BGE 4 I 247
BGE 4 I 247Bge15 juin 1869Ouvrir la source →
246 A. staatsrechtliche Entscheidungen. IH. Abschnitt. Konkordate.
tid)tig fd)einenbe Iliuglegung eintreten AU laffen, arg nid)t bie be=
teiligten Stantone felbft burd) einen mad)trag errld)ten ®ebiete geftört ttlerbeu ,ollte.
3. um Stontorbate
bie m
liettleifelaften unfte begfelben erfäutern, aud) ttlenn baburd)
bie eineitnd)e Ilinttlenbung beg Stontorbateg in bem bon iie)on auggegangen, tann alier bie )orHegenbe eil beg
efd)ttlerDe
nid)t gutgeeiBen ttlerben. 1)enn bag angefNfttene Urteirtggcrid)tcg .8nad)
geber beg stäft fid) genan an Den nten Stonforbateg unD eg tann aud) ttl{)ortlaut beg
§. 7 beg mererttläl
feinem begrünbeten .8ttleifel unterHegen, baa Dic morfd)rift, bie
Ilinöeige beg ®ettlargmangelg unb bie müdbietung an ben Ueliel'iereg müffe burd) einen @cmeinbgbeamtcn gefd)eeu,
feiucgttlegg einc broB Aufällige, fonbern bettlubtc unD bealifid)tigte
ifi. 1)ab abcr im borliegenben alle eine müdliietung ber stl)ierg
nad) ben morfd)riften Deg Stontol'bateg erforbetlid) gcttlcfen fei,
fd)eint mefunent nid)t u beftreitenj fonbern bie efd)ttlerbe ift
nur barauT gerid)tet, ba% ber lliuAeige unb müdbietung burd)
d)argtrten rief nid)t bie gleid)e idung beigelegt ttlorben fei,
ttlic Der burd) lmitttlittung eineg @emeinbgbeamten gefd)eenen
müdbietung.
1)emnad) ~at bag ~uubeggetid)t
eda nnt:
1)ie ~efd)ttlerbe ift alg unbegrünbet aligcttliefen.
: :§§: :
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. N° 49.
247
Vierter Abschnitt. -Quatrieme sectiOD.
Kantonsverfassungen. -Constitutions cantonales.
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden.
Abus de competence des autorites cantonales.
Eingriffe in garantirte Rechte.
Atteintes portees ades droits garantis.
49. Arret dn 18 Avril 1878 dans la cause Reynolds
et consorts.
A. Dans le courant du mois d' Amit 1875, James Eckersley
Reynolds,
fils de feu William-Colton Broker, proprietaire,
sujet britannique, demeurant
a Liverpool, et Egide·Charles
Serrure, contröleur general des cbemins de fer du Midi,
Franl;ais, demeurant a Paris, se so nt rendus acquereurs de
quelques immeubles
Sttues dans le Canton de Geneve, et dont
suit la designation.
I. Les immeubles acquis par Reynolds comprennent :
1
0
Dans la Commune de Plainpalais, un clos si tue entre le
cbemin des
Petits-Philosophes et la route cantonale de Ge-
neve a Carouge, inserit au cadastre sous N° 89, feuille 7,
d'une contenance de
61 ares 67 metres, sur lequel se trou-
vent
six batiments.
2° Dans La ville de Geneve, quartier des Pdquis, une pro-
priete formant au cadastre la parcelle 147, feuille 7, d'une
contenance
de 9 ares 96 metres 20 decimetres, sur laquelle
se trouvent quatre
bätiments.
