Ci vi/rechtspflege.
ljalic, ift jebod) nicf)t bargetljan. ß ift nid)t mufefen, haj3 im
Sl'rad)gelirQud) beß mertenrß ber mQme m:uerHd)t ehuaß anbeuß
bebeute, afß eben gerabe baßjenfge (ünnd)t, mcld)eß nur burd)
bie rfinbung Dr. m:uerß ljernefteUt "-'erben fann, unb biefe r
finbung tft aud) in ber (5d)11 ei3, trotbem ljier ein Qtentfd)u
für biefeflie nid)t beiteljt, nid)t 3um emeingut geroorben. /f (uer
rtd)tl/ liebeutet ljiernad) nid)t f 1fed)tljin eine beftimmte Eiorte md)t,
Me im merfeljr QUgemein 3u ljQoen roäre, fonbern ein l!id)t,
beifen S)erfteUungßmittef nur uon Dr. m:uer fefbft, bealu. Jon ben
uon 'eicfem um merfauf ermäd)tigten efeUfd)aften licaogen "-,er
ben fillt . vauon, ball im 0:prad)gebraud) baß fiort m:uerlid)t
etnHl für üljHd)t überljQu:pt, gan3 aligefeljen lon ber S)erfte(
fungßroeife biefe Ientern, leimenbet 3u merben :pflege, ift teine
ebe. vie lBenennung (uerUd)t ljat fomit lljren urfprüngHd)en
ljarafter als ,Jubi )ibuatlieaeid)nung oeroaljrt. VQtQus folgt, bQj3
bie Sträger!n, meld)e unbeftrittenermaf3en liered)tigt ift, biefe lBe"
aeid)nung 3u füljren, aud) QIß liered)tigt Qngefeljen merl:en mua,
fie ausfd)He 3lid) au füljren, unb bemnad) ber lBet(Qgten l)eien c"
braud) für aorilate, roefdje nid)t lon ber Strägerin ferlift ftam"
men, 3u unterjagen.
m:uf 'oie )on ber Strägerin meiter erörterte rage, 06 bie lBe
nagte oered)tigt fei, fid) ber lBeöcid)nung 11 lüljUd)t Einftem
lIlter
li
au bebienen, tft nid)t ein5utreten, 'oll ein l iemuf be3ügHd)ei3
med)tß6egeljren nid)t gefteUt roorben ift.
vemnad) 1)at baß Q3unbeßgerid)t
ertannt:
vie Q3erufung ber stlägerin "-'irb in bem (5inne für 6egrünl)et
cl'fl1irt, bau ber lBefragten unterjllgt "-,irb, ben m:ui3briicf m:uer
Iid)t an )crmenben, "-'ie es tn bett Jon iljr erlaffenen ,Jnfemten
gefd)eljen ift. :Jm Ülirigen mirb 'oie Q3erltfung Ilbgeroiefen unb bQS
Utteif beß S)anbMgertd)tei3 bes StantoM 3ürtd) in ber S)aunt"
fad)e 6eftätigt.
H. Obligationenrecht. No 53.
- Arrel du 22 juin 1900, dans Za cause
,Compagnie
d' assurance La Zttrich :. contre hoirs Lacroix.
Assurance contre les accidents. -Entrepl"ise connue comme
offrant
un danger particulier. -Grosse negligence de la part de
l'assure.
A .. -Le 17 fevrier 1896, Charles Lacroix, directeur de
'Usine genevoise de degrossissage d'or, venant des Avants,
arrivait vers 4
1/
h. de l'apres-midi a la gare de Montreux.
S'etant informe a quelle heure passait le train se dirigeant
sur Geneve
et ayant appris qu'il n'arrivait qu'a 5 h. 06 m.,
il deposa une sacoche dans la salle d'attente des voyageurs
ll
uis
descendit a La Rouvenaz Oll il fut rencontre par deux
COllnaissances quelques minutes avant l'heure du passage du
train.
A la distance de 250 a 300 m. a l'orient de la gare de
Montreux se trouve le passage
a niveau du chemin dit de la
Rouvenettaz, qui conduit de la Rouvenaz
ä. Crins.
