Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
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Siebente Sitzung - Septième séance
Mittwoch, 7. Dezember 1988, Vormittag Mercredi 7 décembre 1988, matin
9.00 h Vorsitz - Présidence: Herr Iten
88.041 Schweiz ohne Armee. Volksinitiative Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
Botschaft und Beschlussentwurf vom 25. Mai 1988 (BBI II, 967) Message et projet d'arrêté du 25 mai 1988 (FF II, 946)
Uebersicht über die Anträge - Résumé des propositions
Titel und Ingress, Art. 1 Antrag der Kommission Zustimmung zum Entwurf des Bundesrates
Art. 1bis Antrag der Kommission Mehrheit Ablehnung des Antrags der Minderheit
Minderheit Abs. 1 Gleichzeitig wird Volk und Ständen ein Gegenentwurf der Bundesversammlung zur Abstimmung unterbreitet. Abs. 2 Der Gegenentwurf lautet: Ziff. I Die Bundesverfassung wird wie folgt geändert:
Minderheit (Hubacher, Braunschweig, Jeanprêtre, Meier-Glattfelden, Ott, Stamm, Ziegler) Art. 18 Abs. 1 Jeder Schweizer ist wehrpflichtig. Im Rahmen der Glaubens- und Gewissensfreiheit besteht ein sozialer Zivildienst.
Eventualantrag der Minderheit
(Hubacher, Braunschweig, Jeanprêtre, Meier-Glattfelden, Ott, Ziegler) Art. 20bis (neu) Grundlage der Landesverteidigung ist die natürliche Umwelt. Zu ihrer Erhaltung oder Wiederherstellung wird ein Umweltfonds geschaffen. Die jährliche Finanzierung des Umweltfonds muss in einem angemessenen Verhältnis zu den Ausgaben für die militärische Landesverteidigung stehen.
Minderheit (Braunschweig, Jeanprêtre, Ziegler) Ziff. II
Die Uebergangsbestimmungen der Bundesverfassung wer- den wie folgt ergänzt: Art. 19 (neu) Rüstungsmoratorium Abs. 1 Zwischen dem 1. Januar 1990 und dem 31. Dezember 2004 darf die Bundesversammlung im Voranschlag und in ande- ren Vorlagen keine Kredite für Rüstungsbeschaffungen,
militärische Bauten und Landerwerbe sowie militärische Forschung und Entwicklung bewilligen. Abs. 2
Weiterhin zulässig sind Kredite, die für Reparaturen, Unter- halt und minimale Erneuerungen vornehmlich zum Schutze der Militärdienstpflichtigen oder der Zivilbevölkerung nötig sind. Abs. 3
Der Bundesrat verstärkt die internationalen Kontakte, um insbesondere neutrale und nicht paktgebundene Staaten vor allem im Rahmen des KSZE-Prozesses für ein gleichge- richtetes Rüstungsmoratorium zu gewinnen. Dieses könnte durch den Abschluss von völkerrechtlichen Verträgen (oder durch Gewohnheitsrecht) länger als bis zum Jahr 2004 Bestand haben.
Antrag Rebeaud
Gleichzeitig wird Volk und Ständen ein Gegenentwurf der Bundesversammlung zur Abstimmung unterbreitet. Der Gegenentwurf lautet:
Art. 2 Abs. 2 (neu)
Er führt eine globale Friedenspolitik, welche die Selbstbe- stimmung des Volkes verstärkt und die Solidarität unter den Völkern fördert.
Art. 2 Antrag der Kommission Mehrheit Zustimmung zum Entwurf des Bundesrates
Minderheit I (Minderheiten Hubacher betr. die Art. 18 Abs. 1 und 20bis; Minderheit Braunschweig betr. Art. 19)
Die Bundesversammlung empfiehlt Volk und Ständen, die Initiative zu verwerfen und den Gegenentwurf anzunehmen.
Minderheit II (Ziegler, Braunschweig) Die Bundesversammlung empfiehlt Volk und Ständen, die Initiative anzunehmen.
Antrag Leutenegger Oberholzer Die Bundesversammlung empfiehlt Volk und Ständen, die Volksinitiative anzunehmen.
Titre et préambule, art. 1 Proposition de la commission Adhérer au projet du Conseil fédéral
Art. 1bis Proposition de la commission Majorité Rejeter la proposition de la minorité
Minorité Al. 1 Un contre-projet de l'Assemblée fédérale est soumis simul- tanément au vote du peuple et des cantons.
Al. 2
Le contre-projet a la teneur suivante: Ch. I La Constitution fédérale est modifiée comme il suit:
Minorité (Hubacher, Braunschweig, Jeanprêtre, Meier-Glattfelden, Ott, Stamm, Ziegler) Art. 18 al. 1
Tout Suisse est tenu au service militaire. Un service civil de caractère social est institué au titre de la liberté de cons- cience et de croyance.
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Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
Proposition subsidiaire de la minorité
(Hubacher, Braunschweig, Jeanprêtre, Meier-Glattfelden, Ott, Ziegler)
Art. 20bis (nouveau)
L'environnement est à la base de la défense nationale. Un fonds est créé en vue de sa conservation ou de sa remise en état. Le financement annuel du fonds pour l'environnement est assuré proportionnellement aux dépenses pour la défense militaire du pays.
Minorité
(Braunschweig, Jeanprêtre, Ziegler) Ch. Il
Les dispositions transitoires de la Constitution fédérale sont complétées comme il suit:
Art. 19 (nouveau) Moratoire sur l'armement Al. 1
Entre le 1er janvier 1990 et le 31 décembre 2004, l'Assem- blée fédérale n'est plus autorisée à ouvrir des crédits pour des acquisitions d'armement, des constructions militaires et des acquisitions de terrain ainsi que pour la recherche- développement dans le domaine militaire, que ce soit par le budget ou par d'autres voies.
Al. 2
Continuent à être autorisés les crédits requis par des répara- tions, des travaux d'entretien et de modernisation minimes, visant notamment la protection des militaires effectuant leur service et de la population civile.
Al. 3
Le Conseil fédéral multiplie les contacts internationaux, afin de convaincre notamment les Etats neutres et non alignés d'adopter un moratoire similaire, avant tout dans le cadre de la CSCE. La validité de ce moratoire pourrait aller au-delà de l'an 2004 par la conclusion de traités internationaux (ou par le droit coutumier).
Proposition Rebeaud
Un contre-projet de l'Assemblée fédérale est soumis simul- tanément au vote du peuple et des cantons.
Le contre-projet a la teneur suivante:
Art. 2 al. 2 (nouveau)
Elle mène une politique globale de paix qui renforce l'auto- détermination du peuple tout en favorisant la solidarité entre les peuples.
Art. 2 Proposition de la commission Majorité Adhérer au projet du Conseil fédéral
Minorité / (Minorités Hubacher conc. les art. 18, 1er al. et 20bis; minorité Braunschweig conc. l'art. 19)
L'Assemblée fédérale recommande au peuple et aux can- tons de rejeter l'initiative et d'accepter le contre-projet.
Minorité II (Ziegler, Braunschweig) L'Assemblée fédérale recommande au peuple et aux can- tons d'accepter l'initiative.
Proposition Leutenegger Oberholzer
L'Assemblée fédérale recommande au peuple et aux can- tons d'accepter l'initiative.
Motion der Kommission (Minderheit)
(Jeanprêtre, Braunschweig, Hubacher, Meier-Glattfelden, Ott, Stamm, Ziegler)
Friedens- und Sicherheitspolitik. Forschungsinstitut
Wortlaut der Motion vom 11. November 1988
Der Bundesrat richtet ein Institut zur nationalen und interna- tionalen Forschung in den Bereichen Friedens- und Sicher- heitspolitik sowie zur Konfliktforschung ein.
Diese Forschung dient sowohl dem Ziel der kontinuierlichen Beobachtung und Beurteilung der nationalen und interna- tionalen Lage in diesen Bereichen als auch der Ausarbei- tung von konkreten Projekten.
Diesem Institut steht ein angemessener prozentualer Betrag der jährlichen Militärausgaben zur Erfüllung dieser Aufga- ben zur Verfügung.
Motion de la commission (minorité)
(Jeanprêtre, Braunschweig, Hubacher, Meier-Glattfelden, Ott, Stamm, Ziegler)
Politique de la paix et de la sécurité. Institut de recherche
Texte de la motion du 11 novembre 1988
Le Conseil fédéral crée un institut de recherche nationale et internationale dans les domaines de la politique de la paix et de la sécurité ainsi que pour l'étude des conflits.
Cette recherche est destinée à l'observation et à l'apprécia- tion permanentes de la situation nationale et internationale relevant de ces domaines, ainsi qu'à l'élaboration de projets concrets.
En vue de la réalisation de ces activités, l'institut bénéficie d'un montant proportionné prélevé sur les m litaires an- nuelles.
Präsident: Ich schlage Ihnen folgendes Vorgehen vor: Nachdem Eintreten auf die Volksinitiative obligatorisch ist, werden wir am Anfang eine Generaldebatte und allgemeine Aussprache durchführen. Sodann werden sämtliche Antrag- steller ihre Anträge begründen, und zwar in der folgenden Reihenfolge: Herr Hubacher (seine beiden Anträge), Herr Braunschweig, Herr Rebeaud und Herr Ziegler.
Nachher haben die Fraktionssprecher und die Einzelspre- cher Gelegenheit, im Rahmen dieser Generaldebatte auf alle einzelnen Anträge Bezug zu nehmen und sich darüber zu äussern.
M. Leuba, rapporteur: L'initiative populaire «pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix» a été déposée le 12 septembre 1986 avec 111 300 signatures valables. Comme le dit le Conseil fédéral dans son message, elle apparaît comme unique dans toute l'histoire du droit d'initiative suisse, en raison de son extrémisme. Cette carac- téristique a posé à votre commission, comme, semble-t-il, au Conseil fédéral, deux questions préliminaires, l'une de pro- cédure, l'autre de fond, au sujet de la recevabilité.
En ce qui concerne tout d'abord la procédure, l'initiative est, dans une certaine mesure, provocatrice. Pour beaucoup de nos concitoyens, elle est tout simplement Incompréhensi- ble. Comme l'a déclaré à la commission le président du Comité central de la Société suisse des officiers, elle touche au coeur les membres de cette société, car les relations entre un citoyen et sa patrie ne se situent pas exclusivement et probablement pas essentiellement sur un plan rationnel; elle touche largement aux sentiments, à l'affection qui se rapproche de celle que l'on peut porter aux membres de sa famille. Si la formule utilisée par le message, se on laquelle la Suisse n'a pas d'armée - elle est une armée - est contes- tée et peut-être contestable selon l'acception qu'on lui donne, il n'en reste pas moins que pour beaucoup de nos concitoyens l'armée suisse est indissociable de l'image qu'ils se font de leur pays et que remettre en question cette armée c'est toucher à cette image, profondément chargée des connotations affectives auxquelles je faisais allusion tout à l'heure.
Il s'agissait donc de décider si la commission entendait la traiter comme une initiative farfelue ou du moins contre- nature, qu'il fallait rejeter presque sans discussion, ou si au contraire il fallait saisir l'occasion d'ouvrir un large débat sur la politique de sécurité de notre pays et sur les efforts qu'il entreprenait ou devait entreprendre en faveur de la paix dans le monde.
Si la commission a choisi la seconde solution, comme le souhaitaient d'ailleurs les initiants, ce n'est pas qu'elle
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condamne - du moins dans sa grande majorité - les senti- ments légitimes que portent beaucoup de Suisses à l'image de leur pays, à laquelle est incorporée l'armée, mais parce qu'il lui a semblé bon de faire le point en cette fin de 1988 sur la nécessité et le rôle de notre armée dans un monde où, paradoxalement, la violence se manifeste comme rarement dans l'histoire de l'humanité, tandis que des efforts considé- rables et des recherches approfondies se développent en faveur de la paix. La majorité de la commission était d'ail- leurs persuadée que cette étude approfondie, et surtout celle des conséquences de l'initiative, démontrerait de manière éclatante la nécessité pour la Suisse, même sur un plan exclusivement rationnel, de l'existence d'une armée forte et crédible.
Votre commission a donc procédé à un certain nombre d'auditions: d'une délégation des initiants, bien sûr, puis des Femmes pour la Paix, du Comité central de la Société suisse des officiers, ensuite d'experts - M. Dieter Lutz, de l'Institut de recherche en matière de politique de sécurité et de paix de l'Université de Hambourg, M. Josef Schärli, chef du Bureau de la politique de sécurité à l'état-major du Groupement de l'état-major général et membre de la déléga- tion de la Suisse à la Réunion de Vienne de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, et du professeur Kurt Gasteyger, directeur de l'Institut. des Hautes Etudes internationales de Genève. Nous avons également reçu à titre de documentation l'avis de droit établi à l'intention du Département militaire fédéral par les professeurs Wildhaber et Eichenberger.
Sur le fond, le caractère extrême de l'initiative posait pres- que immanquablement la question de sa recevabilité. Celle- ci est examinée brièvement sous chiffre 13, et notamment 133, du message, et de manière très exhaustive dans l'avis de droit de MM. Wildhaber et Eichenberger. Bien que la recevabilité de l'initiative n'ait pas été sérieusement contes- tée en commission, faisant tout au plus l'objet de réserves de l'un ou l'autre des commissaires, il convient d'en dire ici quelques mots.
Sur le plan de la forme et de l'unité de la matière, l'initiative ne pose aucun problème, mais il en va, semble-t-il, autre- ment de celui des limites matérielles à la révision de la constitution. La question posée est assez simple, même si la réponse est l'une des plus difficiles du droit constitutionnel. Peut-on, par une initiative, demander n'importe quelle modi- fication de la constitution? Pourrait-on, pour prendre des exemples extrêmes, demander l'abolition du système démo- cratique, la suppression d'une ou de plusieurs libertés fon- damentales, la suppression des cantons ou la renonciation à la souveraineté de notre pays pour devenir un «Land»> sup- plémentaire de la République fédérale d'Allemagne ou cons- tituer quelque département français ? A cette première ques- tion s'en ajoute une autre: la suppression de l'armée est-elle compatible avec les obligations internationales de la Suisse en matière de droit des gens résultant de notre statut de neutralité permanente?
La doctrine, en droit constitutionnel, est loin d'être unanime sur ce sujet. Selon les auteurs les plus restrictifs, une initia- tive contraire à l'esprit de la constitution devrait être décla- rée irrecevable. A l'opposé, d'autres auteurs estiment qu'il n'y a pas de limites matérielles au droit d'initiative et que le seul garant contre une initiative excessive est la sagesse du peuple qui repoussera les initiatives extrémistes. Cette opi- nion est défendue pour l'essentiel par les professeurs Wil- dhaber et Eichenberger dans leur avis de droit. C'est, dirons- nous, la manière la plus élégante de résoudre le conflit entre le respect du droit d'initiative et le respect de l'esprit de la constitution qui, finalement, est la constatation du senti- ment populaire à l'égard de l'organisation de la patrie com- mune des confédérés et de leurs droits fondamentaux.
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Enfin, les professeurs Wildhaber et Eichenberger paraissent d'avis que la renonciation unilatérale par la Suisse à son armée constituerait sans doute une violation de nos devoirs internationaux en tant qu'Etat neutre permanent. Cette vio- lation ne devrait cependant pas entraîner l'irrecevabilité de l'initiative, le conflit devant être réglé en cas d'acceptation
de celle-ci par la révision ultérieure de notre statut interna- tional. En résumé, ni le caractère de révision fondamentale de la constitution, ni les limites matérielles au droit d'initia- tive, ni la remise en question du statut international de la Suisse ne devraient entraîner une déclaration d'irrecevabi- lité de l'initiative.
Quant à la motivation des initiants, elle peut être qualifiée de diverse. Selon ce qui a été expliqué à la commission, les initiants considèrent d'abord que l'armée ne crée qu'une sécurité illusoire car elle serait incapable d'empêcher l'anéantissement de la population civile en cas de guerre. Deuxièmement, elle serait un obstacle à une recherche sérieuse des instruments de paix, incompatible avec une politique de paix à laquelle aspire le peuple suisse. Ils croient constater que la politique de défense de la Suisse n'a pas favorisé la paix dans le monde. De plus, l'armée exige- rait, en ressources et en esprit inventif, des moyens qui pourraient être mieux utilisés ailleurs.
Troisièmement, les initiants considèrent que l'armée est une institution antidémocratique qui aurait pour effet d'empê- cher l'évolution normale de la société helvétique. De sur- croît, organisée par les hommes pour les hommes, elles perpétuerait la domination des hommes sur les femmes en maintenant des structures patriarcales et hiérarchiques.
Quatrièmement, les initiants sont conscients que la suppres- sion de l'armée est une utopie (mais ils récusent ce mot). Même si l'initiative n'est pas acceptée, elle sera un signe pour le futur, une impulsion vers une nouvelle société ou de nouvelles grandes idées. L'exemple donné par la Suisse aurait un grand retentissement dans le monde, ce serait une sorte de symbole capable de renverser le cours des choses. Ils soulignent que l'utopie d'aujourd'hui peut être la réalité de demain. La suppression de l'armée constitue à leurs yeux, sans aucun doute, un risque mais un risque qu'il vaut la peine de courir car l'armée serait, elle aussi, un risque. Cinquièmement, enfin les initiants ont déclaré qu'ils n'envi- sageaient nullement de retirer leur initiative si le Conseil fédéral se déclarait prêt à développer des efforts pour la paix. On en déduit que ce qu'ils veulent réellement au premier chef, c'est la suppression de l'armée. Une clause de retrait n'a été introduite dans le texte de l'initiative que pour couvrir l'éventualité, nous a-t-on dit par exemple, d'une occupation de l'Autriche par l'URSS ou de la France par les Etats-Unis d'Amérique.
Sixièmement, les femmes pour la paix qui soutiennent l'ini- tiative sont à vrai dire d'avis que l'armée n'est pas incompati- ble avec une politique de paix plus active de la Suisse, mais qu'elle serait plutôt le symptôme d'une manière de penser qui considérerait la guerre comme inévitable. Si la renoncia- tion à l'armée apparaît comme une utopie, l'utopie doit être définie comme quelque chose que l'on n'a pas encore réalisé mais qui est réalisable.
J'en viens à la position de la commission. La majorité de la commission ne partage pas l'opinion des initiants, au vote de 17 non contre deux oui et une abstention.
Nous considérons, tout d'abord, que l'armée suisse, telle qu'elle est entraînée et armée aujourd'hui, est parfaitement capable d'opposer une résistance sérieuse à tout agresseur même plus puissant que nous, en tout cas dans l'éventualité d'une guerre conventionnelle. Notre terrain est difficile pour un agresseur et la volonté d'indépendance de notre peuple est intacte, Il en résulte un effet dissuasif certain qui, même s'il ne doit pas être surestimé, garde toute sa valeur, proba- blement supérieure d'ailleurs à celle qu'il avait en 1939, moment où notre armée était relativement moins bien equi- pée et entraînée qu'aujourd'hui.
En qualifiant notre armée d'antidémocratique, les initiants paraissent confondre deux notions. A l'intérieur de l'armée, il est clair que les structures sont hiérarchiques, elles ne se réfèrent pas directement aux principes démocratiques, mais l'armée est conçue pour faire la guerre de manière efficace. Les décisions doivent être prises très rapidement et exécu- tées promptement et scrupuleusement. Il n'est évidemment pas possible de faire précéder des décisions militaires de consultations ou de votes.
