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14 décembre 1989
2208
Europe de l'Est. Interpellations urgentes
89.716
Dringliche Interpellation der freisinnig-demokratischen Fraktion Entwicklung in Osteuropa Interpellation urgente du groupe radical-démocratique L'évolution en Europe de l'Est
Wortlaut der Interpellation vom 28. November 1989
In den letzten Wochen und Tagen findet in Osteuropa eine ste- tig um sich greifende fundamentale Entwicklung statt, welche an historischer Bedeutung wohl nur mit der vor 50 Jahren er- folgten Zweiteilung Europas verglichen werden kann. Die Völ- ker Osteuropas brechen zu neuen Ufern auf. Dabei ist nicht zu übersehen, dass das Mass der Entwicklung in den einzelnen Staaten noch sehr unterschiedlich ist. Unsere Hoffnung auf eine baldige Durchsetzung der Menschenrechte und der de- mokratischen Grundrechte ist gross. Die Schweiz soll unter Beachtung des Selbstbestimmungsrechtes der Völker Osteu- ropas und unserer Neutralitätspolitik diese Entwicklung nicht nur mit Worten, sondern auch mit Taten unterstützen. Insbe- sondere geht es um eine effiziente Hilfe bei der Ueberwindung der in der Uebergangsphase unausweichlichen Anpassungs- schwierigkeiten.
Der Bundesrat wird eingeladen, zu folgenden Fragen Stellung zu nehmen:
Wie beurteilt der Bundesrat die Lage in Osteuropa?
Mit welchen möglichen Entwicklungen rechnet der Bundes- rat mittelfristig?
Welche Haltung soll die Schweiz gegenüber dieser neuen Lage und diesen Entwicklungen einnehmen?
Nach welchen Kriterien soll unsere Hilfe gestaltet werden?
Wie stellt sich der Bundesrat zu der häufig geäusserten Idee, Länder wie Ungarn und Polen in einer noch näher zu bestim- menden Form in die Efta zu integrieren?
Texte de l'interpellation du 28 novembre 1989
La vague de réformes fondamentales qui déferle depuis quel- ques semaines et jours en Europe de l'Est n'a d'égale du point de vue historique que la séparation de l'Europe en deux blocs qui eut lieu voici 50 ans. N'oublions pas, toutefois, que les Etats de l'Est ne découvrent pas tous en même temps les ter- res inconnues. L'espoir de voir vaincre bientôt, dans ces pays, les droits de l'homme et les principes démocratiques est très grand.
La Suisse se doit, tout en respectant le droit à l'autodétermina- tion des peuples de l'Est et le principe de la politique suisse de neutralité, de joindre le geste à la parole en apportant notam- ment un soutien efficace à ces pays qui devront surmonter les difficultés d'adaptation inhérentes à la période de transition. Le Conseil fédéral est invité à se prononcer sur les questions suivantes:
Que pense le Conseil fédéral de la situation en Europe de l'Est?
A quelle évolution à moyen terme le Conseil fédéral s'at- tend-il?
Quelle position la Suisse doit-elle adopter face à la situation nouvelle et aux récents développements?
Sur quels critères devra se fonder notre aide?
Que pense le Conseil fédéral de l'idée récurrente d'intégrer à l'AELE des pays comme la Hongrie et la Pologne, avec un sta- tut qui reste encore à définir?
Sprecher - Porte-parole: Bonny
M. Rebeaud: Étant donné l'heure déjà avancée, l'état de fati- gue avancé lui aussi, je me bornerai à quelques brefs com- mentaires aux cinq questions posées par notre interpellation. La première d'entre elles demande au Conseil fédéral s'il n'es-
time pas que la Suisse devrait s'engager davantage, sur le plan politique, dans l'aide à apporter au processus de démo- cratisation en cours dans les pays de l'Est. J'insiste sur le terme politique. Nous avons entendu parler de projets d'aide économique et également de projets tout à fait privés d'inves- tissements actuels ou futurs dans ces pays. Certains de ces projets purement économiques sont d'ailleurs relativement in- quiétants dans la mesure où ils pourraient déboucher sur une espèce de colonisation par l'achat soit d'immeubles, soit d'usines, soit de terrains dans des pays qui les vendent à bon marché et qui en seraient dépossédés de par les lois d'un li- béralisme installé trop rapidement dans des Etats qui ne con- naissent pas le fonctionnement d'une économie de marché et ne sont pas outillés pour résister à une concurrence de cette nature.
J'insiste sur le terme politique pour une autre raison aussi. Il apparaît avec une certaine évidence que l'évolution extrême- ment rapide en cours est aussi extrêmement fragile, que les pays qui, après 40 ans d'immobilisme politique, ont tout à coup affaire à un pouvoir qui se déstructure, peuvent se retrou- ver dans une situation d'anarchie, surtout en cas de difficultés économiques et dans une situation où la seule structure qui résiste du point de vue de l'organisation est l'armée. On sait ce que cela peut donner comme retour de flammes.
Il est essentiel, dans ce contexte, que des pays comme le nôtre, de tradition démocratique et pluraliste, donnent des si- gnes visibles d'un soutien public et international à toutes les forces qui, dans les pays de l'Est, oeuvrent dans le sens d'une démocratisation et du pluralisme. Notre groupe a le sentiment que la Suisse pourrait diffuser un message plus clair et pren- dre un engagement plus décidé dans ce domaine.
La deuxième question est celle de la responsabilité de la Suisse. Elle complète la première. Le Conseil fédéral ne pen- se-t-il pas que les pays neutres et le nôtre en particulier sont dans une situation privilégiée? N'étant ni membre de l'OTAN ni membre du Pacte de Varsovie, nous pourrions jouer un rôle dans l'évolution d'une Europe de l'Est qui reviendrait à l'Eu- rope centrale qu'elle constituait naguère, soit il y a une cin- quantaine d'années.
Ce que l'on peut espérer, grâce à l'évolution qui se dessine aujourd'hui (les Etats-Unis de leur côté et l'Union soviétique du sien rentrant en quelque sorte à la maison, ayant aban- donné leurs grandes ambitions impérialistes planétaires, car elles ont des problèmes intérieurs sérieux auxquels elles doi- vent se consacrer), c'est que les blocs militaires actuels puis- sent se démanteler. C'est une idée séduisante, au sujet de la- quelle tout le monde devrait être d'accord. Les pays neutres pourraient alors avoir un rôle primordial à jouer, n'ayant pas d'histoire liée à l'un ou l'autre de ces blocs militaires. Cela est valable pour la responsabilité particulière de la Suisse qui, jusqu'à maintenant, a passablement tiré parti des diverses si- tuations européennes et qui a aussi des devoirs à remplir à l'égard de la reconstitution de l'Europe historique.
La troisième question est de l'intérêt strict de la Suisse. Nous avons débattu, cette année encore, de l'angoisse qu'éprou- vent un certain nombre de partis, d'hommes politiques et de citoyens de ce pays à propos d'une marginalisation à laquelle la Suisse se trouverait plus ou moins réduite du fait de la cons- truction de la Communauté économique européenne. Notre parti est extrêmement réservé à l'égard du type d'intégration en cours actuellement à la CEE, à cause de son caractère cen- tralisateur, non pas du point de vue du pouvoir politique, mais de celui de la dynamique de la centralisation naturelle à cause des économies d'échelles et des facilités de transports liées au développement de l'économie.