Quelques instants avant l'arrivee du train venant de Ville-
neuve. divers temoins virent sieur Lacroix se diriger vers la
gare
de Montreux en suivant le palier qui borde la voie du
,cote lac entre le passage a niveau da la Rouvenettaz et
la gare. Il se trouvait a 25 ou 30 m. du passage lorsqu'il fut
tamponne par la locomotive
du train arrivant derriere lui et
projete au bas du talus qui limite la voie au midi. Releve
aussitöt
il ne reprit pas connaissance et mourut peu apres.
, . , .
Suivant police du 2 decembre 1895, Ch.-G. LacrOlX setalt
assure contre les accidents pour une duree de cinq ans a
-courir du 9 du dit mois, aupres de la Compagnie d'assurance
La Zurich , pour une somme de 15 000 fr. en cas de
mort.
L'article 1
er des conditions generales de l'assurance ren-
fermait notamment les dispositions ci-apres :
So nt exclues de l'assurance, sauf convention contraire
expressement stipulee dans les conditions manuscrites, les
lesions corporelles provenant de l'emploi de
velocipMe, de
Civilrechtspllege.
participation a des courses de toute nature, des chasses a
courre, des ascensions aerostatiques, des excursions sur les
gIaciers,
on a d'autres entreprises connnues comme offrant
un danger particulier.
l Les Itsions corporelles provenant de tremblements de
terre, de guerre
ou d'insurrection, de duel, de rixe, d'ivresse
manifeste,
ou de grosse negligence de Ia part de l'assure, ou
qui resultent de derangement des facultes mentales de ceIui-
ci, de meme que le suicide ou la tentative de suicide, volon-
taires ou inconscients, ne sont pas comprises dans l'assu-
rance. )
A la suite du deces de leur mari et pere, Mme veuve
Lacroix
et ses enfants ont ouvert deux actions, l'une a la
Compagnie des chemins de fer
du Jura-Simplon, en paiement
d'une somme de
100000 fr. a titre de dommages-interets;
l'aub'e, a la Compagnie d'assurance La Zurich ), en paie-
ment de la somme de 15 000 fr. a titre d'indemnite prevue
par le contrat d'assurance du 2 decembre 1895.
Ces deux actions etant basees sur les memes faits et les
parties
defenderesses ayant I'une et l'autre conclu a libera-
tion, il fut suivi a une instruction commune aux deux ins-
tances.
Dame veuve Lacroix
Mant decedee en cours de proces
r
ses droits ont passe a ses enfants.
La demande des consorts Lacroix contre
la Compagnie
Jura-Simplon a
ete repoussee definitivement par arret du Tri-
bunal federal du 8 mars 1899, confirmant l'arret de Ia Cour
de Justice de Geneve du 24 decembre 1898.
Ces arrets sont bases sur les constatations de fait qui sui-
vent:
A l'epoque
de l'accident arrive a Ch.-G. Lacroix, il y avait
du
cote nord du passage a niveau de Ia Rouvenettaz un ecri-
teau portant en grands caracteres: Defense de s'introduire
sur les voies ; du cote sud, il n'y ,lVait qu'un ecriteau plus
petit portant quelques articles de la loi sur la police des
chemins de fer.
Au nord de la voie, et separe de celle-ci par
une cloture, il existait un petit passage permettant de se
rendre
du chemin de la Rouvenettaz a la gare en franchis-
H. Obligationenrecht. No 53 ..
sant simplement une voie de garage. Par contre. au midi da
Ia voie, il n'existait pas de chemin, mais un simple palier
Iarge de
a cm. a 1 m., suffisant pour permettre a un homme-
d'y circuler. Le personnel de Ia gare de Montreux n'a pas
toujours reussi a empecher aes personnes etrangeres a l'ex-
ploitation du chemin de fer de circuler sur le dit palier,
mais
il n'a pas ete etabli qu'il ait, volontairement ou par
negligence, Iaisse croire au public que la circulation y etait
permise. Poul' revenir de Ia Rouvenaz a Ia gare de Montreux
Ie 17 fevrier 1896, Ch.-G. Lacroix suivit le chemin de la
Rouvenettaz, traversa
Ie passage a niveau et s'engagea dans
le chemin de
Crins. Il revint ensuite sur ses pas, s'engagea
sur
Ia voie, qu'il traversa obliquement, puis se mit a courir
du
cote de Ia gare en suivant le palier au midi. Mais soit
qu'il ait
du 3e rapprocher de Ia voie pour eviter un obstacle,
soit qu'il ait fait
un faux pas qui l'en ait rapprocbe involon-
tairement,
il fut atteint par Ia locomotive. Depuis le Heu ou
l'accident s'est produit jusqu'au point de la courbe du co te
de Territet d'ou la voie est visible, il y a une distance d'en-
viron
150 m., qu'un train omnibus franchit en 22 secondes.
