BGE 4 I 563
BGE 4 I 563Bge4 août 1877Ouvrir la source →
562 A. Staatsrecht1. Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
dans les eaux fran9aises du lac Leman au prejudice d'une per-
sonne qui, venant
de Geneve, devait etre de nouveau trans-
portee
a son domicile dans cette ville. En effet :
a) L'article premier de Ia loi de 1873 sus visee, prescrit
d'une maniere
generale et sans restrietion que toute societe
entreprenant un service public de navigation a vapeur sur les
eaux genevoises du lac Leman,
devra elire domicile a Geneve.
Jl en resulte que la Compagnie est recherchable a Geneve pour
toutes les reclamaLions personnelles qui peuvent lui
etre faites
de
1a part d'individus domicilies dans ce canton; ni la leHre,
ni l'esprit de celte disposition ne peuvent laisser admettre que
1e legislateur ait voulu restreindre ce for aux actions intentees
a ceHe Compagnie ensuite de quasi-delits commis dans les
eaux genevoises.
Cette interpretation se trouve d'ailleurs cor-
roboree
jusqu'a l'evidence par le fait que la Compagnie a on
signe son eleetion de domicile a Geneve, dans le regislre ouvert
a eet effet pour loutes les significations, demandes et pour-
suites relatives
a son entreprise.
b) Une interpretation restrictive de l'article premier pre-
eile
dans le sens du recours ne serait pas compatible ave<: le
hut meme de la loi, qui a eU evidemment d'assurer a tous les
ressortissants ou domieilies genevois lapossibilite de rech
er-
eher au for de Geneve la Compagnie pour toutes les reclama-
tions ayant trait
a des transports par eau en connexion avee le
territoire de ce canton.
Il n' est pas admissible de supposer que l'inlention du
legis-
lateur ait ete de distinguer entre les quasi-delits commis dans
les eaux genevoises el ceux
perpetres dans les eaux frangaises
du ]ae, puisqu'il serait certainement, dans la pratique, impos-
sible de
ciCterminer toujours avec certilude si le fait a la base
de
Ja reclamation s'est produit sur territoire suisse ou sur ter-
ritoire
franyais.
5° A l'appui de l'interpretation qui precede, il n'est point
hors de pro pos de rappeier l'art. 8
de la loi federale du 23
Deeembre '1872 concernanl Ja disposition anaJogue suivante
relative aux
Compagnies de chemins de fer, assimiIees aux
entreprises de bateaux
a vapeur par la loi federale du
VII. Gerichtsstand. -VII[. Vollzieh. kantonaler Urtheile. N° 99. 563
1 er Juillet 1875 sur la responsabilite de ces entreprises, en
cas d'accidents entrainant
mort d'homme ou lesions corpo-
relles :
« Les societes auront a elire domicile dans chacun des ean-
» tons dont leurs entreprises empruntent le territoire, afin
» qu'elles pttissent y etre aclionnees par les habitants de ce
» canlon. »
6° L'art. 34 du reglement de police du 27 Fevrier 1877,
invoque par la recourante, en statuant que « toute contraven-
» tion aux dispositions de la seetion Ire si elle a ete commise
» dans une station genevoise ou dans les eaux du canion de
» Geneve, peut donner lieu a une plainte ou ä une denoncia-
» tion faite au Departement de justice et police » -n'infirme
point
ce qui vient d' etre dit au sujet des actions civiles
exercees par suite d'un quasi-delit
(Voy. meme reglement,
art. 36.)
7° Il ressort de tout ce qui preeede qu'en interpretant
comme elle l'a fait l'article premier
de la loi de 1873, la Cour
de justice de Geneve n'a point viole, au prejudice de la Com-
pagnie de navigation a vapeur sur le lae Üman, les disposi-
tions des
art. 58 eL 59 de la Constitution federale.
Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
Le recours est ecarte comme mal fonde; l'arret rendu
par ]a Cour de justice civile de la Republique et canlon de
Geneve est maintenu dans le sens des considerants qui pre-
cedent.
VIII. Vollziehung kantonaler Urtheile.
Execution de jugements cantonaux.
99. Arr~t du 15 Novernbre 1878 dans la cause Meigniez.
Le sieur Casimir Bossard, de Reiden (Lucerne), avait el.e
employe par la mais on Meigniez et ce, a Yverdon, en qualite
564 A. Staatsrecht!. Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundf-sverfassung.
de voyageur de commerce. Il s'etablit a Yverdon dans le cou-
rant de l'atomne 187, soit des le 1
er
Octobre, en qualiM de
sous-Iocatalre des
moulIns de cetle ville, dontMeianiez et Ce
etaient tenanciers, et il s'associa a cet effet avec t)le nomme
Ulrich Friedrich.