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Toutes les armées au monde sont construites sur le type hiérarchique. En revanche, l'armée s'efforce de respecter les droits du citoyen dans toute la mesure compatible avec sa mission. Elle est strictement subordonnée au pouvoir civil qui décide seul les moyens à mettre à sa disposition. Armée de milice, elle est assurément plus démocratique qu'une armée de métier ou une armée privée. Elle ne menace aucun Etat étranger, même pas le Liechtenstein. Elle ne constitue pas un danger pour le pouvoir civil.
La majorité de la commission souscrit à l'adage selon lequel «chaque pays a une armée sur son sol; si ce n'est la sienne c'en est une autre». Or, nous entendons que la défense de notre territoire et de nos libertés reste notre affaire et ne saurait être confiée à quelqu'un d'autre.
Il est, dès lors, parfaitement légitime de ne pas vouloir la rupture souhaitée par les initiants, d'autant plus que leur analyse du rôle de l'armée, dans l'évolution de la société, apparaît profondément erronée.
Notre pays a, sans doute, une des meilleures protections civiles, grâce aux efforts entrepris dans ce domaine, et une des meilleures défenses civiles, grâce à son organisation fédéraliste, pour toute l'Europe si ce n'est du monde.
La crédibilité de l'armée fait que la Suisse est considérée à Vienne comme un pays où la volonté de défense est affir- mée. Même si l'URSS considère que nous faisons plutôt partie du camp occidental, M. Schärli a retiré de conversa- tions privées l'impression que ce pays préfère une Suisse armée et forte qui ne laisserait pas passer sans réagir les forces de l'OTAN, à une Suisse désarmée. La majorité de la commission a ainsi acquis la conviction que notre armée contribue bien plus à la sécurité et à la paix en Europe qu'elle ne les met en danger.
On pourrait ajouter une série d'éléments favorables à l'ar- mée que, faute de temps, je ne citerai que partiellement sans les développer. Si la commission a trouvé que le Conseil fédéral avait insisté quelque peu lourdement sur le rôle économique et de recherche de notre industrie d'arme- ments, en revanche, il faut souligner le rôle social de cohé- sion nationale que constitue l'armée, le rôle indispensable pour la formation de ceux qui interviennent dans le monde entier en cas de catastrophe ou comme observateurs, le rôle de protection de l'armée proprement dite à l'intérieur de nos frontières en cas de catastrophe, la formation de spécialis- tes qui utilisent au civil les notions acquises, notamment en ce qui concerne la formation au commandement et à la direction. Les initiants ne paraissent pas s'intéresser à ces questions ou les sous-estiment.
J'ai indiqué, tout à l'heure, que l'avis de droit des profes- seurs Wildhaber et Eichenberger met en doute la compatibi- lité de la suppression de l'armée avec notre statut de neutra- lité perpétuelle telle qu'elle est définie notamment par la cinquième Convention de La Haye du 18 octobre 1907 con- cernant les droits et devoirs des puissances et des person- nes neutres en cas de guerre terrestre, convention ratifiée par la Suisse le 12 mai 1910.
Il faut relever, tout d'abord, que les devoirs des Etats neutres ne s'appliquent qu'en cas de guerre. Mais ceux qui, comme
la Suisse, ont vu leur neutralité permanente reconnue, doi- vent naturellement, et c'est là que gît la difficulté, ne rien faire en temps de paix qui puisse compromettre cette neu- tralité en cas de guerre, et faire déjà tout ce que l'on peut raisonnablement exiger d'eux pour pouvoir remplir leur devoir d'Etat neutre en cas de guerre. (Voir à ce sujet, Rudolf Binschendler, ambassadeur, article paru en 1982 «Perma- nent Neutrality of States», page 136, ou en 1976 «Neutrali- tätspolitik und Sicherheitspolitik», page 340). Il s'agit donc de savoir ce que l'on peut exiger comme préparation pour le cas de guerre de la part d'un Etat perpétuellement neutre, en temps de paix.
En cas de guerre, un Etat neutre ne doit pas tolérer mais doit, au contraire, empêcher que l'un des belligérants viole sa souveraineté par des troupes, des colonnes de munitions ou de ravitaillement, l'installation de stations radiotélégra- phiques ou par l'enrôlement de troupes. L'Etat neutre, selon la doctrine, doit empêcher cette violation de sa souveraineté par tous les moyens qui lui sont disponibles. S'il l'a fait, il ne peut être tenu, selon le droit des gens, pour responsable si le résultat n'est pas atteint.
L'Etat qui a proclamé sa neutralité permanente sait qu'il aura à remplir ses devoirs en cas de guerre, comme cela a été indiqué tout à l'heure. Sans doute, y a-t-il des Etats neutres dont on n'exige pas une neutralité armée, par exemple Costa Rica ou le Vatican. Il s'agit pourtant là de cas particuliers.
Pour la Suisse, au contraire, les signataires de l'Acte de Paris du 20 novembre 1815 comptaient sur une neutralité armée puisque dans un memorandum des Etats signataires de l'année 1814, il est prévu que la Suisse doit protéger ses institutions fédérales et ses frontières avec 50 000 soldats au moins. La neutralité perpétuelle de la Suisse n'a donc été reconnue qu'en présupposant qu'elle fût armée.
En conclusion de leur avis de droit, les professeurs Wildha- ber et Eichenberger affirment ce qui suit: «Le droit de la neutralité signifie dans tous les cas, pour les Etats dont la neutralité est perpétuelle en Europe, selon le droit des gens, un devoir de mettre sur pied une défense nationale déjà en temps de paix eu égard aux obligations de défense de la neutralité qui surviendraient en cas de guerre. Mais pour la Suisse, un tel devoir ressort aussi de l'Acte de Paris du 20 novembre 1815, par lequel sa neutralité perpétuelle armée a été reconnue en droit des gens. Enfin, une telle obligation est aussi le résultat d'une déclaration unilatérale de la Suisse, obligatoire en droit des gens.» (traduction). Il ressort donc clairement à nos yeux que la Suisse violerait ses obligations internationales en renonçant à son armée. En résumé, initiants, minorité et majorité de la commission sont d'accord sur un point, à savoir que tout doit être entrepris en faveur de la paix dans le monde et principale- ment dans notre pays. Initiants et majorité de la commission divergent sur les moyens. Tandis que les initiants estiment que la suppression de l'armée serait un signe et un symbole pour le monde entier qui devrait amener d'autres pays à renoncer à la violence, la majorité de la commission pense, au contraire, que l'armée suisse est une force de paix et de sécurité pour notre pays et pour le monde - pour l'Europe en tout cas - et qu'un désarmement souhaitable ne pourrait être atteint que par des négociations dans lesquelles nous devrions apparaître en position de force, les grandes puis- sances devant préalablement faire un effort proportionnel au nôtre. C'est la raison pour laquelle la majorité de la commission vous recommande d'adopter, sans modifica- tion, l'arrêté fédéral qui vous est soumis, en recornmandant dès lors au peuple et aux cantons de rejeter les nitiatives. Sur les contre-projets: compte tenu de la nature de l'initia- tive, il est difficile d'imaginer un contre-projet. Aussi le Conseil fédéral y a-t-il tout naturellement renoncé. En revan- che, M. Braunschweig propose en guise de contre-projet d'interdire à l'Assemblée fédérale de voter tout crédit d'ar- mement, tout crédit pour des constructions militaires et des acquisitions de terrains ainsi que pour la recherche et le développement dans le domaine militaire perdant une période de quinze ans. Par cette proposition M. Braun-
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schweig estime que la Suisse donnerait un signe dans le sens de la limitation des armements et des efforts militaires, qui devrait être perçu et - espère-t-il - suivi par d'autres pays, sans toutefois que nous devions renoncer à notre armée. M. Braunschweig justifiera lui-même de manière plus détaillée sa proposition.
La majorité de la commission a contesté très énergiquement cette proposition qui est apparue comme plus dangereuse même que l'initiative, car elle laisserait subsister l'impres- sion que nous avons une armée, alors que celle-ci ne serait plus crédible et serait incapable de soutenir le combat moderne. La majorité de la commission estime, au surplus, qu'on ne saurait exposer nos soldats à affronter une guerre que personne ne souhaite évidemment, avec des armes et des véhicules démodés. Les effets pervers de cette proposi- tion se feraient surtout sentir à la fin de la période et dans les années suivantes. Nous avons sans doute des armes et des véhicules qui ont quinze ans ou davantage, mais en 2004 ils auront tous quinze ans de plus. La proposition de M. Braun- schweig apparaît à la grande majorité de la commission non seulement comme irréaliste mais comme extrêmement dan- gereuse.
M. Hubacher a proposé à titre de contre-projet le maintien de l'article 18 de la constitution, qui devrait être complété toutefois par l'introduction du principe d'un service civil de nature sociale, dans le cadre de la liberté de conscience et de croyance.
Le problème de l'objection de conscience préoccupe ce Parlement depuis des décennies, est il est désagréable, comme tous les problèmes qui ne trouvent pas de solution satisfaisante. Une autre commission s'occupe de la décrimi- nalisation de l'objection de conscience et notre conseil en sera saisi prochainement. M. Hubacher considère toutefois que le projet de décriminalisation, dans le cadre de la constitution actuelle, ne saurait donner satisfaction. La commission n'est pratiquement pas entrée en matière sur le fond, soit sur la question de l'objection de conscience et du nombre de ceux qui pourraient se mettre au bénéfice de la norme constitutionnelle proposée. La majorité estime que le problème venant d'être tranché pour la deuxième fois en une décennie par le peuple, il fallait se soumettre à la volonté populaire et ne pas toujours vouloir le reprendre sur le plan constitutionnel. Mais surtout, elle estime que, même si l'on voulait remettre l'ouvrage sur le métier, il serait justifié d'avoir à ce sujet un large débat que l'objet de l'initiative - la suppression de l'armée - ne permet manifestement pas.
A la suite des objections du chef du Département militaire fédéral, un avis de droit a été demandé à l'Office fédéral de la justice sur le point de savoir si la proposition Hubacher pouvait faire l'objet d'un contre-projet à l'initiative. Cet avis nous est parvenu la semaine dernière et répond de manière convaincante par la négative à la question, car initiative et contre-projet n'ont manifestement pas le même objet. L'Of- fice fédéral de la justice conclut son étude par ces termes: «Les deux propositions du Conseil national Hubacher ne sauraient être l'objet d'un contre-projet direct à l'initiative 'Pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix'».
Enfin, M. Hubacher a également déposé une proposition éventuelle de modification de l'article 20 en liant la défense nationale à la protection de l'environnement et en proposant la création d'un fonds dont le financement serait assuré proportionnellement aux dépenses pour la défense militaire du pays. Personne dans la commission n'a contesté que le maintien de la nature et de l'environnement doit aussi être un des buts de la Confédération. Mais si, comme la pré- voyance sociale, la recherche, l'agriculture et les transports, la protection de l'environnement est un des objectifs de la Confédération, il n'apparaît pas raisonnable à la majorité de la commission (12 voix contre 6) de faire de l'environnement la base de la défense nationale.
Comme déjà dit, l'Office fédéral de la justice considère que cette proposition ne saurait, constitutionnellement parlant, représenter un contre-projet direct à l'initiative. En revan- che, comme la proposition principale de M. Hubacher sur le
service civil, la proposition éventuelle pourrait constituer un contre-projet indirect. Il appartiendra à M. Hubacher de faire selon les formes de la procédure les propositions qu'il jugera utile.
Enfin, la commission vous propose par 12 voix contre 7 de ne pas approuver la motion présentée par Mme Jeanprêtre tendant à la création d'un institut de recherche nationale et internationale dans les domaines de la politique de la paix et de la sécurité. La commission salue dans cette perspective la décision du Département militaire fédéral de développer notre soutien financier et en personnel aux actions de la paix de l'ONU. Le message rappelle d'ailleurs que la Confé- dération a déjà créé à l'EPFZ un institut de polémologie et de politique de sécurité et qu'elle soutient les projets de recherche dans ce domaine du Fonds national suisse. La majorité de la commission est d'avis que la multiplication des instituts n'est assurément pas un gage d'efficacité. En conclusion, la commission vous recommande d'accepter l'arrêté fédéral proposant le rejet de l'initiative, sans contre- projet, et le rejet de la motion de Mme Jeanprêtre.
Ott, Berichterstatter: Dass der Friede in der Welt das kost- barste Gut darstellt, dass es für seine Erhaltung alle Kräfte einzusetzen gilt, darin sind sich wohl alle Mitglieder Ihrer Kommission mit den Initianten einig. Aber: den Frieden zu erhalten, ist ein schwieriges Geschäft, und wir müssen uns genau überlegen, welche Schritte dem Frieden wirklich und welche ihm nur scheinbar dienen.
In der Kommission haben wir diese Volksinitiative ernst genommen. Wir haben sie nicht - im Gedanken, dass sie · doch keine Chance habe - im Schnellverfahren erledigt. Wir haben uns gesagt, dass die parlamentarische Debatte über dieses Volksbegehren und dann der Abstimmungskampf hervorragende Gelegenheiten bieten könnten, um unsere Sicherheitspolitik im Kontext einer gewandelten weltpoliti- schen Situation neu zu überdenken, womöglich sogar einen neuen nationalen Konsens über unsere Sicherheitspolitik herbeizuführen.
So erklärt sich der erste grundsätzliche Entscheid unserer Kommission, Hearings abzuhalten. Wir haben ihnen eine erste ganztägige Sitzung gewidmet. Von diesen Hearings werde ich im folgenden einiges berichten.
Doch zuerst kurz ein Wort zur Zulässigkeit der Initiative: Dazu liegt ein Gutachten der Basler Rechtsprofessoren Eichenberger und Wildhaber vor. Es kommt zu interessan- ten Ergebnissen. Nämlich: was eventuell gegen die Zulässig- keit dieser Initiative sprechen könnte, sei die Tatsache, dass sie in gewissem Sinne völkerrechtswidrig ist. Mindestens im europäischen Raum, vielleicht nicht weltweit, sei es ein Völker-Gewohnheitsrecht, dass der dauernd Neutrale bewaffnet sein muss, dass er imstande sein muss, sein Territorium zu verteidigen und dass sich die andern Staaten, welche seine Neutralität anerkennen, darauf verlassen kön- nen sollten. Indessen - so betonen die beiden Professoren - sei in der Schweiz die Praxis bei der Anerkennung der Zulässigkeit von Volksinitiativen immer sehr large gewesen. Darum könne auch diese Volksinitiative trotz ihrer Völker- rechtswidrigkeit (die keine gravierende sei) zur Abstimmung gelangen.
Nach dieser völkerrechtlichen Vorfrage möchte ich Ihnen von einigen Resultaten unserer Hearings erzählen:
Unser erster Gesprächspartner war eine Dreierdelegation der Initianten. Sie gaben uns den Eindruck, dass die Armee aus stark gefühlsbetonten Gründen abgelehnt wird, z. B. als Inbegriff rücksichtsloser Männlichkeit und Männerherr- schaft - so eine Sprecherin - oder als eine Organisation, die ganz und gar auf dem «Gewaltglauben» beruhe.
Unser zweiter Gesprächspartner war eine Delegation der «Frauen für den Frieden». Sie kritisierten vor allem ein zu einseitig militaristisches Denken, das unsere schweizerische Vorstellung von Sicherheit beherrsche. Der Begriff «Sicher- heit» müsse inhaltlich wie ausdehnungsmässig viel umfas- sender verstanden werden. Die Schweiz müsse ihre interna- tionale Verpflichtung und Aufgabe für den Frieden viel deut-
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licher als bisher erkennen, und in diesem Sinne sollten wir die Volksinitiative ernst nehmen.
Ein Unterschied zwischen den Stellungnahmen der Initian- ten einerseits und der «Frauen für den Frieden» andererseits war auffällig und interessant. Die Initianten, befragt, ob sie bei einem Gegenvorschlag für eine stärkere Friedenspolitik der Schweiz ihre Initiative zurückgezogen hätten, verneinten dies rundweg. Denn, sagten sie, eine glaubwürdige schwei- zerische Friedenspolitik sei unmöglich, solange die Schweiz das auf dem Gewaltglauben beruhende Instrument einer Armee unterhalte.
Demgegenüber sahen die «Frauen für den Frieden» keinen grundsätzlichen Widerspruch zwischen dem Bestehen einer schweizerischen Armee und einer - auch von ihnen drin- gend gewünschten - umfassenden Friedenspolitik der Schweiz.
Eine Delegation der Schweizerischen Offiziersgesellschaft - unser dritter Gesprächspartner - vertrat die Standardargu- mente, wie sie von allen unsern offiziellen Stellen für die Notwendigkeit einer schweizerischen Armee vorgebracht werden. Es sind dies starke und prägnante Argumente von einer in unserem Volk (und nicht nur in unserem Volk!) breit anerkannten Plausibilität. Ich brauche sie nicht zu wiederho- len, denn sie sind uns allen wohl vertraut.
Auffällig war, wie stark die Vertreter der Offiziersgesellschaft betonten, dass in der Schweizer Armee im ganzen eine demokratische Gesinnung herrsche, während die Initianten zuvor die Institution der Armee als einen völligen «Fremd- körper» in unserem demokratischen System bezeichnet hatten.
Interessant mag hier ein Seitenblick auf ein - meines Erach- tens - wichtiges Dokument zur Sicherheitspolitik sein, näm- lich das Papier der Sozialdemokratischen Partei der Schweiz von 1972 (Kongress in Interlaken). Dieses Papier betont sehr stark - wie übrigens der ganze Kongress, aus dem es erwuchs - den inneren Zusammenhang, welcher zwischen unserem System der direkten Demokratie und dem Milizheer mit allgemeiner Dienstpflicht, wie wir es haben, besteht. Die Milizarmee sei Ausdruck und Garant der direkten Demokratie. Ausdruck und Garant der direkten Demokratie insofern, als sie gewährleistet und letztlich allein zu gewährleisten vermag, dass die bewaffnete Macht im Staat niemals von einer Minderheit dieses Staats usurpiert werden kann.
Vielleicht darf man mit Blick auf diese ersten drei Ge- sprächspartner feststellen, dass sie letztlich - und das ist hier keine Kritik, weder in der einen noch in der anderen Richtung - aus subjektiven Erfahrungen und Kontexten heraus ihre Optik der Realität der Schweizer Armee gewon- nen haben.
Darum war es für unsere Kommission lehrreich, ausserdem noch drei individuelle Experten anzuhören, die aufgrund ihrer besonderen Stellung eine mehr objektive Sicht des Problemes darzulegen vermochten.
So war unser vierter Gesprächspartner Dr. Dieter Lutz, Stell- vertreter des bekannten SPD-Politikers Egon Bahr, Direktor des Hamburger Instituts für Sicherheitspolitik und Konflikt- forschung.
Wir hatten Wert darauf gelegt, auch mindestens einen aus- ländischen Experten anzuhören und durch ihn Hinweise darauf zu erhalten, wie unser nationales Problem vom Aus- land her gesehen wird.
