Appeal against refusal to sever joint criminal proceedings

CREP pe12-005645-323/2012Kantonsgericht / Strafrekurskammer20.06.2012Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

S.________ appealed a Vaud prosecutor’s refusal to sever his case from those of U.________ and R.________ in an investigation for gang and professional theft. The cantonal criminal appeals chamber held the appeal admissible despite uncertainty about the date of notification, then found the cases closely connected: the suspects were arrested together, admitted the thefts, and the investigation was still ongoing. It held that no objective reason justified departing from the statutory principle of joint proceedings. The appeal was dismissed, the severance refusal confirmed, and costs plus appointed-counsel fees were imposed on S.________, with reimbursement to the State only if his financial situation later improves.

Omnilex-Regeste

Art. 29 and 30 CPP; severance of criminal proceedings; immediate appeal against joinder/severance orders. The principle of unity of proceedings is an ordering rule, not an absolute right of the accused; exceptions require objective reasons and may not rest on mere convenience. Joint trial is justified where the accused are alleged co-perpetrators or co-participants, the factual nexus is close, and separate proceedings would create a risk of contradictory judgments, especially while investigations remain ongoing. If the file does not permit establishing the date of notification, timeliness of the appeal may be assumed. Costs of the appeal follow the outcome, and appointed-counsel fees are recoverable from the party only under the statutory conditions (consid. 2-4).

Gesamter Gesetzestext

351 TRIBUNAL CANTONAL 323 PE12.005645-MYO C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E


Séance du 20 juin 2012


Présidence de M. K R I E G E R , président Juges:MmesEpard et Byrde Greffière:MmeMirus


Art. 29, 30, 393 al. 1 let. a CPP Vu l'enquête n° PE12.005645-MYO instruite d'office par le Ministère public de l'arrondissement de l'Est vaudois contre S., U. et R.________ pour vol en bande et par métier, vu le courrier du 30 mai 2012, par lequel S.________ a requis la disjonction de la procédure dont il fait l'objet de celle dirigée contre U.________ et R., vu l'ordonnance du 4 juin 2012, par laquelle la procureure a rejeté la requête de disjonction du cas de S. (I) et dit que les frais suivaient le sort de la cause (II), vu le recours interjeté le 18 juin 2012 par S.________ contre cette décision, vu les pièces du dossier;

  • 2 - attendu que le recours tend à ce que la procédure dont S.________ fait l'objet soit disjointe d'avec la procédure PE12.005645-MYO; attendu que la décision par laquelle le Ministère public ordonne la jonction ou la disjonction de procédures pénales (art. 30 CPP [Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007, RS 312.0]) est susceptible d’un recours immédiat au sens des art. 393 ss CPP (Stephenson/Thiriet, in: Niggli/Heer Wiprächtiger (éd.), Basler Kommentar, Schweizerische Strafprozessordnung, Jugendstrafprozessordnung, Bâle 2011, n. 10 ad art. 393 CPP), que le recours doit être adressé par écrit, dans un délai de dix jours dès la notification de la décision attaquée (art. 396 al. 1 CPP), qu'en l'espèce, le recours peut paraître tardif, que toutefois, sur la base du dossier, il n'est pas possible à l'autorité d'établir la date à laquelle le recourant a reçu l'ordonnance attaquée, que dans ces conditions, il y a lieu de considérer que le recours, qui a été déposé le 18 juin 2012, l'a été en temps utile, qu'il convient dès lors d'entrer en matière sur le recours interjeté par le prévenu qui a qualité pour recourir (art. 382 CPP) contre la décision de refus de disjonction de procédures pénales du 4 juin 2012 (CREP 22 mars 2012/193); attendu que l'art. 29 al. 1 CPP pose le principe de l’unité de la procédure en prévoyant que les infractions sont poursuivies et jugées conjointement lorsqu’un prévenu a commis plusieurs infractions (let. a) ainsi que lorsqu’il y a plusieurs coauteurs ou participation (let. b), que cette disposition peut être considérée comme une règle d’ordre, car la stricte mise en oeuvre du principe d’unité est trop souvent aléatoire et les personnes poursuivies ne pourront pas invoquer ce principe pour en tirer un véritable droit (Bertossa, in: Kuhn/Jeanneret (éd.), Commentaire romand, Code de procédure pénale suisse, Bâle 2011, n. 4 ad art. 29 CPP), que le principe d’unité de la poursuite ne pouvant pas être respecté de manière absolue, l’art. 30 CP prévoit expressément la possibilité d’y apporter des exceptions, à la condition que la dérogation au principe d’unité de la procédure se fonde sur des raisons objectives, ce qui

