C/10390/2016
ACJC/186/2019
du 05.02.2019 sur OTPI/620/2018 ( SDF ) , CONFIRME
Descripteurs : MESURE PROVISIONNELLE;MODIFICATION DES CIRCONSTANCES;CHANGEMENT DE RÉSIDENCE;ILLICÉITÉ
Normes : CC.179.al1; CPC.276.al1; CC.315b.al1.let2
En faitEn droitPar ces motifs RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE C/10390/2016 ACJC/186/2019 ARRÊT DE LA COUR DE JUSTICE Chambre civile du MARDI 5 FEVRIER 2019
Entre Madame A______, domiciliée c/o Monsieur B______, ______ (GE), appelante d'une ordonnance rendue par la 10ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 12 octobre 2018, comparant par Me Kathleen Hack, avocate, rue du Grand-Pont 10, case postale 5456, 1002 Lausanne (VD), en l'étude de laquelle elle fait élection de domicile, et Monsieur C______, domicilié ______ (VD), intimé, comparant par Me Magda Kulik, avocate, rue de la Rôtisserie 4, 1204 Genève, en l'étude de laquelle il fait élection de domicile.
EN FAIT
Elle produit trois pièces nouvelles, à savoir deux courriers adressés au conseil de son ex-époux les 22 et 23 octobre 2018 et un message "I______" [réseau de communication] envoyé à D______ après le 22 octobre 2018.
c. Dans sa réponse du 12 novembre 2018, C______ conclut au rejet de l'appel, avec suite de frais judiciaires et de dépens. Il verse à la procédure des échanges de messages avec D______ du 17 octobre 2018.
d. Les 22 et 30 novembre 2018, les parties ont répliqué et dupliqué, persistant chacune dans leurs conclusions respectives.
e. Par courrier du 3 décembre 2018, les parties ont été informées de ce que la cause était gardée à juger.
f. Par courrier du 5 décembre 2018, A______ a fait parvenir à la Cour un certificat d'accouchement du ______ 2018 et un courriel du club de G______ de D______ confirmant l'annulation d'un championnat auquel celle-ci devait participer en Suisse romande en décembre 2018.
g. Le 15 janvier 2019, A______ a adressé à la Cour un courriel du club de G______ de D______ du même jour, envisageant différentes dates pour des compétitions à l'étranger.
B. Les éléments suivants ressortent de la procédure :
a. A______, devenue par la suite A______, née le ______ 1975, de nationalité brésilienne, et C______, né le ______ 1977, de nationalité suisse, se sont mariés le ______ 2001 à J______ [GE].
b. Ils sont les parents de D______ et H______, nés respectivement les ______ 2005 et ______ 2006.
c. Par jugement rendu le 3 décembre 2010, le Tribunal d'arrondissement de K______ [VD] a, d'entente entre les parties, prononcé de divorce des époux et ratifié la convention des parties prévoyant notamment le maintien de l'autorité parentale conjointe sur leurs enfants, l'attribution de la garde de ceux-ci à leur mère et un droit de visite en faveur du père.
d. Dans le courant de l'année 2010, A______ s'est installée à Genève avec les enfants.
e. Le 19 avril 2016, la direction du Service de protection des mineurs (SPMi) a prononcé une clause péril retirant provisoirement à la mère la garde des enfants et le droit de déterminer leur lieu de résidence. Cette décision était fondée notamment sur le fait que les enfants étaient exposés à des disputes entre A______ et son compagnon lorsqu'un départ au Brésil était évoqué et que la mère interdisait aux enfants de parler de ce départ définitif à quiconque.
f. Le 29 avril 2016, le SPMi a rendu un rapport en préconisant le retrait du droit de A______ de déterminer le lieu de résidence des enfants, le placement de ces derniers auprès de leur mère, le dépôt immédiat de tous les documents d'identité des enfants auprès du SPMi et l'inscription de ceux-ci dans le système informatisé de police (RIPOL).
g. Par ordonnance (DTAE/2316/2016) du 12 mai 2016, le Tribunal de protection de l'adulte et de l'enfant (TPAE) a ratifié la clause péril de la direction du SPMi, et sur mesures provisionnelles, a fait interdiction à A______ d'emmener hors de Suisse ses enfants mineurs ou de déplacer leur lieu de résidence hors du canton de Genève sans l'accord préalable du TPAE, retiré à A______ le droit de déterminer le lieu de résidence des enfants, restitué la garde de fait des enfants à A______, ordonné le dépôt immédiat des documents d'identité des mineurs auprès du SPMi, ordonné au surplus l'inscription de D______ et H______ dans le système des recherches informatisées de police (RIPOL) et assorti son ordonnance de la menace des peines de l'art. 292 CP.
