853 TRIBUNAL CANTONAL JJ20.027498-211101 196 C H A M B R E D E S R E C O U R S C I V I L E
Arrêt du 15 juillet 2021
Composition : M. PELLET, président M.Sauterel et Mme Crittin Dayen, juges Greffière :Mme Logoz
Art. 148 al. 1, 239 al. 2, 321 al. 1 CPC Statuant à huis clos sur le recours interjeté par K., à [...], contre la décision rendue le 3 février 2021 par la Juge de paix du district de Lausanne dans la cause divisant R., à [...], défenderesse, d’avec Y.________, à [...], demanderesse, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal considère :
R.________ (ci-après : la défenderesse ou la recourante) est une entreprise individuelle ayant pour but la traduction de textes et dont le siège se situe à [...]. 2. Par courriel du 26 janvier 2019, la défenderesse a fait une demande d’interprète auprès de l’ASTTI pour une audience au Tribunal arbitral du sport à Lausanne. Sa requête précisait que cela concernait la date du 29 janvier et/ou 4 février 2019 pour un ou deux mandats distincts (« Tuesday, 29 January and/or 04 February 2019. 1 or 2 separate jobs »), d’une durée d’environ trois-quatre heures. Par courriel du 28 janvier 2019, la demanderesse a répondu à cette offre d’emploi. Elle a expliqué qu’elle possédait les qualifications requises et a précisé qu’elle demandait un tarif de 1'200 fr. pour ce genre de traduction. La défenderesse a le même jour envoyé à la demanderesse deux documents à des fins de préparation.
Le recours du 19 mars 2021 a été transmis au Tribunal cantonal le 13 juillet 2021. E n d r o i t : 1. 1.1Selon l’art. 319 let. a CPC, le recours est ouvert contre les décisions finales de première instance qui ne peuvent pas faire l’objet d’un appel.
Tel est le cas en l’espèce, s’agissant d’une décision finale rendue dans une cause pécuniaire dont la valeur litigieuse est inférieure à 10’000 fr. (art. 308 al. 2 CPC).
2.1A teneur de l’art. 321 CPC, le recours doit être écrit et motivé.
Les exigences de motivation du recours correspondent au moins à celles applicables à l'appel (TF 5A_247/2013 du 15 octobre 2013 consid. 3.4). Ainsi, le recourant doit expliquer en quoi son argumentation peut influer sur la solution retenue par les premiers juges (TF 4A_474/2013 du 10 mars 2014 consid. 3.1 ; TF 5A_438/2012 du 27 août 2012 consid. 2.2, in RSPC 2013 p. 29 ; TF 4A_659/2011 du 7 décembre 2011 consid. 3 et 4, in RSPC 2012 p. 128, SJ 2012 I 231). La motivation doit être suffisamment explicite pour que l'instance de recours puisse la comprendre aisément, ce qui suppose une désignation précise des passages de la décision que le recourant attaque et des pièces du dossier sur lesquelles repose sa critique (ATF 138 III 374 consid 4.3.1 ; TF
En outre, nonobstant le silence de la loi sur ce point, le recours doit contenir, sous peine d'irrecevabilité, des conclusions en annulation ou au fond (Jeandin, Commentaire romand, Code de procédure civile, Bâle 2019, 2 e éd. [ci-après : CR-CPC],., n. 5 ad art. 321 CPC), soit l'exposé de ce que la partie veut que le tribunal lui alloue dans sa décision (Tappy, CR- CPC, n. 11 ad art. 221 CPC). En particulier, le recours doit contenir des conclusions chiffrées s’agissant de conclusions pécuniaires (ATF 137 III 617 consid. 4 ; TF 4A_35/2015 du 12 juin 2015 consid. 3.2 ; TF 4A_579/2013 du 17 février 2014 consid. 4 ; CREC 11 juillet 2014/238). Si l'autorité de seconde instance peut impartir un délai au recourant pour rectifier des vices de forme, à l'instar de l'absence de signature, il ne saurait être remédié à un défaut de motivation ou à des conclusions déficientes, de tels vices n'étant pas d'ordre formel et affectant le recours de manière irréparable (CREC 23 octobre 2017/388 ; CREC 27 juin 2018/197 consid. 4.1 ; ATF 137 III 617, SJ 2012 I 373 et JdT 2014 II 187 ; Jeandin, op. cit., n. 4 ad art. 321 CPC et n. 5 ad art. 311 CPC par analogie).