Nous étions marginaux par rapport à la Communauté euro- péenne. Dans une Europe qui retrouverait ses pays de l'Est, nous deviendrions à nouveau un pays central. La Suisse pour- rait se retrouver à l'aise au coeur de l'Europe, en utilisant plus que cela n'a été le cas jusqu'à présent une institution existante qui est le Conseil de l'Europe. L'année dernière, certains affir- maient que ce conseil était fatigué, qu'il fallait l'oublier, qu'il avait perdu son dynamisme, même sa raison d'être. Dans la nouvelle évolution que connaît l'Europe, il nous faut une insti- tution qui soit apte à soutenir les pays de l'Est qui reviennent à
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la démocratie, qui ne soit pas impérialiste du point de vue éco- nomique et qui ait pour vocation de défendre le droit de ces pays à leurs différences, à leur autonomie et qui devra, dans une certaine mesure, protéger leurs particularités d'un boule- versement trop brutal de leur structure économique.
Le Conseil de l'Europe, s'il n'existait pas, devrait être inventé de toute urgence pour qu'il y ait un lieu en dehors de la Com- munauté économique européenne où toutes les forces démo- cratiques européennes puissent se concerter afin d'organiser le retour dans l'Europe démocratique des pays de l'Est.
Au cas où le Conseil fédéral partagerait tant soit peu ce point de vue - ce que j'espère - je lui demande s'il ne croit pas qu'il appartient à des pays comme le nôtre de mettre tout en oeuvre et plus visiblement qu'il ne l'a fait jusqu'à aujourd'hui de ma- nière à ce que le Conseil de l'Europe retrouve le plus vite pos- sible son importance et son prestige, à nos yeux d'abord et à ceux des autres; pour ce faire, ne devons-nous pas déclarer que nous sommes prêts à y mettre les moyens? Nous avons déjà adopté l'idée d'une augmentation de 10 pour cent de la contribution suisse, soit environ 300 000 francs. Ce n'est pas mal, mais c'est peu en regard des besoins énormes qui, dans la perspective d'une intégration politique de l'Europe à la vi- tesse où les choses évoluent, pourraient être ceux du Conseil de l'Europe s'il devait vraiment jouer ce rôle intégrateur. Ne pourrions-pas déclarer que nous sommes prêts - si cela est possible et sensé - à faire davantage du point de vue matériel aussi?
La cinquième question complète celle-ci. Elle concerne aussi la responsabilité de la Suisse. Nous savons que les pays de la Communauté européenne consacrent déjà pas mal d'argent à la construction de la Communauté, dont nous ne sommes pas membre. Du fait que nous sommes réservés à l'égard de la CEE, nous devons manifester notre vocation européenne en nous engageant en première ligne au Conseil de l'Europe, à la fois parce que nous sommes neutres, donc en dehors des pactes militaires, parce que nous avons des moyens finan- ciers que nous ne devons pas consacrer à la Communauté eu- ropéenne, et parce que nous sommes désormais au coeur de la grande Europe.
Ces responsabilités de situation de la Suisse sont aussi des responsabilités morales et politiques et il serait heureux qu'après avoir calculé habilement dans toutes les situations comment elle pouvait tirer son épingle du jeu, en ménageant à la fois ses habitudes et ses intérêts dans le commerce ex- térieur, la Suisse se sente des ailes pour prendre les devants dans ce contexte, même si elle n'est pas assurée d'en tirer à court terme des bénéfices économiques.
Hubacher: Angesichts der sehr fortgeschrittenen Zeit möchte ich mich kurz fassen.
Die Vorgänge in Osteuropa, in den Ländern der Warschauer- Pakt-Staaten, sind längst bekannt. Sie sind so sensationell, dass wir sie uns noch vor wenigen Monaten nicht hätten vor- stellen können.
Es ist uns klar, dass die Schweiz als Kleinstaat nicht eine allzu grosse, einflussreiche Rolle spielen kann. Aber es interessiert uns doch - weil das Auswirkungen auf unsere Aussenpolitik haben wird -, wie der Bundesrat die Situation, die Perspekti- ven, die Entwicklungen beurteilt.
Bei der dritten und vierten Frage gehen wir davon aus, dass die europäische Karte irgendwie neu gezeichnet wird und dass möglicherweise die Karte der neutralen Staaten eine an- dere, vielleicht auch eine stärkere Bedeutung bekommen könnte.
Wenn wir diese europäische Karte, die sich in derart dramati- scher Veränderung befindet, betrachten, dann gibt es einige Faktoren, beispielsweise die Efta, die EG und den Europäi- schen Wirtschaftsraum. Darüber werden wir morgen diskutie- ren. Auch ist vielleicht doch die Bemerkung neu, dass die EG ganz deutlich von den Efta-Staaten verlangt, sie hätten mit ei- ner Stimme zu reden. Die EG will also keine bilateralen Ab- kommen mehr. Die Efta hat für diese Stimme die nötigen Strukturen nicht, und die Frage könnte aktuell werden, ob die Schweiz innerhalb der Efta-Staaten plötzlich gewisse Souve- ränitätsrechte abtreten muss, die sie innerhalb der EG nicht
abtreten will, d. h. dass wir da in eine Clinch-Situation kommen könnten. Entweder machen wir einen Alleingang im Sinne ei- nes europäischen Andorras, oder es ist eben die Frage, ob dieser Alleingang überhaupt machbar ist, etwas vertiefter zu klären.
Wenn dies nicht möglich ist: In welcher Form müssen Parla- ment und Oeffentlichkeit verstärkt darauf vorbereitet werden, dass die bisherige, sehr erfolgreiche bilaterale Politik so nicht mehr weitergeführt werden kann?
Bei dieser Neuzeichnung der europäischen Karte - das ist der Sinn der Interpellation - spielen Osteuropa, die deutsche Frage eine Rolle, ebenso die weitere Präsenz der USA in Eu- ropa und die Situation der beiden Blöcke, Warschauer Pakt und Nato.
In diesem Zusammenhang die Frage, was es allenfalls für Per- spektiven bezüglich KSZE und Europarat gibt. Das ist das, was wir unter Frage 3 und 4 verstehen. Wieweit ergeben sich, vom Bundesrat aus betrachtet, aussenpolitische Perspekti- ven, wieweit kann sich die Schweiz einschalten und - wenn ja - auf welche Art?
Die fünfte Frage: Wir haben gestern vernommen, dass die 24 OECD-Staaten ein Hilfsprogramm für osteuropäische Staaten beschlossen haben - Polen, Ungarn, Sowjetunion usw. - und dass die Schweiz mit ihrem beantragten Beitrag von 250 Millio- nen Franken - im Vergleich zu den übrigen Staaten -recht vor- teilhaft dasteht.
Diese Vorlage werden wir vermutlich in der Frühjahrssession behandeln, der Winter wird dann vorbei sein. Gibt es nicht So- forthilfemassnahmen, die in der Kompetenz des Bundesrates oder der Hilfswerke liegen? Was wird hier getan, was ist vorge- kehrt worden?
Die letzte Frage: Ich vermute, sie gehört nicht in die Kompe- tenz des Aussenministers, sondern eher in die Kompetenz des Justizdepartementes. Aber wenn wir schon von diesen drama- tischen aussenpolitischen Veränderungen Kenntnis nehmen, müssen wir auch in kleinen Bereichen flexibler reagieren und beweisen, dass wir diesen Veränderungen Rechnung tragen wollen. Da ist die Visa-Praxis angesprochen.