La direction du SPMi avait, le 19 avril 2016, retiré provisoirement le droit de déterminer le lieu de résidence et la garde des enfants à leur mère. Cette décision avait été prise à bon escient, dès lors que de grandes inquiétudes existaient quant à un départ imminent des mineurs, non préparé et non discuté avec leur père, dans un contexte où la mère traversait de lourdes difficultés sur le plan financier (absence de travail et dettes) ainsi que dans sa relation avec son compagnon, également originaire du Brésil. Au vu de ces circonstances, la décision de clause péril prononcée par le directeur adjoint du SPMi était justifiée par la nécessité impérieuse de maintenir les mineurs en Suisse.
Il y avait lieu d'admettre qu'en l'état de la procédure et au vu des déclarations opposées des parties, il existait un risque non négligeable que les mineurs soient emmenés hors de Suisse sans l'accord de leur père ou du Tribunal compétent, ce qui aurait été contraire à leur intérêt, ne serait-ce que parce que leurs relations personnelles avec leur père auraient largement été prétéritées. Il y avait ainsi lieu de prendre des mesures provisionnelles en vue de maintenir la résidence habituelle des mineurs en Suisse jusqu'au terme de la procédure que le père entendait intenter par devant le Tribunal de première instance en attribution de la garde des enfants en sa faveur. Il convenait ainsi de faire interdiction à A______ de modifier le lieu de résidence des mineurs, notamment de les emmener à l'étranger, respectivement de les y envoyer, sans l'accord préalable du Tribunal, ce jusqu'à l'issue de cette procédure, étant relevé qu'elle ne s'y était pas opposée.
h. Par décision du 1er juillet 2016, la Chambre de surveillance de la Cour de justice a rejeté le recours interjeté par A______ contre l'ordonnance du 12 mai 2016, retenant notamment qu'il était très vraisemblable que celle-ci ait eu l'intention de quitter la Suisse avec les enfants, sans l'accord du père ou du tribunal compétent. Les craintes exposées par les enfants auprès de la directrice de l'école le confirmaient. De même, le fait que A______ ait allégué, alors que cela n'était pas vrai, que les passeports brésiliens des enfants avaient été détruits était un indice corroborant sa volonté de cacher leur départ. Enfin, le fait qu'elle ait interdit aux enfants de parler d'un départ pour le Brésil confortait la thèse selon laquelle la mère, qui serait en difficultés financières, avait pour volonté de quitter la Suisse, avec les enfants et son compagnon brésilien, sans en informer C______.
i. A la date du 12 mai 2016, de très nombreux actes de défaut de bien avaient été délivrés à l'encontre de A______, qui faisait alors encore l'objet de diverses poursuites portant sur plus de 60'000 fr.
j. Le 24 mai 2016, C______ a déposé une demande en modification du jugement de divorce, avec mesures superprovisionnelles et provisionnelles, sollicitant notamment au fond que la garde de fait des enfants lui soit attribuée, qu'il soit fait interdiction à A______ d'emmener ses enfants hors de Suisse jusqu'au 31 décembre 2020 et que les documents d'identité des mineurs restent en mains du SPMi jusqu'à la même date.
k. Les noms de H______ et D______ ont été inscrits dans le système d'information SCHENGEN (SIS), selon ordonnance sur mesures super-provisionnelles du 24 mai 2016, confirmée d'accord entre les parties par ordonnance sur mesures provisionnelles du Tribunal du 5 octobre 2016.
l. L'inscription des enfants dans les bases de données RIPOL/SIS a été prolongée de manière ininterrompue par le TPAE, pour la dernière fois par décision du 16 mars 2018, avec effet au 13 avril 2019.
m. Par ordonnance du 1er février 2017, statuant sur mesures provisionnelles et d'entente entre les parties, le Tribunal a dit que dès le 1er janvier 2017, les cartes d'identité des enfants resteraient provisoirement en mains du SPMi, alors que les passeports de ceux-ci demeureraient en mains de C______.
n. Par ordonnances successives des 1er février 2017, 23 octobre 2017 et 29 mars 2018, statuant sur mesures provisionnelles et d'entente entre les parties, le Tribunal a octroyé des autorisations ponctuelles de déplacement de D______ hors de Suisse en vue de sa participation à un camp de G______ et/ou une compétition avec son club.
