Art. 128, 518, 19, 21 and 145 CO; life annuity with stipulation in favour of a third party; standing of the third party to rescind denied. A third-party beneficiary may refuse the benefit, but such refusal does not confer on the beneficiary a right to demand rescission of the contract; only the contracting parties may modify or terminate it. The third party's signature is not required for validity under the written-form rule applicable to the contract. Mere nondisclosure of the contract to a fiancé, or the creditor's later refusal of the benefit, does not establish dol or essential error. Impossibility of performance cannot be invoked while the principal beneficiary is still alive and the supposed impossibility remains uncertain.
Civilrechtspflege. 42. A 1'rCt dtt 5 mai 1899, dans la cause Lecoultre et consorts contre Heridier. Gontrat de rente viagere; demande en annulation pour dal, art. 21 CO., et pour erreur essentielle, art. 19, chif. 1. et 4 CO Art. 1.28 CO.; obligation en faveur d'un tiers; legitimation du tiers de demander la resiliation du contrat. -Art. 518 et 10 eod.; la signature du tiel's n'est pas necessaire. -Le refus du tiers d'accepter la liberalite stipulee en sa faveur autorise-t-il un des contractants a conclure a l'annulation du contrat pour cause d'impossibilite de l'executer (art. 1.45 CO.) l' Marc Heridier, notaire et ancien magistrat, a Geneve, etait debiteur de dame Helene Beguin, nee Schmidt, a Genever nee le 28 fevrier 1838, de la somme de 41 000 fr. ensuite de pret; sur cette somme, 11 000 fr. etaient garantis par hypo- tMque. Dans le courant de l'annee 1896, dame Beguin se fian(ja avec David-Constant Lecoultre, son mari actuel. La regime des biens entre les epoux Lecoultre est rngle par un contrat de mariage, instrumente par Heridier notaire, du 23 novembre 1896; c'est le regime de la communaute, sous reserve de certains biens paraphernaux, et notamment de la creance susmentionnee de 41000 fr. Lecoultre n'etait pas d'accord avec cette reserve, et il demanda que la predite creance ffit egalement comprise dans la communaute, ce qui resulte d'un projet de contrat sans date, redige par Heridier, et corrige par Lecoultre. Par acte sous seing prive du 13 novembre 1896, il a ete conclu entre veuve Beguin nee Schmidt et Heridier un contrat de rente viagere, stipulant une rente annuelle de 2778 fr. an profit et sur la tete de dame veuve Beguin, et, en cas de survie de la dame Frey nee Schmidt, samr de la creanciere, an profit et sur la tete de la dite dame Frey, nee le 12 oc- tobre 1835. En revanche la creance de veuve Beguin contre Heridier etait declaree eteinte. Le dit contrat contient entre autres la clause suivante: les paiements continneront ainsi de trois en trois mois jusqu'au deces de Mme Beguin et da Mme Frey, ou jusqu'a l'amortissement de la dite rente. V. Obligationenrecht. N0 4'!.
Le 28 decembre 1896 fut ceIebre le mariage de veuve Beguin avec le demandeur Lecoultre, et celui-ci, sous date du 6 fevrier 1897, agissant comme chef de Ia communaute, a intente action contre Heridier et contre les maries Frey, pour faire prononcer l'annulation de l'acte sous seing-prive du 13 novembre 1896. Cette demande d'annulation se base, en substance, sur les moyens suivants : Le dit contrat de rente viagere est nul, attendu qu'il a ete obtenn par des manreuvres dolosives. Le defendeur Heridier etait le notaire du sieur Beguin, defunt mari de dame Lecoultre, et il avait rec;u de Beguin, ainsi que plus tard de dame veuve Beguin, divers prets, dont le montant, garanti en partie par hypotheque, s'elevait a 