La situation de la maison Meigniez et Ce etait embarrassee
a celte epoque, et elle ne tarda pas ä elre dec]aree en fail-
lite.
Bossard, etabli en fait
ä Yverdon et v exercant une indus-
trie,
?ut, a teneur de la legislation vaudise, ;e pourvoir d'un
permls d'cer par sentence avec depens qu'il~
sont ses deblteurs sohdalres de 629 fr. 50 cent. pour prix
des marchandises
re!;ues par eux en Octobre 1876 lors ae la
prise de possession des moulins
d'Yverdon. C. Bo~sard et U.
Friedrich comparurent personnellement a l'audience de con-
ciliation du Juge de paix du cercle
d'Yverdon le 12 Avril
1877.
La conciliation n'ayant pu avoir lieu le Tribunal civil
du ,district
d'~verd,on, statuant en la caus; le 4 Aout 1877,
apres d.ue asslgnatlOn des defendeurs, admet par defaut les
concluslOns de la masse Meigniez et
Ce.
, tablissement, qui lui fut delivre par la Municipalite,
le
19 AvrIl 1877, contre depot de son acte d'origine.
Le 3 Mai 1877, Bossard retira cet acte d' origine, en de-
clarant tra,nspor!er son domicile ä Grandson; il quitta Yver-
do?
le 4 ,dlt? m,als n'alant pas trouve ä Grandson l'occupation
qu
ol espermt, Il partIt pour Reiden, son lieu d'origine, OU il
arnva le 5 Mai au soir .
.
P.ar exploit du 5 A vril 1877, notifie le meme jour a « Ca-
SImlr Bossard, me.unier ä Yverdon, » la masse en discussion
de
Charles Meigniez et Ce ouvre action ä Bossard et Friedricb
dans le
but ,d faire proar exploit du 26 Avril1877, notifie le meme jour a Ca-
Simir
Bossard, meunier a Yverdon, le liquidateur de la faillite
de
Ch. Meigniez, a Yverdon, assigne le dit Bossard a paraitre
a l'audience du Juge de paix de ce cercle, le 3 Mai 1877
pour eIre entendu et si possible concilie au sujet de l'actio
qu'il se propose de lui intenter dans le but de faire prononcer
par sentence avec depens que Bossard doit faire a la dite
VIll. Vollziehung kantonaler Urtheile, N° i'9. 565
faillite prompt payement de 675 fr. pour prix d' objets que lui
a vendus
Ch. Meigniez.
Cette
affaire ayant ete appelee a l'audience du dit Juge de
paix le
4 Mai 1877, et Bossard n'ayant pas comparu, ac te de
defaut fut delivre au demandeur pour valoir selon droit.
Statuant
par defaut le 4 Aout 1877, et-apres due assigl1a-
tion de Bossard, le Tribunal civil du distriet
d'Yverdon ac-
eorde les conclusions du liquidateur de la masse de Charles
Meigniez.
Les deux jugements qui
precedent ont ete notifies a Bos-
sard, sans domicile connu dans le canton, par affiche au pi-
lier public et par communication au procureur de la Repu-
blique, conformement aux dispositions de la procedure chile
vaudoise.
L'execution des dits jugements ayant
ete reclamee des au-
torites competentes du canton de Lucerne, domicile actuel de
Bossard, le Tribunal superieur de ce canton,
par jugement du
'17 Janvier 1878, a refuse l'executiol1 demandee,en se basant
sur les considerations suivantes :
n re suIte d'une altestation du Conseil mUl1icipal de Rei-
den, en date du
3 Janvier 1878, que Casimir Bossard etait
domicilie regulierement ä Reiden depuis le commencement
ae Mai 1877. Par consequent et a teneur de l'art. 59 de la
Constitution federale, Bossard devait etre recherche a son do-
micile
aReiden, et la procedure par defaut devant le Tri-
bunal
d'Yverdon n'est point justifiee. Ce Tribunal n'etait point
competent
pom rel1dre les jugements dont il s'agit, et leur
execution ne saurait etre accordee.