D'apres le temoignage
du mecanicien Antoine Meyer, le signal
reglementaire avait ete donne avant l'arrivee au passage ä.
niveau de Ia Rouvenettaz; un nouveau coup de sifflet avait
encore
ete donne au moment ou Ie temoin aper ;ut une per-
sonne, qui se trouvait etre Ch.-G. Lacroix, traversant Ia
voie.
La Compaguie Jura-Simplon avait encore
alIegue que
Lacroix
etait sourd ou du moins entendait difficilement d'une
oreille.
Ce fait n'a pas ete retenu comme suffisamment
etabli.
Sur la base de ces faits, Ia Cour de Justice de Geneve et
apres elle Ie Tribunal federal ont admis qu'en s'engageant
sur le palier qui longe
Ia voie du cöte Iac, Lacroix avait
viole sciemment l'art. 1 er de la loi federale du 18 fevrier 1878
sur
Ia police des chemins de fer, et cela, meme a supposer
qu'il
eut penetre sur Ia voie, ainsi que les demandeurs
l'avaient soutenu,
par Ie talus existant du cote Iac de Ia voie.
Outre Ia violation d'une prescription de police, les deux in-
Civilrechtspllcge.
stances ont encore admis que Ja Compagnie Jura-SimpJon
pouvait invoquer
ponI' sa liberation la faute de Lacroix COll-
sistant a s'etre engage sur l'etroit paIier qui longeait la voie
du cote lac au moment Oll il savait qu'un train allait arriver.
La Cour de Justice de Geneve avait vu dans ce fait une
imprudence de la plus haute gravite ; le Tribunal federal
y a vu lui aus si une faute, qu'il a reconnu avoir ete la cause
premiere de l'accident, mais dont
il n'a pas preeise la gra-
vite.
B. -Les parties au pro ces hoirs Lacroix contre La
Zurich
etant d'accord pour considerer les faits resuItant des
instances
precedentes comme constants, La Zurich a fait
valoir en
resume ce qui suit a l'appui de ses conclusions
liheratoires :
Le contrat
du 2, decembre 1895 exclut de l'assurance les
lesions corporelles provenant d'entreprises connues comme
offrant un danger particulier, de meme que cellns provenant
de grosses negligences de la part de l'assnre Meme en
l'absence de stipulation de ce genre l'assureur est
libere
lorsque l'assure s'est expose temerairement et de propos
delihere au peril dans lequeI il a succomhe. Les stipulations
qui regissent le cas actuel ne se distinguent guere de celles
qui
I'egissaient le cas Genier, dans lequel le Tribunal federal
a admis la liberation de La Zurich (amnt du 19 mai 1893).
La police Genier parlait de faute evidente et de hasar-
dis es qui exposent ades dangers particuliers. Nulle part,
dans les conventions des parties, la
grosse negligence
n'a ete eutendue dans le sens extensif de faute loarde ou
d'imprudence de la plus haute gravite. Or en violant
sciemment, comme
il l'a fait, les prescriptions de la loi fede-
rale sur Ia police des chemins de fer, Lacroix a commis une
faute evidente, une grosse negligence et s'est expose seiem-
ment aux consequences d'une entreprise connue comme
offrant uu danger particulier. Il resulte d'ailleurs des consta-
tations de la Cour de J ustice de Geneve et du Tribunal
federaJ dans la cause des consorts Lacroix contre Ja Compa-
gnie Jura-Simplon, que la faute de Lacroix a eM la cause
premiere
et exclusive de l'accident. Il s'agit donc bien d'une
..
