Clvilreehtsptlege.
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l)al1n d)Legef il)r j)uuptffageoegel)ren 3ugefvrod)en.
61. ArTet du 30 mai 1900, dans la cause
Deillon c01 tre Pittet.
Action revocatoire. -Valeur de litige. -Art. 285, ch.1 LP. :
L'acte de defaut de biens est indispensable pour justifier 1a
qualita de demandeur en action revocatoire; et le creancier n'a
qualite pour intenter cette action qu'en vertu de la creance
pour la quelle cet acte lui a ele delivre.
A. -Sous date du 7 decembre 1895 Jean Pittet, ä Rue,
a souserit a l'ordre de Celestin Deillon, banquier, au dit lieu
t
un billet de change de 2000 fr. a l'eeheance du 7 juin 1896.
Ce billet etait eree en renouvellement d'un engagement ante-
rieur de meme somme.
IV. Schuldbetreibung und Konkurs. No 61.
En garantie de eet effet, Jean Pittet remit en nantissement
a Celestin Deillon une obligation dotale du 14 oetobre 1862,
,du eapital de 2000 fr., ereee en faveur de son oncle Jean
Pittet contre Alexandre Pittet, a Rue.
Cette obligation etait stipuIee remboursable dans le terme
de cinq ans
et des lors a requete, mais pour le eas seule-
ment
Oll elle l'esterait la propriete du creancier originaire.
Par contre, Ie remboursement ne pourrait etre exige qu'au
deces du debiteur si l'obligation passait aux heritiers du
ereancier.
L'interet etait fixe a trois pour cent.
Jean
Pittet, dont la situation oberee s'etait de plus en plus
.aggravee, quitta le pays sans payer ses creaneiers.
Par acte dn 11 janvier 1897, Alexandre Pittet, debitenr de
l'obligation dotale, vendit
ä. sa belle-filIe, Marie Pittet nee
Panchaud, l'univen;alite
de ses biens consistant en immeu-
bles,
taxes 13610 fr., en chedail et betail, pour Ie prix de
14 000 fr., dont 12000 fr. pour les immeubles et 2000 fr.
pour les meubles.
L'acte de vente porte que
ce prix a ete paye:
fr. par la prise en degrave des dettes hypotheeaires;
fr. par l'engagement assume par l'acquereur de loger,
nourrir, soigner et assister le vendeur sa vie du-
rant;
3500 fr. au comptant selon assertion des parties.
A
l'echeance du billet de 2000 fr., Celestin Deillon avait
introduit eontre
son debitenr Jean Pittet une poursuite en
realisation de gage, laquelle aboutit le 27 septembre 1897
la vente aux eneheres publiques du gage remis au creancier,
soit l'obligation dotale du 14 oetobre 1862.
Ce titre fut adjuge ä. Celestin Deillon par l'offiee des pour-
suites de la Glane.
Le capital de dite obligation n'etait pas exigible, mais
Celestin Deillon reclama au debiteur Alexandre Pittet le
paiement de cinq
interMs arrieres, par 300 fr., selon com-
mandement de payer notifie le 12 novembre 1897.
Au lieu de faire opposition ä. eette poursuite, Alexandre
Pittet introduisit contre Celestin Deillon, devant la Justice
Civilrechtspllege.
de paix du cercle de Rue, par exploit du 12 novembre 1897,
une action en liberation de dette, fondee sur la compensation.
Alexandre
Pittet pretendait ne pas devoir non seulement les
interets, mais encore le capital de l'obligation, alIeguant qu'il
avait
paye pour ses deux fils des sommes superieures au
capital
et aux interets de ce titre.
Pendant que cette action suivait son cours,
Dei110n continua
sa poursuite contre Alexandre Pittet.
Le
10 decembre 1897, l'office des poursuites se presenta
au domicile du debiteur
a l'effet de proceder a la saisie.
Cette operation demeura infructueuse, et l'office delivra a
C. Dei110n un acte de defaut de biens dans le sens de l'art.
115 LP. po ur la somme de 305 fr. 50 c. en capital et frais.
Fonde sur cet acte de defaut, Celestin Deillon a, par cita-
tion-demande du 21 janvier 1898, ouvert action a Alexandre
Pittet et a Marie Pittet nee Panchaud devant le Tribunal
civil de l'arrondissement de la Glane, concluant
a ce que le
tribunal prononce la nullite de la vente passee le
11 janvier
entre Alexandre Pittet et sa belle-fille Marie Pittet nee
Panchand.