41000 fr. en novembre 1896. Dans l'automne 1896 i1 se forma un projet de mariage entre veuve Beguin et le demandeur Lecoultre. Dame Beguin amena son fiance, a fin octobre de dite annee, chez le notaire Heridier et le pria de rediger un contrat de mariage. Heridier, apres de nombreuses discussions, elabora un premier projet au commencement de novembre; ce projet, qui stipulait d'une maniere generale la communaute de biens entre les epoux, disposait que veuve Beguin se reservait comme paraphernaux ses immeubles et sa creance contre Heridier. Lecoultre refusa cette clause, ce a quoi veuve Beguin ne fit aucune objection ; le 23 novembre etait signe par devant Heridier le contrat de mariage entre les dits epoux, qui declaraient se marier sous le regime de la communaute, dame veuve Beguin se reser- vant comme paraphernaux ses immeubles seulement. Heri- dier ne dit mot alors de la transformation de la creance de
000 fr. en rente viagere, et pourtant les convenances les plus eIementaires lui en faisaient un devoir. Aussi Lecoultre ffit-il stupefait d'apprendre, apres son mariage, que pendant les pourparlers qui avaient precede la signature du contrat de mariage definitif, Heridier avait reussi a circonvenir veuve Beguin et a lui faire transformer sa creance en un contrat de rente viagere, a l'insu de son fiance, et que l'hypotheque garantissant la creance avait ete radiee le 2 decembre 1896,
Civilrechtspfiege. sans que le demandeur en fut informe. Ce contrat de rente viagere est nul, non seulement ensuite des manoouvres dolo- sives d'Heridier, mais encore par le motif qu'il n'est pas signe par toutes les parties, notamment pas par ame Frey- Schmidt, une des titulaires de la rente; en constItuant dans ces conditions une rente viagere sur la tete de sa soour, dame Lecoultre lui a fait une veritable donation; mais cette dona- tion, qui ne remplit aucune des conditions legales ( rt. 31, 932 suiv. Ce.), est nulle. De plus, 1e contrat en questIOn nest pas un contrat de rente via gere ; il stipule que les paiements continueront jusqu'a l'amortissement de la dite rente 1 ce qui veut dire, -sans doute, qu'Heridier se reservait de eesser le service de la rente lorsqu'il aura amorti le capital, en d'autres termes lorsque Ia somme des arrerages verses aura atteint le montant de ce eapital. Ce n'est donc pas la une rente viagere, mais un remboursement a terme. Le contrat doit donc etre annuIe, et Heridier etre condamne a payer au demandeur Lecoultre la somme de 41 000 fr. avec interets de droit. En effet, si dame Lecoultre eut eu quelque peu l'expe- rience des affaires, si elle n'eut pas ete illettree, faible, et ignorante de Ia langue fran ;aise, elle n'aurait jamais signe Ie dit acte et n'aurait jamais consenti a la radiation de l'hypo- theque ui garantissait sa ereance. Si dame Frey disparait du contrat, celui-ci se trouve entache, vis-a-vis de dame Lecoultre, d'erreur essentielle, et ne sallrait subsister aux termes de l'art. 19 1 et 4 CO. Les maries Frey-Sehmidt se sont associes aux conclusions du demandeur. Le defendeur Heridier conc1uait, de son cote, au rejet des fins de la demande, en faisant valoir, en resume, les conside- rations ci-apres : Le seul but du demandeur, age de 43 ans seulement, etait d'accaparer Ia fortune entiere de veuve Beguin, plus agee que lui de 16 annees ; sa fiancee voulait se marier sous le regime dotal ce qui ne plaisait pas a Lecoultre. Jusqu'au jour de , . son mariage, soit jusqu'au 28 decembre 1896, veuve Begum avait toute sa capacite civile, etait maitresse de ses actes, et V. Obligationenrecht. N° 42.