Herr Dr. Lutz stellte sich auf den Standpunkt, Streitkräfte werde es auf Dauer geben und geben müssen. Diese Phi- losophie wird am Friedensforschungsinstitut in Hamburg vertreten. Seine Begründung möchte ich Ihnen kurz in Form einer Aussage des Gründers des Instituts, des ehemaligen Bundeswehrgenerals Wolf Graf Baudissin, geben: «Die radi- kale Entwaffnung aller Staaten, also eine weltweite vollstän- dige Abrüstung, ist zwar eine sehr verlockende Vorstel- lung .... Doch würde eine konsequente Abrüstung mit hoher Wahrscheinlichkeit in chaotische Kämpfe aller gegen alle führen .... Auf keinen Fall könnte man in dieser Welt wohl kaum überbrückbarer Gegensätze der Kulturen, Religionen, Ideologien, Entwicklungsstufen .... den überall gefährdeten
Minderheiten hinreichenden Schutz vor Gewalt zusichern.» In diesem Sinne wird es immer Streitkräfte geben müssen. Daneben gehört aber zur Philosophie dieses Hamburger Instituts - Herr Dr. Lutz hat uns darauf hingewiesen - auch der Gedanke der kollektiven Sicherheit. Die Streitkräfte sol- len, auf niedrigstes Niveau reduziert, schrittweise und schliesslich ganz in die Kontrolle kollektiver internationaler Agenturen übergeführt werden.
Dr. Lutz hält es für faktisch unmöglich, dass die Schweiz ihre Armee abschaffen wird. Er warf aber die Frage auf, was in der Zukunft - falls das Ziel eines wirklichen Systems der kollektiven Sicherheit einmal erreicht sein werde - eine Schweizer Armee noch bedeuten könne. Würde sich dann- zumal die Schweiz an Massnahmen kollektiver Sicherheit beteiligen können oder würde ihr ihre eigene Neutralitäts- maxime dies verbieten?
Ich wollte Ihnen von diesen interessanten Gedankengängen, die unsere Kommission beschäftigt haben, Kenntnis geben. Denn wenn dies auch - in meinen Augen - Zukunftsmusik ist, so liegen darin doch auch Orientierungspunkte für ein Nachdenken über mögliche sicherheitspolitische Szenarien in der Zukunft.
Es zeigte sich in den Ausführungen dieses Konfliktfor- schers, dass der Gedanke der «strukturellen Nichtangriffsfä- higkeit» - wie man heute sagt - oder der «rein defensiven Militärdoktrinen» in der heutigen sicherheitspolitischen Dis- kussion eine zentrale Rolle spielt. Diesbezüglich äusserte Dr. Lutz mit Blick auf die Schweiz das folgende: Diese habe in den Diskussionen über Strategie grosses Gewicht, denn sie habe vieles schon realisiert, was andere Staaten neuer- dings erst nachholen wollten, nämlich das Uebergehen zu einer rein defensiven Armee. Darum sei es am Platz und würde anerkannt und honoriert werden, wenn die Schweiz eine Vorreiterrolle in der internationalen Diskussion über diese Probleme übernähme.
In diesem Zusammenhang mag auch noch ein kurzer Blick auf unsere «parlamentarische Aussenpolitik» hilfreich sein. Von schweizerischer Seite ging der Vorstoss aus, in der Interparlamentarischen Union das Thema der Einführung von «rein defensiven Militärdoktrinen» - bekanntlich ein Vorschlag, der kürzlich von den Warschauer-Pakt-Staaten in die Diskussion geworfen wurde - zu behandeln. Die Schweiz konnte das auf der Basis ihrer eigenen konsequent defensiven Militärdoktrin tun: Es war wohl das erste Mal, dass diese Frage überhaupt in einem globalen Gremium diskutiert wurde. Es entstand dabei - es war im Frühling 1988 in Guatemala City - aufgrund der schweizerischen Vorstellungen und Vorschläge, mit tatkräftiger Hilfe auch der sowjetrussischen und der amerikanischen Delegation ein Dokument, das schliesslich von Vertretern des Ostens wie des Westens, des Nordens wie des Südens einmütig gutgeheissen werden konnte. Wer von Ihnen daran interes- siert ist, kann die betreffenden Unterlagen beim Generalse- kretariat der Bundesversammlung erhalten.
Es zeigte sich, dass hier ein Punkt von hoher Akzeptanzfä- higkeit liegt und dass ein Uebergang aller Staaten zu rein defensiven Militärdoktrinen nach schweizerischem Muster ein realistischer Weg zu Entspannung und Frieden sein könnte.
Die Ausführungen unseres fünften Gesprächspartners, Oberstleutnant i Gst Josef Schärli, waren für Ihre Kommis- sion von besonderem Interesse. Schärli ist Militärexperte in der schweizerischen KSZE-Delegation, zurzeit in Wien, zuvor schon in Stockholm. Er ist dort auch Vorsitzender der Militärexperten der N+N-Staaten. Da das KSZE-Parkett der Platz ist, wo die Schweiz praktisch etwas für die Sicherung des Friedens tun kann, werde ich auf die Ueberlegungen Dr. Schärlis nachher in der Gesamtbeurteilung der Lage und der Initiative zurückkommen.
Unser sechster Gesprächspartner, der schweizerische Stra- tegieexperte Professor Curt Gasteyger vom «Institut univer- sitaire des Hautes Etudes internationales» in Genf, erklärte uns, man dürfe sich in der Sicherheitspolitik die Sache nun doch nicht zu leicht machen. Nur mit einem Hinweis auf die Bedrohung durch die Sowjetunion lasse sich heute die
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
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Armee nicht mehr rechtfertigen. Andererseits könnte man eine derart radikale Massnahme wie die Abschaffung der Armee nur dann befürworten, wenn
die politische Umwelt sich schon radikal geändert hätte und
mit gutem Grund erwartet werden könnte, dass durch eine solche Massnahme ein wesentlicher Beitrag zu einer friedlicheren Welt geleistet würde.
Beides sei zurzeit nicht der Fall.
Uebereinstimmend wiesen uns die Experten Schärli und Gasteyger darauf hin, dass gerade auch friedenserhaltende Aktionen der Schweiz, wie etwa in Namibia oder bei Verifika- tionsaufgaben oder vielleicht eines Tages in Form der Stel- lung von Blauhelmen, auf den Potentialen unserer Armee beruhen. Nach diesen Streiflichtern auf die verschiedenen Hearings komme ich nun zu einer Beurteilung der heutigen sicherheitspolitischen Lage und in diesem Kontext zur Beur- teilung der Initiative.
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Eindrücklich war es für mich, diesen unerwarteten Umschwung im Rahmen der KSZE einmal zu erleben. Wäh- rend zum Beispiel noch im Frühjahr 1986 in Stockholm die Warschauer-Pakt-Delegationen die Verifikation von vertrau- ens- und sicherheitsbildenden Massnahmen - Manöveran- kündigung und solche Dinge -, welche der Westen dringend forderte, als verkappte Form von Spionage rundweg ablehn- ten, hat sich kaum ein halbes Jahr später und von da ab in allen Erklärungen von dieser Seite das Prinzip der Verifika- tion völlig durchgesetzt.
Das INF-Abkommen vom Herbst 1987 betrifft zwar erst einen Bruchteil der existierenden Trägerraketen für Nuklear- waffen. Dennoch hat dieses Abkommen sozusagen einen symbolischen Wert. Es ist das erste signifikante Abrüstungs- abkommen in neuerer Zeit überhaupt. Seine Ausführung wird auch von strikter Verifikation begleitet. Und schliesslich betrifft es Waffensysteme, die in besonderer Weise destabili- sierend wirken, indem ihre kurze Flugzeit keinerlei Verstän- digung zwischen den Parteien mehr erlaubt.
Besonders eindrücklich war für mich schliesslich auch ein Briefing im Weissen Haus für Delegationsleiter der Inter- parlamentarischen Union im vergangenen März durch Sicherheitsberater Präsident Reagans. Eindrücklich vor allem der optimistische Ton, in dem uns die Entwicklung der Gipfeltreffen geschildert wurde! Gipfeltreffen würden mehr und mehr zur Routine werden - so erklärte man uns -, und nur ein Teil der Beratungen seien noch bilateralen Proble- men zwischen den beiden Mächten gewidmet. Im übrigen berate man gemeinsam darüber, was man gemeinsam zur Ueberwindung der gefährlichen regionalen Konflikte in der Welt tun könne.
Man gewann dabei den Eindruck, dass sich zwischen den Supermächten nicht nur eine Détente, sondern geradezu eine Entente abzuzeichnen beginnt. Spuren davon sind auch schon im Bereich verschiedener regionaler Konflikte sichtbar geworden, und es ist durchaus denkbar, dass wir davon binnen kurzem noch mehr sehen werden.
Nun ist zuzugeben, dass dieser ganze Prozess von Unsicher- heiten umwittert ist. Ob er sich fortsetzt und wie schnell, ist durchaus ungewiss. Es gibt für die Zukunft der sicherheits- politischen Lage auf der Welt nicht nur ein denkbares und mögliches Szenario. Und hier ist der Punkt, wo viele Beurtei- ler der Lage wohl zu einfach argumentieren, nach der einen oder nach der anderen Seite, indem sie nur ein Szenario sehen und zulassen wollen.
Dennoch gibt es gute Gründe, vor allem auch ökonomischer Art, um anzunehmen, dass sich die Lage genau in dem Sinne der letzten Monate weiterentwickeln kann. Es wäre unweise, aus einer Art von «negativem Wunschdenken» heraus anzunehmen; dass ein negatives Szenario allein rea- listisch sei, dass die Perestroika sowieso zum Scheitern
verurteilt sei und dass sich die Haltung des «kommunisti- schen Blocks» über kurz oder lang wieder verhärten müsse. Wir dürfen nicht, um unsere Armee zu rechtfertigen, eventu- ell überlebte Feindbilder quasi mit Gewalt noch am Leben erhalten wollen. Wenn es gute, vernünftige Gründe für das weitere Bestehen der Schweizer Armee gibt, so muss es diese auch dann geben, wenn das alte Feindbild verschwin- det. Und diese Gründe gibt es in der Tat! Allein die Unsicher- heit des Fortgangs, die Vielheit möglicher Szenarien, ist schon Grund genug.
Aber mehr noch: Die Schweiz hat bei diesem Fortgang, beim Aufbau des Vertrauens auf der Welt, selber eine Aufgabe zu erfüllen. Sie sollte sich dieser Aufgabe, einen Dienst für den Frieden zu leisten, nicht durch unbedachte Schritte entzie- hen; und das hat nun mit der Existenz unserer Armee zu tun. Wir müssen vor allem an den KSZE-Prozess denken. Das Hearing mit dem Schweizer Militärexperten bei der KSZE hat uns gezeigt, wie die Schweiz von den anderen KSZE- Staaten, insbesondere auch von den Blöcken, wahrgenom- men wird. Ich gebe einige dieser Gedanken hier wieder:
«Wir gelten als politisch und militärisch glaubwürdigster Neutraler Europas, dessen Stimme in der Gruppe der euro- päischen N+N-Staaten von so ausschlaggebendem Gewicht sei, dass ohne die Schweiz kein N+N-Vorhaben verwirklicht werden könne.»
Wir müssen wohl noch einen Schritt weiter gehen und sagen: Nicht nur ist ohne die Schweiz kein N+N-Vorhaben zu verwirklichen, sondern ohne die N+N-Staaten ist auch kein KSZE-Vorhaben zu verwirklichen. Denn die N+N als Gruppe, in ihrer Gesamtheit, haben immer wieder die Rolle des Vermittlers zu spielen, der einen Kompromiss und eine Konsenslösung schliesslich ermöglicht.
Und nun müssen wir uns überlegen, was dieser KSZE- Prozess schon zustande gebracht hat. Der europäische Kon- tinent starrt zwar immer noch von Waffen. Und doch ist Europa nicht mehr das «Pulverfass>> wie früher und wie noch zur Zeit der faschistischen Diktatoren. Im Gegenteil, Europa ist heute eine der sichersten Weltregionen gewor- den, wenn nicht die sicherste überhaupt. Es ist kaum vor- stellbar, dass ein neuer weltweiter Konflikt von Europa sei- nen Ausgang nimmt. Denn die europäischen Staaten haben gelernt, über die Blockgrenzen hinaus hart und zäh, aber geduldig und zivilisiert miteinander zu verhandeln, und das auf der ganzen Breite der Themen.
Darum ist Europa sicherheitspolitisch und friedenspolitisch zu einem Modell geworden, das in Variationen auch in anderen Weltregionen nachgeahmt werden könnte - z. B. in Zentralamerika (solche Vorschläge sind bereits erarbeitet worden) -, und warum nicht eines Tages auch im Nahen Osten ....?
Im europäischen Raum dürfte sich auch entscheiden, ob das, was die pazifistischen Sicherheitspolitiker auf der Welt anstreben und was das einzige realistische Mittel zur Siche- rung des Friedens darstellen würde, nämlich eben rein defensive Militärdoktrinen und eine entsprechende Umrü- stung und Rüstungskontrolle, eine Chance hat oder nicht. So leben wir, aufs Ganze gesehen, weltweit in einer schwie- rigen Uebergangsperiode, welche differenziertes Denken erfordert. Ein vielversprechender Anfang ist gemacht wor- den. Verschiedene günstige und weniger günstige Szena- rien sind aber noch denkbar. Darum muss jeder einzelne Schritt jetzt genau überlegt werden:
In seinem berühmten Vortrag «Politik als Beruf» hat seiner- zeit der grosse deutsche Soziologe und Sozialphilosoph Max Weber den seither vielzitierten Ausspruch getan:
«Die Politik bedeutet ein starkes, langsames Bohren von harten Brettern, mit Leidenschaft und Augenmass zu- gleich.»
Und was dieses Augenmass im besonderen betrifft, erklärte Max Weber im gleichen Vortrag, dieses sei «die entschei- dende psychologische Qualität des Politikers», nämlich «die Fähigkeit, die Realitäten mit innerer Sammlung und Ruhe auf sich wirken zu lassen, also: die Distanz zu den Dingen und Menschen».
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Diese klassischen Worte politischer Philosophie und Ethik stehen heute mit unverminderter Aktualität in Geltung, gerade auf dem Gebiete der Friedensherstellung und Frie- denssicherung.
Beweisen wir aber solches Augenmass, wenn wir als neutra- ler Staat - der anerkanntermassen niemanden bedroht und der genau die Armee mit defensiver Militärdoktrin besitzt, wie sie heute von pazifistischen Friedensforschern für alle Staaten gewünscht wird - ausgerechnet diese Armee abschaffen? Es gäbe wohl keine Regierung in Europa, weder im Ostblock noch im Westblock noch bei den Neutra- len, weder bürgerlicher noch sozialdemokratischer Partei- farbe, die darauf nicht mit etwelchem Befremden reagieren würde.
Die 35 KSZE-Staaten nehmen den KSZE-Prozess als einen Prozess, der zu Vertrauensaufbau, Sicherheit, Entspannung und Frieden führen soll, ernst. Sie nehmen ihn nicht auf die leichte Schulter, sie nehmen ihn ernst. Dieser Prozess ist im Gang und hat beachtenswerte Resultate gezeitigt. Aber das Friedensziel ist noch keineswegs gesichert. Misstrauen und Spannungen sind noch nicht endgültig überwunden, sonst würden ja die Teilnehmerstaaten nicht mit solcher Zähigkeit und Intensität daran arbeiten.
Am Vertrauensaufbau - es gibt nicht nur absolutes Ver- trauen oder absolutes Misstrauen auf der Welt, es gibt ein wachsendes Vertrauen - muss geduldig und hartnäckig gearbeitet werden - in Verhandlungen, welche darauf zie- len, dass ein besseres Gleichgewicht der Kräfte hergestellt wird -, und dies so sorgfältig, dass keine Nation mehr Anlass hat, sich in ihrer Sicherheit bedroht zu fühlen. Sollte ausge- rechnet die Schweiz sich aus dieser kollektiven Anstren- gung der Nationen für den Frieden zurückziehen oder ihr eigenes Mitsprachepotential einschneidend schwächen? Bisher ging es im KSZE-Prozess um sogenannte «vertrau- ens- und sicherheitsbildende Massnahmen». Vielleicht wird bald der Tag da sein - man ist in Wien dahin unterwegs -, wo echte Abrüstungsschritte zur Debatte stehen im Sinne eines Uebergangs zu rein defensiven Militärdoktrinen. Die Verhandlungen der KSZE nähern sich langsam dem Abrü- stungsstadium.
Auch in dieser Hinsicht waren uns die Ueberlegungen des schweizerischen Militärexperten bei der KSZE, Dr. Schärli, besonders lehrreich. Ich gebe einige seiner Gedanken wie- der: «Eine schweizerische Friedenspolitik, die nicht glaub- würdig dartun kann, dass durch eigene Verteidigungsfähig- keit der Friede im und um das eigene Haus gesichert werden kann, geht von nichts aus. Wir erfahren an der Aussenfront immer wieder, dass wir nur dann mitzugestalten und Ein- fluss zu nehmen in der Lage sind, wenn wir zu gemeinsa- men multilateralen Vorhaben beitragen können, indem wir Konzessionen verlangen oder anbieten, die auch uns betref- fen.» «Die Friedens- und Aussensicherheitspolitik ist analo- gen Bedingungen unterworfen wie z. B. die Wirtschafts- und Aussenwirtschaftspolitik. Wer nichts hat, wird nicht gehört, wer kein Potential vorweisen kann, wird nicht als Mitspieler anerkannt. Wer nicht beweisen kann, dass sein Mittelbe- stand auch betroffen wird, kann Mittellosigkeit nicht in Trümpfe ummünzen. Diesen Spielregeln können wir uns nicht einseitig entziehen». - Soviel zur Beurteilung der gegenwärtigen Lage.
Die Initiative zur Abschaffung der Schweizer Armee ist zwar pazifistisch gemeint, aber sie bildet im Sinne eines konse- quenten Pazifismus keinen realen Beitrag dazu - so die Meinung der Kommissionsmehrheit. Dabei verstehe ich unter dem Begriff «Pazifismus»: die konsequente, unausge- setzte, rationale Bemühung um Verhütung von Krieg und schliesslich die Abschaffung der «Institution des Kriegs» überhaupt mit allen realistischen Mitteln.
Die Initiative zur Abschaffung der Schweizer Armee entspringt eher einer an sich verständlichen gefühlsmässi- gen Ablehnung der Armee und alles Militärischen als einer wirklich pazifistischen Zielsetzung in diesem Sinn.
Zu denken, andere Staaten würden binnen kurzem das Beispiel der Schweiz nachahmen und in der Folge ihre Armeen auch abschaffen, das wäre helvetische Selbstüber-
schätzung, während das, was über die Rolle der Schweiz in der KSZE gesagt wurde, keine Selbstüberschätzung ist, sondern einer Realität entspricht, die man erfahren hat. Ich habe im Anschluss an den Philosophen Max Weber von «Leidenschaft und Augenmass» in der Politik gesprochen. Ich könnte Ihnen zu diesem Gedanken aber auch noch eine biblische Parallele geben, Matthäus 10,16, ein Wort Jesu: «Seid klug wie die Schlangen und ohne Falsch wie die Tauben.» Die Verfechter der Initiative sind vielleicht ohne Falsch wie die Tauben, aber klug wie die Schlangen sind sie - gemessen an der Komplexität der Lage und an den Impe- rativen des Friedens - nicht.
Es werden noch verschiedene andere Argumente von seiten der Initianten vorgebracht, wie etwa: nicht die Existenz unserer Armee sei es, die uns im Zweiten Weltkrieg vor einem deutschen Einmarsch bewahrt habe; es gebe die «soziale Verteidigung» als eine alternative Verteidigungs- form, auch ohne Armee; auch Costa Rica als neutraler Staat habe seine Armee abgeschafft; eine Armee sei überhaupt auf einem völlig inakzeptablen Glauben an die Gewalt auf- gebaut. Mit solchen Argumenten werde ich mich nötigen- falls im Rahmen der Debatte noch auseinandersetzen.