Le demandeur a soutenu
a l'appui de son action, que l'acte
du
11 janvier 1897 n'a de la vente que le nom ; qu'il cons-
titue
un abandon de biens ou une donation entre vifs deguises ;
que
meme s'il s'agit d'une vente, elle a ete passee au detri-
ment des creanciers d' Alexandre Pittet et que Marie Pittet a
ete d'accord avec le debiteur pour les frustrer ; que des 10rs
la vente est nulle, en vertu des art. 1251 et suiv. du Code
civil, 286 et suiv. de la loi sur la poursuite pour dettes.
Alexandre
Pittet et Marie Pittet nce Panchaud ont conclu
au rejet de cette demande et ont fait valoir que
Celestin
Dei110n I1'etait pas leur creancier au moment de la vente
attaquee, puisque l'obligation dotale de
2000 fr. n'etait pas
exigible quant
a son capital, et que d'ailIeurs cette creance,
de
meme que les interets reclames par la poursuite et l'acte
de
defaut du 10 decembre 1897, se trouvait eteinte par com-
pensation.
La Justice de paix de Rue a statue
par jngement du
IV. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 61.
47
27 juillet 1899 sur l'action en liberation de dette introduite
par Alexandre Pittet ä, la suite du commandement de payer
notifie a l'instance de C. Deillon le 12 novembre 1897 pour
e montant de
300 fr. representant les interets arrieres da
l'obligation dotale.
Aux termes de ce jugement, Alexandre Pit.tet a ete libere
des fins du commandement de payer prerappeIe. Deillon
ayant recouru
en cassation contre ce jugement, son pourvoi
a
ete ecarte par arret du 22 janvier 1900.
D'autre part, le Tribunal dvil de l'arrondissement de a
Glane, statuant par jugement du 20 novembre 1899 sur l'ac-
tion en annulation de l'acte de vente du 11 janvier 1897, a
admis
C. Deillon dans les fins de sa demande.
Alexandre
Pittet et .Marie Pittet nee Panchaud ont inter-
jete appel.
Les appelants ont invoque le fait que
Celestin Deillon ll'a
pas d'acte de
defaut de biens a l'appui de son action en
annulation, l'acte de
defaut du 10 decembre 1897 ne pouvant
plus sortir d'effet, puisque Alexandre
Pittet a eM Iibere de
la dette formant. l'objet de cette poursuite.
A l'audience de a
Cour d'appel, Celestin Deillon a declare
vouloir faire etat d'un acte de defaut delivre le 28 juin 1899-
par l'office des poursuites de la Glane contre Alexandre Pittet,
a Rue, ensnite de poursuite introduite par commandement de
payer du 29 mai 1899 et fondee sur une liste de frais mo-
deree le 15 mai 1899 en faveur de Celestin Deillon an chiffre
de
60 fr. 80 c.
B. -Par arret du 7 fevrier 1900, la Cour d'appel de
Fribourg a
reforme 1e jugement de premiere instance et
deboute C. Deillon des fins de sa demallde. Les motifs de
eet
arret seront releves, pour autant que de besoiu, dans les
considerants de droit du present arret.
c. -C. Deillon a recouru en temps utile au Tribunal
federal contre l'arret qui precMe pour le faire reformer dans
le sens de l'adjudication des conclusions qu'il a prises en
premiere et secollde instanee.
D. -Les intimes A1exandre et Marie Pittet se sont
Civilrechtsptlege.
opposes a l'admission du recours pour cause d'incompetence
du Tribunal federal, attendu que la valeur du Iitige, repre-
'deutee,
suivant eux, par les actes de defaut de biens invoques
par Deillon, u'atteint pas
2000 fr.
Au fond, Hs ont conclu au rejet du recours.
Considemnt en droit:
- -
L' exception d'incompetence soulevee par les intimes
et basee sur l'illsuffisance de valeur litigieuse n'est pas
fondee. Ainsi que le Tribunal
federal l'a dejä. juge, Ia valeur
de l'objet litigieux, dans l'action revocatoire,
est determinee
non par le montant des pretentions du creancier demandeur,
mais par la valeur qui a
ete soustraite ä. sa saisie par l'effet
de l'acte attaque.
