BGE 42 II 537
BGE 42 II 537Bge27 avr. 1914Ouvrir la source →
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Familienrecht.
No 84.
etait necessaire en matiere de paternite. -L'instance
eantonale a admis en outre que, chacune des confidensce
du defendeur au sujet de ses relations intimes avec Ma-
rie Putallaz ayant Me rapportee par un seul temoin,
elles ne pouvaient, en vertu de l'art. 222 proc. civ. val.,
faire preuve de la cohabitation.
On ne saurait neanmoins
refuser toute valeur aces depositions, qui pouvaient au
contraire (art 1245 CC val.) etre eompletees au moyen du
«serment suppletif» deftre par le juge. Le Tribunal can-
tonal toutefoie n'a pas fait usage de cette faculte et
n'a meme p::.s indique ses raisons de proceder ainsi, ce
qui permet de supposer qu'il a voulu, ici encore,
appli-
quer le principe d'ordre gelieral d'apres lequel, dans les
pro
ces en paternite, les juges doivent exiger des preuves
plus
strictes; en l'espece, la Cour d'appel etait tenue, si
la eohabitation lui paraissait probable
mai non point
etablie
a satisfaction de droit, de deferer le serment
suppletif
a la demanderesse, afin da respecter rart. 310
CC. Cela etant, le recours doit etre declare fonde ct l'af-
faire renvoyee
a l'instance calltonale en applieation de
rart. 82 OJF pour complement eventuel de l'instruction
et nouvelle decision.
4. -Si ce nouvel examen de "la cause doit avoir pour
eonsequence la reconnaissance"
de la paternite du defen-
deur, il entrainera egalement une solution differente en
ce qui coneerne l'action en
indemnite pour rupture de
fianailles introduite par Marie Putallaz, cette l)ecoude
reclamation ayal1t He ecartee pour la raison qu la
grossesse devait
etre le fait d'un tiers; l'affaire doit done
sur ce point aussi, etre renvoyee a l'instance cantonale.
Il faut cependallt ajouter que,
meme si la preuve positive
que
cette grossesse doit etre attribuee au defendeur ne
devait pas
etre consideree comme rapporlee, il n'y aurait
la eneore qu'une insuffisance de preuves concernant une
action de paternite, mais non la eonstatatiol1 que cette
grossesse doit
etre attribuee a un tiers; ce serait, en ef-
fet, deplacer le fardeau de la preuve que d'envisager que
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le defendeur a etabli l' existence de justes motifs pour
. rompr~ les fianailIes parce que, malgre les fortes pre-
somptIons
relevees eontre lui, l'action formee par les de-
manderesses
aurait neanmoins ete ecartee.
Par ces motifs,
le Tribunal federal
prononce:
Le recours est admis et rarret du Tribunal cantonal
du Valais du 26 juin 1916 est annule; I'affaire est en
consequence renvoyee
a l'instance cantonale pour nou-
velle decision dans
le sens des considerants.
85. Arret de 1a. IIe Seetion civüe du 14 decembre 1916
dans la cause Etat da Berne contre Jaquet.
Dette alimentaire : 10 Nature de I'action intentee par
l corporation publique tenue d'assister (art. 329, al. 3 CC);
Calcul de la valeur litigieuse.
20 Obligation des freres et sreurs; notion de l'aisance' repar-
tition du fardeau dc Ia preuve. '
A. -Louis-A~guste Jaquet. ne le 4 aout 1854, origi-
naire de Nods (canton de Berne)
est tombe a la charge de
son callton d'origine qui 1'a admis,
le 11 mars 1911, a
1'Asile des vieillards « Mon Repos I), a Neuveville.
Par decision du 90etobre 1911, le Prefet du district de
Neuveville, autorite
eompHente a teneur de la loi ber-
noise sur l'assistanee publique, eondamna FrMeric-Louis
Jaquet, aneien maltre-menuisier a la Chaux-de-Fonds,
ä contribuer aux frais d'entretien de son frere Louis-
Auguste par une somme de 300 fr. par an, payable par
semestre, les 11 mars et 11 septembre. FreMrie-Louis
Jaquet devait, en outre, fournir les vetements neces-
saires a SOll frere. Le reste des frais incombait a l'assis-
tance publique
du canton de Berne.
