B. Civilrechtspllege .
. assurant un rang preferable a celui des CfInanciers ordinaires.
Mais tel n'etait pas le cas; au contraire, il y a lieu d'ad-
mettre
qu'a tenenr de Ia Iegislation genevoise Ia dite creance
ne
beneficiait d'aucnn droit de preference. Non seulement, en
effet, la demanderesse n'a jamais pretendu positivement, en
eours d'instance,
a un pareil droit, mais encore, dans son in-
tervention du 11 juillet 1894 pour 944 francs, solde de sa
cnnance, elle n'a reclame aucun privilege, reconnaissant ainsi
qu'elle devait prendre rang avec les creanciers ordinaires.
L'intention de
Surrer de favoriser sa femme au prejudice
de ses autres creanciers etant ainsi etablie, il en est de meme
de la connaissance que dame Surrer a pu et du avoir de cette
intention. Le fait de cette connaissance resuIte non seulement
de sa qualite d'epouse du debitenr, qui la fait deja presumer,
mais encore directement
de l'instance en separation de biens
. introduite par elle, ainsi que des motifs donnes par elle a
l'appui.
C'est donc avec raison que Ia Cour de justice a fait appli-
cation
de l'article 288 LP., et son jugement doit etre con-
firme.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononce:
Le recours est
ecarte, et l'arret rendu entre parties par
Ja Cour de justice civile du canton de Geneve le 26 janvier
1895 est maintenu tant au fond qne sur les depens.
Lausanne. -Imprimerie GBorges Bride! C;',
A. STAATSRECHTLICHE ENTSCHEIDUNGEN
AIUtETS DE DROH PUßLlC
Erster Abschnitt. -Premiere seetion.
Bundesverfassung. -Constitution ferlerale.
I. Doppelbesteuerung. -Double imposition.
15. r. 91, U rteH l)om 18. ,3uH 1895 in rsndjen
rscl)melaerifdje molf lonnr.
II. Niederlassung und Aufenthalt.
Etablissement et sejour.
87. Am?t du 10 juillet 1895 dans la cause Kämpf.
Au mois de mars 1895, Marie Kämpf a adresse un recours
au Tribunal fMeral contre un arrete d'expulsion du Departe-
ment de justice et police du canton de Vaud, des 14 janvier
et 19
fevrier 1895.
Par
arret du 18 avril 1895, le Tribunal federal astatue
comme suit:
XXI -1895
672 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
Il. Il n'est pas entre en matiere sur le recours au fond et
la re courante est renvoyee a se pourvoir d'abord devant le
Conseil d'Etat de Vaud.
Ensuite de cet arret, Marie Kämpf a recouru; le 7 mai
1895, au
Conseil d'Etat vaudois contre la decision du Depar-
tement de justice et police.
Le 11 mai 1895, elle a
ete avisee par la Prefecture du dis-
trict de Vevey que le
Conseil d'Etat avait ecarte son rücours
et maintenu l'ordonnance d'expulsion rendue contre elle.
Elle a alors recouru au Tribunal
federal contre cette deci-
sion, dont elle demande I'annulation pour les motifs suivants:
L'arrete d'expulsion pris contre elle est fonde sur le motif
qu'eUe aurait, suivant le Departement de justice
et police et
le
Conseil d'Etat vaudois, ete condamnee a 1'eiterees fois
pour delits g1'aves. 01', dit-elle, elle n'a ete condamnee qu'une
seule fois par le tribunal de police de Lausanne, le 2 juin
1893,
a la peine de trois mois de rec!l1sion pour emission de
fausse monnaie.
Cette condamnation, pour un delit relative-
ment peu grave, n'est pas une raison suffisante pour Iui re-
tirer l'autorisation de s'etablir dans le canton de Vaud. D'ail-
leurs, ajoute-t-elle, elle n'est pas une recidiviste. 01', comme
le fait observer
Salis (Droit (ederal, II, p. 51), c'est la reci-
dive de Ia part du condamne que vise l'art. 45, al. 3 de la
constitution
federale. Enfin, dit encore la recourante, elle n'a
pas
ete privee de ses droits eiviques par le jugement du
2 juin 1893. L'art. 45, al. 2 de la constitution federale ne
Iui est donc pas davantage applicable que ne l'est l'alinea 3
de cet article. Elle
soutient, en consequence, que la decision
du
Conseil d'Etat vaudois viole a son egard le droit de libre
etablissement garanti
par l'art. 45 de la constitution federale.