Ich habe einen Artikel aus der «Frankfurter Rundschau» vor mir. Titel: «Schweizer Mauer». Die Schweiz kommt selten in ausländischen Zeitungen auf der ersten Seite zum Wort. Das war am 15. November der Fall. «Schweizer Mauer» bedeutet die sehr restriktive Visa-Praxis der Schweiz. Eine ähnliche Mel- dung ist vor zwei Wochen im «Neuen Deutschland» erschie- nen. In der euphorischen Situation und Stimmung der DDR- Bevölkerung, die heute relativ problemlos mit einem Visum ausreisen kann, wurde geschildert, wie sehr viel schwieriger es sei, als DDR-Bürgerin oder -Bürger in die Schweiz einzurei- sen. Dabei wurde die sehr restriktive Praxis unseres Landes angeprangert.
Wir kennen die Verordnung, wonach ein Visum nur erteilt wer- den darf, wenn die Bestreitung der Aufenthaltskosten gesi- chert ist. Diese Verordnung ist aus dem Jahre 1985. Ich nehme am besten ein Beispiel. Ein Basler Regisseur hat kürzlich ei- nen polnischen Kollegen zu einem Gastspiel in Basel eingela- den. Er hat das Formular der Fremdenpolizei, das im Auftrag des Bundes auszufüllen ist, bekommen und hat im letzten Mo- ment gesehen, dass er dabei war, sich für 20 000 Franken zu verbürgen, für den Fall, dass es mit dem polnischen Regisseur Schwierigkeiten geben würde.
Das ist auch in einem Rundschreiben des Eidgenössischen Justiz- und Polizeidepartement vom 10. Mai 1988 an die Poli- zeidirektionen der Kantone und an die schweizerischen Aus- landvertretungen enthalten. Es heisst darin: «Aus rechtlichen Gründen ist ein Höchstbetrag vorzusehen unter den gegebe- nen Verhältnissen, und im Hinblick auf die für Touristen gelten- den Richtwerte erachten wir einen Betrag von höchstens 20 000 Franken pro Fall als angemessen.»
Das ergibt dann die etwas negative Situation, dass, wer aus diesen Staaten - sei es Ungarn, DDR, Polen, Sowjetunion - in die Schweiz einreisen möchte und keine Einladung schweize- rischerseits hat, nicht einreisen kann oder sich über genügend Schweizerfranken ausweisen muss. Das sind mindestens 100 Franken.
Ich weiss von einem Geschäftsmann, der die Vorgänge in der
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DDR miterleben wollte und vier Tage dort verbrachte: Er hat sich geschämt, als er eine Schlange von rund 120 DDR-Bür- gern vor der Schweizer Botschaft stehen sah, die gerne ein Vi- sum bekommen hätten. Die meisten bekamen keines, weil sie die Voraussetzungen - entweder Einladung oder genügend Schweizerfranken - nicht erfüllten.
Da meinen wir, es beginnt im kleinen. Wenn sich die osteuro- päische Welt derart in Aufruhr, in Reform- und Demokratisie- rungsprozessen befindet, müssen wir in der Schweiz vielleicht entsprechend liberaler, offener, gastfreundlicher, risikofreudi- ger werden und nicht in jedem Falle auf volle Sicherheit gehen, für den Fall, dass eventuell ein derartiger Gast etwas kosten könnte.
Das war ein Detail. Es geht uns aber um die grossen Perspekti- ven. Wie sieht der Bundesrat die heutige Lage und die Per- spektiven?
Bonny: Ich begründe die Interpellation der freisinnigen Frak- tion zur Entwicklung in Osteuropa. Einleitend gestatte ich mir eine persönliche Bemerkung zu den Rahmenbedingungen, unter denen diese Aussprache stattfindet.
Ich würde meinen, es sei symptomatisch für unsere Aussen- politik, dass wir uns heute abend nach über zehn Stunden har- ter Verhandlungen in diesem Rat noch Mühe geben, uns mit dieser Problematik auseinanderzusetzen. Wir müssen ehrlich zugeben, dass wir mit dem Stellenwert unserer Aussenpolitik auch etwas Mühe haben. Ich möchte allen Kolleginnen und Kollegen, die heute abend noch zu später Stunde unentwegt ausharren, ein Kompliment machen.
Zuerst etwas zur historischen Tragweite der Entwicklung in Osteuropa. Es ist daran zu erinnern, dass an der Konferenz von Jalta im Februar 1945 Roosevelt, Stalin und Churchill die Nachkriegsordnung Europas gestaltet haben. Es kam zu einer Zweiteilung Europas, insbesondere zu einer Abgrenzung der sowjetkommunistischen Machtsphäre auf unserem Konti- nent. Man kann eigentlich sagen: Damals wurde beschlossen, dass während eines Grossteils der zweiten Hälfte unseres Jahrhunderts so etwas wie eine politische Wasserscheide ent- lang des Eisernen Vorhanges gezogen würde.
Die jüngsten Ereignisse in Polen, in Ungarn, in der DDR, in Bul- garien, aber auch die Entwicklungen in Russland selber läuten nun das Ende dieser Nachkriegsordnung ein. Innert weniger Wochen erleben wir fundamentale Umwälzungen. Die Völker Osteuropas brechen zu neuen Ufern auf, zum Ufer der Frei- heit, zu den Ufern der Menschenrechte und der demokrati- schen Selbstbestimmung. Der Freiheitswille der Menschen in Osteuropa hat sich nach langen Jahren der Entbehrung ge- gen die Unterdrückung in ihren Polizeistaaten durchsetzen können; das ist eigentlich die tiefe Bedeutung dieser Vor- gänge.
Ich stimme Herrn Hubacher zu. Er sagte, was hier geschehe, sei sensationell; ich wollte meinerseits sagen, es sei aufsehen- erregend. Aber was eigentlich noch aufsehenerregender ist als das, was geschieht, ist die Art und Weise, wie es geschieht: nämlich bis jetzt praktisch ohne Tote, ohne Gewaltanwendun- gen. Ich glaube, der Albtraum, den wir alle hatten - denken Sie zurück an 1956 (Ungarn) oder an 1968 (Tschechoslowakei) -, nämlich ohnmächtig zuschauen zu müssen, was in diesen Ländern passierte und bloss noch die Faust im Sack machen zu können, scheint diesmal glücklicherweise nicht stattzufin- den.
Eine zweite Konklusion ergibt sich aus einer historischen Be- trachtungsweise: Nach 40 Jahren kommunistischer Heilslehre in den Oststaaten, ja sogar nach 70 Jahren in Russland, ist der Kommunismus heute bankrott. Nach unzähligen Fünfjahres- plänen ist die sozialistische Planungs- und Staatswirtschaft in allen Staaten Osteuropas praktisch am Ende. Die Menschen dort haben das Regime und dessen Wirtschaftssystem satt, ein Regime und ein Wirtschaftssystem, die ihnen über Genera- tionen nichts als Entbehrungen und ein menschenunwürdi- ges Dasein gebracht haben.
Wenn ich das sage, dann geschieht das nicht aus einem Ge- fühl der Selbstgerechtigkeit heraus. Wir sind uns dabei in Westeuropa und in der Schweiz durchaus bewusst, dass auch bei uns nicht alles zum besten bestellt ist.