Il. Obligationenrecht. N° ,.3.
grosse negligence'! de Ja part de l'assure, et d'une entre-
prise connue comme offrant un danger particulier. La faute
de Lacroix doit donc avoir ponr consequence la liberation de
La Zurich.
C. -A l'encontre des moyens liberatoires de 1a dMen-
-deresse, les demandeurs ont sontenu en substance ce qui
13uit :
L' arret du Tribunal federal du 8 mars 1899 n' a pas main-
tenu a la charge de Laeroix l'existence d'une faute lourde,
mais une simple faute ordinaire.
TI a done ete juge que
Lacroix
n'a pas commis une grosse negligence, une faute
lourde.
Cette faute n'est donc pas de nature a liberer 1a Com-
pagnie d'assurance, TI est a remarquer que la clanse de la
police sur laquelle la Compagnie base sa conclusion
libera-
toire est tres differente de celle qui figurait dans la police
Genier.
La clause de la police actuelle est conforme aux
principes
generaux du droit, dont le Tribunal federal a fait
application dans son
arret en la cause de La Winterthour
c. Lindner et Bertschinger, du 12 octobre 1894, a teneur
duquell'assure n'encourt la
decMance de son droit que s'il a
commis une faute tout
a fait grossiere et equivalant au dol.
TI est bien evident que Lacroix n'a pas commis de faute de
cette nature. Quant au fait
que Laeroix a viole une prescrip-
tion de la loi sur la police des chemins de fe 1', elle ne saurait
entrainer la
liberation de la Compagnie. Ce n'est pas la une
cause de decMance prevue par 1a police. TI est certain d'ail-
leurs qu'en se rendant le 1'1 fevrier 1896 a la gare de Mon-
treux, Lacroix ne s'est pas livre a une entreprise connue
comme offrant
un danger particulier, du genre de celles pre-
vues au contrat.
D. -Par jugement du 30 janvier 1900, le Tribunal de
premiere instance de Geneve, admettant que l'accident
arrive
a sieur Lacroix etait du a une grosse negligence de ce1ui-ci,
au sens de l'art. 1 er des conditions generales de la police, a
repousse la demande des consorts Lacroix.
Ce jugement a ete reforme par arret de la Cour de Justice
de Geneve, du 5 mai 1900,
qui a declare 1a demande bien
fondee .
Civilrechtsptlege.
E. La Compagnie La Zurich a recouru en temps utile
au Tribunal federal contre l'arret de Ia Cour de Justice, con-
cluant a ce qu'il soit reforme dans le sens de l'admission de
ses conclusions liberatoires.
Les intimes ont conclu au rejet du recours.
COllsiderant en droit:
-
-Il n'est pas douteux que la mort de Ch.-G. Lacroix
est due a un accident au sens defini par l'alinea 4 de 1'art. 1 er
des conditior:s generales de l'assurance. Ce point n'est l'objet
d'aucnne contestation.
Mais a recourante soutient que eet
accident rentre dans les cas exclus de l'assurance
aux termes
des alineas 7
et 8 du dit article, parce qu'il serait a conse-
quence soit d'une entreprise connue comme offrant un
danger particulier
, soit, en tout cas, d'une grosse negli-
gence de Ia part de l'assure.
-
-L'alinea 7 de l'art. 1 er, qui exclut de l'assurance,
sauf convention contraire,
les lesions corporelles provenant
de l'emploi de
velocipMe, de participation a des courses de
toute nature. des chasses
a courre, des ascensions aerosta-
tiques, des
xcursions sur les glaciers, ou d'autres entreprises.
connues comme offrant
un danger particulier , est evidem-
ment licite. Mais il ne saurait trouver application dans l'es-
pece. Les cas qu'il prevoit sont surtout des entreprises spor-
tives,
et si l'enumeration qu'il fait n'est pas limitative, il faut
cependant admettre
que les cas non prevus specialement
doivent
etre analogues par leur nature et leur caractere dan-
gereux
a ceux qui sont enonces, comme pourraient l'etre,
par exemple, certains sports athIetiques ou d' ascellsionnistes.