n'en devait compte apersonne, pas meme a Lecoultre. Le 13 novembre 1896, elle etait donc en droit de passer avec Heridier tous les cont.rats qui lui plaisaient, et, en fait, dans l'acte stipule le dit jour, elle a agi librement et en pleine connaissance de Ia situation. Oet acte ne presente aucun caractere dolosif ou Ieonin, et les objections que lui oppose le demandeur sont denuees de fondement ; il confond, entre autres, l'amortissement de la rente avec celui du capital, dont il n'est pas question. Le defendeul' n'a jamais pense que le service de la rente dut cesseI', lorsque les versements successifs auraient atteint la somme de 41 000 fr. Par jugement du 30 mars 1898, le tribunal de premiere instance de Geneve a declare nul et de nul effet le contrat de rente viagere du 13 novembre 1896, pour autant que sieur Heridier s'engageait, par le dit contrat, a continuer a dame Frey, apres le deces de dame veuve Beguin, le paiement de la rente stipuIee, et il a ecarte, d'ailleurs, les conclusions de la demande. Statuant en la cause, ensuite d'appel des parties, la Cour de Justice civile, par arret du 4 fevrier 1899, a reforme le jugement de premiere instance, et deboute le demandeur Lecoultre de toutes ses conclusions. C'est contre eet arret que les epoux Lecoultre et les epoux Frey ont recouru en temps utile au Tribunal fedemI, et ont conclu: I. Les epoux Lecoultre : A ce qu'il plaise an tribunal de ceans declarer nul et de nul effet le contrat de rente viagere du 13 novembre 1896, le mettre a nnant et condamner en consequence sieur Mare Heridier a payer au demandeur Leconltre la somme de 41000 fr., avec interets de droit des le 13 novembre 1896. Il. Les epoux Frey : A ce qu'il plaise au Tribunal federal reformer l'arret attaque et donner ac te de plus fort aux maries Frey-Schmidt de ce qu'ils ont declare et de ce qu'ils persistent a declarer qu'ils refusent et renoncent au benefice de Ia rente viagere litigieuse; declarer en consequence nul et de nul effet le dit
Civilrechtspflege. acte du 13 novembre 1896, et le mettre a mnant dans son entier. Le defendeur Heridier a coneIu au rejet des recours. En cours d'instance devant le tribunal de ceans, dame Lecoultre a introduit nne demande en divorce contre son mari devant le tribunal de premiere instance de Geneve, et elle a fait defense a son dit mari de contester Ia validite du contrat de rente viagere du 13 novembre 1896, dont elle pretend conserver le benefice. Par lettre du 4: mai 1899, l'avocat Willemin, au nom de dame Lecoultre, a declare au Tribunal federaI qu'elle s'oppose, dans Ia mesure de ses droits, a la continuation du proces engage par son mari contre l'arret de Ia Cour de Justice de Geneve. Statuant sur ces aits et considerant en droit :
Au foncI, il ne peut s'agir que du recours desmaries Lecoultre, attendu que les maries Frey ne figurent point comme parties dans le contrat de rente viagere du 13 no- vembre 1896, et que cet acte apparait, pour autant que le defendeur y promet a veuve Beguin, actuellement dame Lecoultre, une prestation en faveur de dame Frey, comme un contrat stipuIe en faveur d'un tiers, dont Ia validite est reconuue par l'art. 128 CO. II va saDs dire que ce benefice ne peut etre impose a dame Frey contre sa volonte, mais qu'elle a le droit de le refuser. La question de savoir si et dans quelle mesure ce refus a de l'influence sur les rapports de droit entre les contractants, ne touche en aucune maniere le tiers; en particulier ce dernier n'est pas legitime a demander la resiliation du contrat, mais ce droit compete exclusivement aux contractants, lesquelH ont d'ailleurs seuls le droit d'apporter des modifications au dit contrat. 11 y a donc lieu seulement de prendre acte que dame Frey renonce au droit que lui confere l'acte du 13 novembre 1896, et de rechereher ensuite si les maries Lecoultre sont autorises, eux, ademandel' la resiliation de ce contrat en se fondant sur Ia renonciation susvisee. En revanche les epoux Frey n'ont aucune qualite a cet effet. V. Obligationenrecht. N0 42.