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Familienrecht. N° 85.
Frederic-Louis Jaquet est ne en 1842. 11 a He victime
en 1909, d'un accident qui l'a rendu, pour le reste de sa
vie, incapable de tout travail. Sa fortune consiste essen-
tiellement en immeubles, sur lesquels il paie l'impöt pour
une somme de
150000 fr. Ce chiffre correspond a l'esti-
mation cadastrale des immeubles, diminuee des
dettes
hypothecaires.
Jus·au.11 mars 1914, Frederic-Louis Jaquet a paye
1a contnbutIon de 300 fr. fixee par la decision prefectorale.
Des cette date, il s'y refusa, alleguant que ses ressources
ne le
lili permettaient plus.
B. -Par demande du 11 mars 1916, l'Etat de Berne.
represente
par la Direction' de I'Assistance publique, a
concIu ä ce que Ie Tribunal cantonal du canton de Neu-
chAtel condamnät Fredenc-Louis Jaquet a payer a I'Etat
de Berne une pension annuelle de 300 fr. pour l'entretien
de son
frere Louis-Auguste Jaquet. soit la somme de
600 fr. representant la pension echue le 11 mars 1916.
avec interets a 5% des ce jour et dans la suite 150 fr.
le
11 mars et 150 fr. le 11 septembre de chaque annee
jusqu'au deces de Louis-Auguste Jaquet.
Le demandeur allegue que le gefendeur vit dans l'ai-
sance
et qu'il est des lors tenu de contribuer a l'entretien
de son frere, conformement
aux art. 328 et 329 CC.
C. -Le defendeur a conclu a liberation des fins de la
demande. 11 soutient que. depuis 1914, le revenu de ses
immeubles
Hant derisoire, il ne vit pas dans l'aisance et
que sa situation financiere est au contraire precaire. Le
defendeur allegue eu outre qu'il doit subvenir dans une
large mesure
a l'entretien des menages de ses trois enfants
et qu'il accomplit ainsi une obligation alimentaire pre-
ferable a celle que le demandeur voudrait lui imposer.
D. -Le Tribunal cantonal du canton de
NeuchAtel
a ecarte la demande par jugement du 4 octobre 1916.
L'instance cantonale constate que, depuis la guerre,
ls revens du defendeur sont reduits dans une propor-
tIon senslble. Les comptes de gerance contiennent une
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longue liste de loyers non rentres, de sorte que les soldes
en faveur
du proprietaire, a la fin d'une periode de six
mois, ne
s'elevent qu'a 1280 fr. 10 en mai 1915 et a
292 Ir. 15 en novembre 1915; celui de novembre 1914
etant meme nuI. En outre, diverses depenses d'entretien
des immeubles ne figurent pas dans les comptes de ge-
rance ; elles ont du etre prelevees sur les revenus. Le de-
fendeur ({ se voit reduit par la modicite de ses ressources
a une existence des plus serrees ; il fait menage commun
avec ses fils
I). En consequence, le Tribunal cantonal
admet que le defendeur, ({ loin de jouir d'un superflu, ne
dispose que du
striet necessaire ) et nevit done pas dans
1'aisance.
E. -L'Etat de Berne a recouru en temps utile au
Tribunal fMeral contre ce jugement qui lui a He commu-
nique le 11 octobre 1916. Il reprend les conclusions de sa
demande.
Le delendeur a conclu au rejet du recours et a la con-
firmation du jugement
attaque.
Statuant sur ces laits et considerant
en droit:
540 Familienreeht. N° 85. blic Salamin c. Preiet du distriet de Sierre (RO 42 I n° 57). 2. - A tenuer de rart. 329, a1. 2 CC, « les freres et sreurs ne peuvent etre rechereMs que s'ils vivent dans l'aisanee I). Le texte allemand dit : « ••• wenn sie sich in günstigen Verhältnissen befinden.