En revanche
on ne peut, sans donner a Ia clause dont il s'agit
une extension contraire
a la volonte des parties, l'appliquer
a toute espece d'actes qui, dans les circonstances ou Hs se
produisent, sont
a considerer comme imprudents. La question
de savoir si de tels actes entrainent,
a raison de la faute de
l'assure, la
decMance du droit a l'assurance, doit se juger
non
d'apres l'a1. 7, mais d'apres l'al. 8 de I'art. 1 er des con-
ditions.
Dans le cas particulier, l'assure a
ete tue aIo1's que, en
violation d'une defense positive, il circulait sur Ia plateforme
-
OblIgationenrecht. No 53.
le la voie ferree, a cöte des rails, afin d'atteindre la station
encore
a temps pour y prendre UD train qui arrivait. Cet
acte n'a evidemment aucune analogie avec les entreprises
exceptionnellement dangereuses
enumerees a l'art. 1 er, a1. 7
des conditions d'assurance.
Il en serait autrement si l'assure
avait follement
entrep1'is de couri!' devant la Iocomotive et
avait ainsi voulu se livrer a une sorte de concours de vitesse.
Mais tel n'a nullement ete le cas. Il voulait simplement
atteindre Ia gare en suivant Ia voie ferree, ce qui etait, il
est vrai, interdit au public, mais n'etait pas a proprement
pader dangereux en observant une prudence suffisante. La
dause de l'al. 7 de l'art. 1 er des conditions ne peut donc
trouver aucune application en l'espece
et Fon peut seulement
se demander si la conduite de l'assure n'implique pas une
grosse negligence , ayant pour effet de !iberer la Com-
pagnie d'assurance. La re courante invoque
a cet egard l'arret
rendu par Ie Tribunal federal dans Ia cause entre elle et le
sieur Genier
(Rec. off. XIX, page 351 et suiv.). Mais dans ce
cas non seulement Ia teneur des clauses de Ia police n'etait
pas la
meme, mais en outre les circonstances etaient essell-
tiellement differentes que dans
Ie cas actuel.
3. -La decision dependant ainsi
du point de savoir si
l'accident a
ete cause par une grosse negligence de
rassure, dans 1e sens de l'art. 1 er, aL 8 des conditions d'as-
surance,
il ya lieu d'observer tout d'abord ce qui suit:
La reclamation
formuIee dans le proces actuel par les
demandeurs a rapport
au meme accident que ceIle qui a fait
l'objet du
proces en responsabilite contre Ia Compagnie Jura-
Simplon; les faits
a la base des deux reclamations so nt donc
identiques. En revanche,
ces reclamations sont, au point de
vue juridique, absolument differentes. L'action en responsa-
bilite tendait a obtenir une indemnite en vertu de Ia loi;
l'action actuelle tend
ä obtenir une prestation en vertu d'un
contrat bilateral. savoir le contrat d'assurance
passe entre
sie ur Gaspard Lacroix
et Ia clefencleresse. Tandis que Ia
responsabilite Iegs.Ie de I'entreprise de chemin de fer cesse
des que celle-ci reussit a prouver que l'accident est du ä la
faute,
meme Jegere, de Ia victime (sans faute concurrente de
Civilrechtspflege.
1'entreprise), ou que la victime s'etait mise en rapport avec
l'entreprise en violant sciemment une prescription de police,
l'obligation conventionnelle de
Ia Compagnie d'assurance ne
cesse que
si l'accident a ete cause par la grosse negligence
de l'assure.
Cette difference entre les deux reclamations est
conforme
a la nature des choses. La responsabHite legale des
chemins de fer a pour but de
garll.ntir les tiers contre les
consequences dommageables des dangers inMrents
aces
entreprises, mais elle ne vise pas ales proteger contre les
consequences de Ieur propre faute, imprudence ou negligence.
Par contre, il est absolument conforme au but naturel de
l'assurance contre les accidents
que l'assure entende se
garantir non seulement contre les accidents fortuits,
indepen-
dants de toute faute de sa part, mais aussi, dans une certaine
mesure, contre les consequences d'accidents dus
a sa propre
faute
ou negligence. Le rejet de l'action en responsabilite
contre la Compagnie Jura-Simplon ne prejuge donc en
au-
cune fanon le sort de Ia reclamation basee sur le contrat
d' assurance.