C'est contre ce jugement du Tribunal superieur de Lucerne
que la masse en liquidation de la
societe Meigniez et Ce, a
Yverdon, et la masse en liquidation de Charles Meigniez, a
Yverdon, ont recouru, chacune pour ce qui la concerne, au
Tribunal
federal, concluant qu'il plaise ä ce Tribunal de pro-
noncer :
« Que l' opposition a l' execution des deux jugements
»rendus le 4 Aout '1877 par le Tribunal civil du district
}) d'Yverdon conlre Casimir Bossard. en faveur de la masse
» Charles Meigniez et Ce d'une part, et en faveur de la masse
566 A. Staatsrechtl. Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.
» de Charles Meigniez d'autre part, opposition prononcee par
» le Tribunal supreme du canton de Lucerne, le 17 Janvier
» 1878, est levee et mise de cote, et que par contre libre
» cours doit elre laisse ä l'execution de ces deux jugements,
» conformement a l'art. 61 de la Constitution federale. »
Dans sa reponse du 21 Avril '1878, Bossard souleve d'abord
une exception de forme consistant
ä dire que le Tribunal su-
perieur de Lucerne n'ayant eu sous les yeux aucune autre
piece de procedure que les deux jugements par defaut, le Tri-
bunal
federal, procedant par analogie avec la disposition de
l' art. 30 a1. 4 de la loi sur l' organisation judiciaire federale,
ne saurait prendre en consideration les autres pieces du dos-
sier, tendant
a apporter la preuve du domicile de Bossard a
Yverdon au moment de I'ouverture des deux actions susmen-
tionnees,
-et que le recours doit etre, de ce chef, declare
non-recevable.
Au fond, Bossard coneIut egalement au rejet du recours.
Il conteste avoir
eie domicilie a Yverdon, dans le sens de
l'at. 59 de la Constitution federale, a l'epoque Oll les dites
achons doivent etre envisagees comme ayant ete reellement
ouvertes contre lui devant le Tribunal de ce district.
Dans leurs replique et duplique les parties
reprennent,
a.vec de nouveaux developpements, leurs conclusions respec-
tIves.
Statuant sur ces fails et considerant en droil :
Sttr l' exception :
1
0
Il ne s' agil point dans l' espece d'un recours dirige, a
tnur des art. 29 et 30 de Ia loi sur I'organisation judiciaire
federale, contre
un arret de ]a plus haute instance judiciaire
du canton de Lucerne appliquant
une loi federale, mais d'un
recours contre une
decision du Tribunal superieur de ce
ca?ton en. ati,ere d' execution de jugements rendus par un
TrIbunal clVll dun autre canton. Les recourants estiment que
le refus d' execution contre lequel ils s'
elevent viole l' art. 61
de la Constitution federale, prescrivant que les jugements civils
definitifs
rendus dans ttn canton sont executoires dans toute
la Suisse.
VIII. Vollziehung kantonaler Urtheile. N° 9!J.
567
Le Tribunal fecleral se trouve donc en presence d'un re-
cours de droit public concernant la violation de droits ga-
rantis
par la Constitution federale, et en pareil cas l'art. 61
de la loi sur l'organisation judiciaire federale charge le Juge
deIegue de provoquer , s'il y a lieu, en vue de la sauvegarde des
droits constitutionnels des citoyens,
un complement d'instruc-
tion et d'ordonner la production des moyens de preuve
ne-
cessaires, 10rs meme que ces preuves n'auraient pas ete sou-
mi ses
a l'autorite dont la decision est incriminee.
La circonstance que les recourants n'ont pas
pu entre-
prendre, devant le Tribunal superieur de Lucerne et a l' oc-
casion de la decision dont
est recours, la preuve du domicile
de Bossard
a Yverdon lors de l'ouverture des dits proces, ne
saurait les frustrer du droit d'administrer cette preuve devant
le Tribunal
federal.
La fin de non recevoir proposee par l' opposant au recours
est
ecartee.
Au fond:
2° La question a re so ud re est celle de savoir si lors de
l'inchoation des deux actions
a lui intentees ä Yverdon, Bos-
sard
etait encore domicilie dans cetLe commune. Celte ques-
tion doit recevoir
une solution affirmative, pour l'un comme
pour l'autre des jugements rendus par le Tribunal civil
d'Yverdon. En effet:
a) En ce qui concerne l'aclion intentee au dit Bossard par
la masse Meigniez et Ce, en payement de 629 fr. 50 cent.,. il
est etabli
par les pieces au dossier, et admis par Bossard lui-
meme que l' exploit de citation en conciliation Iui a ete notifie
personnellement
Ie 5 Avril 1877; Bossard a comparu devant
le magistrat conciliateur le
12 du dit mois.