Auf die verschiedenen Minderheitsanträge hat der Herr Kommissionspräsident schon hingewiesen. Ich werde auf diese eingehen, wenn sie begründet worden sind.
Namens der grossen Mehrheit der Kommission - Sie haben es gehört: 17 gegen 2 Stimmen bei einer Enthaltung - ersu- che ich Sie, diese Volksinitiative Volk und Ständen zur Ablehnung zu empfehlen.
Zum Schluss noch dies: In der Kommission hatten wir eine lange, aber doch ruhige, mit «Leidenschaft und Augen- mass» geführte Diskussion, vor allem auch in einem Geiste der Respektierung des politisch Andersdenkenden.
Ich kann nur der Hoffnung Ausdruck geben, dass auch die Debatte in den Räten und später im Abstimmungskampf in solchem Geist geführt werden möge.
Wenn die Tatsache unserer bewaffneten Neutralität in den Kontext der heutigen Weltlage hineingestellt und dort gründlich von allen Seiten erwogen wird, sollte es tatsäch- lich nicht ganz unmöglich sein, nach langen Jahren offener oder verdeckter Polarisierung in Sachen Armee wieder zu einem breiten nationalen Konsens über unsere Sicherheits- politik zurückzufinden.
Hubacher, Sprecher der Minderheit I: Nach dem Szenario, wie es uns der Präsident vorgeschlagen und wie wir es genehmigt haben, geht es jetzt nur darum, zu Artikel 1bis unsern Minderheitsantrag und den Eventualantrag zu begründen. Ich werde mich kurz fassen.
Die Schweiz läuft Gefahr, das letzte Land in Europa zu werden, das die Zivildienstfrage irgendwann vielleicht doch noch lösen wird oder lösen muss. Es ist eine ungelöste Frage seit etwa 70 Jahren. Ich erinnere mich und werde es wohl nie vergessen: Als wir zum letzten Mal über Zivildienst/ Dienstverweigerer-Probleme diskutiert hatten, sprach mich nach dieser Debatte ein alter Mann aus Base an und erklärte: «Herr Hubacher, ich war vor 60 Jahren schon auf der Tribüne, und ich habe vor 60 Jahren die gleiche Debatte mit anderen Darstellern, aber mit den gleichen Argumenten mitverfolgen müssen. Wir sind in 60 Jahren keinen Millime- ter vorwärtsgekommen.» Daher muss ich wohl darlegen, worum es beim Zivildienst geht - unsere Fraktion ist zwar eben der Meinung, das Thema liege seit Jahrzehnten auf dem Tisch -:
Letzte Woche war der ungarische Staatsminister Pozsgay in Bern und hat uns gesagt, Ungarn werde ab nächstem Jahr einen Zivildienst einführen, und zwar einen sogenannten Zivildienst als Bautrupp in der Armee - das ist eine Art waffenloser Dienst - und einen sozialen Zivildienst, ohne jegliche Auflage: Gewissensentscheid in sozialer Funktion.
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Polen dasselbe. Sogar die Deutsche Demokratische Repu- blik - unsere Parlamentsdelegation, die kürzlich in der Deut- schen Demokratischen Republik weilte, kann das bestätigen - hat diese Frage gelöst. Es wird für die Schweiz langsam peinlich - sie bildet sich so viel auf Menschenrechte, auf Humanität ein -, dass es bis jetzt nicht möglich war, für Dienstverweigerer einen Zivildienst einzuführen.
Mit der Vorkommission «Entkriminalisierung», die die grosse Hoffnung sein soll, landen wir von Anfang an in einer Sackgasse. Es wird keine Lösung geben, weder für die Betroffenen - für sie geht diese zu wenig weit, sie bringt sogar Verschlechterungen - noch für verschiedene Rats-, zumindest verschiedene . Kommissionsmitglieder - sie haben offensichtlich auch vor diesem bisschen Entkriminali- sierung schon Angst.
Wir sind der Meinung, diese Initiative würde Gelegenheit bieten, dieses Problem endlich anzugehen und zu lösen. Aber nach 70 Jahren sollte es wirklich keiner weiteren Begründung mehr bedürfen.
Wir bitten Sie, diesem Antrag zuzustimmen.
Wir müssen leider damit rechnen, dass nicht alle bürgerli- chen Parlamentarierinnen und Parlamentarier die Einsicht aufbringen, einen Zivildienst gutzuheissen. Wir möchten ihnen Gelegenheit geben, sich einen zweiten Antrag anzuse- hen. Dieser geht davon aus - um es ganz banal zu sagen -, dass eine Landesverteidigung in einer zerstörten Umwelt überhaupt nicht mehr diskutiert werden muss. Was soll denn noch verteidigt werden?
Vor mir liegt die heutige Beilage «Forschung und Technik» der «Neuen Zürcher Zeitung». Unter dem Titel: «Die ver- schwundene, dahingeschlachtete Fauna» und dem Unterti- tel «Die Oekonomie der Vernichtung» wird sehr wissen- schaftlich, sehr brutal aufgezeichnet, wie die Natur, die Umwelt weltweit kaputtgemacht, den Profitinteressen geop- fert wird und dass die Folgen dieser Zerstörung auch uns kleine Schweizer treffen werden.
Vor mir habe ich einen Bericht des Bundesamtes für Umweltschutz über die Konferenz von Toronto (27. bis 30.6. dieses Jahres); teilgenommen haben 300 Politiker, Wissen- schafter und Industrievertreter. Die Schlussfolgerungen die- ses Berichtes: «Die Menschheit führt gegenwärtig ein enormes, unbeabsichtigtes, sich global auswirkendes Expe- riment durch, dessen schlussendliche Folgen nur noch durch einen globalen Atomkrieg übertroffen werden könn- ten. Schadstoffe, die durch die menschlichen Aktivitäten, verschwenderischen Verbrauch von fossilen Brenn- und Treibstoffen sowie durch das starke Bevölkerungswachs- tum bedingt sind, verändern die Erdatmosphäre in einem bisher noch nie dagewesenen Mass. Diese Veränderungen stellen eine Hauptbedrohung der internationalen Sicherheit dar und haben bereits nachteilige Folgen in verschiedenen Teilen der Welt.»
Unser Eventualantrag will folgendes: Ueberlegen Sie ein- mal, mit wieviel Einsatz die militärische Landesverteidigung finanziert, organisiert und personell dotiert wird; vergegen- wärtigen Sie sich diese Strukturen, die da geschaffen wer- den, diese ständigen Uebungen - es gibt ja kaum ein zweites europäisches Land mit soviel Militär ständig im Einsatz wie das unsrige. Wenn man nur die Hälfte dieses Aufwandes für die Umweltpolitik einsetzen würde, könnte die Schweiz, statt immer ihre Angst vor den «bösen Russen» zu kultivieren, an internationalen Konferenzen einmal sagen: «Wir setzen 300 Millionen Franken gegen die Zerstörung von Tropen- wäldern ein; wir helfen diesen armen Ländern, damit sie nicht Wälder kaputtmachen müssen, die unser Klima dann auch betreffen.» Statt dessen aber denkt die Schweiz immer nur militärisch. Aus diesem Grund sollte man nicht nur von Landesverteidigung sprechen, sondern auch von Landver- teidigung. Ohne Land gibt es nämlich auch keines mehr zu verteidigen!
Wir bitten Sie, auch dem Eventualantrag zuzustimmen.
Braunschweig, Sprecher der Minderheit II: Um kein Miss- verständnis aufkommen zu lassen: Ich sage ja zu dieser
Volksinitiative und damit auch ja zur Abschaffung der Armee. Ich glaube nicht mehr an die Armee.
Trotzdem habe ich einen Gegenvorschlag unterbreitet, weil ich denke, darüber könnte man besser diskutieren. Die Initiative «Schweiz ohne Armee» weist einen grossen Man- gel auf. Die umfassende Friedenspolitik ist nicht formuliert, nicht konkretisiert. Mein Gegenvorschlag ist ein Beispiel dafür, wie Friedenspolitik konkretisiert werden könnte. Vor der Begründung erwähne ich fünf ausgewählte Argumente, weswegen ich zur Armee nein sage.
Das erste Argument: Die Armee kann den Schutz der Bevöl- kerung nicht mehr gewährleisten. Sie erweckt für unsere Bevölkerung Illusionen. Sie ist auch tatsächlich zuerst auf unser Staatsgebiet und nicht auf den Schutz der Bevölke- rung ausgerichtet.
Das zweite Argument: Ich habe noch nie behauptet, unser Land würde einen Angriffskrieg führen. Eine andere Frage beschäftigt mich: Die hohen Bundesausgaben für die Armee, die wir jedes Jahr bewilligen, sowie die Aufwendun- gen, die durch Kantone, Private, Privatwirtschaft und andere erbracht werden, könnten ganz anders gebraucht werden. Beispielsweise - gemäss Uno-Berechnungen -, um von 30 Millionen hungernden Menschen in der Welt 10 Millionen zu ernähren und zu retten. Wir könnten jedes Jahr 10 Millio- nen Menschen am Leben erhalten: das würde viel weniger Bitterkeit, weniger Aggressionen und dafür mehr Entspan- nung und Menschlichkeit bedeuten. Das ist eine moralische Frage, die wir alle beantworten müssen.
Unsere Aengste und unser Sicherheitsbedürfnis - wenn nicht gar unseren Sicherheitswahn - bezahlen wir mit einem hohen Preis. Wir bezahlen ihn mit Geld, die Betroffenen ihn mit dem Leben. Das ist die Frage, die sich für mich und für uns alle stellt. Ich beantworte sie gegen die Armee.
Das dritte Argument: Die Armee hindert uns an vielen inter- nationalen Engagements. Wenn ich an die Friedensfor- schung und ein Institut des Bundes denke, sind wir nicht zufällig nicht an der Spitze, sondern weltweit ganz hinten. Ebensowenig ist unsere Ablehnung der atomwaffenfreien Zonen ein Zufall, immerhin ein Diskussionsbeitrag, der bei uns aufgenommen werden könnte. Typisch in jüngster Zeit unser Verhalten im KSZE-Prozess: Wir sind von einer initiati- ven Position in eine Bremserfunktion geraten. Wir haben in Stockholm kleinliche und ängstliche Vorbehalte ange- bracht, in Wien sind wir abseits gestanden, und in Zukunft wird die Kluft zu anderen Ländern noch grösser werden. Das vierte Argument: Wir sprechen in diesem Jahrhundert von der kollektiven Sicherheit und in neuerer Zeit von einer partnerschaftlichen Sicherheit, d. h. von der Idee, es gebe nicht mehr Sicherheit für das einzelne Land, sondern wir könnten nur noch Sicherheit finden, wenn wir auch den möglichen Gegner, den andern, in unsere Sicherheitsbe- dürfnisse miteinschliessen.
Demgegenüber ist die Armee auf die nationale Sicherheit ausgerichtet, und wir können den Diskussionen, die im Ausland sehr intensiv stattfinden, kaum mehr folgen. Das militärische Denken führt uns mehr und mehr in die Isola- tion.
Schliesslich das letzte, das fünfte, konkrete Argument: Ich begrüsse auf der einen Seite den Bericht des Bundesrates zur Friedens- und Sicherheitspolitik, aber andererseits könnten wir in volkerrechtlicher Hinsicht mehr tun und wagen. Ich denke an den Schutz verfolgter Völker, von Minderheiten und Einheimischen, den ich kürzlich in einem Postulat aufgeworfen habe. Wir könnten in unserer Aussen- wirtschaftspolitik mehr Risiken eingehen, allenfalls auch einmal auf ein Geschäft verzichten. In der internationalen Zusammenarbeit, in ökologischen, kulturellen und anderen Bereichen könnten wir wesentlich mehr leisten.
Ich komme zur Idee des Rüstungsmoratoriums, auch das als konkreter Beitrag zu einer Friedenspolitik.
Es ist nicht zufällig, dass wir heute in vielen Bereichen von einer Warteposition sprechen: Gentechnologie, Atomener- gie, Nationalstrassenbau, Asylwesen usw. Wir haben erlebt: Entwicklungen sind uns über den Kopf gewachsen oder sind uns zur Bedrohung geworden. Um von heute auf mor-
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gen nein zu sagen, wären Sachzwänge und Eigengesetzlich- keit zu gross. Die Idee des Moratoriums ist ein Ausweg. Einmal eine Atempause, ein Marschhalt, eine Denkpause. Einige Jahre überlegen: Sind wir eigentlich auf dem richti- gen Weg, gibt es nicht Varianten, Alternativen oder andere Zielrichtungen?
Mit dem Gegenvorschlag des Rüstungsmoratoriums soll die Rüstungsspirale, in die auch unser Land einbezogen ist, gebremst oder unterbrochen verden. Das heisst aber nicht nichts tun, sondern aktiv sein, sich anderen Fragen zuwen- den, Distanz gewinnen, überdenken, wohin die Reise geht. Die Ausgangslage ist gerade heute günstig, weil wir in einer Phase der Entspannung leben: Diese Zeitspanne ist aus zwei Gründen besonders eindrücklich. Es ist eine Entspannung zwischen den Weltmächten. Dabei denke ich auch an die Stabilisierung zwischen der Sowjetunion und China. Und es ist gleichzeitig eine Entspannung, die dazu geführt hat, lokale Konflikte entweder zu lösen, einzudämmen oder zu unterbrechen: auf Zypern (Türkei/Griechenland), in Nord- afrika (Marokko/Saharauis), im südlichen Teil von Afrika (Namibia, Südafrika, Kuba), in den Golfstaaten (Iran/Irak). Das können wir zur Kenntnis nehmen, und wir sollten es mit Erleichterung, Freude und Hoffnung zur Kenntnis nehmen. Diese gute Entwicklung ist nicht in erster Linie moralisch begründet, sondern wirtschaftlich, technologisch, finanziell beinahe erzwungen. Die verantwortlichen Staatsmänner waren deswegen von ihren bisher sturen Auffassungen abgewichen und zu Kompromissen bereit.
Aber ich muss sogleich das andere auch sagen: Es kann Rückschläge und Niederlagen geben. Wir müssen damit rechnen. Alles andere wäre fern der Wirklichkeit. Ich rechne eindeutig und klar mit einer gebrochenen Entwicklung! Das müssen wir einsehen. Aber wir müssen auch etwas wagen. Was ich Ihnen vorschlage, ist ein Wagnis. Aber wenn Sie behaupten, die militärische Landesverteidigung sei kein Wagnis, würde uns reale, sozusagen hundertprozentige Sicherheit bieten, dann wissen wir alle, dass das eine Lüge ist. Heute müssen wir entscheiden, welches Wagnis wir eingehen wollen. Ich schlage Ihnen das Rüstungsmorato- rium vor, beschränkt auf 15 Jahre, auf eine einzige Beschaf- fungsgeneration. Wir wären also während einer gewissen Zeit nicht à jour, wie wir es bisher waren, aber wir waren ja nie völlig à jour. Wir hatten nie die allerneusten Waffen bekommen. Und jeder Schweizer Soldat weiss sehr genau: der Gegner ist uns überlegen, er ist uns in der Luft überle- gen, er ist uns auf dem Lande mit den Panzern überlegen, er ist dem Kleinstaat in jeder Beziehung überlegen. Dessen ist sich jeder Schweizer Soldat bewusst. Erst recht wissen es die Frauen. Es verändert sich grundsätzlich nichts, aber das Risiko gebe ich ohne weiteres zu.
Der Vorwurf, wir würden damit vorprellen, ist längst nicht mehr richtig. Bereits haben viele Staaten einen Streitfall aufgegeben, sie haben etwas unternommen, einen Verzicht geleistet und eine Prestige-Einbusse in Kauf genommen. Jetzt sollten wir auch einen Verzicht erbringen. Das Rüstungsmoratorium wäre ein Beitrag.
Was geschieht nach 15 Jahren? Nach 15 Jahren hat sich vielleicht die internationale Lage verschlechtert. Dann müss- ten wir wieder neue Wege suchen und neue Ideen ausden- ken, wie schon oft. Vielleicht aber hat sich die Lage in der Zwischenzeit weiterhin verbessert. Dann könnten wir dieses Moratorium verlängern. Vielleicht wird es uns aber im Rah- men des KSZE-Prozesses sogar gelungen sein, auch andere Staaten dafür zu gewinnen. Das Moratorium wäre auch international vertieft und ausgeweitet worden; dann könn- ten wir erst recht auf diesem Weg weiterschreiten. Das Risiko scheint mir erträglich und verantwortbar zu sein. Wir sollten den Mut zu diesem Wagnis haben.
Mein Vorschlag ist diskutabel, ist vernünftig. Im einzelnen · könnte man darüber noch sprechen. Ich erfülle damit die Forderung von Herrn Heinrich Ott: Dieser Vorschlag ist nicht nur sanft wie die Tauben, sondern auch klug wie die Schlangen.
M. Rebeaud: Je vous propose un autre contre-projet à l'initiative. Je vous en rappelle la teneur, elle est assez simple. Ce contre-projet reprend mot pour mot le texte du troisième alinéa de l'article 17 de l'initiative qui dit: «La Suisse mène une politique globale de paix qui renforce l'autodétermina- tion du peuple tout en favorisant la solidarité entre les peuples.». C'est donc une partie de l'initiative qui est pré- sentée comme contre-projet à l'ensemble de celle-ci. Les initiants veulent favoriser la paix en supprimant l'armée suisse et en incitant la Confédération à faire davantage en matière de promotion de la paix dans le monde. La majorité de la commission considère qu'il est possible de promou- voir la paix dans le monde sans supprimer l'armée suisse. Je partage cet avis avec une petite nuance: si je vote «non» à cette initiative ce n'est pas parce que j'estime, comme semble nous l'indiquer le message du Conseil fédéral, que tout va bien dans la meilleure des armées possible - le système de défense, tel qu'il fonctionne en Suisse est extrê- mement critiquable. Simplement, l'initiative ne dit: pas qu'il faut améliorer le système de défense, elle nous propose la suppression de l'armée et elle interdit à la Confédération, aux cantons, aux communes et aux groupes privés d'organi- ser quoi que ce soit en matière de défense armée. Ceci me semble aller trop loin. Il n'y a plus de réforme possible, il y a un abandon définitif de toute possibilité d'exprimer même notre volonté de défense au cas où l'intégrité de la Suisse serait menacée par une armée étrangère. Ceci est: inaccep- table.
En revanche, il serait difficile de comprendre que les auto- rités - c'est-à-dire nous - et le peuple, ne soient pas d'ac- cord d'inscrire dans la constitution la partie positive de l'initiative, celle qui nous demande de nous efforcer au plus haut niveau et avec intensité de promouvoir la paix dans le monde, comme le demande l'alinéa 3 de l'initiative.
J'aimerais faire une petite remarque à propos des relations affectives et quasi familiales auxquelles M. Leuba a fait allusion tout à l'heure entre le peuple et l'armée suisse. Il y a eu des moments dans notre histoire où le peuple suisse était un peuple en armes et où - pour reprendre les termes de Mao Tse-Toung - l'armée suisse était dans le peuple comme un poisson dans l'eau. Je crois que depuis longtemps ce n'est plus le cas. Dans les relations actuelles entre le peuple et l'armée il y a des difficultés profondes qui vont s'accrois- sant du fait que le fonctionnement hiérarchique de l'armée - dont M. Leuba tout à l'heure nous a rappelé les caractéristi- ques - correspond de plus en plus mal à l'évolution des moeurs et à l'évolution des valeurs dans la société. Je pense qu'il serait souhaitable non pas de supprimer l'armée, mais de la réformer en profondeur du point de vue de l'adéqua- tion à la motivation des citoyens.