4. -Touchant la question de savoir ce que l'on doit
entendre par grosse negligence de
l'assure au sens de Ia
police, il est inexact qu'une teIle negligence existe seulement,
ainsi que l'a soutenu
le Procureur general de Geneve devant
les instances cantonales, lorsque l'accident a
ete chercM ou
amene volontairement, afin de faire naitre le droit a la somme
assuree. Cette mamere de voir est en contradiction avec la
teneur de Ia police,
qui parle de negligence", et avec
l'ensemble de ses dispositions.
Par grosse negligence il faut
entendre la negligence grossiere,
inexcusable, depassant toute
me sure permise et confinant par sa gravite au dol. La simple
omission des precautions que prend habituellement
un homme
prudent
et reflechi ne rentre pas dans cette categorie, mais
seulement la negligence grossiere, inexcusable, le
mepris
temeraire
ou l'insouciance complete et aveugle du danger,
tels que l'on ne peut les admettre de la
part d'aucun homme
sense. Cette maniere de voir est la seule qui se concilie avec
Ia nature de l'assurance contre les accidents et avec Ia teneur
de
Ia police.
II. Obligationenrecht. N° 53.
- -D'apres ce qui precede, on ne saurait voir une
cause de
decMance du droit a l'assurance dans Ia circons-
tance seule que
l'assure, en s'introduisant sur la voie ferree,
a viole sciemment une defense de police. Les conditions
d'assurance ne renferment pas de cIause excluant
Ia respon-
sabilite de
Ia Compagnie a raison des accidents arriyes par
suite de Ia violation d'une loi
ou d'un reglement de police
etablis dans l'interet de Ia securite des personnes (Comp.
amnt du Tribunal federal XII, page 601.) Si une teIle clause
n'a pas
ete admise, c'est certainement avec intention et
parce qu'il a paru que ce serait aller beaucoup trop loin que
de considerer comme une cause de
decbeance du droit a
l'assurance toute violation, en rapport avec l'accident, de
l'une quelconque des nombreuses prescriptions de police
etablies par les lois
et reglements. En presence de Ia teneur
de
Ia police, il faut donc admettre que Ia violation par l'as-
sure
d'une prescription de police ne libere Ia Compagnie
d'assurance que lorsque cette violation constitue,
d'apres Ies
circonstances
du cas particulier, une grosse negligence en
rapport de cause
a effet avec l'accident, en d'autres termes
lorsque celui-ci a
ete cause par Ia grosse negligence de l'as-
sure.
- -Dans Ie cas actuel, il est hors de doute que l'assure
a
commis une faute en rapport da cause a effet avec l'acci-
dent. En penetrant sur Ia voie ferree, malgre Ia defense qui
en est faite
au public, au moment OU il savait qu'un train
allait arriver,
et en suivant le palier Ie long de Ia voie pour
se
dirigel' vers la gare, sans prendre de precautions suffi-
santes, il est hors de doute qu'il a agi d'une maniere impru-
deute. Mais on ne peut cependant pas Iui reprocher une
faute Iourde, une grosse negligence
au sens de la police.
D'apres les constatations de fait dn pro
ces en responsabilite
on doit admettre que l'assure ne connaissait qu'imparfaite-
ment
Ia Iocalite, qu'apres avoir traverse le passage a niveau
de
Ia Rouvenettaz, il ne vit ou ne trouva pas le sentier con-
duisant a la gare situe au nord de Ia voie, qu'il revint en con-
sequence sur ses pas, traversa de nouveau Ia voie et, comme
le temps pressait, s'engagea sur
Ie palier au sud de Ia voie
Civilreehtsptlege.
pour parvemr a Ia gare. TI y avait evidemment imprudenee
de sa part
a s'engager sur ee palier ferme a Ia eireulation
pnblique.