o. Le 26 juin 2018, statuant sur mesures provisionnelles, le Tribunal a autorisé D______ à se rendre en Espagne du 13 au 30 juillet 2018 pour un camp d'entraînement de G______ et refusé que D______ et H______ séjournent du 3 au 19 août 2018 pour des vacances en France avec leur mère.
p. Par ordonnance du 4 septembre 2018, le Tribunal a autorisé H______ à se rendre en France avec sa classe pour un camp équestre du 10 au 14 septembre 2018, moyennant remise du passeport à l'une des deux enseignantes de l'enfant. Après avoir soulevé d'office la question de l'opportunité du maintien des inscriptions dans les bases de données RIPOL et SIS/SCHENGEN, il a renvoyé cette décision à une date ultérieure, considérant notamment ne pas disposer de tous les éléments utiles pour se déterminer à ce sujet.
q. Dans l'intervalle, une expertise familiale a été établie le 29 juin 2018, de laquelle ressortent notamment les éléments suivants :
Les enfants étaient revenus sur l'histoire du départ secret au Brésil. Ils s'étaient rappelés des conséquences de la procédure engendrée par leur père, leur convocation dans leur classe pour aller voir la directrice, les entretiens au SPMi, leur arrivée dans le foyer de leur père, la rupture avec le milieu scolaire, l'interdiction de voir leur mère, la durée du séjour chez leur père et leur incertitude quant au retour chez leur mère. Les deux enfants avaient évoqué à ce sujet la honte et le malaise vécu à l'école, l'incompréhension et l'insécurité face aux adultes et aux institutions à ce moment-là. H______ avait même dit que c'était le placement chez leur père qui avait été le véritable enlèvement étant donné qu'ils n'avaient pas été prévenus de leur emménagement provisoire chez celui-ci. La coupure avec leur mère avait été très difficile à vivre. Pour D______, c'était la coupure avec son quotidien et ses habitudes qui avaient été perturbantes. L'interruption de ses cours de G______ l'avait profondément attristée. H______ ne se souvenait pas d'avoir été inquiet au sujet d'un départ précipité, mais il se rappelait cependant d'une discussion avec son père et sa compagne, aux termes de laquelle ces derniers avaient conclu à un départ au Brésil. Ils lui avaient proposé de faire un dessin. H______ y avait représenté sa famille et là, il lui avait été suggéré de dessiner un avion pour le voyage. Son père en avait conclu que ce dessin était la preuve du départ.
Selon L______, mère de C______, il n'y avait jamais eu de projet de partir au Brésil. H______ lui avait dit qu'il avait dit à son père qu'ils allaient partir au Brésil. L______ lui avait demandé si c'était vrai et l'enfant avait répondu par la négative. Pour elle, le prétendu aveu des enfants était le résultat des pressions exercées par son fils sur ces derniers en vue notamment de nuire à son ex-épouse. En raison de l'inscription des enfants dans le système des recherches informatisées de police, D______ était entravée dans ses déplacements, les enfants étaient empêchés de passer des vacances hors de la Suisse et même de venir chez elle, et la mère de D______ ne pouvait pas assister aux compétitions de sa fille à l'étranger.
La compagne de C______, M______, avait relaté le déroulement des faits ayant révélé le projet du départ au Brésil : H______ pleurait et ne parlait pas. Elle lui avait demandé si cela concernait le Brésil. H______ avait dit oui. Elle lui avait demandé si cela concernait les vacances et H______ avait répondu qu'il ne s'agissait pas de vacances. Il avait répondu positivement à la question de savoir s'il s'agissait d'un départ et avait montré une date sur le calendrier. L'enfant avait dit à son père qu'ils partaient définitivement au Brésil. D______ avait crié que c'était faux avant de s'effondrer en pleurs en disant "Maman va nous tuer". Après s'être calmée, D______ avait confirmé le projet de départ au Brésil, où la ______ [activité sportive pratiquée au sein du club de G______] était une discipline très développée selon sa mère.
La directrice de l'école des enfants avait confirmé que le 18 avril 2016, les enfants lui avait fait part de leur inquiétude par rapport à un départ au Brésil, évoquant la date du 25 avril 2016.