) La comparaison de ces deux textes montre deja que les mots « vivent dans l'aisanee >) ne doivent pas elre inter- pretes litteralement dans le sens de « vivent effectivement dans l'aisance ), mais consideres comme l'equivalellt de la rMaction en langue allemande, d'apres laquelle il suffit que les freres et sreurs se trouvent dans une situation favorable. . Cette interpretation est corroboree par la genese de l'ar1. 329 a1. 2 CC. L'avant-projet de 1900 disposait a I'art. 354 al. 2 que « les freres et sreurs particulieremenl aises pourront elre mis a contribution I). La commission des experts de 1901 supprima le mot « particulierement )} (cf. Protokoll der Expertencommission I p. 325 et 326) et c'est sans doute pour des motifs rMaetionneis que le texte primitif a encore eM modifie plus tard dans le projel de 1904 (art. 336). L'interpretation littetale des mots « vivent dans l'ai- sance ) conduirait, d'autre part, ades consequences que le legislateur n'a certainement pas voulu sanctionner. Pour que les freres et sreurs ~le puissent plus etre recher- ches, il suffirait, en effet, que leur fortune, bien que consi- derable, fUt plaeee en valeurs improduetives (des collec- tions, par exemple). Il y a done lieu d'admettre que les termes (! vivent dans l'aisance ) signifient « peuvent » vivre dans l'aisance. Des lors, pour resoudre la question de savoir si cette condition est realisee, il faudra tenir compte non seulement des reve- nus que les freres et sreurs retirent effectivement de leur fortune, mais considerer aussi eette lortune en elle-meme et les revenus qu'ils pourraient en retirer normalement. En eonsequence, il faut et il suffit que le demandeur a FamiUenrecht. N0 85. 541 l'action alimentaire (le parent indigent ou la corporation publique) prouve que le defendeur est dans une situation Iui permettant, d'upres l'experience generale, de vivre dans l'aisanee. Cette presomption une fois etablie, e'est au defendeur qu'il incombera de prouver qu'en raison de circonstances particulieres, que Iui seul peut connaitre, il Iui est impossible de placer sa fortune en valeurs pro- ductives et d'en retirer des revenus normaux, ou bien que ses charges de famille sont deja si considerables qu'on ne saurait lui en imposer une nouvelle.
542 Familienrecht. N° 86. Par ces motifs, le Tribunal federal prononce: Le recours est admis dans ce sens que le jugement attaque est annuIe et la cause renvoyee a l'instance can- tonale pour completer le dossier et statuer a nouveau sur ]a base des considerants du present arret. 86. Urteil der n. Zivils.bteilung vom 20. Dezember 1916 i. S. Brand, Beklagter, gegen Iiertig, Klägerin. Vaterschaftsklage. Einrede des unzüchtigen Lebenswandels (Art. 315 ZGB) begründet erklärt. A. -Die Klägerin Bertha Hertig war Kellnerin im Gasthof «( Zum Löwen» in Rüderswil und machte da- selbst die Bekanntschaft des Beklagten. Dieser trat zu ihr in ein näheres Verhältnis, und es kam zwischen den Parteien wiederholt zum Geschlechtsverkehr. Die Klä- gerin behauptet ausserdern, der Beklagte habe ihr. die Ehe versprochen, was jedoch -der Beklagte bestreItet. Am 27. April 1914 brach der Beklagte das Verhältnis ab, nachdem sich der in Erwäg1)ng 2 Absatz 2 hienach ge- schilderte Vorfall ereignet hatte. Am 15. Oktober 1914 gebar Bertha Hertig ein uneheliches Kind (die Mit- klägerin Johanna Hertig). B. -Gegenüber der vorliegenden Vaterschaftsklage hat der Beklagte unter Anerkennung der Tatsache, dass er in der kritischen Zeit (19. Dezember 1913-18.April 1914) mit der Klägerin geschlechtlich verkehrt habe, die in Art. 314 Abs. 2 und 315 ZGB vorgesehenen Einreden erhobeIl. C. -Durch Urteil vom 19. September 1916 hat der Appellationshof des KantonsBern die EJage gutgeheissen. Familienrecht. N° 86. 543 D. -Gegen dieses Urteil. dessen Begründung, soweit nötig, aus den nachfolgenden Erwägungen ersichtlich ist, hat der Beklagte rechtzeitig und in richtiger Form die Berufung an das Bundesgericht ergriffen, mit dem Antrag auf Abweisung der Klage. Das Bundesgericht zieht in Erwägung:
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