Was bedeutet nun diese Entwicklung für Europa? In den letz- ten 40 Jahren hatten wir ein System, das durch Stabilität ge- kennzeichnet war und im Osten durch wenig Freiheit. Neuer- dings gibt es nun eine Entwicklung, in der mehr Freiheit zum Tragen kommt, aber vielleicht besteht die Gefahr einer Desta- bilisierung in diesem Kontinent. Die Hoffnungen - und darüber sind wir glücklich - sind gewachsen, aber auch die Risiken ha- ben zugenommen. In Ländern wie in Polen, Ungarn und - ich wage es zu sagen - auch in der DDR, trotz der Präsenz von im- mer noch Hunderttausenden von russischen Soldaten, dürfte mit zunehmendem Zeitablauf die Gefahr eines Rückfalls in die Repression doch abnehmen. Die Machthaber und deren Par- teien - soweit sie überhaupt noch am Ruder sind - haben dort zurzeit genug mit sich selber zu tun.
Das Risiko ist vermutlich grösser in der UdSSR selber, und das aus drei Gründen:
Erstens einmal - ich sage das bewusst am Anfang - wird in der UdSSR je länger, je mehr das Nationalitätenproblem, das die russische Geschichte schon immer gekennzeichnet hat, spür- bar und virulent. Denken Sie an den baltischen Raum, denken Sie aber auch an den südrussischen Raum. Eine Belastung und eine gewisse Gefahr liegen natürlich auch im starken Wachstum der islamischen Bevölkerung in Russland.
Ein zweiter Risikofaktor ist die nach wie vor schlechte Versor- gungslage des russischen Volkes. Wenn Sie Kontakt haben mit Leuten, die seit Jahren diese Wirklichkeit in Russland haut- nah miterleben, dann spürt man immer wieder, wie schlecht die Stimmung im russischen Volk ist. Man anerkennt zwar die Anstrengungen von Gorbatschow in Richtung einer gewissen Liberalisierung. Aber dann kommt sogleich auch der Vorwurf, dass all die Versprechen im Konsumbereich, die Gorbatschow seit 1985 abgegeben hat, bis jetzt nicht zum Tragen gekom- men sind. Gorbatschow hat die Perestroika damals nicht zu- letzt mit dem Versprechen eines besseren Lebensstandards für sein Volk lanciert.
Der dritte Risikofaktor ist, dass gewisse Machtstrukturen in Russland immer noch intakt sind. Dabei denke ich insbeson- dere an die Nomenklatura, an das Heer von russischen Partei-, Staats- und Armeefunktionären, die von einer jedem demokra- tischen Verständnis hohnsprechenden Privilegierung profitie- ren. Diese Privilegierung sehen die Apparatschiks nun gefähr- det, und gerade von hier aus könnte Gorbatschow und seinem Reformkurs, den wir begrüssen, Gefahr drohen.
Der Reformprozess in Osteuropa könnte aber noch von einer ganz anderen Seite gefährdet werden, dann nämlich - ich zi- tiere «Die Zeit» -, «wenn die Westdeutschen allzu forsch auf die Wiedervereinigung losmarschieren sollten». Eine Machtbal- lung im Zentrum von Europa erweckt bei vielen Europäern im Osten und im Westen nicht nur gute Gefühle. Das ist nicht ein Votum gegen die Deutschen. Ich erinnere an das bekannte Wort von Richard von Weizsäcker, dem deutschen Bundes- präsidenten, der einmal gesagt hat, dass die deutsche Ge- schichte noch nie den Deutschen allein gehört habe.
Wie soll sich nun die Schweiz angesichts dieser wirklich sen- sationellen Entwicklung verhalten? Es ist ganz klar, dass diese uns nicht gleichgültig lassen kann. Wir gehen einen Schritt weiter: Sie verlangt auch, dass wir handeln. Dabei möchte ich unterscheiden zwischen Aktivsein und Aktivismus. Das erste befürworten wir. Wir lehnen aber irgendwelchen Aktivismus der Schweiz ins Blaue hinaus ab.
Wir meinen, dass sich unser Handeln an zwei Fixpunkten zu orientieren haben wird, die zugleich gewährleisten, dass es zu keinen Konflikten mit unserer Neutralitätspolitik kommt.
Der erste Fixpunkt schweizerischen Handelns in dieser Lage ist die Durchsetzung der Menschenrechte in Osteuropa. Ge- rade hier hat die Schweiz eine grosse Chance und zugleich auch eine grosse Verantwortung. Dabei denken wir ganz be- sonders an die Stellung und das Handeln der Schweiz im Rah- men der KSZE-Konferenz. Es scheint uns, dass man in der KSZE die Möglichkeit wahrnehmen sollte, den politischen Wandlungsprozess in Osteuropa durch zusätzliche Verein- barungen abzusichern.
Der zweite Fixpunkt unseres Handelns besteht in der Respek- tierung des Selbstbestimmungsrechtes der Völker in Osteu- ropa. Europapolitisch ist das wohl die primäre Legitimation für
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alle weiteren Schritte, nicht nur unseres Landes, sondern vor allem auch von EG, Efta und Europarat.
Dabei möchte ich klar sagen, dass wir, gerade wenn wir dieses Prinzip der Selbstbestimmung beachten wollen, den Völkern Osteuropas nicht unsere Wunschvorstellungen suggerieren dürfen. Wir haben ihre selbstgewählten und selbstbestimmten Optionen zu berücksichtigen.
Noch einige Worte zur praktischen Hilfe der Schweiz an Osteu- ropa. Ich möchte hier vor allem zwei Prioritäten - das ist meine persönliche Ueberzeugung, aber auch jene meiner Fraktion - in den Vordergrund stellen:
Wir sollten einmal eine wirklich grosszügige Hilfe in Form ei- nes Programms gewähren, zum Beispiel für polnische und un- garische, aber auch für ostdeutsche Studenten, damit sie an unseren Hochschulen auf eine kommende Wirtschaft in Ost- europa vorbereitet werden, die dann im internationalen Wett- bewerb auch wirklich konkurrenzfähig sein muss. Hier haben wir von der Schweiz aus wirklich etwas zu bieten.
Das zweite ist das, dass sich unsere materielle Hilfe vor allem auf Investitionsgüter ausrichten sollte, damit die immer noch schwache Infrastruktur in den osteuropäischen Staaten ver- bessert werden kann.
Wir müssen uns bewusst sein: Wir können dort nicht einfach durch Lieferungen von High Technology eine echte Verbesse- rung bewirken. Eine Wirtschaft kann sich erst weiterent- wickeln, wenn sie sich auf eine gesunde Basis und Infrastruk- tur mit entsprechendem Know-how abstützen kann.
In diesem Zusammenhang möchte ich mir noch ein paar Worte zur letzten Frage in unserer Interpellation - hinsichtlich einer allfälligen Aufnahme von Ungarn und Polen in die Efta - erlauben. Wir meinen, diese Frage sei noch zu früh gestellt. Wenn ich ironisch wäre, würde ich sagen, dass wir diesen bei- den Ländern nicht auch noch die schwerwiegenden Pro- bleme, die zurzeit die Efta belasten, aufbürden sollten. Wir hel- fen diesen Ländern - da denke ich jetzt nicht nur an Polen und Ungarn - besser, wenn wir gezielte Massnahmen ergreifen: so, wie ich es vorhin skizziert habe. Diese zwei Prioritäten sind natürlich unvollständig und wären noch zu ergänzen.