L'expert a relevé que C______ et M______ relataient de manière très précise et similaire le déroulement de la soirée où les enfants leur auraient confié le projet de départ de leur mère. Les enfants avaient un autre récit, plus confus, et ils s'accordaient à dire que c'était face à une énième intervention de leur père que H______ aurait dit qu'ils partaient au Brésil. Ils avaient nié devant l'expert un tel projet de départ. Du côté du père, la peur que ses enfants partent au Brésil était antérieure à 2016. Du côté de la mère, son couple était en 2016 en pleine séparation et l'ancien compagnon brésilien de A______ avait confirmé à l'expert avoir évoqué son retour au Brésil à plusieurs reprises. Selon l'expert, tous ces éléments avaient pu faire émerger chez les enfants des angoisses de perte et de séparation glissant graduellement vers une déformation de la réalité.
Le fonctionnement psychologique de A______ ne présentait pas de signe de pathologie mentale. Elle avait une bonne perception des besoins des enfants. C______ avait quant à lui un trouble de la personnalité narcissique. Il faisait preuve d'un contrôle important, se montrait exigeant et peu flexible et rencontrait, à certains moments, des difficultés à prendre conscience des besoins des autres ou encore des effets de ses propres agissements et décisions. On retrouvait également dans ce fonctionnement une manipulation de la vérité pour servir ses propres besoins.
A______ était sans emploi. Selon elle, les besoins de D______ étaient incompatibles avec un rythme de travail, dans la mesure où elle l'accompagnait plusieurs fois dans la semaine pour ses entraînements et ses compétitions.
Le nouveau compagnon de A______, B______, a également été entendu par l'expert. Il était de nationalité suisse. Il rencontrait plusieurs problèmes de santé et ne pouvait actuellement pas être soumis à l'effort ou au stress. Il s'était associé avec un ami dans le cadre d'une entreprise de , qui rencontrait de grandes difficultés financières en raison de malversations, et avait accepté de prendre en charge une entreprise de , qui avait fait faillite en 2017. Aux termes du rapport, l'expert a notamment recommandé que la question du retrait des passeports soit réexaminée car cela affectait lourdement les déplacements de D dans le cadre de ses activités sportives, et également ses besoins et ceux de sa mère car celle-ci ne pouvait pas la soutenir et l'encourager lors des compétitions. Cette décision affectait également la famille dans son organisation des vacances ou des achats usuels. D'autre part, elle affectait la mère des enfants qui se sentait jugée, ce qui permettait au père de maintenir un contrôle sur elle et les enfants. C. a. Lors de l'audience de débats d'instruction du 19 septembre 2018, A a sollicité à nouveau du Tribunal une autorisation de sortie du territoire suisse pour D______, afin que celle-ci puisse se rendre à un stage d'entraînement à E______ avec son club de G______ du 18 au 22 octobre 2018. Elle a alors déposé le planning de F______ pour D______ pour l'année 2018-2019, indiquant qu'il ne lui était pas possible d'obtenir un planning annuel pour G______ et que pour l'année scolaire 2018-2019, aucune sortie de Suisse n'était prévue pour H______, alors que pour D______, un voyage d'études était prévu du 3 au 7 juin 2019 au Portugal, tout comme un camp d'entraînement avec F______, sans qu'il soit encore possible de dire lequel des événements D______ allait choisir. A______ a en outre précisé que les autres camps d'entraînement mentionnés dans le planning auraient lieu au Tessin, ce qui n'impliquait pas obligatoirement un passage par la France ou l'Italie, puisque les parents pouvaient amener les enfants via la Suisse même si c'était plus long.
b. Dans ses écritures du 28 septembre 2018, C______ a conclu à ce que D______ soit autorisée à se rendre à E______ du 18 au 22 octobre 2018, sous la responsabilité de ses entraîneurs, et à faire son voyage d'études au Portugal du 3 au 7 juin 2019, afin de participer avec sa classe, sous la responsabilité de ses professeurs, et à ce que A______ soit déboutée de toutes autres conclusions.
c. Dans ses écritures du 3 octobre 2018, A______ a conclu à l'octroi de l'autorisation pour le déplacement de D______ en octobre, mais aussi d'une manière plus générale, à la levée des inscriptions des deux enfants dans la base de données RIPOL et SIS/SCHENGEN, et au fait que l'ordonnance à rendre par le Tribunal soit immédiatement exécutoire nonobstant recours. Elle a alors produit le programme de G______ pour l'année 2018-2019.
D. a. Dans l'ordonnance entreprise, le Tribunal a considéré que l'intérêt de D______ permettait au Tribunal d'entériner l'accord de son père et d'autoriser ses déplacements pour le camp de G______ en octobre 2018 et le voyage d'études en juin 2019.