Qu'est-ce qui empêcherait le peuple suisse d'approuver l'introduction dans la constitution d'un article disant que la Suisse fait des efforts dans le sens de la promotion de la paix dans le monde, comme le propose mon contre-projet? Je ne vois guère de raison, sinon celle invoquée par le Conseil fédéral à propos de cette partie de l'initiative, qui consiste à dire que c'est un truisme: on est bien d'accord avec cette proposition mais on considère qu'il n'est pas nécessaire de l'inscrire dans la constitution, parce qu'elle va de soi.
En fait de truisme, il y a des choses qui vont de soi et d'autres qui vont encore mieux si on les exprime. Et si l'on veut parler de truismes il y en a beaucoup d'autres dans la constitution. Je citerai l'article 31bis qui dit, par exemple: «Dans les limites de ses attributions constitutionnelles - cela va de soi - la Confédération prend des mesures propres à augmenter le bien-être général et procurer la sécurité économique des citoyens.» La Confédération le fait, l'a toujours fait. On aurait pu aussi dire qu'il s'agit d'un truisme et qu'il n'y a pas lieu de l'inscrire dans la constitution. Il y figure pour marquer que c'est une tâche permanente à laquelle, non sans solennité, la Confédération doit se tenir pour l'éternité, pour autant que l'éternité soit humaine.
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1719
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
L'article 31quinquies, alinéa 4, stipule : «La Confédération tient compte des disparités dans le développement écono- mique des diverses régions du pays.». Encore un truisme. On aurait pu dire que cela va de soi, et pourtant cet article figure pour indiquer que cela fait partie des piliers perma- nents de la politique intérieure suisse. Comme dernière citation - je ne veux pas trop allonger - je relèverai encore l'article 34quinquies qui dit: «La Confédération, dans l'exer- cice des pouvoirs qui lui sont conférés, et dans les limites de la constitution, tient compte des besoins de la famille.» Quel beau truisme! Et pourtant il est dans la constitution, parce que nous voulons marquer aussi, comme pour les autres sujets, que c'est une tâche permanente à laquelle se voue la Confédération, quels que soient les aléas de l'histoire.
Eh bien, je crois que la mission qui a connu un début d'accomplissement grâce aux derniers efforts du Conseil fédéral et de la Confédération en matière de promotion de la paix dans le monde mérite, elle aussi - qu'il s'agisse d'un truisme ou non - de figurer dans notre Constitution fédérale. Cette constitution comporte au moins dix articles sur la défense nationale, sur la défense armée. L'article 2 de notre constitution fait mention de l'étranger et du devoir de se défendre contre l'étranger. Sur la promotion de la paix dans le monde, nous pourrions nous permettre d'ajouter deux lignes à cet article 2, en indiquant que notre défense contre l'étranger est complétée, de manière cohérente et complé- mentaire, par une politique de promotion de la paix dans le monde.
Peut-être y aura-t-il des objections juridiques, fondées sur le rapport de l'Office fédéral de la justice, selon lequel il n'y a pas de commune mesure entre l'initiative et le texte que je vous propose, ou que leurs objectifs sont différents, ce qui exclut de le constituer en tant que contre-projet. J'aimerais vous faire remarquer à ce sujet que l'unité de la matière de l'initiative a été reconnue par la commission et par le Conseil fédéral. L'initiative demande deux choses: l'abolition de l'armée et une politique active de paix. L'unité de la matière étant reconnue, il ne peut pas y avoir de contradiction entre les deux objets. Ce que je vous propose, c'est que l'Assem- blée fédérale reprenne à son compte un des aspects de l'initiative qui n'est pas contesté quant au fond et, étant donné qu'il n'y a pas contradiction entre les deux parties de l'initiative, nous donnerons partiellement satisfaction aux auteurs de l'initiative. Ce serait assez élégant, et politique- ment habile, que de procéder de cette manière.
Je le disais tout à l'heure, il y a des problèmes entre une partie de la population suisse, notamment les signataires de l'initiative - qui sont quand même plus de cent mille - et l'armée telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. Nous avons donc la possiblilité soit de créer les conditions d'un plébis- cite de l'armée et d'un écrasement des gens soucieux de poser des questions essentielles, soit de reconnaître que notre sécurité dépend largement des efforts que nous fai- sons pour promouvoir la paix dans le monde en acceptant de proposer, comme contre-projet, la partie «positive» de l'initiative. C'est ce que je vous propose. Je terminerai par une citation tirée du rapport du Conseil fédéral sur la politi- que de paix et de sécurité (postulats Muheim et Pini) qui, je le signale, est plus substantiel, beaucoup plus objectif et général, et politiquement plus intelligent que la partie du message consacrée à ce chapitre: «La paix n'est pas la trêve. Elle représente davantage que le simple silence des armes et la destruction des arsenaux. Il ne saurait y avoir de vraie paix tant que les hommes sont poursuivis pour leurs croyances, leurs opinions politiques ou discriminés par leur appartenance à une race. Il n'y a pas non plus de paix quand des hommes meurent de faim ou vivent dans l'injustice sociale» (cf. page 3 du rapport). C'est assez exactement la promotion de cette paix, définie dans le rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité, que se propose d'inscrire dans notre constitution la suggestion de contre-projet. C'est la raison pour laquelle je vous demande de la soutenir.
M. Ziegler, porte-parole de la minorité II: Je défends la pro- position de minorité Il qui suggère d'accepter l'initiative. J'ai
agi de même en commission. Ma proposition figure dans le dépliant. Un délai de dix minutes est peu pour argumenter sur une problématique aussi complexe.
Je fais une remarque préliminaire. Je voudrais exprimer - j'espère au nom de tous - mon respect et ma gratitude au groupement qui a lancé cette initiative. Ces jeunes et moins jeunes, chrétiens, marxistes, anarchistes, social-démocrates et libres-penseurs, de toutes les origines et de toutes les religions, de toutes les familles politiques nous confrontent ce matin aux véritables problèmes de notre pays, aux vraies perspectives de la Suisse.
Quelle est la mission de la Confédération helvétique dans le monde, notamment dans le tiers monde ? Qu'est-ce qu'une défense nationale crédible? Qu'est-ce que la sécurité des peuples qui vivent sur notre continent?
Peu importe le résultat de cette initiative en votation popu- laire l'année prochaine, mais je crois qu'un immense pro- grès a été accompli dès aujourd'hui. Il s'agit de contrôler et de rendre transparente la bureaucratie galonnée, cet Etat dans l'Etat, ce pouvoir occulte, non contrôlé ni par le Parle- ment ni par le peuple, puisque le référendum sur les dépenses a été rejeté, ce pouvoir que constitue. l'appareil industrialo-militaire dans ce pays et dont M. Koller n'est que le porte-parole.
J'émettrai six remarques concernant ma proposition. Les trois premières se réfèrent aux chiffres 2 et 3 du message. Premièrement, le déséquilibre budgétaire me choque. On ne peut pas défendre un pays qui ne vit pas quotidiennement son unité. Vous savez que nous dépensons toutes les années 5,2 milliards de francs pour l'armement et l'appareil militaire. Mais depuis sept ans, la Confédération a biffé 4 milliards de francs de subventions aux caisses-maladie et les cotisations augmentent d'une façon astronomique. En Suisse la rente AVS est scandaleuse, tout le monde le sait. I! n'est pas possible de vivre, par exemple à Genève, avec une rente AVS simple de 1290 francs au maximum. La dixième révision n'apporte pas d'améliorations substantielles. Lors- qu'on a un tel déséquilibre budgétaire, on est en droit d'exiger la restructuration du budget fédéral. Il faut refuser les crédits militaires, jusqu'au jour où la Confédération mènera une politique de sécurité sociale digne d'un peuple civilisé.
Deuxièmement, en 1975, M. Graber, conseiller fédéral, a signé l'Acte final d'Helsinki avec 34 autres nations. De ce document est issu la Conférence sur la sécurité et la coopé- ration en Europe qui siège à Vienne et dont la Suisse est membre. Dans son message, le Conseil fédéral prétend que notre pays travaille pour le désarmement. M. Koller excusera le terme que j'utilise, mais j'affirme que c'est un mensonge. Je peux vous prouver que, séance après séance, le chef de la délégation suisse a voté contre les propositions de désar- mement. Il s'est opposé au corridor non nucléaire en Europe, au corridor non chimique et à l'interdiction des armes nucléaires dites de champ de bataille. Il a voté systé- matiquement, parfois tout seul, contre les propositions qui, très souvent, émanaient des Etats neutres qui nous sont proches comme la Suède, la Finlande ou l'Autriche. Vous ne travaillez pas en faveur du désarmement, vous travaillez pour le maintien du lobby militaire en Europe et, par consé- quent, en faveur d'un monde que je ne peux pas accepter. Troisièmement, les accords d'Helsinki obligent le Conseil fédéral à contrôler les exportations d'armes et à les réduire. Vous ne le faites pas. Vous savez, comme moi, que les Pilatus Porter achetés par le régime terroriste irakien - et qui bombardent aux gaz toxiques les villages kurdes en faisant des milliers de victimes - ont été livrés par une fabrique suisse de Stans appartenant à Bührle. Vous savez que des Pilatus Porter et des mitrailleuses de Bührle sont utilisés par le régime terroriste du Guatemala contre les paysans et la guérilla. Vous savez que Bührle a le plus grand complexe de fabrication d'armes d'Argentine, mais que la facturation, le marketing et la planification se font à Zurich. Vous pourriez donc très bien soumettre le complexe de Buhrle Buenos Aires à la loi. Vous répondez toujours que nous avons les dispositions sur les exportations d'armes les plus dures et
Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
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7 décembre 1988
les plus strictes en Europe. Il faudrait simplement les appli- quer. Or, tel n'est pas le cas.
Je passe maintenant aux trois autres remarques qui concer- nent la deuxième partie de l'initiative (« .... pour une politique globale de paix»). Là aussi, j'aimerais réfuter, l'un après l'autre, les arguments qui nous sont présentés dans le message.
François-René, comte de Chateaubriand, écrivait il y a plus de cent ans: «Neutres dans les grandes révolutions qui les environnaient, les Suisses s'enrichirent des malheurs d'au- trui et fondèrent une banque sur les calamités humaines.» Chateaubriand n'était pas un socialiste, ni même un démo- crate. C'était même un conservateur assez obtus. Ce qu'il disait de la Suisse il y a 120 ans est malheureusement vrai aujourd'hui.
Vous nous dites que la Confédération a répondu favorable- ment à M. Perez de Cuellar - c'est l'argumentation du chif- fre 412 - et que nous allons participer aux efforts de main- tien de la paix des Nations Unies en Namibie, au Sahara occidental, etc. Permettez-moi de vous dire à ce propos que ce n'est pas vrai. Vous savez comme moi que la Suisse fournit pour la Namibie 180 infirmières et médecins et 52 civils pour la surveillance de la votation au Sahara occi- dental, tandis que les Etats neutres d'Europe mettent à disposition des contingents de troupes, c'est-à-dire des cas- ques bleus qui risquent leur vie en s'interposant entre les deux fronts.
Ces neutres font du «peace keeping» (maintien de la paix). Aujourd'hui, les Nations Unies patronnent 17 opérations de ce type, de Chypre au Liban du sud et ailleurs. Si vous m'aviez dit: «nous agirons de cette manière», j'aurais répondu: «enfin, c'est sérieux, quelque chose bouge au Palais fédéral». Mais tel n'est pas le cas.
Je pourrais prendre n'importe quelle mesure décrite au chiffre 42 et constater qu'elle est soit fictive, soit de peu d'importance pratique et bien au-dessous de ce que font tous les autres Etats neutres avec lesquels nous sommes liés en Europe.
Ma seconde remarque sur cette deuxième partie de l'initia- tive concerne nos rapports avec les pays du tiers monde. Nous sommes le deuxième pays le plus riche de la terre, tout de suite derrière les Emirats arabes unis (cf. Annuaire 1987 de la Banque mondiale). Parmi les dix-huit pays de l'OCDE, nous sommes le seul à avoir un bilan commercial excéden- taire avec les cent vingt-deux pays dits du tiers monde. Tout le monde sait que le secret bancaire abrite des milliards de narco-dollars et de capitaux en fuite du tiers monde. Les meilleurs clients de nos philanthropes de la Bahnhofstrasse de Zurich sont les pires tyrans du monde: Mobutu, Marcos, Hassan II, etc. L'oligarchie multinationale bancaire suisse est le deuxième investisseur étranger en Afrique du Sud. Même la SWISSAIR a augmenté de plus de 50 pour cent en deux ans son offre de places sur les vols Zurich-Johannes- burg et Genève Johannesburg. La majorité de ce Parlement ratifie une politique de mort, d'exploitation et de domination vis-à-vis du tiers monde, c'est-à-dire une pratique de la loi de la jungle qui n'est pas tolérable.
Je fais une dernière remarque. Lors des terribles bombarde- ments américains sur Hanoï, à Noël 1972, Maurice Duverger, professeur de droit constitutionnel à la Sorbonne, a écrit un article important dans le journal Le Monde. Il disait: «Voici la plus grande démocratie du monde qui pratique le fascisme extérieur.» C'est vrai. C'est aussi vrai pour la Suisse. La Suisse est une véritable démocratie sur 42 000 kilomètres carrés de territoire national. Les droits de l'homme y sont respectés, ainsi que la séparation des pouvoirs. Vous êtes délégués par le truchement du vote secret instauré par le peuple suisse. Mais, à l'extérieur de nos frontières, nous pratiquons le fascisme, la loi de la jungle, la loi du plus fort et le mépris du faible. Or, les valeurs qui sont à la base de notre démocratie sont potentiellement universelles. Si leur respect s'arrête à la frontière nationale, elles meurent. Je suis persuadé que la lutte pour une politique globale - comme le stipule l'initiative - nouvelle, de paix, de sécurité et d'entraide dans le monde est en même temps celle pour la
défense de ce qui nous reste comme démocratie cans notre pays. Pour l'instant, dans l'empire colonial helvétique, le soleil ne se couche jamais. La politique que l'initiative vous demande de mener désormais mettra fin à ce dernier et nous ramènera à la mission séculaire d'entraide, de complé- mentarité et de réciprocité que la Suisse a autrefois prati- quée avec les peuples alentour et lointains.
En conclusion, pour la première fois depuis très longtemps, nous avons l'occasion de mettre au pied du mur cette bureaucratie galonnée, cet Etat dans l'Etat, et ces intérêts occultes qui dominent le pays, qui lui imposent inconsciem- ment une politique inhumaine. Nous pouvons la rendre transparente, la contrôler et la discuter à la lumière d'une votation populaire. Ce sont les raisons pour lesquelles je vous demande d'accepter la proposition de minorité et de voter oui à l'initiative.
Dünki: Hans Oester, unser Vertreter in der vorberatenden Kommission, ist nicht stocksauer, sondern stockheiser. Er hat mich deshalb gebeten, hier ans Mikrophon zu treten und Ihnen sein Votum zur Kenntnis zu bringen. Ich danke für Ihr Verständnis.
Die LdU/EVP-Fraktion ist mit den Initianten einig im Bestre- ben, die Auseinandersetzung mit ihrer Initiative fair und auf anständigem Niveau zu führen. Der grösste Patriot ist ja nicht der, der den Initianten am gröbsten an den Karren fährt. Ein polarisierender Schlagabtausch nützt niemandem, am allerwenigsten dem politischen Klima. Brücker gilt es zu bauen, nicht möglichst tiefe Gräben aufzureissen. Freuen wir uns, in einem Lande zu leben, in dem man eine so extreme Forderung erheben darf und in dem das Volk die Möglichkeit hat, in aller Freiheit sogar über eine Initiative zu entscheiden, der grösste rechtliche Bedenken entgegenge- halten werden können.
In der Sache kann unsere Fraktion den Initianten nicht folgen. Wir lehnen die Initiative ab. Damit sprechen wir niemandem das Recht ab, Utopien zu entwickeln. Aber da, wo es um die Existenz eines Volkes und seines freiheitlichen Staatswesens geht, verbietet es der Verstand, so hoch zu pokern, wie es die Initianten tun.
Das Herausbrechen der Armee aus unserer Sicherheitspoli- tik liesse sich nur verantworten, wenn sich die Welt radikal geändert hätte und wenn der Gewinn nachweisbar höher wäre als die Risiken. Beide Voraussetzungen sind leider nicht erfüllt. Für mich geht es heute primär um die Beant- wortung zweier Grundfragen:
Kann die kleine Schweiz überhaupt eine aktive Friedens- politik betreiben?
Wenn ja, schliesst engagierte Friedenspolitik eine starke militärische Landesverteidigung aus, oder ist diese umge- kehrt gar die Voraussetzung für eine friedensförde 'nde Aus- senpolitik?
Ausgangspunkt sollen einige Aussagen sein, die die Initian- ten bzw. Befürworterinnen einer Abschaffung der Armee anlässlich der Hearings in der Kommission gemacht haben. Eine Armee als Sicherheitsinstrument kultiviere Feindbilder und bedeute Erziehung zum Krieg. Sie sei eine fundamental undemokratische Institution, ein Herrschaftsinstrument, das patriarchalische, hierarchische und überdies frauenfeindli- che Strukturen zementiere. Die Initiative sei ein Aufstand der Vernunft gegen rücksichtslose Männlichkeit. Militärische Verteidigung und Zivilschutz seien heute eine reine Illusion. Geschichtliche Rückblenden seien irreführend, für uns heu- tige Menschen irrelevant. Empirisch sei belegt, dass die Wehrhaftigkeit der Schweiz den Frieden in der Welt nicht gefördert habe. Die Abschaffung der Armee sei kein Ver- stoss gegen völkerrechtliche Verpflichtungen. Deren Beibe- haltung hingegen sei ein Bekenntnis zum Gewaltglauben und mache die Beteuerungen, Frieden zu schaffen, un- glaubwürdig.
Wäre dem so, müsste man der Initiative wohl zustimmen. Allein, es gibt auch eine ganz andere, von den beiden sicherheitspolitischen Experten Dr. Schärli und Prof. Ga- steyger mit Fakten und Erfahrungen belegte Sicht der Dinge. Insbesondere gilt es einzusehen, dass nicht das
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entscheidend ist, was wir selber meinen und wie wir uns selber sehen. Entscheidend ist vielmehr, wie die anderen unsere wehr- und friedenspolitischen Bemühungen sehen, wie das Ausland unsere Sicherheitspolitik aufnimmt und beurteilt. Entscheidend ist weiter, welche Faktoren in den internationalen Beziehungen von Belang sind.
Aus dieser realitätsbezogenen Optik ist mit Nachdruck fest- gestellt worden, dass die Schweiz als militärisch und poli- tisch glaubwürdigster neutraler Staat Europas gilt, der nie- manden bedroht.