Le Conseil d'Etat vaudois, invite a se prononcer sur le re-
cours, s'est borne a exprimer le desir qu'il soit ecarte, pnr
le motif que la re courante aurait ete condamnee deux fOlS
pour delits graves, savoir: le 1 er novembre 1892
par le tri-
bunal de police de Lausanne, pour escroqueries,
a einq jours
de reclusion,
et le 2 juin 1893, par le meme tribunal, pour
emission de fausse monnaie,
a t1'ois mois de reclusion.
H. Niederlassung und Aufenthalt. N0 87.
Statttant sur ces aits et considerant en droit :
Le recours etant fonde sur une pretendue violation du
droit de Iibre etabliRsement garanti
par l'art. 45, const. fed.,
le Tribunal federal est competent pour en connaitre, en vertu
de)'art. 175, 3
de l'organisation judiciaire federale.
Le seul motif invoque par le Departement de justice et
police et le Conseil d'Etat vaudois, poul' justifiel' l'al'rete d'ex-
pulsion pris contre la recoul'ante, consiste dans le fait que
celle-ci a
ete condamnee delL'C fois par le tribunal de police
de Lausanne, la premiere
fois pour escroqueries a cinq jours
de reclusion
et la seconde fois pour emission de fausse mon-
naie a trois mois de la meme peine. Pour que ce motif fUt
suffisant, a tenenr de l'al't. 45, al. 3, constitution federale, il
faudrait que les denx: condamnations prononcees contre la
recourante l'aient
ete pOUl' des delits graves. Or, en admettant,
sans entrer ici en discussion
a ce sujet, que ron doive consi-
derer comme un delit grave le delit d'emission de fausse mon-
naie dont la femme Kämpf s'est rendue coupable, on ne sau-
rait, en revanche, considerer comme teIle l'escroquerie pour
laquelle elle a
ete condamnee le 1 er novembre 1892 a cinq
jours de
l'eclusion. Ainsi que le Conseil federal l'a reconnu
dans
de nombreux cas, sous l'empire de l'organisation judi-
ciaire
federale du 27 juin 1874, qui lui reservait la connais-
sance des recours en cette matiere, la question de savoir si
un
delit doit etre envisage comme delit grave dans le sens de
la constitution
federale ne doit pas etre appreciee d'apres les
distinctions prevues dans les lois penales.
La constitution
federale vise plutOt le delit grave en opposition au deIit leger
et a la simple contravention de police. (Voyez, v. Salis, Droit
(Meml, II, N° 427.) Il ne suffit pas, en particulier, pour qu'un
deUt puisse etre qualifie de grave, qu'il ait ete puni de la re-
clusion et non pas seulement de l'emprisonnement simple ou
de l'amende. Le Conseil federal et l'Assemblee federale se
sont toujours reconnu le droit d'apprecier librement la portee
du
delit dans chaque cas particulier (voyez v. Salis, Droit (e-
deral, 11, N° 428). Partant de ces principes, dont le Tribunal
federal n'a aucune raison de s'ecarter, il n'est pas possible
674 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
de considerer comme grave un delit d'escroquerie plmi de
cinq j? rs d reclusio? C'est au contraire un delit leger, en
opposItIOn a ce que I art. 45 de Ia constitution federale ap-
pelle
delit grave.
Cela etant, il s'ensuit que Ia re courante u'a pas ete con-
damnee ä. reit.erees fons .pour deIits graves, mais tout au plus
un,e senle fOlS le Ulll 1893. Cette coudamuation unique,
meme
SI on Ia consldere comme grave, ue saurait justifier le
retrait du droit d'etablissemeut,
et c'est des lors avec raisou
gue Ia recourante a vu, dans l'arrMe d'expulsion pris contre
elle, uue violation de l'art.
45 de Ia coustitution federale.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
pronouce:
Le recours
est admis et l'arrete d'expulsion du territoire
vauclo.is ris a l'egard de Marie Kämpf uee Borcard par le
conseIl d Etat du canton de Vaud, le 10 mai 1895, est declare
uul et de uuI effet.