Mais on ne saurait voir la une faute lourde, une
grosse negligenee. Le palier du
eote sud de Ia voie pouvait
en soi
etre utilise sans danger, meme pendant le passage
d'un train, vu qu'il etait assez Iarge pour une personne. Le
fait de
l'assure d'utiliser ee paIier po ur se rendre a Ia gare
ne comportait done pas
un danger evident et qui dut sauter
aux yeux
du premier venu, meme en tenant compte de Ia
eirconstance qu'un train allait arriver; on ne peut y voir un
aete temeraire ou une insoucianee eomplete d'un danger evi-
dent. L'accident a d'ailleurs ete amene par Ia cireonstance
que, au moment de
l'approehe du train, l'assure, au lieu de
rester en dehors de Ia voie, est
renb'e involontairement snr
celle-ci, soit pour
eviter un obstacle, soit qu'il ait fait un faux
pas, et a ainsi pu etre atteint par Ia Iocomotive. Mais il n'y
a pas non plus dans cette nouvelle circonstance de faute
grave de
l'assure; il s'agit d'une inattention, d'un manque
de presenee d'esprit d'un instant, qui peuvent bien
eonsti-
tuer une faute Iegere, mais ne sauraient etre qualifies de
faute
Iourde.
La defenderesse a encore fait valoir que l'age de fassure
(57 ans) et Ia durete de son ou'ie font apparaitre sa eon-
duite comme particulierement grave. Mais il n'est nullement
etabli que l'assure fut atteint de surdite a un degre appre-
ciabIe, lli qu'i1 souffrit d'infirmites qui auraient du Iui com-
mandel' une prudence particuliere.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononee:
Le recours est
ecarte comme mal fonde et l'arret de Ia
Cour de Justice de Geneve, du 5 mai 1900, est eonfirme.
Ir. Obhgationenrecht. N° 54.
54. Urteil i om 22. ,sun i 1900 in 6 a d)en
ietede ge g en orb on.
Darlehen und Schuldanel'kennung. -Einreden des Irrtums und des
Betruges.
Replik de1' Genehrnigung, Art. 28 O.-R.; Beweislast. Stel-
lung des Beauftragten gegenüber dem Auftraggeber. Der Ansp1'1tdt
aus ungerechtfertigter Bereicherung
kann auch einrede weise geltend
gemacht werden.
A. urd) Urteil l,)om 23. 3anunr 1900 f)at ba Doergericqt
beß Stantonß Illargau erral1l1t:
er Strliger ift mit feiner jUage aogerotefen.
B. egen biefeß Urteif !)at bel' Stliiger red)taeitig unb in rtd)
tiger orm bie lBerufung an bai3 lBunbci3gerid)t ergriffen, mit ben
Illntriigen :
- aß . tlageocgel)ren fci 3u3uil'red)en.
- )cntueU fei ein allgemeffenei3 lBe l)eißurteU au erfaffen im
6inne bci3 untergertd)t1icl en eroeißurtcH6 bel' bienoeaüglid)en
9 peltation beß . tliigerß un baß Dbergcrid)t unb bel' roeitern
.lBel)Ctuptungen bel' . tlage unh ber 1Replit
C. 3n bel' S)aul'ti erl)itnbIung )or lBunbeßgerid)t l)om 5. smai
1900 roieberf)oU unb begrünbet bel' mertreter bei3 Stragcri3 biere
18erufungi3antriige unb triigt gnn3 e )entueU auf 3ufl'recl ung
tiner nngcmeffenen ntid)iibigung aUß bem eficl ti3l'ltltfte bel'
)(af erge )ül)r an. a6ei erfllirt er, an altem i ol' ben fantona(en
,snftan3en i orgeorad)ten feftaul)alten.
er mertreter bel' lBef(agten beantragt, bie JBerurung fei a6
uroei
fen.
nß lBunbeßgericl t aie!)t in (;5; l' 11) ii g lt n g :
- ry:ofgenbe !Borgiinge f)itben aUln l.lorHegenben roaeffe ge
fül)rt: ie lBefIagte, Illitroe orbon, bamaIß rool)nf)aft in 6tutb
gari, 6eabfid)tigte in ben erften smonaten beß ,sa!)rei3 1897 ein
lllo!)nf)auß in bel' cl roei3 3u faufen, unh 6euuftragte bett . t(Ii
ger, ieter(e, (;5; )ungelift in afe , beffett !8ruber il)re cl roefter
gel)eirntet f)atte, mit ben l)iefür nötigen 6d)ritten; fie ftente i9m
a
u
biefem 3roecfe am 13. IDlai 1897 eine !Bollmacl t aUß, bni3
XXVI 2. -:1900