Pour ce qui était de l'avenir, il n'y avait aucune nécessité en l'état de lever la mesure d'inscription des enfants dans les bases de données RIPOL et SIS/SCHENGEN tant que l'instruction de la cause n'était pas achevée, compte tenu de la divergence d'appréciation entre les parents sur la persistance d'un risque de départ au Brésil de la mère avec ses enfants. Les désagréments subis par les enfants du fait de cette situation apparaissaient limités au maximum, les évènements sportifs ou scolaires prévus pour chacun d'eux ayant tous pu avoir lieu jusqu'ici. Pour le surplus, le Tribunal devrait être en mesure de rendre son jugement au fond avant l'expiration de la durée de la mesure, qui avait été prolongée jusqu'au 13 avril 2019 et en tous les cas avant la fin de l'année scolaire en cours. Il apparaissait ainsi que les désagréments qui subsistaient (impossibilité pour la mère de passer des vacances à l'étranger avec ses enfants ou de rendre visite à la grand-mère paternelle des enfants résidant en France voisine notamment), s'ils ne devaient pas être minimisés, demeuraient encore proportionnés et donc supportables à tout le moins jusqu'à l'issue de la procédure de première instance.
Aussi, dans un souci d'apaisement, le Tribunal a estimé que la levée de la mesure d'inscription, qui ne s'imposait pas en l'état, pouvait être encore supportée par les parties et leurs enfants jusqu'à la reddition du jugement de première instance.
La requête de la mère était par conséquent admise s'agissant des déplacements des enfants annoncés et rejetée pour le surplus.
b. Dans son appel, A______ reproche au Tribunal d'avoir sursis au prononcé de la levée de la mesure provisionnelle d'inscription des enfants dans les bases de données RIPOL et SIS/SCHENGEN, dans la mesure où les conditions de son maintien ne sont plus remplies. Elle soutient que les circonstances qui avaient amené les tribunaux à prononcer l'inscription avaient durablement changé. Elle avait divorcé de son mari brésilien et partageait désormais la vie d'un autre homme, de nationalité suisse, très investi dans la vie des enfants. Elle était enceinte de son nouveau compagnon et devait accoucher au début du mois de ______ 2018. Sa vie était parfaitement stable en Suisse, pays dans lequel elle était intégrée depuis de nombreuses années. D______ était en outre une athlète investie qui avait des liens très forts avec la Suisse. Par ailleurs, le rapport d'expertise du 29 juin 2018 avait mis en lumière certains éléments qui conduisaient également à s'interpeller sur la justification des mesures à l'origine. Les auditions des enfants par l'expert laissaient transparaître qu'ils avaient été soumis à une pression incessante de leur père, qui les avaient contraints à faire de faux aveux. Enfin, ces inscriptions contribuaient à enliser les enfants dans le conflit parental, dès lors qu'elles rendaient compliqué chaque acte administratif. D______ était en outre contrainte de faire régulièrement 100 km de plus pour se rendre au centre d'entraînement au Tessin. Les séjours à l'étranger annoncés sur les plannings produits supposaient qu'elle reste dans la même catégorie d'athlète jusqu'à la fin de l'année scolaire, ce qui n'était pas garanti, de sorte que le chiffre 7 de l'ordonnance entreprise posait problème.
c. C______ conteste le contenu et les conclusions de l'expertise familiale. A______ était toujours criblée de dettes et l'entreprise de son nouveau compagnon était en faillite.
EN DROIT
PAR CES MOTIFS, La Chambre civile : A la forme : Déclare recevable l'appel interjeté le 25 octobre 2018 par A______ contre les chiffres 1 à 7 du dispositif de l'ordonnance OTPI/620/2018 rendue le 12 octobre 2018 par le Tribunal de première instance dans la cause C/10390/2016-10. Au fond : Confirme l'ordonnance entreprise. Déboute les parties de toutes autres conclusions. Sur les frais : Arrête les frais judiciaires de l'appel à 500 fr. et les met à la charge de A______ et de C______ par moitié chacun. Dit que les frais judiciaires en 250 fr. mis à la charge de A______ sont provisoirement supportés par l'Etat de Genève. Condamne C______ à payer 250 fr. à l'Etat de Genève. Dit que chaque partie supporte ses propres dépens d'appel. Siégeant : Madame Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE, présidente; Mesdames Nathalie LANDRY-BARTHE et Eleanor McGREGOR, juges; Madame Jessica ATHMOUNI, greffière. La présidente : Jocelyne DEVILLE-CHAVANNE
La greffière : Jessica ATHMOUNI
Indication des voies de recours : Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile, les moyens étant limités en application de l'art. 98 LTF. Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.