Vom Bundesrat erwarten wir jetzt - deshalb hat die freisinnige Fraktion auch generelle Fragen gestellt - klare Signale in die- ser Sache. Denn er trägt in erster Linie die Verantwortung für unsere Aussenpolitik. Wir verlangen von ihm eine klare Lage- beurteilung. Wir verlangen von ihm aber auch klare Auskunft über das Verhalten unseres Landes in dieser Phase, die für den europäischen Kontinent von schicksalhafter Bedeutung ist.
M. Felber, conseiller fédéral: Il se trouve que la discussion au sujet de cette interpellation - même si elle est mal placée dans l'heure, le soir tard, et comme d'habitude, lorsqu'il s'agit d'un problème urgent qui nous préoccupe tous les jours et dont les données sont modifées tous les jours - cette discussion donc tombe relativement bien puisque j'étais encore hier, au nom du Conseil fédéral, à la réunion du groupe des Vingt-quatre qui s'est précisément occupé de la politique que les pays démocratiques occidentaux devraient mettre en marche et définir pour venir en aide aux pays d'Europe centrale et d'Eu- rope de l'Est désirant modifier leurs structures politiques et économiques.
Je répondrai aux trois interpellations et j'essaierai d'intercaler dans ma réponse très générale et peut-être très politique, dans le sens de la politique étrangère, des réponses plus précises aux quelques questions qui m'ont été posées par les interpellateurs. Mais, je tiens au nom du Conseil fédéral à vous remercier de nous donner déjà l'occasion de prendre position, étant persuadé que le débat qui aura lieu au mois de mars pro- chain sera très étoffé et intéressant.
D'une manière générale, nous devons souligner que l'accé- lération des événements, qui se déroulent en Europe orientale et centrale depuis quelques mois, revêt véritablement - même si on l'a beaucoup écrit et déclaré, cela reste une constante - une portée historique réelle et profonde. La liberté est une va- leur - nous l'avons mesuré lors des derniers événements dans chacun de ces pays - indivisible. Elle s'exprime avec force dès le moment où l'on cesse de la restreindre, où on laisse à ceux
qui veulent l'apporter le droit de l'exprimer. Cependant, ce qui nous a sans doute tous profondément non pas choques mais surpris, c'est le déroulement calme, discipliné et pacifique, des manifestations au cours desquelles des populations de plusieurs millions d'habitants ont manifesté leurs aspirations. Le réveil de presque tous les pays d'Europe centrale après quarante ans de silence, après quarante ans de gel politique et économique, nous interpelle ainsi que l'Occident dans son ensemble.
J'aimerais vous faire part d'une opinion tout à fait personnelle qui est un sentiment que j'ai ressenti hier: représentant le Con- seil fédéral et la Suisse à cette réunion des 24 ministres des pays qui sont prêts à aider et à soutenir les réformes des pays d'Europe centrale et d'Europe de l'Est, j'ai le sentiment d'une très profonde modestie. Aucun des ministres présents, s'agis- sait-il du Secrétaire d'Etat américain Baker, du Japonais Na- kayama, personne parmi tous les représentants des pays d'Europe, n'avait de recette, personne n'avait de réponse; chacun simplement se disait profondément interpellé et an- nonçait la volonté de son pays de participer à la transformation des structures de cette moitié de l'Europe avec laquelle nous retrouvions soudain un dialogue réel direct, immédiat. En Eu- rope centrale, les partisans des réformes réclament au pre- mier chef un changement radical des conditions politiques, économiques et sociales à l'intérieur de leur pays dans le sens d'une plus grande liberté personnelle, d'un libre exercice démocratique.
Cela peut paraître ridicule, je le dirai néanmoins: ces revendi- cations s'appuient expressément sur ce que depuis quinze ans nous négocions dans le cadre de la Conférence sur la coopération et la sécurité en Europe, sur ce que, année après année, conférence après conférence, réunion spécialisée après réunion, les gouvernements communistes de ces Etats ont accepté d'avaliser et de signer. La Charte 77 en Tchécoslo- vaquie est l'émanation directe de ce qui a été accepté par la Tchécoslovaquie en 1977 lors de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. Certes, et nous ne sommes pas dupes, le dynamisme des économies occidentales a sans au- cun doute exercé également une influence prépondérante sur les responsables des économies planifiées des pays de l'Eu- rope de l'Est. Il est important de se rappeler, lorsqu'on traite l'ensemble du problème, que certains pays ont évolué vers un nouveau régime à travers les autorités traditionnelles. C'est le cas de la Hongrie où c'est le parti au pouvoir qui a admis l'im- possibilité de poursuivre un développement national à travers des règles qui ne correspondaient pas aux possibilités réelles du pays et qui n'étaient pas compatibles avec les échanges internationaux.
La personnalité du président Gorbatchev, sa vision des rela- tions Est-Ouest et son dynamisme ont aussi contribué à déter- miner et à favoriser l'évolution actuelle. Ces changements ont une influence évidente sur les relations internationales en Eu- rope et entre les grandes puissances. Et nous donnons parfai- tement raison au porte-parole du groupe radical, M. Bonny, lorsqu'il nous dit qu'il y a sans doute devant nous un problème important qui est celui de l'évolution de la situation en Union soviétique.
L'ensemble du monde démocratique souhaite simplement que les efforts actuellement en cours ne permettent plus aux traditions communistes, extrémistes et fermées de revenir à une conception de l'Etat et de l'économie, qui est totalement dépassée et dont on doit mesurer l'échec. Nous en sommes là, Monsieur Bonny, c'est-à-dire à imaginer simplement que l'appui doit être suffisant pour qu'il n'y ait pas de retour. Il est évident qu'aujourd'hui personne, sinon les Etats-Unis d'Amérique à travers des accords particuliers, ne peut songer à apporter un secours immédiat, important et définitif à l'Union soviétique.
La transition de l'Europe de l'Est et de l'Europe centrale vers la démocratie et le pluralisme contribue déjà à combler le fossé qui a divisé le continent pendant une quarantaine d'années. En tant que phénomène politique, et peut-être psychologique, la guerre froide est maintenant dépassée, les chefs des deux superpuissances, le président des Etats-Unis et celui de l'Union soviétique l'ont encore décidé à Malte. Nous avons
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l'impression, en écoutant les parlementaires d'Europe cen- trale, que nous entrons enfin dans une période d'après-guerre, celle qui va nous permettre d'établir la paix. Jour après jour, nous voyons changer les structures, les acteurs de la scène po- litique, ce qui -vous me permettrez de le dire très égoïstement- ne facilite pas notre tâche, puisque nous n'avons jamais, à quel- ques semaines de distance, le même interlocuteur en face de nous dans ces pays dont nous nous occupons.