248 A. Staatsrechtl. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen. 3 0 Dans la t1ille de Geneve, rue des Chanoines, une maison portant le o 122 ancien et 11 nouveau. Reynolds a acquis ces immeubles par acte authentique regu Mes Dufresne et Gampert, notaires, du 3 Aoiit 1875, pour le prix de 240000 fr., dont 140000 fr. payes avant l'acte et quittances au dit, et le solde payable dans le deJai de trois mois avec interet au 5 % apres annonce legale sur le vu d'un certificat hypothecaire sur transcription. L'acte a ete enregistre, puis transcrit au bureau des hypo- theques. Reynolds a paye de ce chef: au fisc genevois pour enregistrement, 7560 fr., et au bureau des hypotheques pour les droits et le salaire du conservateur, 1918 fr. 50 cent. Il a ete publie dans la Feuille d'avis officielle du lundi 9 Aoiit 1875, N° 187, conformement aux dispositions de la 10i sur l'hypotheque legale du 12 Septembre 1868, art. 17. Ces immeubles Iui ont Me vendus par les demoiselles Poncet de Nouailles, Lance, Billaud, Briotel, Perrot, Chauchard, Hellen et de Buttet, domiciliees les unes a Geneve, les autres en France. 11. Immeubles acquis par Serrure : Par acte regu Me s Audeoud et Binet, notaires a Geneve, le 6 Aoiit 1875, les demoiselles Bizet, a Gaillard, et Fauchoux, a Chene-Bourg, ont vendu au dit Serrure, pour le prix de 35000 fr., un immeuble situe dans la Commune de Chene- Bourg, inscrit au cadastre sous le N° 378, feuille 6, d'une contenance de 8 ares 39 metres 10 decimetres, comprenant quatre bätiments. Cet acte a ete soumis, comme le precedent, aux formalites d'enregistrement et d'annonce par la Feuille d'avis officielle, et Serrure a acquitte les droits afferents aces operations. Par acte regu, Dufresne notaire, le 27 Fevrier 1868, les demoiselles Sophie Vermoote, sans profession, demeurant a Anvers; Catherine-Perrine Jamet, proprietaire a Saint-Pern (Ille-et-Vilaine, France), et Claudine Pegon, proprietaire, aussi a Saint-Pern, ont acheIe de Joseph-Victor Dunoyer, an- cien eure de Geneve, y domicilie, pour Je prix de 57000 fr., les immeubles que ce dernier possede a Carouge, rue de Lancy, Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. N° 49. 249 consistant en un clos inscrit au cadastre sous N° 868, feuille '10, d'une contenance d'un hectal'e 94 ares 40 metres 30 de- cimetres, et compose de cours, jardins, terrains en diverses cultures et de quatre batiments. Cet acte fut enregistre a Ge- neve le 3 Mars 1868, et transcrit au bureau des hypotheques de ce Canton Ie 11 du meme mois. Le vendeur avait lui·meme acquis la dite propriete, par acte du 12 Juillet 1862, notarie Dufresne, du marquis .loseph-Louis-Marie dit Gaston de Chau- mont. B. Le 23 Aoiit 1876, le Grand Conseil du Canton de Ge- neve adopte un arrete legislatif, portant suppression des cor- porations religieuses. L' art. 2 est con!iU en ces termes : « Le Conseil d'Etat est charge provisoirement d'administrer » les biens des dites corporations et de prendre immediatement » les mesures necessaires pour que les biens des commu- » nautes dissoutes restent affectes a leur destination de cha- ) rite et de bienfaisance. » Le 25 dit, le Conseil d'Etat rend l'arrete suivant : j) Le Conseil d'Etat, » Vu l'arrete legislatif du 23 Aoiit courant portant sup- /) pression des corporations religieuses » Arrete : » d'ordonner a M. Lutz, conservateur des hypotheques : » '1 ° De retenir provisoirement la minute des acles Du- » fresne, notaire, du 3 Aoiit 1875, et Audeoud, notaire, du » 6 Aoiit 1875, portant vente d'immeubles appartenant aux corporations religieuses de la Cbarite de la rue des Cha- » noines, des sreurs de la Charite de Chene-Bourg, des sreurs » de la Charite de la rue de Lausanne et des sreurs de la » Charite des Petits-Philosophes, ainsi que de l'acte Vüy, no- » taire, du 16 Aoiit 1875, portant vente par MBe Chambrot » a l\L Mehling, Jean-Marc, d'un immeuble a Carouge, rue » Saint-Victor et rue de la Filature; » 2° De ne delivrer pour le moment aucune expedition de » la dec1aration relative a Ja transcription de ces actes. » Et c'est jusqu'a ce que Ie Conseil d'Etat ait examine si ces