CivilreC:ltspflege. declare consentir; les demandeurs n'ont offert, ni rapporte aucune preuve a cet egard et Hs n'ont meme formule, de ce chef, aucun allegue positif. TI en est de meme en ce qui con- cerne l'art. 19, chifft'e 4. La circonstance que dame Frey a refuse la rente stipulee en sa faveur ne constitue point, de la part de veuve Beguin, ou de dame Lecoultre, une erreur dans le sens de la disposition legale susvisee, mais cette circonstance ne pourrait exercer une influence sur le predit contrat de rente viagere qu'a un autre point de vue juridique r dont il sera question plus loin. Le fait que la rente stipulee en faveur de dame Lecoultre est trop peu elevee eu egard au capital verse par elle, ne permet pas davantage de conclure qu'elle se soit trouvee, de ce chef, dans une erreur lors de la conclusiün du contrat. TI n'est pas etabli que la dame Lecoultre, qui parait, suivant les actes du dossier, avoir passe de nombreuses annees dans la Suisse romande, pays d'origine de son premier mari Beguin, ait ete ignorante de la langue fran'iaise et illettree; elle a signe le contrat, et il n'est pas meme allegue que le contenu de l'acte n'mt pas ete porte exactement a sa con- naissance; iI resulte en revanche des pieces de la cause que le ( Mendeur Heridier se trouvait en rapports d'affaires, depuis 1888, avec le predit Beguin, et plus tard avec sa veuve. La question de savoir si le fait de la renonciation, de la part de dame Lecoultre, a l'hypotheque d'au moins 11 000 fr. garan- tissant sa creauce implique un manque d'intelligence ou de prudence, n'a pas d'importance en la cause. En tout cas il n'est pas etabli ni offert en preuve que le defendeur se soit, a cet egard, rendu coupable d'agissements dolosifs. A l'epoque de la radiation de l'hypotheque, soit le 2 decembre 1896, le mariage qui unit les demandeurs n'avait pas encore ete ceIebre, et la veuve Beguin etait des lors entierement en droit de faire proceder a cette radiation sans l'intervention de son mari actuel. Le contrat de mariage conclu le 23 no- vembre 1896 est entre en force seulement a partir du moment de la celebration du mariage; avant cette derniere, le dit contrat n'exen;ait pas la moindre influence sur la V. Obligationenrecht. N° 42. 359 capacite civile de la veuve Beguin, et llotamment sur son' droit de disposer librement de sa fortune, et il est impossible de voir en quoi le fait que le defendeur n'a pas donne con- naissance de la radiation a Lecoultre, ou n'a pas demande l'autorisation de celui-ci a eet effet, pourrait constituer une tromperie a son prejudice. 4.-11 est egalement sans importance aucune, au point. de vue de la validite du contrat de rente viagere, que le defendeur, lors de la conclusion du contrat de mariage en date du 23 novembre 1896, n'ait pas donne connaissance au demandeur Lecoultre du contrat de rente viagere. Abstraction faite de ce qu'il eut incombe en premiere ligne a la fiancee, actuellement dame Lecoultre, de fournir eette information, il faut remarquer que le contrat de rente viagere etait alors parfait, et que le demandeur Lecoultre eut ete impuissant a y changer quoi que ce soit contre la volonte des parties contractantes. Cette communication n'aurait pu avoir d'im- portance pour Lecoultre qu'au point de vue de la conclusion du contrat de mariage, et du mariage lui-meme, et si le demandeur estime que l'omission de eette eommunication l'autorise a attaquer soit le contrat de mariage, soit le mariage, pour eause d'erreur ou de dol, il lui est loisibl d'intenter une pareille action a sa femme actuelle. 5. --En ce qui concerne enftn la pretendue ambiguite de la clause du contrat mentionnee dans les faits qui precMent, e'est avee raison que I'instance cantonale a ecarte les griefs du reeourallt. En presence de la disposition expresse du contrat, portant que la rente viagere serait payee jusqu'au deces de Mme Beguin et de Mme Frey, il est bien evident que l'adjonction: ou jusqu'a l'amortissement de la dite rente ne pouvait pas signifier que la rente devait cesser au moment Oll le total des versements de la dite rente attein- drait le chiffre du capital de 41 000 fr. En fut-il meme autre- ment, il est clair que non seulement le capital de 41000 fr., mais aussi ses interets, auraient du etre pris en considera- tion, et que le total des versements n'aurait atteint le chiffre du capital, augmente des interets, qu'a une epoque Oll, selon