Cependant, tout reste à faire. Lorsque nous entendons le ministre des Affaires étrangères de Pologne s'exprimer devant ses collègues des 24 pays réunis à Bruxelles hier, sur l'effort que le nouveau gouvernement démocratique polonais est prêt à exiger de sa population, il y a de quoi trembler. Cet effort, c'est le chômage assuré pour plusieurs millions de person- nes, la baisse du revenu des Polonais de 20 à 30 pour cent, l'augmentation des prix de toutes les matières premières et de tous les biens de consommation. Cet homme, porte-parole d'un gouvernement, nous dit être certain que si nous l'aidons, la population de son pays acceptera cet effort. Mais nous avons le devoir de nous dire que cet effort ne sera pas sup- porté pendant deux ou trois ans; il le sera pendant quelques mois, peut-être un an. En même temps, ce gouvernement sait pertinemment que les restructurations de son système écono- mique dureront au minimum de six à dix ans.
Voilà pourquoi nous devons - et là nous tombons d'accord avec les interpellateurs - être particulièrement souples dans l'aide que nous allons accorder, de manière à répondre exac- tement, au bon moment et rapidement, aux appels qui nous seront faits. Nous devons, sur le plan politique - c'est une pre- mière réponse aux interpellateurs, notamment à M. Rebeaud - assurer, par notre appui, le développement continu de la démocratie. Il est vrai, M. Hubacher en a également parlé, que les neutres seront peut-être davantage que les autres mis à contribution dans ce secteur particulier de l'établissement des structures démocratiques, de comparaison des législations, de modification des constitutions. On nous l'a déjà demandé, nous avons déjà déclaré que nous étions prêts à répondre à ces besoins. Nous devrons aider à conjuguer liberté et, chose absolument inconcevable jusqu'il y a quelques mois, respon- sabilité individuelle. Il n'y avait pas une telle responsabilité dans ces Etats, où tout était pris en charge, plutôt mal que bien, par l'Etat central et par un parti unique. Il faudra aider à instaurer une véritable économie de marché.
J'aimerais préciser à ce sujet que la Suisse, pas plus qu'aucun des Vingt-quatre, ne tient, lorsque nous parlons d'instauration d'un régime d'économie de marché, à dicter les détails qui se- ront les règles sociales accompagnant cette économie de marché, mais bien à structurer cette économie de manière à favoriser les échanges, économiques en particulier, entre les pays d'Europe centrale et les autres. Aujourd'hui, encore et déjà, les ministres de Hongrie et de Pologne nous accusent en disant: «Nous ne sommes plus un pays à économie planifiée et vous ne l'avez pas encore compris, et vous n'avez pas en- core favorisé les échanges économiques.» Ils s'adressaient hier à tous leurs collègues et nous les avons entendus.
Il nous paraît dès lors important de traiter le dossier de l'inté- gration et celui de l'Europe de l'Est chacun selon ses exigen- ces et ses contraintes, ce qui ne nous dispense pas de pren- dre en considération l'interaction existant entre les deux dos- siers, intégration d'une part, appui à l'Europe de l'Est d'autre part.
Vu les récents développements intervenus dans les pays de l'Est, on peut s'attendre certainement à une accélération du processus d'intégration à l'ouest.
Parce qu'il faudra, disons-le, un Occident bien structuré et fort, quelle que soit la position de la Suisse dans l'Europe de l'Quest, pour répondre aux besoins énormes de l'Europe cen- trale. Si nous voulons éviter une marginalisation de notre pays, nous devons donc continuer notre effort dans les deux direc- tions.
Par ailleurs, des transformations aussi rapides et profondes peuvent être génératrices d'instabilité, d'insécurité, voire de danger. Vous n'êtes pas dupes, Mesdames et Messieurs, vous lisez les journaux, vous écoutez les nouvelles. Nous avons nos sources d'information. Elles sont probablement les
mêmes que celles de la presse et nous pouvons tous perce- voir que, dans les gouvernements occidentaux, même en no- tre for intérieur, cette désintégration de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est ne va pas sans soulever quelques questions fondamentales quant à la stabilité et à la sécurité en Europe. Les derniers développements en Allemagne, la nouvelle ac- tualité de la question allemande nous rappellent bien l'impor- tance et l'obligation d'une évaluation prudente du processus actuel de changement. Je n'ai rencontré aucun de mes col- lègues - et j'ai eu l'occasion d'en voir beaucoup ces dernières semaines - qui ait un autre jugement.
L'évolution de l'Europe orientale et de l'Europe centrale soulève à moyen terme aussi le problème de la création de structures pour l'ensemble de notre continent. Elle pose la question de notre rôle à venir dans un monde qui sera multipo- laire et qui sera peut-être - et nous n'y sommes pas habitués - désidéologisé. Il n'y aura certainement pas de solution miracle ou de grand dessein. Tout est actuellement fluide, je l'avoue, aussi bien à l'Ouest qu'à l'Est; à l'Est qui prend naissance, qui embrasse la liberté et qui voit tout s'ouvrir; à l'Ouest qui a été surpris par les derniers événements.
Nous devons nous faire à l'idée d'une Europe aux structures beaucoup plus complexes qu'elles ne l'étaient jusqu'à au- jourd'hui et nous devons chercher des solutions adéquates. Il est vrai que dans vos interpellations vous nous avez posé les questions essentielles que nous nous posons également. Nous ne pourrons imposer ni programmes ni images, nous ne pouvons pas exporter la solution helvétique dans des Etats qui retrouvent une ancienne tradition démocratique, celle d'avant le régime socialiste qui les a menés jusqu'à aujourd'hui de- puis la fin de la guerre. Ils retrouveront très naturellement la démocratie parlementaire. Nous n'allons pas automatique- ment condamner ce choix; c'est leur histoire et ce sera leur choix.
Je puis vous assurer cependant qu'ils sont intéressés - et c'est une des préoccupations de MM. Rebeaud et Hubacher - par notre approche de la démocratie, pas nécessairement par no- tre modèle de démocratie qui n'est pas applicable dans un pays unitaire, mais par notre respect des structures démocrati- ques, par le pouvoir des parlements, par le moyen d'amener devant le peuple un certain nombre de problèmes et de les discuter. Cela les intéresse et tous ces Etats sont avides de nos expériences, comme ils le sont de celles des autres Etats démocratiques européens.
Nous considérons que la CSCE, au sein de laquelle nous les avons déjà côtoyés, rencontrés, dans le cadre de laquelle nous avons eu l'occasion de leur parler, restera aujourd'hui un forum important. Ce n'est probablement pas par hasard que M. Gorbatchev a souhaité une prochaine conférence plénière au sommet de la CSCE. C'est la seule instance qui réunit 35 Etats, dont les Etats-Unis, le Canada et l'ensemble des pays du continent européen.
Nous tenons simplement à souligner que nous sommes per- suadés que l'Occident a un rôle primordial à jouer et nous croyons aussi que nous pourrons le jouer en Europe, dans le cadre du Conseil de l'Europe qui est la pierre de touche et me- sure exactement la volonté de démocratisation d'un Etat. Pour être membre de ce conseil, il faut avoir instauré une démocra- tie pluraliste, il faut s'engager à respecter la Convention euro- péenne des droits de l'homme, et il faut reconnaître la pri- mauté du droit. Ces trois règles du Conseil de l'Europe sont probablement fondamentales. Nous le disons, nous Suisses, lorsque ces Etats auront franchi le seuil du Conseil de l'Eu- rope, nous avons la conviction qu'ils auront rejoint les Etats démocratiques, même s'ils n'ont pas encore passé par toutes les épreuves économiques qui les attendent.
