BGE 4 I 222
BGE 4 I 222Bge22 mars 1877Ouvrir la source →
222 A. Staatsrechtl. Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.
übedaffen, 'Die it re~
@f)emanneg ugeJ)rigen @egenftän'De im Stonfurfe iu ttnbtöh:en.
1Jemnad) ,ude at bag JBunbeggetid)t
cIfannt:
cilie a
Pavel'lle est devenu proprietaire de dIVers Immeubles SIS dans
la ie JBe;d)",ctben finb a1l3 unbegrünbet abgc",iei
en
.
43. Am3l du 12 Avril 1878 dans la cause Frossard.
Par investiture du 6 Decembre '1869, accordee par la Jus-
tice de Paix du 2
me
Cercle de l' Arrondissement de la Broye
(Fribourg), Louis-Georges-
David Frosard -.Rapin, domomune de Noreaz et appartenant a Pierre CortMsy, an
dit lieu.
L'art.
8!H, pl. 30, fol. N° 6, Es Rueyres, bois d'une pose
sept perches, a
ele vendu pa.r Frossard a CIa.cquat, de
Noreaz, par acte du 30 JanVler 187'1, notrIe Guen.g.
Par exploit du 17 Fevrier 1877, les .rreres Maunce .el Jo-
seph
Jacqual ont assigne Frossard-Rapm devnt le TrIbunal
de l'Arrondissement de la Sari ne
POUI' le faIre condamner
conjointement avec les hoirs de Claude
Jaquat : 1
0
« a recon-
» naitre l'obligation Oll ils sont de procede~, dns le ses el
j) les limites des bornes existant sur Je terram, a la rectdica-
» ti on du plan de la commune de Noreaz, pour ce qui con-
l) cel'lle les deux pieces de terre designees aux art. 752 et
» 891 du cadastre de dite commune, soit a reconnaitre la
» propriMe de l'hoirie de feu Fran90is Jacqua~ .isqu'.aux
l) bornes susmentionnees, ou 2° a ce que les assignes SOlent
j) condamnes a acquitter a la dite hoirie de justes dommages-
» interets equivalant, a dire d'expert, a la valeur de la par-
» tie du terrain conteste. »
Par un second exploit, date du meme jour, les freres Jac-
quat
prenommes assignent Froard-Rapin d.evnt le meme
Tribunal et conc1uent l\ a ce qu 11 prenne Ieur heu et place
V. Gerichtsstand. -Gerichtsstand des Wohnortes. N° 43. 223
» au proces qu'ils se voient dans le cas d'intenter aux hoirs
» de Claude Jacquat. )l
Par exploit responsif du ~2 Mars suivant, Frossard signifie
aux
freres Jacquat qu'il ne leur reconnait aucun motif ni de
l'evoquer en garantie, ni de l'actionner comme partie hors de
son domicile
et apropos d'une question qui ne le concerne
en rien.
Comparaissanl, le
5 .Juillel 1877, devant le Tribunal civil
de l' Arrondissement de la Sarine, Frossard-Rapin declare,
avant tout, « s'il est appeIe comme partie, decliner formelle-
II ment la competence d'un autre Juge que celui de son do-
II micile;)} il declare, en outre, pour le cas Oll il ne serail as-
signe que comme garant, « se reserver d'opposer ace pro-
)} cede vu le defaut de tous motifs de la part des freres Jacquat
1> de I' evoquer ace titre. 1) Frossard conelut, en consequence,
« qu'il soit dit et prononce qu'il ne pouvait pas etre dans ce
» meme proces assigne comme partie et comme garant, eL
}I qu'en ce sens les freres Jacquat soient renvoyes a mieux
» agil'. :&
Statuant el vu les art. 72 eL 57 du Code de procedure, le
Tribunal a econduit FI'ossard de sa demande.
Suivant en cause
el se determinant sur le fond, Frossard
maintient l'excepLion declinatoire
par lui soulevee, et, fonde
sur les art. 59 de la Constitution federale, 40 eL 45 du Code
de procedure, il conelut que l'incompeLence du Tribunal de
la Sari ne
eLant declaree et Ia cause relevant du Tribunal du
d.omicile de l'instant, les demandeurs soient econduits de leur
instance.
Les dits demandeurs ont estime, de leur
cole, que I'excep-
tion declinatoire est tardive, la partie Frossard ayant reconnu
la competence du Tribunal de
Ia Sarine, en procedant eL eu
plaidant devant celui-ci; ils pretendent, en outre, qne les Tri-
bunaux fribourgeois sont seuls compeLenls pour s'occuper
d'une question de
propriete immohiliere et concluent des lors
a liberation de l' exception adverse.