L'art. 65 du
Code de procedure civile vaudois statue que la
citation en conciliation constitue l'ouverture de l'action, pott1'Vtt
qu'il y soit suivi regulierement dans le delai legal. C'est done
la date
du 5 Avril 1877 qui doit etre consideree comme le
point de
depart de l'action prementionnee. II ressort en outre
de l'attestation de l'huissier Mermoud, que
l' exploit du 30 Avril
avisant Bossard du
depot au Greffe du Tribunal d'Yverdon de
56S A. Staat-srechtl. Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.
ia demande de la masse, a Me notifie au dMendeur lui-meme
le 2 Mai suivant. Cet aete est authentique et fait preuve jus-
qu'a inscription de faux (meme Code de procedure art. 198) :
il en resulte que le depot de Ja demande a ete effeetue dans
le
delai legal de 60 jours et que Bossard doit etre reconnu
domicilie a Yverdon, lors de l'ouverture de l'action legalement
intentee
au domicile du defendeur. Bossard reconnait lui-
meme n'avoir quitte Yverdon que le 4 Mai, et n'etre rentre a
Reiden que le 5 dit : les effets juridiques de son domicile pre-
cedent a Yverdon doivent se deployer en tous cas jusqu'a cette
date. (Voy. Recueil officiel
I, 154, III, 452.)
b) En ce qui concerne l'action dirigee contre Bossard par
ie liquidateur de la masse de Charles Meigniez, il y a lieu de
eonstater eg'alement que le double de I'exploit de citation en
conciliation a ete noLifie au dMendeur lui-meme par l'huissier
Maitre, le 26 Avril 1877, et constitue ainsi des cette date l' ou-
verture de l'action. La cireonstance que Bossard ne reconnait
pas positivement le fait de cette remise, -constatee par re-
lation
authentique de l'huissier au dos de l' exploit, -est
sans importance,
en presence du prescrit de l'af't. 198 precite.
Les autres requisits de la procedure vaudoise, comme le
-depot de la demande dans les 60 jours des l'acte de non-con-
ciliation, Ia notification de ce
depot au dMendeur absent du
canton par affiche au pilier public et communication au Mi-
nistere public, ete., ont ete en ouLre remplis dans l'espece.
A
supposer que l'audienee de conciliation, fixee au :5 Mai,
n'ait eu lieu en realile que le 4, comme l'indique l'expedition
du proces-verbal du magistrat, eette irregularite ne peut ex-
dure le droit des Tribunaux vaudois de se nantir d'une action
contre
un defendeur domicilie sur le territoire de ce canton:
du reste Casimir Bossard ne l' a point relevee dans ses me-
moires, et il aurait du s'en prevaloir devant le Tribunal d'Yver-
don, seul competent pour en apprecier les consequences.
3° n resulte de ces faits que le Tribunal du district d'Yver-
don a ete regulierement nanti des deux actions prementionnees
malgre le transfert posterieur du domicile du dMendeur a Rei-
-den,
qui est impuissant a exercer une influence sur celte com-
IX. Kompetenz der Bundesbehörden. N° 100.
569
petence une fois fondee. (Voy. Recueil off, III, 39.) Les juge-
ments par defaut prononces par le dit Tribunal doivent done
recevoir
leur execution sur le territoire entier de la Suisse.
Par ces motifs,
Le Tribunal
fMeral
prononce:
Le recours est admis. En consequence le jugement du
17 Janvier 1878, par lequel le Tribunal superieur du cantoll
de Lucerne s'oppose a l'execution des deux jugements rendus
le 4 Aout 1877 par le Tribunal civil du district d'Yverdon
contre Casimir Bossard, est declare nul et de nul effet. Libre
eours doit etre laisse ä cette execution, conformement a
1'ar1.
61 de Ia Constitution federale.
IX. Kompetenz der Bundesbehörden.
Competence des autorites federales.
Des Bundesrathes. -Du Conseil federnl.
100. Utteii bom 26. Dltobet 1878 in @5act,en
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nämHd)en >Seufebung iugweifung au bem @ebiete beg
jtantong >Sem unb um @eftattung beg ufentarteg in biefem
stanton abgewiefett wurtle. @5ie berief d)
beggerid)te bie stomveten6, in bie >sefd)werbe ein3utreten weil
biefe!be fitt, auf meftimmungen eineg iBtaatgvertrageg mit bem
IViefür auf beg stantong >Sem beftritt bem >Sunrt. 2 beg
9lieberIafjunggvertrageg 6wifd)ett ber @5d)weiA unb bem beutfd)en
meitt,e bom 17. rn 1876, weld)em burd) bie angefod)tene met'
fügung öuwibergeanbeIt worben ,ei.
B. !Iler lRegierunggrat
Accès programmatique
Accès API et MCP avec filtres par type de source, région, tribunal, domaine juridique, article, citation, langue et date.