Dans le domaine économique, une responsabilité particulière incombera sans doute à la Communauté de même qu'à l'AELE, mais également à l'OCDE et au groupe des Vingt-qua- tre. En effet, si l'évolution de la situation en Europe de l'Est est réjouissante sur le plan politique, elle s'est considérablement détériorée ces derniers temps sur le plan économique.
Les nuances sont importantes d'un pays à l'autre mais, dans son ensemble, l'Europe centrale est confrontée aujourd'hui à de très sérieux problèmes de balance de paiements, à une
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Osteuropa. Dringliche Interpellationen
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accélération de son endettement. La Pologne est redevable de plusieurs dizaines de milliards de dollars de dette. Elle ne peut faire face à aucune échéance. Ces pays sont aux prises avec l'inflation, soit 800 pour cent en Pologne cette année. Face à la démonétisation, le fonds de stabilisation auquel la Suisse a décidé de participer est absolument indispensable. Il s'agit de permettre à ces pays, s'ils veulent entrer dans une nouvelle structure économique et participer, à travers leur éco- nomie privée ou mixte, à des échanges commerciaux interna- tionaux ouverts, d'avoir une monnaie convertible. Ils ne peu- vent pas continuer de traiter en monnaie forte et en devises étrangères. C'est la raison de la création d'un fonds de stabili- sation qui devrait permettre à la monnaie polonaise d'acquérir la qualité de convertibilité absolument indispensable. C'est in- dispensable parce qu'il faut savoir que, dans un pays dans lequel on ne pouvait rien acheter parce que rien n'était dispo- nible, les réserves d'épargne sont considérables, mais rien n'est disponible pour cette épargne. Dans le cas de change- ment de structures économiques, la valeur de cette épargne pourrait tomber à zéro et ce sera le drame le plus atroce d'une population qui se retrouvera sans aucun appui social supplé- mentaire puisque tout est à constituer, sans même avoir le bénéfice des souffrances qu'elle a endurées pendant des di- zaines d'années et qu'elle a simplement traduites par une cer- taine épargne qui lui permettrait, un jour, d'obtenir quelque chose de mieux.
Ces pays sont aussi confrontés à la fuite de capitaux et à une désorganisation administrative totale. C'est dans ces domai- nes que des actions multilatérales et bilatérales coordonnées sont nécessaires. La Suisse tente de conduire une politique étrangère active. Nous avons pour tâche de diminuer autant que possible la probabilité d'un contrecoup. Pour cette raison aussi, l'aide à l'Europe orientale a été un thème central des entretiens que nous avons eus personnellement - et, depuis quelques mois, c'est toujours le cas - avec mes homologues de l'Autriche, de la Suède et de la Finlande, tous pays neutres. Nous avons convenu qu'une bonne coordination entre nous permettrait de mieux assumer et assurer nos responsabilités. Un certain nombre d'appels nous ont déjà été lancés en notre qualité de pays neutre, en dehors même des deux pays que nous aidons actuellement; nous y reviendrons dans un pro- chain débat. Je le répète, pour nous, le Conseil de l'Europe garde son importance et il est vraiment la mesure de la volonté de restructuration.
Vous savez que nous n'avons pas non plus fermé la porte aux autres. Ce sera peut-être le drame du monde occidental que de devoir répondre en même temps à tous les besoins, non seulement à ceux de la Pologne et de la Hongrie, mais à ceux des autres Etats. Hier, les Vingt-quatre ont accepté d'ajouter à leur déclaration finale qu'il n'y avait pas que la Pologne et la Hongrie mais aussi, sans doute, l'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie et la Yougoslavie. Qui sait, peut- être un jour d'autres!
Nous demeurons fidèles à cette idée que nous devons être souples et solidaires, et que nous pouvons aider dans la me- sure de nos moyens. Nous rappelons que l'appui à l'Union so- viétique prend une échelle totalement différente, que ce pays ne nous a pas fait d'appel particulier - il faut le souligner - mais que, cependant, par plusieurs visites, il s'est intéressé à ce que nous pouvons lui offrir dans toute espèce de domaines techniques, qu'il s'agisse de techniques législatives ou consti- tutionnelles ou de législation concernant l'économie de marché.
Quant à l'AELE, nous pensons qu'elle peut effectivement jouer un rôle important dans le processus de rapprochement éco- nomique entre l'Est et l'Ouest européen. Cette question fait l'objet d'une réflexion au sein des pays-membres de l'AELE. A cet égard, la Hongrie, la Pologne, l'URSS ont déjà clairement fait connaître leur désir de renforcer leur collaboration avec cette institution. Mais force est de constater qu'une intégration pure et simple, aujourd'hui, de la Hongrie ou de la Pologne dans l'AELE, en tant que membre, ne nous paraît pas réalisa- ble. Il faut être très clair à ce sujet. Le système économique de ces deux pays ne peut pas répondre aujourd'hui aux exigen- ces des économies de marché des pays-membres de cette
association. Cette intégration se réalisera, nous ne la redou- tons pas, mais elle devra nécessairement se faire par étapes. Il est certain que les pays de l'AELE seront prêts à signer, avant même la possibilité d'une intégration, toute espèce d'accords particuliers, voire des accords d'association qui pourraient fa- voriser le développement des économies des pays d'Europe centrale.
J'aimerais simplement terminer mon intervention en vous re- merciant de m'avoir donné l'occasion de la faire. Il est vrai qu'au mois de mars ce sera déjà trop tard; à ce moment-là, on discutera du problème financier. Si nous avons inscrit, avec les 23 autres pays du groupe des Vingt-quatre, notre aide aux pays d'Europe centrale et d'Europe de l'Est dans le cadre de ce groupe, avec la coordination de la Commission des Com- munautés, cela ne signifie nullement que l'aide suisse ne sera pas traduite en tant qu'aide nationale définie. La Communauté ne joue que le rôle de coordinateur. Cela a été très précisé- ment répété hier. La Commission des Communautés notam- ment sait pertinemment que cette tâche de coordination sera considérable. Aucun des 24 pays, dont les ministres des affai- res étrangères se sont exprimés hier, n'a l'intention de renon- cer à son aide nationale particulière. Simplement, nous avons décidé de confier à la Commission des Communautés ce rôle de coordination. Elle va enregistrer nos projets, répertorier les demandes qui viendront d'Europe centrale et elle pourra répondre en tout temps à nos questions qui pourraient être très simples. Il s'agirait d'imaginer le démarrage d'un pro- gramme particulier. Il est tout de même intéressant pour nous de nous adresser à un bureau particulier de la commission pour savoir si un programme est déjà envisagé et mis en route par un autre pays ou si, au contraire, nous pouvons en entre- prendre un, si notre programme vient en appui de celui d'un pays voisin ou si, au contraire, il est le premier à ouvrir une brèche.
Nous allons insister à l'échelon suisse, en dehors des aides économiques et financières indispensables et importantes, comme tous les autres pays - nous n'avons rien inventé - sur la formation professionnelle. Peut-être devrons-nous nous en- gager davantage dans le cadre de la formation profession- nelle à l'échelon moyen et universitaire - tout le monde est d'accord pour accueillir des universitaires, nous aussi - à l'échelon des contremaîtres, des comptables, des petits ges- tionnaires de projets. C'est un élément.