III. Kultusfreiheit. -Liberte du culte.
88. Urteil l.'l)ln 10. uli 1895
in
C5aeften römifeftnhtljolifefte enoffel1feftaft SJJeöljltn
unh rottmann gegen m.argau. )
L :tJureft )Sefeft1u13 bom 16. S)(:obemoer 1894 at bel' megte
rungnf(l be jfnl1ton m.argau entfeftieben, baä bie dftHeften
bel' tomtleftnfatnoItfeften unb eftrift fatI)oHfeften fogenanl1ten fteien
enot n! a.ften'l I)infiefttlieft bel' wiffenfeftaftHeften m.unWeife unb
aI)fTilI)tgfe!tnboraunrenungen gfeieft ou I)aHen feien wie bie eifU
teften bel' stl: gemetnben. I (uf runb biefe (am 17. g(eieft
en
onat ub(.töterten )Sefeftlufte forberte bann bie aargauifefte t
31el)ungnbtreftton unterm 22. eoruar 1895 ben eutigen me
) Dieser Entscheid wird nur in den Erwägungen hier wiedergegeben.
III. Kultusfreiheit. No 88.
turrenten . tottmann a filrrer ber freien römifeftnfatnonfeften
enoifenfd)aft auf, lieft au ben borgefeftriebenen rüfungen 3
u
ftellen. egen bie erwüf)nten 3wei fantonaten merfügungen rieftten
fieft bie ljier in rage fommenben mefurneil1gaoen. noefj tft bie
erfte berfe'(6en aut 21. m:prU 1895, bie 3weite erft atn 7. sJJ,at
bel' eibgenöffifeften 130ft übergeben l1.lorben; tnfOll.1eit fief) allo bie
feHlen gegen ben mcgietUngnbeieft(ui3 .lom 16./17. SJeo .lemoer 1894
wenben unb auf muff)ebung benferoen aoftellen, finb fte offenoar
berf:pätet unb fann baraur nieftt eingetreten merben. :tJagegen tft
nad) ftänbigetbunbenreeftmefter 13tati , wenn aueft bel' lRefur
gegen eine m.norbnung genereller )(atur .lerj:pätet tft, berfelve boeft
gegen einnelne m.nmenbungen bel' betreffenben m.norbnung tnnert
bel' 601ägigen rtft /'noeft 3ufantg. In casu Hegt nult etne ein
a
e1ne
m.nwenbung be (egierung 6efeft(uffe .lOllt 16./17. illo
lJember 1894 bor tn bel' at tft bie m.ufforberung bom 22.
eoruar 1895 auf runb be )SefeftIuife bom 16. S)(:obem6er
1894 ergangen. ?menn alfo innert 60 agen feit bem 22. ebruar
1895 gegen bie genannte m.ufforberung mefur erWht wotben
tft, fo tft betfel6e (tI 3u1aHig 3u 6etrad)ten. i,l1un l)at bie ;)1e
fumnt eftaft, wte oemerft, 6dm ?Bunbengerteftt wei ingaoen ein
gereieftt; bte erfte betfeIben wurbe am 21. ! ri( 1895, alfo biefe
(nur biefe) tnnert bcr mefurnftift auf bie 'l3oft gege6en. 3wilr
wirb tefur 6ef(agterfeit ange6raeftt, bau biefe eifte ingabe nur
eine mefurnanme bung, nteftt aber einen meeurß barj'telle, unb ba
l)er bie DMurnftift nieftt gel1.Jil9rt 1.10rben fet; erft bie weite in
gabe rönne al reefttnförmfiefter lRefur 6etraefttet werben. 3nbe
finb biefe m.unftellungen unoegriinbet. :tJenn bie erfte ingabe
ent9äIt baniJtefur 6egel)ren unb eine ?Segrünbung benfeI6en; biefe
1ft nUll 3war fd)r lummarifeft gel)aIten unb l)at bilI)er bel' n
fttuftionnrieftter mit iReeftt bie mefurrentfeftaft au einer meI)r ein
Hii3
It
eften rörtetung i9re C5tanbnunfte aufgeforbert i inbea er
folgte biefe m.ufforberung einotg im ntereffe einer aUjeitigcn er
feftönfenben )Srl)anbfttng bel' aefte unb foUte bamit in feiner
?meife gefagt werben, baB bie aHung ber erften ingabe ü6er
I)aunt nteftt genüge, um leIbe al mefur au quaIifia
tmn
S)(:acf)
bem efagten ift anaunel)men, baB gegen bie er5tel)ungnrätHefte
m.ufforberung bOut 22. eoruat 1895 telnt3eitig anner tefuniert