"360 ClviJrechtspflege. toute probabilite, les deux creancieres de la rente seraient 'decedees, et l'obligation du defendeur eteinte. A ce point de vue encore, il ne saurait etre question d'un dol a Ia charge d'Heridier, qui a d'ailleurs lui-meme reconnu que malgre les termes de la clause critiquee, le service de la rente ne devait cesser qu'a la mort des deux creancieres, soit bene- ficiaires de celle-ci. 6. -La question de savoir si le defendeur, lors de la conciusion du contrat de rente viagere, a agi avec toute Ia delicatesse qu'on est en droit d'attendre, surtout d'un notaire, peut demeurer en suspens, attendu qu'a supposer que le defendeur ne fut pas a l'abri de tout reproche de ce chef, cette circonstance ne saurait justifiel' l'adjudication des con- clusions de Ia demande. En effet, lors de Ia conClusion du 1:ontrat de rente viagere, Heridier a agi uniquement en sa qualite de debiteur de dame Lecoultre, et nullement comme notaire, dont l'intervention n'etait pas necessaire, et il est indifferent, quant a la validite de ce contrat, que, pour ses autres affaires d'interet, dame LecouItre se soit servie du ministere de cet officier public, car il n'existe nulle part en droit federal une disposition interdisant a un notaire de con- clure un contrat de rente via gere avec un de ses creanciers. Il est, en outre, inconteste que la radiation de l'hypotheque a Me faite par les soins d'un autre notaire. 7. -Comme, ainsi qu'll a ete dit plus haut, Ie contrat de rente viagere, pour autant qu'il stipule une prestation en faveur de dame Frey nee Schmidt, apparait comme un con- trat en faveur de tiers, Ia signature de cet acte par dame Frey n'etait pas, aux termes de l'art. 518 CO., necessaire pour sa validite. En exigeant la forme ecrite pour de sem- blables contrats, cette disposition n'a en vue que les con- tractants eux-memes, et non les tiers avantages, mais non obliges par l'acte. (Comp. aussi art. 12 CO.) L'art. 10 du meme code, lequel est reserve expressement ca l'art. 518 ibidem dispose a Ia verite que Ie droit cantonal fegle la forme des donations, et l'on pourrait, -puisque Ia dause du contrat en faveur de dame i'rey revet Ie caractere V. Obligationenrecht. N° 42.
d'une liberalite, -se demander si nne forme speciale etait de rigueur a cet egard aux termes du droit cantonal. Toute- fois l'instance genevoise, qui etait exclusivement competente pour trancher cette question d'application du droit cantonal, l'a resolue negativement, et cette decision lie le tribunal de ceans. 8. -Il est de toute evidence, -et toute demonstration sur ce point serait superfiue, -que le refus des maries Lecoultre de recevoir Ie paiement de la rente ne peut avoir pour effet l'annulation du contrat qui Ia stipule. Ce dernier, comme tout autre contrat synallagmatique, lie en effet les deux parties, et aucune d'elles n'est en droit de se departir de ses clauses, a moins de stipulation contraire et expresse, dont II n'existe aucnne trace dans l'espece. 9. -Eu revanche, il y a lien de se demander si le refus de dame Frey d'accepter Ia liberaIite stipuIee en sa faveur par le contrat n'autorise pas les demandeurs a conclure a la nullite de celui-ci. Gette question doit toutefois recevoir ega- lement une solution negative. Si dame Frey avait ete desi- gnee par le contrat de rente viagere comme seule benefi- ciaire de Ia rente, l'on pourrait se demander a juste titre si Ies demandeurs pourraient invoquer rart. 145 CO., et demander l'annuIation du contrat pour cause d'impossibilite de l'executer. Mais teIle n'est point la situation: non seule- ment Ia dame Frey-Schmidt n'est pas designee comme seule creanciere de la rente, mais Ie contrat ne lui confere pas meme le droit de se determiner des maintenant sur l'accep- tation ou le refus de Ia liberalite dont il s'agit, et d'exercer ainsi, par son refns, une influence quelconque sur l'existence du dit contrat. C'est Ia dame Lecoultre qui est, aux termes de ce contrat, et jusqu'a son deces, Ia seule beneficiaire de la rente; elle seule est en droit d'exiger du defendeur le paiement de celle-ci, et ce n'est que vis-a-vis d'elle que le dit defendeur est oblige de la servir. Ce n'est qu'apres Ia mort de sa sreur que dame Frey, en cas de survie, pourra beueficier de cette rente, et il ne resulte nullement de ce contrat que dame Frey se trouve au benefice d'un droit