Statuant sur la dite exception, le Tribunal, attendu qu'il
s'agit en
la cause d'immeubles situes dans une commune fri-
224 A. staatsrechtl. Entscheidungen. 1. Abschnitt. Bundesverfassung.
bourgeoise et que c'est le .luge du lieu de la .situation qui doit
elre nanti deboute Frossard de ses concluslOns.
Frossard ayant appele de ce jugement, la Cour d' A ppel de
Fribourg a,
par arret du 24 Octobr~ 1877; c.onfire Ia sen-
tence des premiers juges et repousse , .les frere dechnatOlre comme
tardif et en tous cas, comme mal fonde.
C'est elle, I? recourant ne
peutetre distrait du for de son domlCde, qUl est Payerne,
et
que, parlanL, les jugements atLaques sont tn ce sens
annules.
Dans
leu1' Reponse du 10 Janvier 187ontre ces jugements que Frossard a recouru,le:1 De-
cembre suivant, au Tribunal federa!. Fond, sm'.l'a:t. ;)9 e
la Constitution federale, il conclut a ce qu Il plaIse a ce TrI-
bunal prononcer que, pour l'action ats Jacquat
concluent au rejet du recours et au
mamtIen des Jugements
qu'il attaque. .
Slatuant sur ces faits et considemnt en d,'ozt:
1° L'action intentee a Frossard-Rapin par les freres .lacqul
renferme deux conclusions entierement differentes. et qU'll
importe de distinguer : la pre.miere, de aure immobilier:,
tend a faire reconnaitre le drOlt de proprIete des demandem s
sur une parcellede terrain vendu par le predit Frossard a
Claude .lacquat; la seconde, eminemment personnelle, a pour
but de contraindre le defendeur au payement de dommages-
interels ascendanl a la valeur du terrain conteste.
2° Il est evident que la premiere de ces conclusions ne
saurait
etre dirigee par les demandeurs contre Frosar, des-
saisi de l'immeuble litigieux ensuite d'une vente
regulIere et
definitive.
Celte action immobiliere ne peut etre intentee utile-
ment qu'aux proprietaires actuels de
l'imeuble, so.it aux
hoirs de
Claude Jacquut, sauf aces dermers a recounr, cas
echeant con!re leur vendeur Frossard. Les demandeurs ne
sauraiet en associant et confondant par un etrange artifice
de
procedure l'action en revendicatio~ 'u.n im:neuble t du 24 Oclobre meme
annee, sont annules en ce qui le concerne. En consequence,
les freres Jacquat sont renvoyes
a rechercher, pom' reclama-
tions personnelles, cas
echeant, le recourant Frossard devant
1e Juge de son domicile.
IV
15ve?
une action personnelle en dommages-mterets, etre admls a
frustrer le recourant de la garantie inscrite
a rart. 59 de la
Constitution
federale.
V. Gerichtsstand. -Gerichtsstand des Wohnortes. N° 43. 225
C' est donc avec raison que ce dernier a, par son exploit du
'22 Mars 1877 deja, puis a l'audience du 5 Juil1et, exeipe du
defaut absolu de qualite, de la part des demandeurs, pour
l'actionner apropos d'un immeuble qui a eesse des 1871 d'etre
:Ba propriete.
3°
La conclusion en dommages-interets presente, en re-
vanche, comme il a
ete dit, tous les caracteres d'une recla-
mation personnelle, et eHe eut du, des lors, conformement a
fart. 59 de la Constitution federale, etre portee devant le
Jue du domicile du defendeur. Le domicile de Frossard a
Payerne est, en effet, notoire, et sa solvabilite n'a ete con-
testee d'aucune part.
4° II n' y a pas lieu de s' arreter a l' exception de tardivete
du declinatoire, opposee
par les freres Jacquat ct admise par
·l'arret dont est recours. Non-seulement Frossard avait, dans
son exploit du 22 Mars precite, invoque ce moyen et reserve
tous ses droits a eet egard, mais encore il a renouvele de la
maniere la plus positive,
a l'audience du 5 Juillet, et avant
de se livrer a aucun autre proeede, ses protestalions et re-
serves contre la juridiction fribourgeoise en la cause. On ne
peut, dans ces eonditions, inferer de sa
pnlsence acette au-
dience la reconnaissance d'un for dont il n'a cesse de con-
tester la competence.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononce:
Le recours de Frossard-Rapin est declare fonde. Le juge-
ment
du 5 .luillet '1877, ainsi que l'am
Accès programmatique
Accès API et MCP avec filtres par type de source, région, tribunal, domaine juridique, article, citation, langue et date.