250 A. Staatsrechtl. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen. » actes portent atteinte aux droits de l' Etat ou prejugent les » mesures que le Conseil d'Etat est appele a prendre en » vertu de 1'a1't. 2 de l'arrete sus indique. » Le meme jour, le Conseil d'Etat adopte enco1'e un second arrete dont suit la teneur : I) Le Conseil d'Etat, Jl Vu l'art. 2 de l'arrete du 23 Aotit 1875, portant sup- f) pression des cOl'porations religieuses; Jl Arrete : » 1° M. Charles Page, agree, est nomme administrateur » provisoire des biens des corporations declarees dissoutes » par l' arrete susvise; » 2° Il fera proceder, en se faisant assister, le cas echeant, ,. par un commissaire de police, a l'inventaire des biens de » ces corporations et prendre immediatement les mesures ne- l) cessaires, pour que ces biens ne puissent etre detournes de » leur destination; » 3° 11 presentera au Conseil d'Etat les propositions qu'il » estimerait utiles en vue de l'administration de ces biens; » 4° n fera rapport au Conseil d'Etat sur les revendications » que l'Etat pourrait etre appeIe a exercel', ainsi que sur » toutes autres dispositions a prendre pour sauvegarder les » droits de l'Etat. » C. Par loi du 27 Septembre 1876, executoire des le 6 Oc- Lobre suivant, le Grand Conseil de Geneve a decrete : ARTICLE PREMIER. Tous les biens, meubles et immeubles D que les corporations supprimees possedaient dans le Can- » ton, a la date du 2 Juin 1875, eL qui ont ete enleves a leur » administration par l'arrete legislatif du 23 AoaL suivant sont » reunis au domaine de l'Etat. ) Sont notamment compris dans cette disposition les im- » meubles suivants : 11 1 0 Une maison situee a Geneve, rue des Chanoines, » N° 122, ancienne assurance, N° 11 nouveau, avec terrasse; )) 2° Un clos situe en la Commune de Plainpalais, inscrit » au cadastre sous le No 89, feuille 7, d'une contenance de Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. N° 49. 251
252 A. Staatsrecht!. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen.
» Le Conseil d'Etat promulgue la loi ci-dessus pour etre
» executoire dans tout le Canton des le jour de demain.
» Geneve, 5 Octobre 1876.
» Au nom du Conseil d'Etat :
» Le Chancelier,
lJ E. PATRU. »
Le Conseil d'Etat ayant, pour assurer l'execution de cette
loi,
nomme un regisseur des proprietes nouvellement reunies
a son domaine, ce fonctionnaire pril, vers le milieu d'Octobre
'1876, possession effective des dits immeub1es.
D. Les immeubles des recourants se trouvant compris au
nombre
de ceux reunis au domaine de l'Etat, a savoir ceux
de Reynolds sous N°S 1, 2 el 3, celui de Serrure sous N° 4,
el celui des demoiselles Vermoote, .lamet et Pegon sous N° 5,
ces diverses personnes ont recouru au Tribunal
federal contre
la dite loi du
27 Septembre 1876 : les demoiselles Vermoote,
Jamet
et Pegon, 1e 24, el Reynolds et Serrure, le 25 No-
vembre 1876.
Ces recours concluent :
« a) Le premier, ace qu'il p1aise au Tribunal federa1 de-
» cIarer nulle el de nul effet, -en ce qui concerne l'immeu-
» ble designe sous 1e N° 5 de l'article premier, -la 10i ge-
» nevoise du 27 Septembre 1876, reunissant au domaine de
» l'Etat les biens des corporations supprimees.