Du reste, si l'on voulait prendre comme
base le montant des pretentions du demandenr, il faudrait
tp.nir compte de Ia creance de OO() fr. en capital, dont il a
fait
etat dans son exploit de demande du 21 janvier 1898,
de sorte qne la valeur necessaire ponr fonder la competence
du Tribunal
federal serait atteinte.
En revanche le Tribunal
federal est incompetent pour se
nantir du recours en tant qu'il vise la partie de
rarret caD-
tonal relative a la demande en nullite de la vente du 11 jan-
vier 1897 pour cause de simulation. Bien
que cette vente
comprenne aussi des objets mobiliers, elle doit
neanmoins
etre envisagee comme nne vente immobiliere, les dits objets
n'ayant qu'une importance tout
a fait accessoire. 01' la vente
immobiliere est
regie, aux termes de l'art. 231 CO., par le
droit cantonal, sauf ies derogations qui peuvent resulter
d'autres lois federales, ainsi de la lt i sur la poursuite pour
dettes et la faillite.
Le Tribunal
federal est donc seulement competent pour
revoir
l'arret dont est recours en tant qu'il prononce sur la
demande de revocation de Ia vente dn 11 janvier 1897 basee
sur
les dispositions des art. 285 et suiv. LP.
- -L'arret d'appel a declare le recourant non l'ecevable
.a intenter l'action revocatoire de l'art. 285 LP., parce que
l'acte
de defaut de biens dont il etait porteur au debut de
l'action a perdu toute valeur dans la suite par l'effet
du juge-
IV. Schuldbetreibung und Konkurs. N° 61.
ment qui a declare non existante la creance eu vertu de
laquelle il avait ete obtenu.
Le recourant reconnait que la somme de
300 fr. repre-
' entant des interets arrienls, pour le recouvrement de iaquelle
11 a exerce les poursuites qui ont abouti a l'acte de defaut
de biens du 10 decembre 1897, a ete declaree non due par
le jugement de Ia Justice de Paix de Rue, du 27 juillet 1899
, ' I' '
et qu en consequence acte de defaut de hiens a perdu toute
valeur.
Mais il soutient que la possession d'un tel acte n'etait
pas indispensable pour
lui permettre d'exercer l'action revo-
.catoire
et qu'il n'a pas illtente cette action seulement comme
reancier des interets de l'obligation dotale de 2000 fr. contre
Al. Pittet, mais aussi comme creancier du capital non echu
-de cette obligation.
Meme si ron devait considerer l'affirmation dn recourant
sur ce second point comme exacte, cela ne changerait en
rien sa situation, attendu
que l' on doit admettre que le deman-
deur a l'action revocatoire doit etre porteur d'nn acte de
defaut de biens et n'a qualite pour intenter cette action qu'en
'vertu de Ia cnlance pour laquelle il a obtenu cet acte.
L'art.
285, chiffre 1
dispose en effet que Faction revoca-
toire appartient
atout creancier porte!lr d'un acte de
defaut de biens provisoire ou definitif. Eu presence de ce
texte parfaitement clair et precis, il est hors de doute que le
creaucier
qui veut intenter l'action revocatoire doit avoir
obtenu
prealablemetlt un acte de defaut de biens et qn'il ne
suffit pas qu'il prouve
ou offre de prouver par d'autres
moyens que son
debiteur est insolvable. Le Tribunal federal
s'est deJa prononce dans ce sens dans son arret du 2 juilIet
1898 en
Ia cause Jonrnel c. GatoiIlat et Dreyer. Il est ä. con-
siderer a ce sltiet que l'action revocatoire est en connexite
etroite avec ia poursuite po nr dettes, dont elle constitne un
moyen auxiliaire, qui ne peut etre employe qu'en cas de
Baisie illfructueuse ou illsuffisante (art. 1.15 et 149 LP) et en
cas de faillite du debite ur (art. 285, chiffre
2° LP) .
Il resulte egalement du texte reproduit ci-dessus
et de Ia
.rConnexite de l'action revocatoire avec la poursuite pour
XXVI, 2. -1 JOO
Civilrechtspllege.
dettes, que le creancier qui a obtenu nn acte de defant de
biens n'a qualite pour intenter la dite action qu'en vertu de
la creance
ponf laquelle cet acte lui a ete deHvre, mais non
en vertu des autres creances qu'il peut avoir contre Je meme
debiteuf.