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Zentral erscheinen mir folgende Aussagen der Sachverstän- digen: Wer kein Machtmittel habe, werde bei internationalen Verhandlungen nicht gehört und nicht als Mitspieler aner- kannt. Man messe unsere Position am militärischen Poten- tial, das wir in die Waagschale werfen können. Eine schwei- zerische Friedenspolitik, die nicht glaubwürdig dartun könne, dass der Friede im eigenen Haus durch Verteidi- gungsfähigkeit gesichert werden könne, gehe von nichts aus. Sogar die Beteiligung an friedenssichernden Aktionen der Uno setze militärische Mittelbestände und militärisch Ausgebildete voraus. Unter dem Stichwort «Begrenzung der Handlungsfreiheit in der Aussensicherheitspolitik» gab man uns wörtlich folgendes zu bedenken: «Jedermann wüsste nach einer Annahme der Initiative, dass wir die Armee als unser wichtigstes Verhandlungsunterpfand aus der Hand gaben. Aussensicherheitspolitische und friedenspolitische Initiativen wären der Rechtfertigung und des Hauptinstru- mentariums beraubt. Im Hinblick auf die anstehenden Rüstungskontrollen und Abrüstungsverhandlungen würde uns die Legitimation zur Mitwirkung genommen, und dies in einer Zeit, wo keinerlei äusserer Abrüstungs- und Reduk- tionsdruck auf die Schweiz ausgeübt wird. Die eigene Vor- leistung würde keine Gegenleistung mehr erwirken.» Das wären also - bei Licht betrachtet - die fatalen Folgen einer Schweiz ohne Armee. Alle wären dabei Verlierer, und das wollen wir nicht.
Die Initianten wollen allerdings nicht nur die Armee abschaf- fen, sondern sie durch eine umfassende Friedenspolitik ersetzen. Das Ziel ist durchaus edel, aber die Forderung rennt schon recht weit geöffnete Türen ein. Dabei muss man allerdings jener Vertreterin der Frauen für den Frieden recht geben, die in der Kommission festgestellt hat, dass sich im allgemeinen Bewusstsein mit einer umfassenden Friedens- politik noch kaum konkrete Vorstellungen verbinden. Es ist darum zu hoffen, dass wir von Befürworterseite hier und heute noch Konkretes hören werden. Viel zuwenig bekannt ist aber auch der ausgreifende Teil unserer heutigen Sicher- heitspolitik. Wer hat schon den Ueberblick über alle diesbe- züglichen Anstrengungen des Bundesrates? Weiss man im Volk, dass an der ETH Zürich vor zweieinhalb Jahren eine Forschungsstelle für Sicherheitspolitik und Konfliktanalyse geschaffen worden ist? Weiss man, dass seit zwei Jahren am IUHEI in Genf, «Institut universitaire de Hautes Etudes Internationales», ein Gemeinschaftsprojekt von EDA und EMD läuft, nämlich das Ausbildungsprogramm für ange- hende Experten in den Bereichen Sicherheitspolitik und Rüstungskontrolle? Oder ist bekannt, dass der Bundesrat vor den Sommerferien auf Wunsch des Uno-Generalsekre- tars eine Reihe von Hilfs- und Unterstützungsmassnahmen beschlossen hat?
Das und vieles mehr soll hier nicht selbstgefällig ausgebrei- tet, aber im Sinne einer sachlichen Information der Oeffent- lichkeit ins Bewusstsein gebracht werden. Die friedensför- dernde Aussenpolitik unseres Landes - in der Botschaft des Bundesrates leider etwas zu kurz gekommen - ist innenpoli- tisch ein Marketing-Problem.
Persönlich hoffe ich sehr, es gelinge, die Einsicht zu för- dern, dass es bei Landesverteidigung und Friedenspolitik nicht um Bemühungen geht, die sich gegenseitig aus- schliessen. Im Gegenteil, unsere Parole muss sein: «Sowohl als auch!»; glaubwürdige Landesverteidigung und aktive Friedenspolitik, Kriegsverhinderung durch Verteidigungsbe- reitschaft und solidarischer Einsatz auf allen Ebenen - auch in der Aussenwirtschaftspolitik - für mehr Gerechtigkeit, für die Menschenrechte, für die Stärkung des humanitären Völ-
kerrechts, für die Schaffung von Mechanismen zur friedli- chen Beilegung von Konflikten. Einfacher und billiger dür- fen wir es uns in dieser zerrissenen Welt nicht machen, im Gegenteil. Die schweizerische Friedenspolitik, das heisst die präventive Komponente unserer Sicherheitspolitik, kann und soll noch ausgebaut werden, etwa in Richtung Entsen- dung von Blauhelmen in Krisengebiete. In der Kommission wurde mir versichert, die sich hierbei stellenden Rechtsfra- gen würden zurzeit abgeklärt. Auf das Ergebnis bin ich gespannt!
Dem Minderheitsantrag, wonach die Bundesversammlung Volk und Ständen einen Gegenentwurf unterbreitet, der die Schaffung eines sozialen Zivildienstes vorsieht, stimmt unsere Fraktion mehrheitlich zu. Das gleiche gilt für die Motion der Kommissionsminderheit betreffend Forschungs- institut für Friedens- und Sicherheitspolitik.
M. Jeanneret: C'est une telle évidence que je ne sais même pas si je puis dire que le groupe libéral proposera non seulement le rejet de cette initiative, mais de toutes les propositions minoritaires qui sont présentées sous forme de contre-projets. Pour nous, comme pour la commission, si nous regrettons le dépôt de cette initiative, nous prenons acte de cette conséquence de notre système démocratique et nous saisissons l'occasion de ce débat pour réaffirmer certains principes essentiels de notre politique de sécurité. Pour le groupe libéral, cette initiative doit être examinée autour de trois points centraux. D'abord, elle ne soulève pas une question militaire, mais elle ouvre un débat institution- nel, donc politique au sens fondamental de ce terme. Ensuite, elle pose un problème dont les causes et les effets sont tout autant de politique extérieure que de politique intérieure. Enfin, elle permet de rappeler que l'armée de milice est le chemin le plus court qui conduit de l'esprit de notre histoire aux incertitudes de l'avenir.
Ce débat intervient quelques jours après que le peuple des cantons suisses ait démontré la solidité de notre système démocratique - et beaucoup de commentateurs étrangers viennent de le remarquer ces jours - qui permet de rejeter toute initiative excessive. Or, c'est la première question que soulève le débat d'aujourd'hui.
Alors que la commission aurait pu traiter ce sujet avec mépris, avec hauteur, elle n'en a rien fait, fidèle à la manière sérieuse que nous avons en Suisse de traiter fondamentale- ment même les sujets les plus discutables. C'est la première remarque qu'il faut faire: dans aucun pays au monde le système politique n'imagine que l'on puisse demander aux citoyens s'ils veulent ou non supprimer leur armée. Là aussi il convient de le dire avec une netteté sans réserve.
Les fondements de notre défense nationale ne peuvent se comprendre en dehors de l'histoire de la Suisse, de la démocratie directe, du fédéralisme et de l'armée de milice. L'armée suisse est semblable à celle d'autres pays sur le plan technique, mais elle est différente en ce sens qu'elle exprime la volonté de défense qui est à l'origine même de l'existence de la Suisse. Elle est devenue, au cours des temps, le lieu de rencontre des confédérés où les disparités s'estompent au profit d'un objectif commun. Cette défense nationale a évolué - et c'est ce que nous devons dire à ceux qui aujourd'hui veulent la remettre en cause par cette initia- tive - au cours des années vers une défense générale, qui est une coordination de moyens militaires et civils, fédéral et cantonaux, en vue d'atteindre les objectifs de la Confédéra- tion en matière de politique de sécurité. Le but est resté le même, le moyen a évolué parce que la menace, elle, a évolué. La société a changé; la Suisse vit dans le monde, donc elle change. La menace s'est transformée, et cela a des conséquences pour la population civile, pour la famille et pour chacun. Le temps n'est plus de guerres purement classiques, et l'Etat peut être déstabilisé en cas de grave crise internationale, la menace pouvant être indirecte ou larvée.
Or, si la défense générale comprend la politique étrangère en premier lieu - et nous insistons sur ce point - la protec- tion civile, la défense nationale économique, à côté d'autres
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éléments, l'armée en reste un des piliers principal et l'édifice s'effondrerait si elle ne restait pas l'un des éléments de cette défense générale. Autant nous nous sommes ouverts à une défense générale dont les aspects civils sont essentiels, autant nous devons confirmer en même temps que la défense militaire reste à côté de ceux-ci un élément de cette défense nationale.
L'initiative aurait deux conséquences: elle constituerait une atteinte à nos devoirs internationaux et elle mettrait en cause nos liens confédérés. Les rapporteurs de la commis- sion ont rappelé que la Suisse s'est historiquement enga- gée, vis-à-vis des autres Etats, à maintenir libre cette terre entre les Alpes et le Jura. Qu'elle n'ait plus les moyens de remplir cette promesse parce qu'elle ne disposerait plus de la force, et voilà des siècles de négociations européennes remis en cause, voilà surtout la Confédération qui risquerait rapidement d'être revue et remise en cause dans son exis- tence même. Mais l'atteinte serait aussi intérieure, car l'es- sence du Pacte confédéral repose sur l'engagement de chaque canton que demeure libre l'institution qui a été créée par la réunion de tous. Alors que la Constitution fédérale garantit à chaque Etat son territoire, ce principe serait bientôt vidé de sens et le pays disparaîtrait.
Enfin, je voudrais insister encore sur deux points. La légi- time défense fait partie des droits naturels. La lutte pour la survie est une composante de la nature humaine. Ces deux notions sont le fait des personnes, mais elles sont aussi un devoir existentiel des nations, particulièrement de la Confé- dération helvétique. Interdisez l'armée, et dès le lendemain des citoyens se réuniront naturellement pour organiser entre eux la défense des libertés essentielles! La Suisse ne s'est pas créée autrement, elle a survécu ainsi et elle conti- nuera de vivre parce que persuadée de la légitimité pro- fonde de sa volonté de défense.
C'est dans cet esprit que le groupe libéral vous invite à rejeter cette initiative.
Loretan: Die freisinnig-demokratische Fraktion lehnt die Volksinitiative einhellig und geschlossen ab. Sie tut dies kompromisslos, und sie will auch nicht andere Anliegen, die an sich der Diskussion wert sind, mit dieser ablehnenden Haltung verquicken. Es geht darum, diese Initiative und ihre Urheber unmissverständlich dorthin zu stellen, wo sie hinge- hören, zu den Bestrebungen nämlich, zentrale Grundlagen unseres Staates zu zerstören. Diese Bestrebungen sollen nach den Absichten der Initianten offenbar Schritt für Schritt fortgeführt werden.
Die Haltung der freisinnig-demokratischen Fraktion und Partei zur militärischen Landesverteidigung war immer klar und ist es auch heute. Wir wissen uns darin mit der weit überwiegenden Mehrheit unseres Volkes einig.
Unsere Verteidigungsarmee gehört zentral zum Selbstver- ständnis unserer auf Freiheit und Selbstbestimmung ausge- richteten Willensnation, zu der sich 26 Kantone in der Eidge- nossenschaft zusammengeschlossen haben. Spätestens seit 1815 ist die immerwährende Neutralität der Schweiz völkerrechtlich verbrieft. Sie auferlegt uns die Pflicht zur Selbstverteidigung, das heisst zur Aufrechterhaltung der Unverletzlichkeit des Staatsterritoriums. Unsere Nachbarn müssen die Gewissheit haben, dass sie von unserem Staats- gebiet aus weder direkt noch indirekt (durch fremde Mächte) bedroht werden. Um dieser Pflicht nachzukommen, bedürfen wir zwingend einer Armee als der bewaffneten Hand des Staats. Deren Abschaffung wäre eindeutig völker- rechtswidrig.
Die Initiative ist aber auch staatsrechtlich eine Unmöglich- keit, weil sie eine fundamentale Veränderung der Grundprin- zipien unseres Staates herbeiführen will, was an sich nur in Form einer Totalrevision der Bundesverfassung bewerkstel- ligt werden könnte. Von da her gesehen hätte der Bundesrat dem Parlament eigentlich eine Totalrevision oder aber eine Ungültigerklärung der Initiative aus materiellen Gründen beantragen müssen. Dass er dies nicht getan hat, dafür will ihn unsere Fraktion nicht kritisieren. Wir teilen vielmehr die
Meinung, dass wir die Ueberzeugungskraft aufbringen kön- nen, um unserem Volk die Unvernunft der Volksinitiative in einer sauberen, demokratischen Auseinandersetzung, wie sie unseren Institutionen und Traditionen entspricht, klar vor Augen zu führen. So betrachtet ist diese Initiative auch eine Chance für unsere Demokratie. Wir sind überzeugt, dass unser Volk die Bewährungsprobe in überlegter und in der ihm eigenen, nüchternen Art und Weise bestehen wird. Selbst die Initianten rechnen nicht mit einem guten Resultat, geschweige denn mit der Annahme der Initiative. An einer · Pressekonferenz wurde unlängst vielmehr in weinerlichem
Tone erklärt, seit sechs Jahren verweigere man die Diskus- sion. Das stimmt nicht. Die vorberatende Kommission Ihrer Rates zum Beispiel hat die Initianten angehört. Man beginnt, sich in einer weiteren Oeffentlichkeit sehr kritisch mit der Initiative auseinanderzusetzen.
Es ist tatsächlich wichtig, dass die Ablehnung in der Volks- abstimmung wuchtig ausfällt. Die Anzahl derjenigen Schweizer, die dem Militärdepartement mit einem Ja zur Initiative - bei grundsätzlicher Bejahung unserer Verteidi- gungsarmee - eins auswischen wollen, sollte möglichst gering bleiben. Solche Ja-Stimmen würden nicht das «böse EMD» treffen, sondern unsere Milizarmee, also clie Institu- tion «Bürger und Soldat». Mit einem solchen Ja kann man auch nicht gegen die angeblich zu hohen Militärausgaben demonstrieren. Dass sie absolut nicht überdimensioniert sind, wie das Jean Ziegler heute erneut behauptete, hat die Debatte der letzten Woche zum Rüstungsprogramm 1988 sowie zum Voranschlag 1989 klar und eindeutig ergeben. Die Volksinitiative «Schweiz ohne Armee» versucht mit ihrem zweiten Teil den Eindruck zu erwecken, eire «umfas- sende Friedenspolitik, welche die Selbstbestimmung des Volkes stärkt und die Solidarität unter den Völkern fördert», sei nur dann möglich, wenn sich die Schweiz als erstes Land der Welt von sich aus entwaffne.
Das ist unsinnig! Herr Dünki hat bereits auf diesen Zwiespalt hingewiesen. Der Bundesrat hat sodann in seiner Botschaft, vor allem aber auch in seinem Bericht über die Friedens- und Sicherheitspolitik der Schweiz Mitte dieses Jahres über- zeugend dargetan, dass sich die sogenannt «ausgreifende» Seite unserer Sicherheitspolitik durchaus sehen lassen kann und internationale Anerkennung findet. Der Bundesrat ist gewillt, diese «ausgreifende» Seite auszubauen und dynami- scher zu gestalten. Es sollen in Zukunft friedenserhaltende Aktionen der Uno vermehrt unterstützt werden. Auch dafür sind wir auf eine Armee, die entsprechende Leute ausbildet und vorbereitet, angewiesen. Wir finden bei solchen Aktio- nen Vertrauen vor allem auch wegen unserer Neutralität. Diese bleibt auch nur dann glaubwürdig, wenn sie bewaffnet und damit gegen Uebergriffe schützbar ist. Nur nebenbei: Für die bevorstehende Uno-Vollversammlung zum Nahen Osten in Genf, die hoffentlich einen Befriedungsprozess einleiten hilft, sind wir auf den Einsatz von Teilen der Armee angewiesen. Das unseren «Friedensfreunden» irs Stamm- buch!
Unser Land verfügt also durchaus über eine eigenständige und respektable Friedenspolitik. Die Volksinitiative rennt hier offene Türen ein. Sie muss sich darüber h naus den Vorwurf gefallen lassen, dass dieser Teil des Textes blosse Kosmetik ist und höchstens dazu dient, dem Stimmbürger Sand in die Augen zu streuen, um ihm die eigentlichen Hintergründe der Initiative zu verbergen.
Die Schweizerische Eidgenossenschaft entspricht mit ihrer Verteidigungsarmee den internationalen Idealvorstellungen der künftigen militärischen Apparate in einem vor Konflikten sicheren Europa. Dies ist ihr nicht nur vom bekannten Frie- densforscher und Sicherheitsexperten Galtung, sondern auch von Kollege Ott in eindrücklicher Weise im Rahmen der Kommissionsberatungen bestätigt worden. Wir sichern uns mit diesem Instrument «Armee> für unsere Sicherheits- politik auf dem internationalen Parkett Respekt. Bei Annahme der Initiative würde unsere internationale Glaub- würdigkeit schlagartig auf Null sinken. Die Schweiz würde als Profiteur und Trittbrettfahrer eingestuft, da offensichtlich nicht mehr willens, sich auf Extremsituationen einzustellen.
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
1723
Hier ein Wort zur Verteidigungsfähigkeit unserer Armee: Sie wird von Anhängern der Initiative bezweifelt. Diese - zum Teil aus durchsichtigen Gründen - bösartigen Kritiken über- sehen zweierlei: einmal die strategische Gesamtsituation. Die gegenseitige nukleare Abschreckung hat namentlich in und zugunsten von Europa funktioniert. Hingegen wurden seit 1945 konventionelle Kriege in grosser Anzahl geführt. Sie sind im Zeichen des beginnenden Abbaus atomarer Abschreckungspotentiale auch für Europa nicht völlig, mit allerletzter Sicherheit, auszuschliessen.
Sodann übersehen diese Kritiker die Tatsache, dass vor diesem Bedrohungshintergrund unsere Armee - mit ihrer heute ausreichenden Bewaffnung und Ausrüstung, Ausbil- dung und Organisation sowie bei intaktem Wehrwillen und verankert in unserem starken Gelände - durchaus in der Lage ist, Kräften einer Grossmachtarmee auf einem Neben- kriegsschauplatz, wie die Schweiz ihn wohl darstellen würde, die Stirne zu bieten. Die Chance, durch Verteidi- gungsbereitschaft kriegsverhindernd zu wirken, ist intakt. Im Rahmen der Gesamtverteidigung leistet die Armee einen wesentlichen Beitrag zur Verminderung unserer Erpressbar- keit, insbesondere auch in wirtschaftlicher Hinsicht. Auch unsere Diplomatie kann gegenüber einem allenfalls feindse- lig gesinnten ausländischen Staat mit einer starken Armee im Hintergrund ganz anders auftreten als ohne eine solche. Das beweisen auch die Erfahrungen aus der Zeit des Zwei- ten Weltkrieges, die urkundlich belegt sind.
Ein weiterer Gesichtspunkt: Die Verknüpfung zwischen der Armee als militärischem Machtmittel des Staats und der zivilen Verteidigung und der Katastrophenabwehr wird immer enger. Wir wissen es spätestens wieder seit den Hochwasserkatastrophen vom Sommer 1987, dass die Mittel der Kantone mit Einschluss der Zivilschutzformationen unmöglich genügen, um mit solchen Extremsituationen fer- tig zu werden. Unsere Armee ist also nicht nur bei militäri- schen, sondern auch bei. Bedrohungen durch zivile Kata- strophen ein Sicherheit verschaffendes Instrument.
Ich wende mich noch kurz den Anträgen der Minderheiten zu.
Zum Antrag der Minderheit Braunschweig für ein fünfzehn- jähriges Rüstungsmoratorium: Auch Herr Braunschweig sollte wissen, dass man einmal nicht in Monaten nachholen kann, was man in 15 Jahren versäumt hat, wie er das blauäu- gig in der Kommission behauptet hat. Vor allem kann man das dann nicht tun, wenn der Anteil der im eigenen Land entwickelten und produzierten Rüstungsgüter immer kleiner wird. Es sind ja genau die Kreise um den Antragsteller, die mit ihrem Getrommel gegen Kriegsmaterialexporte unserer schweizerischen Rüstungsindustrie - und dazu gehören auch bundeseigene Betriebe - die Existenzgrundlage lang- sam, aber sicher zu entziehen versuchen. Der Antrag Braun- schweig - vereinfacht und klar gesagt - bedeutet Armeeab- schaffung per Salamitaktik in 15 Jahrestranchen.