Nous allons insister, nous sommes moins nombreux que je ne le souhaitais, sur le transfert de savoir-faire et de technologie, en particulier dans le domaine de la protection de l'environne- ment et de sa législation. Nous sommes là très proches des pays scandinaves qui partagent le même point de vue et qui soutiennent le même type d'efforts. Hier, j'ai constaté très mo- destement que dans le vaste catalogue des premières inten- tions des Etats, nous étions avec la Finlande, la Suède, en par- ticulier, ceux qui offraient spontanément et plus directement une aide dans ce secteur indispensable aux pays de l'Europe centrale et de l'Est.
J'ai largement débordé du cadre de la réponse écrite à la- quelle m'avait autorisé le Conseil fédéral, mais je suis per- suadé que j'ai tenté ainsi de répondre à certaines de vos préoccupations et, encore une fois, je vous remercie de nous aider à répondre aux besoins exprimés, à ces besoins qui ne seront pas faciles à satisfaire, mais surtout à nous aider à répondre au courage de ceux qui s'apprêtent à transformer leur Etat. (Applaudissements)
Diskussion - Discussion
M. Grassi: Je vous remercie, Monsieur le Conseiller fédéral, de votre réponse, au moins partielle, à ma question ordinaire urgente. Ce que nous avons vécu ces derniers mois et que vous avez si bien décrit dans votre introduction, Monsieur le Conseiller fédéral, c'est certainement quelque chose que je n'hésite pas à définir de prodigieux. Nous assistons à un monde, ou plutôt à un système qui s'écroule et, sur ses débris, on cherche à construire une nouvelle société, une société démocratique libre et indépendante. Pourtant, ce processus de réforme à l'Est de l'Europe nous apporte une certaine in-
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quiétude pour l'avenir. Je ne suis pas pessimiste de nature mais je constate que malgré les démissions, les éloignements, les mises en état d'accusation etc., les hommes de l'ancien régime sont encore là, prêts à reprendre en mains les rênes du pouvoir à la prochaine occasion.
En Union Soviétique, M. Gorbatchev lui-même admet que son pays se trouve dans une crise très grave, une crise du Parti communiste, une crise de l'Etat soviétique, de l'économie, de l'environnement, de la société toute entière. Si l'on y ajoute les conflits des nationalités qui ont éclatés en Géorgie et entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, les grèves et une série de catastro- phes, on apprécie la situation délicate dans laquelle se trouve cette puissance mondiale. Les causes de ses difficultés sont contradictoires, de même que les recettes pour les vaincre. Les forces conservatrices les attribuent à la perestroika, à la glasnost et à la démocratisation et en demandent l'interrup- tion. Les réformateurs qualifient les mesures prises d'insuffi- santes, de lentes, et demandent d'accélérer la perestroïka. C'est un fait que les expérimentations auxquelles M. Gorbat- chev se livre depuis quatre ans n'ont pas apporté un quelcon- que changement de la vie quotidienne ni du fonctionnement de l'économie, ce qui suscite des doutes quant à la possibilité de réforme du système socialiste tout en maintenant le pouvoir du parti, la propriété de l'Etat et la planification centrale.
Dans cette situation, il faut se demander - et c'est le professeur Sakarov qui pose la question - si les événements de Pékin ne pourraient pas se produire en Union Soviétique avec un Mon- sieur Gorbatchev devenu le nouveau dictateur. En Union soviétique et en Europe de l'Est, les développements soute- nus en raison d'un dynamisme populaire déchaîné compte tenu de réactions imprévisibles, ne sont pas sans danger pour l'Occident. Un député du Soviet suprême a décrit cette situa- tion à l'aide de l'image du gratte-ciel: l'Union soviétique s'ef- fondre à côté d'une maison bien soignée qui serait l'Europe, laquelle risque la destruction du fait de la ruine du bâtiment. Le Conseil fédéral a-t-il déjà pensé à ce scénario, en alternative à votre propre scénario du non-retour, Monsieur le Conseiller fédéral?
Pour changer d'objectif, prenons les deux Allemagnes: leur réunification est devenue inévitable malgré la crainte des pays qui les entourent et des victimes de la deuxième guerre mon- diale. A ce moment-là, l'OTAN devra être transformée pour te- nir compte de la modification de l'Allemagne et de l'érosion perceptible de la menace soviétique. Le Pacte de Varsovie ne parviendra pas à voir la fin du siècle. L'intégration de la Com- munauté européenne devra être accélérée pour assimiler les nouvelles occasions qui se présentent en Europe de l'Est: en Hongrie et en Tchécoslovaquie, en Pologne et en Bulgarie, de- main aussi en Roumanie. Ces orientations exigent une nou- velle approche dans les relations entre l'Est et l'Ouest, en parti- culier, les négociations pour le contrôle des armements. D'un autre côté, les tendances politiques seront sans doute renfor- cées par les réalités économiques qui pousseront avec en- core plus de vigueur les deux pays vers l'unification. Mais quel aspect aurait cette réunification? Deux Etats confédérés avec des gouvernements autonomes et des institutions communes ou un Etat fédéral? Dans cette vision, quel serait le destin de l'alliance, si elle est imaginable, soit à l'OTAN, soit au Pacte de Varsovie? On pourrait s'imaginer une Allemagne neutre ou démilitarisée. Mais alors, aura-t-elle encore une place dans la Communauté européenne?
Ce sont toutes des visions, Monsieur le Conseiller federal, que j'aurais voulu vous entendre nous décrire, avec d'autres op- tions imaginables et inimaginables aujourd'hui. Quelles en se- ront les répercussions sur la société suisse, sur sa politique in- térieure et extérieure et sur son économie? La Suisse est-elle prête à assumer ses responsabilités, à suivre une politique ex- térieure active qui contribuerait à la formation de l'espace eu- ropéen qui va de l'Atlantique à l'Oural, à aider ces pays, non seulement matériellement mais aussi moralement?
C'est sur ces questions que j'ai fondé ma question ordinaire urgente. De surcroît, j'aimerais aussi apprendre du Conseil fédéral si le Parlement et les parlementaires peuvent en quel- que sorte participer à cette politique, et respectivement s'inté- grer à celle du Conseil fédéral.
Präsident: Nach der hervorragenden Antwort von Herrn Bun- desrat Felber haben mir viele Votanten erklärt, dass sie auf die Diskussion verzichten möchten. (Beifall)
Ich interpretiere Ihren Applaus als Zustimmung.
Die grüne Fraktion hat mir erklärt, dass sie von der bundesrät- lichen Antwort befriedigt sei, ebenso die freisinnige und die sozialdemokratische Fraktion. Das Geschäft ist damit erledigt.
Schluss der Sitzung um 21.15 Uhr La séance est levée à 21 h 15
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
Dringliche Interpellation der freisinnig-demokratischen Fraktion Entwicklung in Osteuropa Interpellation urgente du groupe radical-démocratique L'évolution en Europe de l'Est
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Dans
Amtliches Bulletin der Bundesversammlung Bulletin officiel de l'Assemblée fédérale
In
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1989
Année
Anno
Band
V
Volume
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Wintersession
Session
Session d'hiver
Sessione
Sessione invernale
Rat
Nationalrat
Conseil
Conseil national
Consiglio
Consiglio nazionale
Sitzung
14
Séance
Seduta
Geschäftsnummer
89.716
Numéro d'objet
Numero dell'oggetto
Datum 14.12.1989 - 15:00
Date
Data
Seite
2208-2214
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Pagina
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20 018 081
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