Civilrechtspflege. quelconque, meme conditionnel, avant le deces da dame Lecou1tre. Au contraire, il y a lien, en pareil cas, d'admettre que les parties contractantes se so nt reserve, jusqu'a Ia mort de la premiere Mneficiaire, 1e droit de modifier a leur gre le contrat, ensuite d'entente commune, que le tiers n'acquiert son droit qu'au moment du deces de la dite Mneficiaire, et dans le cas seulement on Ies contractants n'auraient rien convenu de contraire avant ce moment. Il suit de la que dame Frey n'aurait pas pu empecher les parties qui ont stipule le contrat du 13 novembre 1896 d'y faire figurer une autre personne en son lieu et place, ou de revoquer Ia libe- ralite dont elle, dame Frey, etait l'objet. Par consequent dame Frey n'avait point a faire actuellement de cdeclaration touchant son acceptation ou son refus de Ia dite liMralite, et ce droit ne lui eilt compete qu'apres Ia mort de dame Lecoultre. Mais, meme en admettant que) dans l'intention des parties contractantes, dame Frey devait acquerir deja maintenant un droit, subordonne a la condition du predeces de dame Lecoultre, le refus de dame Frey d'accepter cette IiMralite ne saurait exercer actuellement aucune influence sur la vali- dite du contrat de rente viagere, et il y aurait lieu d'attendre d'abord si dame Frey survivra en realite a sa SCeilr. En effet, le refus de dame Frey ne pourra etre pris juridiquement en consideration que daus le cas on il entrainerait, pour le defendeur, l'impossibilite d'executer le contrat de rente via- gere. Or, aussi Iongtemps que dame Lecoultre sera en vie, cette impossibilite n'existera pas. Comme la duree de la vie de dame Lecoultre est incertaine, et qn'on ne peut pas savoir davantage si sa sreur Iui survivra, il est impossible aussi de savoir actuellement si cette impossibilite se presentera jamais. Des 10rs, aussi longtemps que cette incertitude persiste, la question de savoir quelles consequences juridiques la predite impossibilite d'execution entrainerait ponr le contrat de rente viagere n'est pas en etat d'etre jugee. En admettant que cette impossibilite doive entrainer dans Ia suite Ia resiliation du contrat, il est evident que le montant de la partie du V. Obligationenrecht. No 43.
-capital verse, qui devrait etre restituee dans ce cas par Ie defendeur, dependra en premiere ligne du temps pendant Jequel dame Lecoultre a pergu elle-meme Ia rente viagere. Par ces motifs, Le Tribunal federa! prononce: Le recours est ecarte, et l'arrM rendu entre parties par Ia ,Cour de justice civile de Geneve, 1e 4 fevrier 1899 est maintenu. ' 43. Urteil 1 om 6. WCat 1899 in ad)en (an3mann gegen j!5 eHe. Frist zur Berufung, Art. 65 O.-G.: die Berufung kann auch vor der schriftlichen Mitteilung des Urteils gültig erkläl't werden. -Da'rlehen oder Schenkung? Beweislast. Kantonaler That- bestand. A. 't urd) Urteit )om 8. ß'ebruar 1899 I)at ba Dbergerid)t tle .R:Qnton o(otl um edannt: 't er l'fl lgte tft gel)alten, an bie .R:rägerin 3u 6qal len bie eingenagten Binfe ab sta:pttal 10,000 g:r. a 5 % auf 24. Df tober 1895 unb 1896 mit 1000 %r. B. egen biefe Urteil l at ber mefragte bie erufung an ba unbengertd)t erWirt, mit bem ')(ntrag, e foUe ba Umll auf :gc9 0oen unb bie %orberung ber .R:lägerin abgeroiefen werben. 't 1e erufungnermirung murbe am 22. %ebruar 1899 3ut jßoft ge .geben, wäl)renb fein 'U:nwa t, laut beffen meid)eintgung, bie in .(rt. 63 6d)fuf3aHnea be munbengefeneß über bie Drganifation ber munbei3recl)t :pf!ege 1 orgefd)riebene mnöeige erft nm barauf folgenben nge erl)alten 9at. ,3n ber I)eutigen S)au:pWerl)anblung tft weber ber 18erufungß fläger nocl) ein JEertreter benielben erfd)ienen. 'Der Xm1)aIt ber merufungi3beffagten erl)e6t 3uniicl) ft gegen bie merufung bie for meUe inrebe, baB biefelbe nid)t innerl)nlb ber in mrt. 65 DA . he3eicl)neten 20 agen l.)on ber fcl)riftHcl)en WCitteilung be Urteils