2.3En l’espèce, le recourant indique recourir contre la décision finale du 3 mars 2021, notifiée aux parties sous forme de dispositif. Son écriture ne contient cependant pas de grief précis ni aucune motivation suffisante, le recourant ne discutant nullement les motifs de la décision attaquée, singulièrement l’interprétation des manifestations de volonté des parties au regard du principe de la confiance s’agissant de la rémunération convenue. De plus, cette écriture ne contient aucune conclusion chiffrée, le recourant se limitant à demander la fixation d’une nouvelle audience.
3.1Le recourant requiert la fixation d’une nouvelle audience. Il allègue qu’il n’a jamais reçu la citation à comparaître à l’audience de la Juge de paix, qu’il a été absent du bureau pendant plusieurs semaines en raison de la pandémie et qu’il est possible que le courrier ne lui ait pas été transmis, le personnel à la réception étant nouveau. 3.2Aux termes de l’art. 147 al.1 CPC, une partie est défaillante notamment lorsqu’elle omet d’accomplir un acte de procédure dans le délai prescrit. Selon l’art. 148 CPC, le tribunal peut notamment accorder un délai supplémentaire lorsque la partie défaillante en fait la requête et rend vraisemblable que le défaut ne lui est pas imputable ou n’est imputable qu’à une faute légère (al. 1). En application de l’art. 149 CPC, le tribunal donne à la partie adverse l’occasion de s’exprimer et statue sur la restitution. La requête de restitution de délai relève de la compétence du juge qui a statué (Tappy, op. cit., n. 3 ad art. 149 CPC). La faute légère vise tout comportement ou manquement qui, sans être acceptable ou excusable, n'est pas particulièrement répréhensible (TF 4A_52/2019 du 20 mars 2019 consid. 3.1). Il y a faute légère au sens de l'art. 148 al. 1 CPC par exemple en cas d'une maladie subite d'une certaine gravité qui empêche la partie de se présenter ou de prendre à temps les dispositions nécessaires (Tappy, op. cit., n. 14 ad art. 148 CPC). Le devoir procédural d'avoir à s'attendre avec une certaine vraisemblance à recevoir la notification d'un acte officiel naît avec l'ouverture d'un procès et vaut pendant toute la durée de la procédure (cf.
3.3En l’espèce, saisie de la demande de restitution contenue dans le recours, la Juge de paix a considéré que le motif invoqué ne justifiait pas la tenue d’une nouvelle audience. Considérant que le recours valait demande de motivation, il a ensuite notifié aux parties la décision motivée, qui n’a quant à elle fait l’objet d’aucun recours. La recourante invoque de prétendues difficultés organisationnelles en lien avec la crise sanitaire et le télétravail pour justifier son absence à l’audience du 3 février 2021. Sachant qu’une procédure à son encontre était en cours, la Juge de paix ayant notifié à la recourante le 10 août 2020 la demande déposée par l’intimée, puis lui ayant accordé le 26 novembre 2020 un délai de grâce supplémentaire pour déposer sa réponse, elle devait s’attendre à recevoir des actes judiciaires en lien avec cette procédure. Il lui appartenait dès lors de prendre les mesures commandées par les circonstances pour s’assurer que ces actes lui parviennent et qu’elle puisse en prendre connaissance. Selon la jurisprudence, un tel manquement ne peut être qualifié de faute légère au sens de l’art. 148 al. 1 CPC, la recourante étant au demeurant responsable des auxiliaires de la réception de son bureau chargés de prendre soin de son courrier. C’est donc à bon droit que la Juge de paix a refusé de fixer une nouvelle audience et qu’elle a rendu la décision entreprise par défaut de la partie défenderesse. 4.En définitive, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable et la décision entreprise confirmée.
11 - L’arrêt sera rendu sans frais judiciaires de deuxième instance (art. 11 TFJC [tarif des frais judiciaires civils du 28 septembre 2010 ; BLV 270.11.5]). Par ces motifs, la Chambre des recours civile du Tribunal cantonal, p r o n o n c e : I. Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. II. La décision est confirmée. III. L’arrêt, rendu sans frais judiciaires de deuxième instance, est exécutoire. Le président : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -K.________ (pour R.), -Y.. La Chambre des recours civile considère que la valeur litigieuse est inférieure à 30'000 francs. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière civile devant le Tribunal fédéral au sens des art. 72 ss LTF (loi du 17 juin
12 - 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Dans les affaires pécuniaires, le recours en matière civile n'est recevable que si la valeur litigieuse s'élève au moins à 15'000 fr. en matière de droit du travail et de droit du bail à loyer, à 30'000 fr. dans les autres cas, à moins que la contestation ne soulève une question juridique de principe (art. 74 LTF). Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la présente notification (art. 100 al. 1 LTF). Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à : -Mme la Juge de paix du district de Lausanne. La greffière :