Zum Antrag der Minderheit Hubacher: Das Schweizervolk hat bekanntlich die Einführung eines Zivildienstes, insbe- sondere eines solchen «à la carte», nach freier Wahl, schon zweimal klar und deutlich abgelehnt, 1977 und 1984. Der Antrag von Herrn Hubacher erscheint daher fragwürdig, zumal ja bekanntlich zurzeit vor unserem Rat eine Vorlage für eine Revision des Bundesgesetzes über die Militärorga- nisation und für die Aenderung des Militärstrafgesetzes liegt. Die Vorschläge des Bundesrates und der Kommis- sionsmehrheit stellen wohl das Maximum dessen dar, was heute politisch und von der direkten Demokratie her gese- hen denkbar und realisierbar ist. Das weiss auch Herr Huba- cher. Schon in der vorberatenden Kommission kamen die Anträge des Bundesrats nicht besonders gut an. Die Schlussabstimmung ergab eine Reihe von Enthaltungen. Sie bedeuten Warnsignale. Mit Anträgen wie dem vorliegen- den der Minderheit Hubacher schürt man höchstens den Widerstand gegen eine Lösung der Dienstverweigererfrage auf Gesetzesstufe.
Zu den Vergleichen, die Herr Hubacher mit Armeen und Zivildiensten in osteuropäischen Staaten angestellt hat: Hier ist immerhin nicht zu übersehen, dass in Staaten wie Bulga-
rien z. B. die russische Armee ein gewichtiges Wort spricht. Deshalb sind diese Vergleiche doch etwas diskutabel.
Zum Eventualantrag der Minderheit Hubacher: Wir lehnen auch die verfassungsmässige Verknüpfung zwischen Aus- gaben für die Landesverteidigung einerseits und für den Umweltschutz andererseits ab. Auf beiden Gebieten tut der Bund ohnehin schon das Nötige und nach unserer Meinung auch das Richtige, und zwar mit grossem Einsatz, auch beim Umweltschutz. Nicht umsonst stehen wir in Europa im Rufe, auf vielen Gebieten des Umweltschutzes eine füh- rende Rolle zu spielen. Ganz abgesehen davon wirft der Eventualantrag Hubacher die Frage der Einheit der Materie im Verfahren der Verfassungsgesetzgebung auf. Man muss sie negativ beantworten.
Der Antrag Rebeaud entspricht wörtlich dem Absatz 3 des von der Initiative vorgeschlagenen Artikels 17 der Bundes- verfassung. Wir werden auch diesen Antrag ablehnen. Die Gründe dafür habe ich bereits dargelegt.
Zur Motion der Kommissionsminderheit wird Kollege Wyss in der Detailberatung Stellung nehmen.
Zum Schluss: Die freisinnig-demokratische Fraktion steht zu unserer direkten Demokratie. Sie wird dem Antrag auf Gül- tigerklärung der Initiative nicht opponieren, obschon er rechtlich fragwürdig ist. Sie steht zur militärischen Landes- verteidigung und vorab zu unserer Milizarmee.
Sie beantragt Ihnen Zustimmung zu den Anträgen des Bun- desrates und der Kommissionsmehrheit. Sie empfiehlt, die Initiative Volk und Ständen zur klaren Verwerfung vorzule- gen. Sie lehnt die Anträge der Kommissionsminderheiten aus den genannten Gründen ab. Die Fraktion wird auch darauf hinwirken, dass schon in unserem Rat ein möglichst klares Resultat herauskommt. Sie hat entsprechende Anträge auf Abstimmung unter Namensaufruf gestellt. Es gilt, Farbe zu bekennen!
Hubacher: Mit dieser Initiative hat die direkte Demokratie wuchtig zugeschlagen. Sie ist eine radikale Initiative, das ist unbestritten. In ihrer Radikalität liegt auch ihre Schwäche, die Schwäche in der Auseinandersetzung. Trotzdem meinen wir, diese Herausforderung müsse angenommen werden. Wir sollten uns nicht Wortgefechte im geistigen Morgarten- stil oder wie unter Gehörlosen liefern, sondern wir müssen dialogfähig auch bei einem derart schwierigen Anliegen bleiben. Vermutlich sind wir das einzige Volk, das über eine solche Frage, die von vielen Menschen als absolut zentral beurteilt wird, abstimmen darf. Das ist doch eine grossartige Chance für die Demokratie, ist sogar eine Art Liebeserklä- rung an die Demokratie.
Die Mehrheit der sozialdemokratischen Fraktion lehnt die Initiative ab. Ich brauche dazu nur drei Bemerkungen anzu- bringen. Man kann sich fragen: Bedroht die Schweizer Armee andere Staaten ? Eindeutige Antwort: Nein. Die Nicht- angriffsfähigkeit ist absolut glaubwürdig. Zweite Frage: Würde die Welt friedlicher, wenn die Schweizer Armee nicht mehr existierte? Wir meinen: Nein, das wäre wohl kaum der Fall. Drittens kann man sich fragen: Soll, muss oder darf ein Kleinstaat mit der totalen Abrüstung vorangehen ? Ist das die Aufgabe eines Kleinstaates? Wir meinen, die eigentliche Weltgefahr in diesem Rüstungswahnsinn sind vor allem die Grossmächte, das sind andere Mächte als unser Kleinstaat Schweiz. Daher ist es an den Grossmächten, voranzugehen. Die Armee ist eher ein innenpolitisches Problem. Sie ist unser innenpolitisches Problem im Bereich des «militärisch- politisch-industriellen Komplexes», und ich wünschte mir einmal, dass sämtliche bürgerlichen Nationalräte in der Mili- täruniform einrücken müssten. Vermutlich hätten wir dann eine Veranstaltung der Schweizerischen Offiziersgesell- schaft! Von da her sind die Interessenkollision und der Interessenfilz absolut evident.
Wir haben in der Fraktion, wie das in einer demokratischen Partei üblich ist, auch eine Minderheit. Diese Minderheit vertritt hier radikal andere Auffassungen und artikuliert sie auch absolut.
Es gibt in der SP einen pazifistischen Flügel, den es schon immer gegeben hat. Das ist ein Flügel, der zu uns gehört.
Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
1724
N
7 décembre 1988
Pazifisten lehnen die Armee in ihrer Funktion zur Selbstbe- hauptung des Lebens ab, weil die Funktion der Armee aus ihrer Sicht diese Aufgabe überhaupt nicht wahrnehmen kann, sondern eher das Gegenteil. Wer in der Weltge- schichte nachblättert, wird auch als Nichtpazifist zum Urteil kommen, dass Kriege immer von Politikern oder Generälen angezettelt wurden und nicht Pazifisten angelastet werden können.
Es gibt auch noch einen feministischen Standpunkt, der hier wahrscheinlich quantitativ nicht so markant vertreten ist, wie das effektiv in unserer Gesellschaft der Fall sein dürfte. Für Feministinnen ist die Armee - durchaus nicht zu Unrecht - Ausdruck einer Männerwelt, die zerstörerisch sein kann. Das ist ein Aspekt, den Männer berücksichtigen, akzeptieren und auch ernst nehmen sollten. Damit wird nicht allen Männern, die Militärdienst leisten, unterstellt, dass sie die Institution Armee in dieser Richtung fördern. Aber Armee bedeutet auch strukturelle Gewalt in dieser Gesellschaft.
Die Mehrheit unserer Fraktion ist gegen die Initiative, auch aus der Ueberlegung: Wenn schon ein derartiges Begehren je einmal aktuell werden sollte, bräuchten wir bei diesem - wertfrei festgestellten - Stellenwert der Armee aus Tradition den nationalen Konsens, um eine solche Gewaltsaufgabe anzugehen.
Ich möchte zur Botschaft des Bundesrates, die besser hätte ausfallen können, ein Wort sagen: Auf Seite 27, Punkt 67 steht eine zentrale Aussage, nämlich dass die freie Entfal- tung von Individuum und Gesellschaft unabdingbar von einer glaubwürdigen Armee abhänge. Das ist eine unge- heuerlich falsche und gefährliche Aussage. Das ist der Irr- tum aus Ueberzeugung. Das ist im Grunde genommen die völlige Umkehr der bisherigen gesellschaftspolitischen Rangordnung. Da kommt an erster Stelle die Armee und an zweiter Stelle die Politik. Die Schweiz wäre dann offenbar eine Militärdemokratie. Dass der Bundesrat sich vom EMD auf dieses falsche Nebengeleise hat verleiten lassen, kann nur mit einem unterentwickelten demokratischen Bewusst- sein erklärt werden. Wenn der Bundesrat demokratisch schon bewusstlos wäre, bräuchten wir eigentlich diese Armee auch nicht mehr zu verteidigen. Die Aussage, dass das A und O und Z für alles, was Freiheit und Entfaltung in unserer Gesellschaft darstellt, in der Armee liege, lehnen wir in aller Form ab. Die Armee ist nicht die »Schule der Na- tion«.
Ich muss drei Zeugen zitieren, die uns Recht geben, d. h. den Bundesrat hier zu Recht ins Unrecht versetzen. Der unvergessene verstorbene ETH-Professor Karl Schmid hat folgendes gesagt: «Nicht Landesverteidigung ist die oberste Aufgabe, sondern Selbstbehauptung der Nation.» Das stimmt mit dem, was der Bundesrat geschrieben hat, natür- lich nicht überein. Der General a. D. Meyenfeldt - er war bis 1980 Gouverneur der Königlichen Militärakademie in Breda (Niederlande) - sagt dazu: «Im militärischen Sicherheitssy- stem hat die politische Funktion der Kriegsverhütung die militärische völlig überflügelt.» Und der ehemalige amerika- nische Verteidigungsminister Robert MacNamara sagt fol- gendes: «Das Uebel ist, dass wir uns zu lange im Dschungel der Semantik verirrt hatten und darauf verfielen, Sicherheit nur mit militärischen Begriffen zu identifizieren.» Das sind Erkenntnisse, die durchaus auch dem Bundesrat gut ange- standen wären.
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Ich wiederhole: Dieser Grundsatz in der Botschaft ist für einen Demokraten völlig unannehmbar. Aus diesem Grund- irrtum entsteht auch eine militarisierte Gesellschaft, eine zu sehr auf militärische Sicherheit ausgerichtete Gesellschaft. Wir haben dann Mühe, Entwicklungen wahrzunehmen, die man ohne Naivität, ohne Euphorie, ohne falsche Hoffnun- gen registrieren sollte. Die alten Feindbilder müssen nicht unbedingt am Leben erhalten werden.
Einige Beispiele neuerer Entwicklungen: Es gibt das Rake- tenabkommen, ein erstes Hoffnungszeichen; gegenwärtig sind 360 amerikanische Sicherheitsexperten in der Sowjet- union, die dieses Raketenabkommen kontrollieren. Umge- kehrt sind 160 sowjetische Sicherheitsexperten in den USA.
Die in der Sowjetunion lange verbotene «Stimme Ameri- kas», das Propagandaradio der USA, hat neuerdings ein Büro in Moskau einrichten können. Die USA und die Sowjet- union verhandeln zurzeit über die Eröffnung von Kulturzen- tren in Washington und in Moskau. Erwähnt seien ferner: Abzug der Kuba-Truppen aus Angola und der sowjetischen Truppen aus Afghanistan sowie der Gefangenenaustausch Iran/Irak usw. Das sind Signale, sind Zeichen von Ermuti- gung, dass in dieser Welt das Bedrohungspotential wahr- scheinlich doch - auf längere Frist gesehen - abnehmen könnte. Wenn wir noch die ökonomische Situation in der Sowjetunion einkalkulieren, die dieses Land zwingt, sich beim Rüstungssektor zu entlasten, dann müssten auch wir in der Schweiz etwas abrücken von der ewigen Bedrohungs- situation, wie sie im EMD, an jeder Uebung, überall ständig und zu jeder Unzeit doziert wird.
Die Initiative signalisiert Veränderungen. Das Bonner Vertei- digungsministerium hat eine grosse Umfrage über den Begriff «Sicherheit» durchführen lassen und 17 Kategorien von Sicherheit genannt, angefangen beim Arbeitsplatz bis zur Bundeswehr. Ich nehme an, das Verteidigungsministe rium in Bonn habe die Studie seriös arrangiert. Die Bundes- wehr als Sicherheitsfaktor figuriert an letzter, an 17. Stelle mit noch 10 Prozent «Kurswert». Ich sage nicht, das sei richtig oder falsch, erfreulich oder unerfreulich. Ich stelle nur fest: Wir hier im Parlament sind auch aufgerufen, Vor- gänge in der Gesellschaft wahrzunehmen. Wir müssen vom rein militärischen Denken abgehen, wenn wir längerfristig die Sicherheit und die Sicherheitspolitik glaubwürdig dar- stellen und erhalten wollen. Es gibt noch andere Faktoren: z. B. der Nord-Süd-Konflikt ist ein Sicherheitsfaktor. Dass 27 reiche Staaten 75 Prozent des gesamten Reichtums der Erde besitzen, aber nur 25 Prozent der Weltbevölkerung ausmachen - und wir gehören zu diesen reicher Staaten -, dass dieses Nord-Süd-Gefälle, diese Armut, die daraus entstehende Völkerwanderung Sicherheitsprobleme sind, müssen wir besser als bisher wahrnehmen und in die Politik umsetzen. Es gäbe viele andere Stichworte für Sicherheit: Grosskatastrophenrisiko, Tschernobyl, Bhopal, Schweizer- halle, die Destabilisierungsgefahr der modernen Zivilisa- tionsgesellschaft, die elektronische Verwundbarkeit usw. Wir lehnen die Initiative mehrheitlich ab, meinen aber, in der strategisch-politischen Ausrichtung unserer Sicherheitspoli- tik müsse eine markante Aenderung eintreten. Die schweize- rische Armee ist der Zeit besser anzupassen, als das heute der Fall ist:
Erstens sollte nun wirklich der Einsatz der Armee als Ord- nungstruppe im Inneren ausgeschlossen werden. Von bür- gerlicher Seite sollten Sie endlich dazu Hand bieten; das nützt auch der Armee. Wir Sozialdemokraten sind da von der Geschichte blessiert; von 90 Einsätzen im Laufe dieses Jahrhunderts sind immerhin 60 gegen Arbeitnehmer erfolgt. Mangels ausserem Feind hat man den inneren Feind bekämpft, und auch die letzte Gesamtverteidigungsübung vom November dieses Jahres war ja zum Teil ein Kampf gegen den inneren Feind. Hat man den Stacheldrahtzaun um das Bundeshaus wegen der Russen aufgezogen oder wegen mutmasslicher Feinde im Innern? Diese Art von Poli- tik sollte «abgestellt» und über Bord geworfen werden.
Zweitens sind wir der Meinung, das Gerede von einer pro- fessionellen Bereitschaftstruppe müsse aufhören. Sozialer Zivildienst ist nötig. Militarisierung der Frauen kommt nicht in Frage, auch keine Militarisierung des Zivilschutzes. Die Militärjustiz in Friedenszeiten ist abzuschaffen, was ein Plus von Glaubwürdigkeit ergäbe. Die Militärausgaber dürften im Bereich der jetzt skizzierten Entwicklung ruhig real einge- froren, d. h. nur noch teuerungsbedingt erhöht, aber nicht mehr real heraufgesetzt werden. Irgendwo und irgendwie muss auch die Schweiz einmal zu erkennen geben, dass sie zumindest nicht immer noch mehr aufrüsten möchte und auch mit dem Begriff «Abrüsten» nicht permanent auf Kriegsfuss steht.
Das Umfeld unserer Armee ist durchwegs militarisiert. Am Zivilschutz hängt offiziell eine unglaubliche Erwartungshoff- nung. Generalstabschef Zumstein meinte einmal auf den
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
1725
Einwand, gegen Atomkrieg gebe es keine Verteidigung: «Nein, aber wir haben den besten Zivilschutz der Welt.» Das sind gefährliche Illusionen, die wir immer noch mit dieser militarisierten Denkweise verkaufen, weil Zivilschutz natür- lich für viele, die da investieren und ausführen können, auch ein sehr gutes Geschäft ist.
Die Mehrheit der sozialdemokratische Fraktion lehnt die Initiative ab, möchte aber, dass diese Gesellschaft, die so stark vom militärischen Sicherheitsdenken geprägt wird, sich auch innenpolitisch friedlicher geben kann und sich mehr überlegt: Was kann die Schweiz im Nord-Sud-Konflikt beispielsweise tun? Können wir als Kleinstaat immer nur in der Zuschauerloge sitzen und sagen: Wir sind halt neutral, wir sind klein, und wir können wenig machen? Wäre es nicht gescheiter, mehr Innovation, mehr Geld, mehr Einsatz für die Dritte Welt zu riskieren, statt uns schon wieder auf die Vorgabe des EMD fixieren zu lassen, für drei Milliarden Franken 34 F-18-Kampfflugzeuge anzuschaffen? Damit wer- den sicherheitspolitische Illusionen als Garantieschein aus- gestellt.
Die real existierende europäische und globale Wirklichkeit in Stichworten: Nordsee, Robbensterben, Ruin der Tropen- wälder, Waldsterben, Treibhauseffekt. Der amerikanische Staatsmann Averell Harriman hat einmal geschrieben: «Wenn wir versagen, wird kein Historiker mehr darüber berichten können.»
Daher bitten wir Sie - die Initiative ist abzulehnen -, es nicht dabei bewenden zu lassen, nicht einfach zur Tagesordnung überzugehen, nicht selbstzufrieden zu sagen, es gehe weiter wie bisher. Wir sollten auch im Bereich der Sicherheitspoli- tik umdenken, umlernen und als Politiker, als Parlament hier mehr ein Beispiel im guten Sinne geben, als das bisher der Fall war.
Reimann Maximilian: Die SVP-Fraktion lehnt einstimmig die vorliegende Initiative ab, ebenso alle Gegenanträge wie auch die Motion der Kommissionsminderheit über die Schaffung eines Friedensinstituts.
Auch wir haben uns zunächst grundsätzlich die Frage gestellt, ob diese Initiative überhaupt mit unserer Verfas- sung vereinbar sei. Jedenfalls stellt sie den fundamentalen Grundsatz der Unabhängigkeit der Schweiz nach aussen ernsthaft in Frage. Einer Verfassungsinitiative sind nach Lehre und Praxis Grenzen gesetzt, materiell-rechtliche Grenzen, so dass namentlich die Ueberlebensfähigkeit unseres Landes nicht in Zweifel gezogen wird. Ja, welche langfristige Ueberlebenschance hätte denn eine Schweiz ohne Armee?
In den Hearings unserer Kommission wurde diese Frage gründlich diskutiert. Die Erkenntnisse daraus waren ein- leuchtend. Es würde im Herzen Europas ein militärisches Vakuum geschaffen werden, das unweigerlich eine Sogwir- kung entfalten würde. Natürlich müsste nicht gleich an Angriff oder an Eroberung gedacht werden. Aber in die militärische Planung sowohl der Nato als auch des War- schauer Paktes würde dieses Vakuum Schweiz ganz anders miteinbezogen werden, als dies heute mit einer starken Defensivarmee der Fall ist.
