BGE 43 II 241
BGE 43 II 241Bge17 mars 1916Ouvrir la source →
Conditions necessaires pour qu'il y ait rapport de cause a effet entre le premier et le second accident. A. -Le 10 decembre 1915, Ie demandeur et recourant Jean PfIster, ouvrier de fabrique a Colombier, s'est fait en travaillallt dans les ateliers de la defenderesse et intimee, la Societe Nouvelle des automobiles Martini a St-Blaise, une blessure au dos de la main droite ; elle a necessite une operation qui a He pratiquee a I'HöpitaI eommunal des Cadolles ä Neuchatel, OU Pfister avait He admis. Le 17,mars 1916, celui-ci, dont la sortie etait prevue pour le 25 de ce mois, se promenait dans Ie pare de l'etablissement ayant la main entouree d'un pansement impregne d'alcool, non recouvert de toHe protectrice. Dn autre malade du nom de GuiIlod ayant voulu allumer son cigare, fIt projeter une parcelle de chlorate incandes- cent sur ce pansement qui prit feu avec une intensite teIle que des gouttes d'alcool: enflammees tombaient a terre et qui ne put etre eteint qu'au moment ou il etait consume a peu pres entierement. ces blessures qui en sont resultees ont retenu Ie demandeur a I'HöpitaI jusqu'au 16 juillet ; actuellement il a la main deformee et sensible, et les mou- vements des doigtssont anormaux. L'expert consulte pendant l'instance a constate le 28 octobre une i~capacite
242 Haftptlichtrecht. N0 35.
de travail de 10 %, qui pourra etre ramente peu ä peu
a 5 % au maximum.
Pfister a He indemnise completement des premIeres
consequences de l'aecident survenu dans 1'atelier Martini
et ne recIame plus ä ee sujet que la restitution d'une
somme de 130 fr., deduite ä tort selon lui des notes
presentees par l'Höpital, en contre-valeur de son entretien
du 21 janvier au 25 mars. Il a par contre demande sans
sueees a la Societe Martini de l'indemniser des suites de
l'accident survenu a l'Höpital dans les cireonstances sus-
rappelees
et lui a intente dans ce but devant le Tribunal
ehil de Neueh\te1 une action en paiement de 5229 fr. soit
1229 fr. pour salaire perdu, soins
medicaux ete. et 4000 fr.
a titre d'indemnite pour invalidite permanente. La
Soeiete defenderesse a concIu a liberation.
B. -Par jugement du 6 fevrier 1917 depose le 20 du
meme mois, le Tribunal cantonal de Neuchätel a ecarte
la demande de Pfister sous suite de frais et depens. Celui-ci
a,
par dedaration du 6 mars 1917, recouru contre ee juge-
ment an Tribunal fMeral en reprenant les conclusions
formulees
par lui devant l'instanee cantonale.