» Renvoyer I'Etal de Geneve a se pourvoir par devant les
» tribunaux competents s'il le juge apropos ;
J) b) Le second, a ce qu'il plaise au Tribunal federal ad-
1J mettre le recours de droit public des sieurs Reynolds el
» Serrure contre la loi genevoise susvisee, en tant qu' elle
» reunit au domaine de l'Etat les immeubles sus designes des
» recourants, contrairement aux droits et aux garanties ju-
» diciaires qui leur sont conferes, entre autres, par les art. 5,
» 6, 7, 94, 95 de la Constitution genevoise, 58 de la Consti·
» tution tederale, 4 du Traite entre la Suisse et la Grande-
» Bretagne et I'Irlande, du 6 Septembre 1855, ainsi que par
» le Traile sur l'etablissement des Suisses en France et des
Kompetenzüberschreitllngen kantonaler Behörden. N° 49. 253
» Frangais en Suisse, du 30 Juin 1864, et par la Convention
» entre la Suisse et la France sur la competence judiciaire et
» l'execution des jugements en matiere civile du 15 Juin
II 1869.
» envoyer l'Etat de Geneve ä se pourvoir pal' devant les
fJ TrIbunaux competents, tous droits reserves. il
Les recourants font valoir, en resume, les considel'ations
suivantes :
Par la loi du
GJ.7 Septembre 1876, le Grand Conseil du
Canton de Geneve a
tranche, de son propre chef, une question
de propriete privee. En attribuant les immenbles de Reynolds
et
. 1'.Etat, le Grae:rure, malg:e leurs protesttions et leurs tit1'es de pro-
prIete, au domame des eorporahons, pour les reunir a celui
dd C.onsil s'et fit juge et partie, empietant
an.sl sur .les attrIbUhns .constItutlOnnelles du pouvoir judi-
ClaIre, qm seul pouvalt dlre droit.
La loi decrete a l'article premier, que tous les biens meu-
bles et imeubles que les corporalions supprirnees possedaient
dans le Ganton sont reunis au domaine de l'Etat.
Les recourants n'ont pas a discuter Gette decision au point
de vue de leur recours.
Mais oU. le Grand Conseil a viole leur droit et s' est arroge
les, a.ttrIbutlOns du pou,:,oi1' judiciaire, c'est lorsqu'il ajoute im-
medIatement dans la
IOt ces mots : «Sont notamment compris
» dans cette disposition les immeubles suivants ... » c' est-a-
dil'e les immeubles prives des recourants.
.
Le pouvoir legislatif ne pouvait, constitutionnellement,
Juger que ces immeubles
n' etaient pas leur propriete, annulel'
les actes authentiques qui les leur avaient transmis. Les recou-
rllts n'ot d'ailleurs point acquis ces immeubles de corpora-
1Ions, malS de personnes privees qui les avaient elles-memes
chetes suivant les form es legales d'autres particuliers, ces
Immeules. ayant efe constamment et publiquement transmis
d .partIcuhers a particuliers, conformement aux regles et con-
dItlOS prevues par les lois, sans exception, ni reserve, ni
mentJon d'un droit quelconque en faveur de l'une ou de l'autre
rles corporations dont il s'agit. Le pouvoir legisiatif ne pon-
254 A. Staatsrecht!. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen. vait comprendre dans son incameration des propriites privees sans faire dire droit prealablement par les Tribunaux. E. Sous date du 3 Mars '1877, le Grand Conseil de Geneve a adopte, sur le preavis du Conseil d'Etat, une loi interpre- tative de la loi du 27 Septembre 1876, de la teneur suivante : » Le Grand Conseil, » Considerant que le but de la loi du 27 Septembre 1876 a » ete de reunir au domaine de l'Etat les biens possedes par » des corporations religieuses supprimees, et que cette loi en » indiquant les biens qui notamment devaient elre compris » dans cette disposition, n'a point voulu porter alteinte aux ») droits dont des tiers poul'raient justifier ; ») Considerant qu'il y a lieu de