Dennoch wollen auch wir die Initiative zur Volksabstimmung zulassen, wollen uns mit ihr auseinandersetzen, wollen dem Schweizervolk die Möglichkeit geben, sich mitten in einer Zeit der Entspannung und partiellen Abrüstung im Nuklear- bereich mit dieser fundamentalen Frage zu befassen. Dies ist ein Zeichen von innerer Stärke, aber auch von demokrati- schem Verständnis im weitesten Sinn, wenn sich ein Volk, das seit zwei Jahrhunderten dank militärischer Glaubwür- digkeit nicht mehr angegriffen worden ist, dieser Frage der Initianten stellt.
Immerhin sei aber daran erinnert, dass die Abschaffung einer Armee eine äusserst drastische Massnahme darstellt. Wenn in der Geschichte der Menschheit je Armeen abge- schafft wurden, dann geschah dies nie freiwillig, sondern höchstens am Ende eines Krieges auf Diktat eines Siegers hin.
Die Initianten - das jedenfalls sagten sie vor unserer Kom- mission - erachten ihr Volksbegehren als ersten Schritt in Richtung Weltfrieden, als Pioniertat, als Kultivierung des Krebsübels Krieg. Ich aber sage: Dies ist Utopie, ist Illusion, ist Sich-Hingeben an falsche Hoffnungen. Der zweite Schritt nämlich, dass andere Staaten diesem Beispiel folgen, wird kaum je eintreten.
Auch ich bin jederzeit für möglichst viel Abrüstung, aber doch nie und nimmer im Alleingang, sondern höchstens in weltweit koordinierter und kontrollierter Form. Ich habe aber meine Zweifel daran, ob die Menschheit je dazu imstande sein würde. Schauen wir uns doch nur einmal die heutige Weltkarte an. Da wimmelt es doch nur so von kleinen und regionalen bewaffneten Konflikten. Dort hätten Sie, Herr Ziegler, Ihre heutige flammende Rede halten sol- len! Unsere Schweiz ohne Armee wäre zweifellos in diesem Jahrhundert auch schon zum Streitobjekt fremder Heere geworden. Wenn Sie, Herr Ziegler, diese Armee aber als geheime Macht im Staat bezeichnen, dann kann ich Sie schlicht nicht mehr ernst nehmen. Nehmen Sie doch jetzt gerade Ihren Kanton Genf, wo nächste Woche mit Hilfe unserer Armee über den Frieden im Nahen Osten gespro- chen werden kann. Die USA haben ja bekanntlich Arafat zur persona non grata erklärt, nicht so die Schweiz. Die Schweiz wird mit Hilfe unserer Armee sicherheitsmässig diese Konfe- renz durchführen.
Nun wurden der Initiative von der Kommissionsminderheit Gegenanträge gegenübergestellt. Die beiden Anträge von Herrn Hubacher scheinen mir am Rande der Legalität, sprich Einheit der Materie zu stehen. Selbst das Bundesamt für Justiz brauchte volle 14 Seiten, um gerade noch zur Erkenntnis zu kommen, dass seine Anträge bei sehr gross- zügiger Interpretation noch knapp als verfassungskonform angesehen werden könnten. Doch seien auch wir hier gross- zügig und lassen die Anträge von Herrn Hubacher formal- rechtlich einmal durch. Er kann seinen Parteigenossinnen und -genossen am bevorstehenden SP-Sonderparteitag nicht mit leeren Händen gegenübertreten. Sein pazifisti- scher Parteiflügel muss ja irgendwie unter dem SP-Dach noch eine Heimat finden können. Ich möchte ihm bei dieser Gelegenheit ans Herz legen, aber auch jene seiner Leute nicht zu vergessen, die als überzeugte Miteidgenossen ihren Militärdienst vorbildlich geleistet haben oder noch leisten werden - bis hinauf zum Divisionskommandanten. Ich denke an denjenigen in meinem eigenen Kanton.
Noch zur materiellen Seite der Gegenanträge Hubacher: In seinem Hauptantrag verknüpft er die Wehrpflicht mit der Schaffung eines sozialen Zivildienstes. Solche Ersatzdienste hat der Souverän in jüngster Vergangenheit zweimal abge- lehnt. Es ist deshalb wohl wenig sinnvoll, wenn mit diesem Begehren nun schon wieder operiert wird. Ihr Hinweis auf die Beispiele Ungarn oder DDR, Herr Hubacher, sind in dieser Hinsicht doch eher dürftig. Zunächst sollten wir uns daran machen, die Vorlage über die Entkriminalisierung durch die parlamentarische Debatte zu bringen. So negativ, wie Sie deren Zukunft sehen, Herr Hubacher, sehe ich es für diese Vorlage noch nicht.
Der Eventualantrag Hubacher verknüpft zwei Sachfragen, deren innerer Zusammenhang nur mit dem Schraubstock noch hergestellt werden kann. Ob es Sinn hat, auf diese Art die militärische Landesverteidigung mit dem Umweltschutz zu verbinden? Unsere Fraktion sagte nein dazu und setzt sich an vernünftigeren Fronten für die Anliegen der Umwelt ein.
Ebenso entschieden lehnen wir den Minderheitsantrag von Herrn Braunschweig ab. Dieser Antrag, die völlige Einfrie- rung der Militärausgaben, läuft auf eine Abschaffung der Armee auf kaltem Weg, hinaus und dazu sagen wir konse- quenterweise ebenso nein wie zur Initiative selber.
Noch ein Wort zum Antrag Rebeaud, Friedenspolitik, sowie zur Motion über die Schaffung eines Friedensforschungsin- stituts: Da werden einmal mehr - Kollege Loretan sagte das schon deutlich - offene Türen eingerannt. Eine solche Insti- tution besitzt unser Land bereits, nämlich die Forschungs- stelle für Sicherheitspolitik und Konfliktanalysen an der ETH
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Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
in Zürich. Sollte den Motionären dieses bestehende Institut nicht genügen, mögen sie das einmal mit einem parlamenta- rischen Vorstoss aufgreifen. Die SVP-Fraktion jedenfalls weigert sich aus Rücksicht auf unseren Staatshaushalt, kostspielige Doppelaktionen dieser Art zu unterstützen. Kann man denn der internationalen Völkergemeinschaft noch eine umfassendere Friedenspolitik anbieten, als dies die Schweiz seit Jahrhunderten mit ihrer eigenen Neutrali- täts- und Sicherheitspolitik vorexerziert hat? Ich glaube kaum.
Zum Schluss noch eine Bemerkung zur Abstimmung unter Namensaufruf: Unsere Bürgerinnen und Bürger im Lande draussen sollen uneingeschränkt erfahren können, wer alles unser Land seiner Armee berauben will, unsere Heimat wehrlos dem fremden Kräftespiel aussetzen will.
Persönlich möchte ich noch ergänzen: Für mich gibt es in dieser Frage keine Stimmenthaltung. Enthaltung bedeutet für mich gleichviel wie Ja zur Abschaffung. Es gibt für mich in diesem Land aber auch keine heiligen Kühe, schon gar nicht die Armee. Auch ich kritisiere die Armee, wo immer konstruktive Kritik am Platze ist. Aber es gibt für mich keine Schweiz ohne Armee.
Ein letztes Wort an die Adresse des EMD-Chefs: Die Bot- schaft ist meines Erachtens - das sage ich im Gegensatz zu meinem Vorredner Herr Hubacher - gut ausgefallen, ist offen, gelegentlich auch mit einem kritischen Unterton; jedenfalls ein deutlicher Punktesieg gegenüber jener, die seinerzeit zur Rothenthurm-Initiative ausgearbeitet worden ist.
M. Ducret: En préface à leur initiative, les membres du. Groupement pour une Suisse sans armée ont pris soin de préciser qu'ils misaient sur leur proposition pour que s'en- gage, dans notre pays, une véritable réflexion sur le rôle de l'armée, le sens de sa mission ou, en d'autres termes, sur son utilité actuelle. Nous ne saurions nous y méprendre: au travers de notre armée, c'est, en réalité, nos choix de société et notre société elle-même qui sont visés, comme M. Ziegler l'a si clairement exprimé il y a un instant. Sous un vocabu- laire imagé, il ne s'agit ni plus ni moins que de tenter d'imposer un vaste programme destiné à désarmer nos esprits intoxiqués et à démilitariser nos cerveaux égarés! Dès lors, la tentation pourrait être grande d'ironiser sur le caractère farfelu et insolite de cette initiative, voire d'en mépriser les accents provocateurs. Tout en disant claire- ment et résolument non à une entreprise qu'il juge suici- daire, le groupe démocrate-chrétien se déclare néanmoins prêt à relever le défi et à accepter qu'un large débat démo- cratique soit mené autour de notre armée, de notre neutra- lité armée et des moyens d'assurer la paix et la sécurité à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.
Bien sûr, il ne sera guère possible de convaincre, voire simplement d'ébranler les convictions de ceux qui font de la contestation une profession de foi et qui se contentent d'affirmer, comme j'ai pu le lire dans une des publications des initiants, que «la plus grande pauvreté de la Suisse consiste dans son incapacité de reconnaître sa vulnérabilité et sa dépendance vis-à-vis des nations environnantes, en particulier du bloc de l'Ouest et du grand capital. internatio- nal». Ceux-là ont délibérément choisi leur camp et le débat qu'ils prônent et encouragent n'est en réalité qu'une super- cherie et un leurre destinés à masquer l'indigence de leurs arguments.
En revanche, sans vouloir faire preuve de militarisme mais en ayant simplement conscience d'un certain nombre de réalités, il apparaît plus aisé de réfuter les arguments de ceux qui remettent en cause notre armée à la fois parce qu'en raison du développement des armements nucléaires s'est peu à peu ancrée l'idée qu'un conflit armé serait nucléaire ou ne le serait pas, parce qu'ils se laissent à penser que la détente internationale actuelle est indéfini- ment garantie et parce qu'ils considèrent, dans un grand élan de générosité fraternelle, que le budget consacré à la défense du pays serait mieux employé s'il était destiné à l'aide au développement.
S'agissant des armements nucléaires, c'est un lieu commun que de constater qu'à l'exception de l'unique mais tragique emploi qui en a été fait, il y a près d'un demi-siècle, leur rôle a été celui d'un instrument de chantage dans l'équilibre de la terreur.
Les événements militaires de l'après-guerre ont, au con- traire, démontré que les moyens conventionnels de combat gardent toute leur valeur. D'ailleurs, il n'y a pas que les armes nucléaires qui se montrent inefficaces et inapplica- bles du fait de leur terrible force destructrice. Ainsi, par exemple, les deux aviations les plus modernes de la planète ne sont pas venues à bout des résistances nord-vietna- mienne ou afghane parce que celles-ci, bien qu'étant équi- pées d'armes conventionnelles seulement, étaient animées d'une farouche volonté de se défendre. En revanche, s'il est certain que nous ne pouvons pas simplement oublier l'exis- tence d'un risque nucléaire, rien ne prouve, au contraire, que les armes classiques ne permettront plus de combattre avec succès.
Quant à la menace ou plutôt la non-menace qui nous guette, on voit d'emblée ce que ce raisonnement a de spécieux. Sans doute, le danger donne-t-il aujourd'hui l'impression de s'estomper et il faut bien sûr s'en réjouir. Mais l'avenir de notre continent reste malgré tout plein d'incertitudes. Sans tomber dans la sinistrose, toute l'histoire démontre que la tentation pacifiste qui pourrait conduire à un désarmement n'aurait pour conséquence que d'amener un renforcement des dispositifs militaires tant offensifs que défensifs de nos voisins et même s'il faut admettre qu'une telle décision ne serait pas sans répercussion dans le concert international des nations, ni personne ni rien ne pourrait nous assurer que notre pays ne jouerait pas ainsi à l'apprenti sorcier en cherchant à imposer un exemple de pionnier aux effets illusoires.
En matière de sécurité, il faut être lucide et réaliste et refuser de s'abandonner à de douces, mais peut-être funestes rêve- ries. Nous aurions, sans doute, fait un beau geste. Mais comme le disait M. Reimann, il y a quelques instants, la nature a horreur du vide. Nous nous exposerions ainsi au péril mortel que personne ne peut et n'a la prétention d'exclure totalement que ce vide soit un jour comblé par quelqu'un qui n'aurait pas forcément des intentions à la pureté cristalline.
Enfin à ceux qui sont tentés de considérer que l'existence même de l'armée constitue à la fois un obstacle et une injure intolérables aux efforts entrepris en faveur d'une politique active de paix, il faut rappeler que si notre pays veut donner un sens à la solidarité qui doit le lier au monde, il doit aussi maintenir son indépendance, sa neutralité, ses libertés, ses institutions, son intégrité territoriale.
Or, comme nous le faisait remarquer deux des experts entendus par la commission, personne à l'étranger, notam- ment dans les pays du tiers monde que nous pouvons aider, ne s'étonne de l'existence d'une armée en Suisse ou en demande la suppression. Au contraire, notre politique de défense armée nous donne de la crédibilité et de l'influence parce qu'elle témoigne non seulement de notre volonté de survie mais surtout de notre acharnement à ne pas accepter une quelconque satellisation.
Cela étant, il est certain - et c'est peut-être le mérite de l'initiative - que notre pays devrait renforcer et dynamiser sa politique d'engagement en faveur de la paix par une contri- bution toujours plus accrue aux actions et aux efforts déployés dans cette direction.
Comme le rappelle le Conseil fédéral dans son rapport sur la politique de paix et de sécurité de juin 1988, «pour assurer la paix, il ne suffit pas d'adopter une attitude défensive; il faut aussi mener une politique étrangère active» et chercher par ce moyen d'instaurer «un ordre mondial où règne davantage de justice, de liberté et de sécurité» (ch. 2, p. 8).
Quelques mots encore à propos des jeunes et de leur attitude dans ce débat. Ce sont de leurs rangs cue partent les attaques les plus virulentes contre notre armée, ce qui semble normal si l'on considère qu'ils sont les premiers concernés.
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative
1727
Certes, l'antimilitarisme est une mode de notre temps venue du nord, tel ce spécialiste allemand de la sécurité qui est venu en séance de commission nous expliquer tout le béné- fice d'estime que notre pays pourrait tirer d'une politique active de désarmement.
Pour les jeunes, l'armée sert en quelque sorte d'exutoire à un certain mal de vivre et il n'y a pas lieu de s'inquiéter trop des attaques dont elle est l'objet. Il n'en demeure pas moins que nous devons être attentifs à ne pas créer et accroître les conditions propres à susciter la contestation. La crise de l'autorité que l'on retrouve non seulement dans l'armée mais aussi au niveau de l'Etat, de l'Eglise ou de la famille resulte d'un manque d'attention aux idéaux, aux besoins et aux difficultés de la jeunesse.
Et le débat que nous avons engagé hier au sujet du soutien aux activités de la jeunesse est de ceux qui, précisément, constituent de ces enjeux où les jeunes ne comprendraient pas qu'on les sacrifie sur l'autel du juridisme.
En conclusion, il vrai que le monde se trouve dans une période de transition. Mais l'objectif de paix est encore lointain. La confiance réciproque entre les peuples et les nations n'est pas encore suffisante pour que le désarme- ment passe véritablement dans les faits. Il nous faut donc affirmer avec force notre volonté d'indépendance et notre attachement à la neutralité armée de notre pays. Supprimer l'armée ne servirait à rien, ne garantirait rien et nous expose- rait aux aventures les plus irresponsables. Puissent tous ceux qui participent au gouvernement et qui ont pour tâche première d'assurer la sécurité de ce pays le proclamer sans ambiguïté, sans détours et sans faux-fuyants.
Deux mots encore au sujet des propositions des minorités. S'agissant du contre-projet de M. Braunschweig, il va sans dire que nous ne saurions tomber dans le piège trop gros- sier du moratoire. En réalité, cette proposition ne se distin- gue véritablement de celle des initiants que dans sa formula- tion, car, dans le fond, chacun sait bien qu'une armée dont l'équipement ne serait pas continuellement adapté et mis à jour ne pourrait être en mesure de remplir son rôle et de répondre à une éventuelle agression. Or, il en va non seule- ment de son efficacité mais également de sa crédibilité et au travers d'elle, de la crédibilité de notre pays et de sa réelle volonté de défense et d'indépendance. Cette proposition qui vise donc à supprimer l'armée par étapes est non seulement dangereuse mais irréaliste. Elle doit donc être rejetée tout aussi nettement que l'initiative elle-même. .
En ce qui concerne les contre-projets de M. Hubacher, il s'agit, comme l'a rappelé il y a un instant le président de la commission, de deux autres débats. Profiter de la discus- sion sur la suppression de l'armée pour revenir à la charge avec la création d'un service civil, pour mélanger les genres en associant défense de l'environnement et défense natio- nale, quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir sur ces sujets, n'est pas acceptable. Au surplus, la population de notre pays serait amenée à se prononcer sur des choix qui ne constituent pas de véritables et réelles alternatives au désarmement.
Pour des raisons qui tiennent donc tant au fond qu'à la forme, ces deux contre-projets devront également être re- jetés.
Enfin, le contre-projet Rebeaud, même s'il rejoint l'idée générale que notre pays doit renforcer sa politique de paix à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières ne consti- tue, pas plus que les propositions de M. Hubacher, un vérita- ble contre-projet. Au demeurant il n'est point besoin d'une disposition constitutionnelle pour mener une telle politique, voire pour l'accentuer. Dans sa réponse au postulat Muheim, le Conseil fédéral a d'ailleurs fait l'inventaire de l'ensemble des actions qu'il mène dans cette direction et on ne saurait mettre sincèrement en doute sa volonté de soula- ger la misère, de réduire les tensions, d'atténuer les crises, bref, de rendre les services que la communauté internatio- nale est en droit d'attendre de la Suisse. A ce propos, il faut souligner la contradiction que j'ai relevée dans les propos de M. Jean Ziegler qui demande à la fois la suppression de
l'armée, mais qui s'indigne que le Conseil fédéral n'envoie pas des casques bleus sur le front des actions de l'ONU! Je termine en rejoignant M. Hubacher dans son préambule. Il est remarquable qu'un pays comme le nôtre pousse sa démocratie jusqu'à se permettre d'engager, au niveau natio- nal, un vaste débat sur l'un des piliers de sa défense géné- rale. En revanche, il s'impose que nos citoyens soient cons- cients de tous les enjeux de la proposition qui leur est faite. C'est dans cet esprit que le Parti démocrate-chrétien partici- pera et s'engagera très largement dans cette réflexion. En l'état, son groupe parlementaire dira non, tant à l'initiative qu'aux différents contre-projets qui lui sont opposés.
Hier wird die Beratung dieses Geschäftes unterbrochen Le débat sur cet objet est interrompu
Schluss der Sitzung um 12.20 Uhr La séance est levée à 12 h 20
Schweizerisches Bundesarchiv, Digitale Amtsdruckschriften Archives fédérales suisses, Publications officielles numérisées Archivio federale svizzero, Pubblicazioni ufficiali digitali
Schweiz ohne Armee. Volksinitiative Pour une Suisse sans armée. Initiative populaire
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Amtliches Bulletin der Bundesversammlung Bulletin officiel de l'Assemblée fédérale Bollettino ufficiale dell'Assemblea federale
Jahr
1988
Année
Anno
Band
IV
Volume
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Session
Wintersession
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Session d'hiver
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Sessione invernale
Rat
Nationalrat
Conseil
Conseil national
Consiglio
Consiglio nazionale
Sitzung
07
Séance
Seduta
Geschäftsnummer 88.041
Numéro d'objet
Numero dell'oggetto
Datum 07.12.1988 - 09:00
Date
Data
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1709-1727
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20 016 921
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