Statuant sur ees faits et eonsiderant
en droH:
En l'espeee cependallt, c'est a tort que l'iiltance
cantonale a considere les brulures dont PfIster a He
atteint eomme le resultat d'un fait exterieur sans rela-
tion avec
le· premier aceident, celui-ci ayant done eLe
seulement l'occasion et Bon l'origine du second. Le
traitement applique au demalldeur a He au contrairt'
une des causes determinantes d cet accident, puisque,
si le pansement de Pfister a pu prelldre feu instanta-
nement au simple contact de la parcelle incandescente,
c'est parce qu'il
avait He imbibe d'alcool, dans un but
de cicatrisation ou de desinfection. Cela Hallt, on peut
non seulement comparer le danger qui en etait la conse-
quence, au danger d'infectioll resultant d'un s~jour
dans un höpital, qui a He indique plus haut, maIS on
doit le considerer comme
entrainant plus directement
encore Ia responsabilite
du patron, puisque relle-ei se
trouve etablie non pas seulement par la presence de l'ou-
vrier dans
l'etablissement, mais eJlcore par le genre de
traitement qui Iui a He applique ; enfin le danger couru
244 Haftp1liehtreeht. N° 35. par Pfister a He encore aggrave par l'absence de toHe protectrice, et c'est la un fait dont la defenderesse doit aussi etre consideree comme responsable. 3. - Cest sans raison que l'instance cantonale a fait etat de I'arret rendu par le Tribunal federalle 28 juin 1906 dans Ia cause Brassino contre Casei (voir Journal des tribunaux 1907 p. 52 et suiv.), puisque, dans cette affaire. Ie lese avait provoque Iul-meme Ie domrnage nouveau et que l'art. 2 de Ia Ioi sur Ia responsabilite civile de 1881 exclut des consequences de l'accident tout ce qui a ete la consequence d'une faute de Ia viciime, el! enfm parce que dans cette meme espece, les resultats du premier accident etaient si peu importants, en comparaison de celles provenant de Ia faute de l'ouvrier, que I'on pou- vait considerer sans autre ce premier accident comme n'ayant eu aucun effet en ce qui concerne Ie dommage subi par Iui ; c'est par contre ce qu'on ne saurait admettre en Ia cause, puisque le genre de traitement applique a. Pfister a He l'origine de la combustion qui s'est pro- duite. Il n'y a pas lieu non plus de retenir le fait releve par l'instance cantonale, que la Socieie defenderesse n'avait rien pu tenter pour empecher l'accident puisque, comme cela a eie releve plus haut, elle Hait responsable meme des erreurs commises -pendant le traitement. Enfin iI n'y a pas lieu pour le Tribunal federal de s'arreter au fait que la Societe defendßresse pourrait exercer un recours contre une autre person ne egalement respon- sable de l'accident puisqu'en matiere de responsabilite eivile, sauf les eas OU il y a crime ou delit, Ie patron est responsable meme des accidents qui sont le fait de tiers._ 4. -..... Calcul de l'indemnite accordee. Par ces motifs, le Tribunal federal prononce: Le recours est admis et l'arret du Tribunal cantonaf de Neuchätel du 6 fevrier 1917 reforme en ce sens que Ia 245- Societe defenderesse est condamnee a payer au deman- deur une somme de 2511 fr., avec interet a 5% des Ie 17 mars 1916, jour du second accident. VI. MARKENSCHUTZ PROTECTION DES MARQUES DE FABRIQUE 36. UrteU der I. ZivUabteUung vom 24. Kärz 1917 i. S. Birmele, Beklagter und Berufungskläger, gegen Butishauser 8G OIe, Kläger und Berufungsbeklagte. Art. 5 und 7 MSch G. Ein ausländisches Fabri- kat ion s g e s c h ä f t, das seine Fabrikmarke in der Schweiz ohne Eintragung tatsächlich gebraucht, erlangt die aus dem bIo s sen G e b rau c h e s ich erg e - ben den R e c h t e auch ohne schweizerische Handels- niederlassung oder Gegenrechtserklärung im Sinne von Art. 7 MSchG. -Ein t rag u n g der Marke dur c h ein e n H a n deI s ver t r e t e r der Firma in der· Schweiz auf seinen eigenen Namen und Klage dieses Ver- treters gegen einen a n der n, die M a r k e ver w e 11 - den den Ver kau f s b e r e c h t i g t e n. Rechtsstel- lung des Klägers zu der ausländischen Fabrikatio11sfirma. Priorität des Gebrauches oder der Eintra- gun g (die später auch vom Fabrikationsgeschäft erlangt wurde) massgegebend? Frage der täuschenden A e h n- li c h k e it und der Ver jäh run g des Markenrechts- anspruches . A .. -Die Crescent Type\vriter Supply Co in Boston hat für das von ihr fabrizierte Kohlenpapier die Bezeich- nung «Crescent Brand Carbon Paper)} angenommen und sich das Fabrikzeichen eines Halbmondes mit einem Stern beigelegt. Ihre Fabrikate hat sie auch in der Schweiz verkauft und zwar war ihr Vertreter eine Zeit lang die Firma Oskar Rutishauser & Oe in S1. Gallen~
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