit
1a d'une erreur evidente; cela ne peut rien changer aux
eirconstances de fait.
3.
-C'est en 1921 que le personnel provisoire, soit
aussi le personneI temporaire des
travaux,' fut affilie
a la Caisse de pensions et de secours (voir les statuts de
1921,
art. 31itt. c et d et les prescriptions pour le personneI
temporaire des
travaux, du 27 octobre 1922, art. 7).
A l'epoque, cette affiliation
n:a He accompagnee d'aucune
reserve; ce n'est que 1'« Ordre general de service POUT
l'engagement temporaire du personnel des travaux », du
19 oetobre 1924, qui a prevu, a son art. 9, qu'a l'avenir
le personnel temporaire des travaux ne serait admis dans
la Caisse qu'a la condition de renoncer a l'application de
l'art.41 des statuts. Le demandeur n'a jamais ete sollicite
de signer pareille renonciation.
4. -Le demandeur ne peut cependant exiger !'indem-
nite
prevue a l'art. 41 des statuts. En effet, ron ne se
trouve pas en presence
d'un assure qui n'aurait pas ete
Dienstverhältnis der Bundesbeamten. N° 58. 445
rMlu, ou qui aurait ete eongedie ,sans qu'il ! t eu faute
de sa part, ainsi que le prevoit 1 art. ,s
ans), et il n'est pas sou1 prelte.. .,
Cette solution est commandee par I mterpretatIOn htte-
rale de rart. 41. Le demandeur n'appartient pas au
personnel nomme pour une periode determinee (tros a reeeetio,' I ne peut" es
10rs exiger une indemmte du falt qu 11 nest pas reelu.
Le 'demandeur n'a pas non plus, a proprement parIer,
ete congedie. Cette expression evoque avant tout une
resiliation unilaterale de
la part de l'employeur. Or, eryIlle
rapport de service entre le deman?e.u: et les.C. :. F. na
pas He delie par suite d'une decISlOn unilaterale des
C. F. F., mais bien ensuite d'une entente commun.
Lors de la conclusion du contrat du 20 mars 1920, l
avait He convenu, notamment, que ce contrat ne de:vaIt
durer que jusqu'a l'achevement de tlOn .cl:
savoir si un employe engage pour un travail deertains travau (elec-
trification de
la ligne Lausanne-SIOn). La .quee
serait en droit d'invoquer l'art. 41 pour le cas OU 11 ,serat
congedie sans qu'il y ait faute de sa p et avnt ~ ache-
vement de ce travail ne
se pose pas lCI. En 1. esp:ce, .la
resiliation du
contrat de travail est en relatIon etrlte
avec l'achevement des travaux; elle a donc u heu
conformement
au contrat d'engagement temporalre. Le
fait que le demandeur a
quitte le servic.e. d.e C. F. F.
quelques mois avant leur achevement defmItif est sans
importance.
C' est de son plein gre que le demadeur
a quitte les C. F. F. quelque temps avant loye
de gare, chef de train, mecanicien, et? est en drOlt de
compter
qu'il pourra rester au SerVl?e ?e~ C. F. F.
pendant toute son existence s'il remplit fldelement sona da.te pre:ue:
ceci afin de. pouvoir accepter une autre sItuatIOn qm Im
Hait offerte.
5 _ L'esprit
meme de l'art. 41 fournit contre la
thee du demandeur des arguments plus decisifs encore
que ceux
qu'on peut inferer de son texte. .., '
Celui
qui est engage par les C. F. F. en quahte d em
446 Staatsrecht. devoir. Une non-rMlection ou un liceneiement constituent pour lui un evenement imprevu et anormal. On comprend, des lors, qu'un tel evenement soit couvert par l'assurance, car les employes dont il vient d'etre fait mention ne peuvent que difficilement trouver une occupation sem- blable a eelle qu'ils avaient et iIs doivent en general prendre un autre metier. L'indemnite qui leur est assuree doit les aider a se creer une autre situation. Mais Iorsqu'un ingenieur, un teehnicien ou un surveillant de travaux, ete. est engage pour la eonstruction d' ouvrages determines, ainsi, par exemple, pour I'eleetrifieation d;une ligne, il sait, des le debut, que son engagement n'est que tem- poraire. La fin de son engagement est pour Iui un evene- ment prevu, normal, dont l'assurance se legitimerait d'autant moins qu'a la fin de son engagement il peut exercer la meme profession dans !'industrie privee, par exemple. Il serait eontraire a l'idee de l'assuranee et au hut de la Caisse de pensions et de seeours que le personnel temporaire des travaux puisse se prevaloir de l'art. 41 des statuts. 6. -Le demandeur ne peut pas tirer argument du fait qu'iI averse les memes cotisations que le personnel a poste fixe. La Caisse de pensions et de secours n'est pas un etablissement prive d'assurances. Le montant des cotisations exigees ne depend pas de l'etendue du risque assure, mais du chiffre du traitement etdes etats de service. Il ne serait pas equitable que les prestations du demandeur a la Caisse exeedent le risque supporte par eelle-ci. Mais ce n'est evidemment pas le cas. A sa sortie de Ia Caisse, les cotisations versees par le demandeur Iui ont He restituees (statuts art. 7). La Caisse n'en a conserve que les intetets, ce qui est une contre-prestation bien faible pour le risque supporte par elle pendant la duree de l'engagement du demandeur. Le Tribunal IMeral prononce: La demande est rejetee.
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