La loi federale a maintenu a l'egard des debiteurs
sujets
a la poursnite par voie de saisie le principe de l'exe-
cution speciale, sanf l'attenuation resultant du droit de par-
ticipation a la saisie etabli par l'art. 110. Ce principe a ega-
lement prevalu en ce qui touche l'action revocatoire, d'ou il
suit que le creancier portenr d'un acte de defaut de biens
n' est pas plus
I'ecevable a intenter cette action en vertu
d'une creance que cet acte ne eoneerne pas que ne le serait
un creaneier qui n'aurait obtenu personnellement aueun acte
de
defaut de biens, mais se prevaudrait simplement de celui
obtenu par
un autre.
Dans le eas particulier, le recourant n'ayant obtenu aucun
acte de
elefaut de biens pour le capital non echu de l'obliga-
tion dotale de 2000 fr., n'etait pas legitime a intenter l'ac-
tion revoeatoire en vertu de cette creance.
n apparaissait en revanche legitime au debut du proces
en vertu de sa creance de 300 fr., represelltant des interets
arrieI'es,
pour laquelle il avait exerce des poursuites et
obtenu un acte de
defaut de biens. Mais cette creance ayant
ete dans Ia suite reconnue non existante, il s'en suit que le
recourant ne peut plus s'en prevaloir,
non plus que de l'acte
de
defaut de biens, pour justifier son droit d'action.
Il ne peut pas davantage, d'apres les considerations
qui
precMent, se prevaloir dans le proces actnel des actes de
defaut de biens qu'il a obtenus contre son debiteur depuis
l'ouverture de l'action.
TI convient toutefois de faire encore
remarquer
a cet egard que l'argument, tire par l'instance
cantonale
du fait que les creances pour Iesquelles ces actes
de
Mfaut ont ete delivres sont posterieures en date a l'acte
attaque, n'est pas decisif. Le Tribunal
federal a en effet eja
juge que l'action revocatoire ne peut pas etre refnsee ,a. un
creancier par le seul motif qne sa creance est nee posteneu-
rement
a Pacte qu'il s'agit de faire annnler. (Voir arret en Ia
IV. Schuldbetreibung und Konkurs. N-6't.
canse Regie federale des aleooIs c. Ghilione, Rec. off. XXII,
page 225,
et Arch. de Ia POUl'suite, 1896, page 149-150.)
3., --Il snit de ces considerations qne c'est a bon droit
que
Ia Conr d'appel de Fribonrg a ecarte Ja demande de
sieur Deillon pour
defaut de legitimation du demandeur au
regard de 1'art. 285 LP.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononce:
Le recours est ecarte et le jugement rendu entre parties,
le 7 fevrier
1900, par la Cour d'appel du canton de Fribonro'
0'
confirme.
62. Urteil bom 31. IDeai 1900 in Sanen
stiHfa gegen StreurL
Aberkennung8klage gegenüber einel' auf einen Verlustschein gestützten
Betreibung, Art. 83 Abs. 2 Betr. Ges. -Rechtsgültigkeit dei' Abtre-
tUt g. -Beweislast ; Wirkung des Vertustscheins. Art. 149: Art. 86
Betr. -Ges . -
A. eftünt (tUf einen, am 15. Suni 1896 tlom etreibung
amt lillintertljur au unften bel' stonturnmnffe be ,3ean stöUn
i"lciif, gero. Steinmenmeifterß in sta fat aungefteUten, laut rffii
rung be stonfur amteß sta lat am 23. Sunf 1896 bel' 1Jrau
stöUa af abgetretenen medujtfdjein fnforge qsfünbung auf ,3. U.
'iJifdjer in fon BeU unb . StreuIi, ,3ngenieur in 2u3ern,
eibe früljer in ?IDintl'rtljur, aI lSoIibarfcl)ulbner, erljo6 1Jrau
stöUn unterm 3. entember 1898 gegen . 6treuH für ben mer.
luft6etrag tlon 2870 1Jr. 80 t . etreibung. mer eh'fe6ene
erljoli ecl)tntlorfdjlag, bel' iebocl) tlurdj :prouiforifdje ecl)tnöff.
nung befeitigt murbe I moraufl)in :probiforifcl)e qsfünbung ftatt
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E. unmel)r fnie te S). 6treuli gegelt rau JföUa eine gerfdjt.
licl)e krage aUß, mit bem Scl)fuffe, bie lief agtifd)e 'i5orberung fel
a( nicl)t au l.Recl)t hefteljenb günaficl) a6duerfennen. mie stlage