formuler, par voie Iegisla- » tive, cette interpretation de la loi, pour que l'intention du » legislateur telle qu' elle resulte de ses deliberations, ne » puisse etre meconnue et que l'execution de la loi reponde a » l'esprit qui l'a dictee ; » Sur ia proposition du Conseil d'Etat; » Decrete ce qui suH : » Article unique. La loi du 27 Septembre 1876, reunissant » au domaine de I'Etat les biens des corporations religieuses i> supprimees ne porte aucune atteinte aux droits prives des » tiers. » Les tiers qui se croiraient leses par cette loi peuvent » faire valoir par devant les Tribunaux les droits prives aux- » quels ils pretendraient. » Le Conseil d'Etat est charg'e de faire promulguer les pre- » sentes dans Ia forme et le terme prescrits. » Fait et donne :\ Geneve, Ie 3 Mars 1877, sous le sceau ) de la Republique et les. signatures du President et du Se- }) cretaire du Grand Conseil. » Le President dtt Grand Conseil, » H. TOGNETTI. » Le Secretai1'e du Grand Conseil, ) J. LEVRIER. Kompetenzüberschreitungen kantonalet· Behörden. N° 49. 255 v Le Conseil d'Etal promulgue la Ioi ci-dessus, pour etre » . executoire, dans tout le Canton des Ie iour de demain 'd » Geniwe, le 8 MHS i877. )) Au nom du Conseil d'Etat : » Le Chancelier, » Etienne PATRU. » Le .luge federal delegue:\ l'instruction ayant, par lettre du 10 Mars 'lR77, demande aux recourants s'ils jugeaient conve- nable, en presence de cette nouvelle loi, de renoncer a leut' recours ou de le modifier, ceux-ci ont declare pel'sister dans leurs conclusions. F. Dans sa reponse du 21 Avril 1877, le Conseil d'Etat conclut au rejet du recours. Il eherehe a etablir, en resurne, a I'encontre des griefs et allegues des recourants : Qu'en declarant les biens en question non pas la propriete pure et simple de rEtat, mais reunis au domaine de l'Etat pour etre affectes a la destination de bienfaisance qui leur avait ete jusqu'a present donnee, l'Etat n'en a point prononce la confiscation, parce que la confiscation exclut l'idee d'un recours judiciaire. Que le pouvoir legislatif n'a point empiMe sur les attribu- tions du pouvoir judiciaire, puisqu'il a proclame ce qu'il con- siderait comme les exigences de l'inten3t social a l'egard des corporations religieuses dissoutes, el qu'il n'a rien statue sur les droits des tiers, soit de loutes autres personnes que les corporations, et en a renvoye le jugement aux Tribunaux. Que la loi ne distrait personne de ses juges natureIs, ni les corporations qui ne peuvent demander leur existence qu'au Grand Conseil, ni les recourants qui ont libre acces devant les Tribunaux. Que la loi n'a viole la propriete de personne, ni celle des corporations, parce que cette propriet.e appartenait a un but et non ades personnes et que l'Etat a pris l'engagement d'af- fecter ces biens a leur destination de bienfaieance, ni celle
256 A. Staatsrechtl. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen.
des recourants, parce que les recourants peuvent, Illalgre la
loi faire valoir leurs droits, s'ils en ont.
Que la lai n'a point statue sur une. cause civile, du ressort
des Tribunaux, mais sur le sort des bIens
n deshrence, sas
maHre apres la dissolution des corpratlOn.s qu~ les osse
daient -la cause civile pouvant touJours etre mtentee par
, ,
devant les Tribunaux competents. . ,
Enfin que la loi s'applique aux rait deja vitlOnaux comme ~u,x s ,1877 ne
fait
pas disparaitre la violation du drOlt de propnete des re·
courants : le Grand Conseil, en ne leur enlevant que. la qua-
lite juridique de defendeu:, atran
gers, et n'est point ainsi en OpposItIOn avec des traltes mter-
nationaux.
G. Dans leurs repliques des 20 et 30 Juillet '1877, les re-
courants ajoutent que la loi
interpreLaive du 3 N1Ie leul' , drOlt. Ils ne
s'
elevent point contre la reUDIon au domame de I Etat, pr la
loi
Dont est recours, de biens appartenant a une corporatlOn,
constitues et reconnus comme tels, ainsi que c' est le cas
.e
bätiments compris sous le N° 6 de la dite loi. Cette ropnete
est un vrai bien de corporation, et sa seule comparaIon avec
la substance des actes et la constitution des biens qm font
le
merite du present recours, demontre 'en s'attribuant la rro
priete de ces biens prives au me e tlt'e ,que cele des bIens
des corporations, le Grand ConseIl a vIOle le drIt es recou-
rants, la separation des pouvoirs, les
regles constItutlOnelles.
Si ce corps estimait que ces immeubles fussen des bIens d
corporations reconnues, il ne pouvait qu'.aut?l'lser le Cosell
d'Etat a introduire une inslance en revendlcatlOn de ces bIens,
el en annulation des actes qui les .constituaient en proprie:es
privees. C'etait a li qu'incombaj~ le .role ,de der.nadeur VI
a-vis des proprietalres, dont la situatIOn legale talt garantIe
constitutionnellement jusqu'au jugement des
Tnbunaux.
Dans sa duplique du 20 Janvier 1878, l'Etat de Genev re-
prend, avec de nouveaux developpements, ses conclusIOns
tendant au rejet du recours.
,
Des consultations des professeurs Carrard, a Lausanne, et
Emile
Vogt, aBerne, sont annexees au dossier en faveur des
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. N0 49.
257
recourants;. trois dites redigees par I'avocat R. Brunner, ä.
Berne, soutIennent les theses de l'Etat de Geneve.
Stat1ant sw' ces faits et considerant en droit :
. 1
0
Le Iegistateur genevoi ayant fixe, par la loi interpreta-
tIVe du 3 Mars 1877, la portee et les consequences de la loi du
26 Septembre 1876, reunissant au domainc de I'Etat les biens
des corporations religieuses supprimees dans le Canton de
.Geneve, ces deux actes legislatifs forment un ensemble soumis
.au con.tröle d~ Tribunal federal au point de vue des questions
{/e drOlt p~bhc que les recours soulevent, bien que les dits
recours
SOlent anterieurs en date a la promulg'ation de la loi
interpretative susvisee.
~o es recours attaque.nt la 10i genevoise du 27 Septembre
18'? a un quadruple pomt de vue, a savoir comme portant
:attemte :
a) A I'art. 7 de la Constitution cantonale interdisant la con-
fIscation generale des biens;
. b) Aux a:t., 5 et 95 de Ia dite Constitution, ainsi qu'a l'ar-
tlCle 58, aImea'1 de Ia Constitution federale, dispositions sta-
{uant que t etre.distrait de son juge naturel et qu'il
nepourra etre etabh de Tnbunaux exceptionnels ou extraordi-
nalres;
c) Aux art. 6 et 94 de la Constitution cantonale garantis-
sant: Ie p:emier, l'inviolabilite de la propriete, et ie second,
la ul n peepratIOn du pouvoir judiciaire des pouvoirs legislatif et
xecuhf;
d) Aux art. 4 du Traite entre la Suisse et la Grande-Bre-
agt I'Irlande du 6 Septembre 1855, ainsi qu'aux garanties
.lU?IClaIreS conferees aux recourants par le Traite sur l' eta-
hlIssement
des Suisses en France et des Francais en Sllisse du
--30 Juin '1864 et par la Convention entre la Sisse et la France
sur la competence judiciaire du 15 Juin 1869.
Passant a l'examen de ces griefs :
3° C' t .
es avec raIson que les recourants sig'nalent, dans la loi
-dont est 1'ecours, une violation de l'art. 94 de la Constitution
'Cantonal~ statuant « que le pouvoir judiciaire est separe du
» POUVOlf legislatif et du pouvoir executif, » de 1'a1't. 95, § 1,
lV
I7
258 Ä. Staatsrechtl. Entscheidg. IV. Abschnitt. Kantonsverfassungen.
disant: ( que la loi etablit des Tribunaux permanents POUi
)) juger loutes les causes civiles el criminelles, et qu'elle en
» regle le nombre, l' organisation, la juridiction et Ia compe-
» tence, » et de l'art. 5 precite de la meme Gonstitution ga-
rantissant le juge naturel.
Il est en effet inadmissible, en presence de ces
dispositions,
que l'Etat de Geneve, sur Ia seule allegation de l'existence
d'une simulation
et d'une interposition illegale de personnes
dans les titres
de propriete et dans la possession des recou-
rants, puisse trancher
par voie legislative et a son profit, en
s'erigeant en juge dans une cause Oll il est partie, une ques-
tion de propriete civile ressortissant aux seuls Tribunaux
constitutionnels competents,
a l'excIusion de tout autrepou-
voir de l'Etat, pour resoudre les contestations de droit prive.
La suppression des corporations religieuses et Ia reunion de
leurs biens au domaine de l'Etat ne sont pas contestes par les
recourants : mais Ie
tegislateur a commis un empietement sur
le domaine judiciaire des le moment Oll, de sa seule autorite,
contre
la teneur de titres authentiques et malgre une posses-
sion de fait corroboree par des inscriptions cadastrales, il a
declare biens de corporations les immeubles detenus par les
recourants, et ce sans avoir
chercbe a detruire au prealabIe, par
une action en revendication devant les Tribunaux, Ia situation
juridique des dits recourants.
G'est en vain que l'Etat objecte la disposition
deja citee de
Ia loi interpretative, reservant aux tiers l'acces des Tribunaux
pour faire valoir les droits
prives auxquels ils pretendent.
Gelte disposition n'est point, en effet, une abrogation du texte
de loi comprenant au nombre des biens des corporations
sup-
prime
es reunis au domaine de l'Etat, les immeubles des re-
courants, N°s 1 a 5, et elle ne delie point des 10rs le Juge
genevois de l'obligation de conformer, cas
ecbeant, son juge-
ment acette enumeration imperative contenue dans Ia loi; elle
lais se subsister le dessaisissement
legal de propriete, prononce
par le Grand Conseil; elle qualifie de tiers des proprietaires
apparents au
benefice de titres pares et de Ia possession, bien
qu'ils soient les parties principales
interessees a l'acte de reu-
,'"
Kompetenzüberschreitungen kantonaler Behörden. No 49. 2
59
nion au domaine cantonal et elle les renvoie a se f:' ,
. . , . lalre I econ-
slItuer propfletalres des immeubles dont l'Etat e t d
.
, . I' ,s evenu seul
propnetaIre egal,. de sorte que les Tribunaux seraient appeIes
a
revoquer une 101, alors que leur mission est de l'ap r .
4° Les re d ' P lquer ,
. .
ours. evant etre admis du chef qui precede il n'
a pomt heu cl eamner les griefs tires de la violation des' art. l
et 7 de la ConstItutlOn proclamant l'inviolabilite de la . et '
et interdisant l' etablissement de la confiscation g' nts alIeguent qu'elles sont en contra-
dICtlOn avec le Trilltes mternationaux invoques.
Par ces mOhfs,
Le Tribunal federal
prononce;
La. dispositio specia!e du second paragraphe de l'article
premIer de la Im genevOlse du 26 Septembre 1876 .
t
t
·
,. , ' se rappor-
an aux Jmmeuhles
y deslgnes sous chiffres 1 a 5 t
{'ant I ,. d ' e pronon-
'" .eur.reumon au omaine de l'Etat, est annuIee comme in-
constItutlOnnelle.
Les, parties so nt .renvoyees a porter devant le juge civil
competerolPfld e
biens. enera e es
5°. Enfin les lois dont est recours s'appliquant egalement
aux
Imeubles des nationaux et a ceux des etrangers, c'est
s drOlt que les re?o,urt le questIons de propriete litigieuses entre elles
tous drOlts reserves. '
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Accès API et MCP avec filtres par type de source, région, tribunal, domaine juridique, article, citation, langue et date.