  • 3 - exclut qu’une exception au principe se fonde par exemple sur de simples motifs de commodité, que la disjonction des poursuites dirigées contre le même auteur se justifiera ainsi notamment lorsque certaines infractions ne sont découvertes qu’au moment où d’autres sont en état d’être jugées et que le délai de prescription des secondes est déjà largement entamé (Bertossa, op. cit., n. 5 ad art. 29 CPP et nn. 2 et 4 ad art. 30 CPP; cf. Bartezko, in: Niggli/Heer/Wiprächtiger (éd.), op. cit., nn. 1 et 3 ad art. 30 CPP); attendu, en l'espèce, que le 26 mars 2012, les trois prévenus ont été appréhendés par la police, à Pully, au volant de deux voitures immatriculées en Allemagne, que lors de la fouille de ces deux véhicules, cinq grands sacs de 60 litres, contenant divers articles neufs, ainsi qu'une valise contenant divers objets usagés et neufs, d'une valeur totale estimée à plus de 20'000 fr., ont été découverts, que certains articles étaient encore munis d'antivol et certains présentaient des étiquettes de commerces suisses tels que Migros, Denner, ainsi que des pharmacies de la région, que les trois comparses sont soupçonnés d'avoir agi en bande et par métier, que le recourant fait valoir qu'il n'avait ni la conscience ni la volonté de s'unir pour commettre les vols, de sorte que la circonstance aggravante de la bande ne devrait pas être retenue, que quoi qu'il en soit, il estime pouvoir être condamné par la voie de l'ordonnance pénale, même en cas de vol en bande, la peine éventuellement prononcée ne pouvant être supérieure à la détention subie, que dans ces circonstances, le refus de disjonction ralentirait le traitement de sa cause, violant ainsi le principe de célérité au sens de l'art. 5 CPP, qu'en l'occurrence, le recourant et R.________ ont tous deux admis qu'ils étaient les auteurs des vols des articles retrouvés dans les deux véhicules précités,

  • 4 - que les trois prévenus ont été appréhendés en même temps, alors qu'ils transvasaient de la marchandise dans la voiture conduite par U., que les faits reprochés au recourant et aux deux autres prévenus présentent de toute évidence un rapport étroit de connexité, qu'au vu de la coaction des protagonistes et de la circonstance aggravante de la bande, qui apparaît établie au degré de la vraisemblance, il importe que ceux-ci soient jugés ensemble pour éviter que des décisions contradictoires ne soient rendues dans cette affaire, qu'en outre, les investigations se poursuivent, afin d'établir plus précisément l'ampleur de l'activité délictuelle, d'identifier d'éventuels complices, d'établir les liens entre le recourant et les autres protagonistes, que les conditions posés à l'art. 29 CPP pour une poursuite conjointe des coaccusés sont manifestement remplies, qu'aucune raison objective, au sens de l'art. 30 CPP, ne justifie qu'il y soit fait exception, que c'est donc avec raison que la procureure a rejeté la requête de disjonction présentée par le recourant le 30 mai 2012; attendu, en définitive, que le recours doit être rejeté et l'ordonnance attaquée confirmée, que les frais de la procédure de recours, par 550 fr. (art. 20 al. 1 TFJP [Tarif des frais judiciaires pénaux du 28 septembre 2010, RSV 312.03.1]), ainsi que les frais imputables à la défense d'office (art. 422 al. 1 et 2 let. a CPP), fixés à 360 fr., plus la TVA par 28 fr. 80, soit 388 fr. 80, sont mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP), que le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au défenseur d'office de S. ne sera toutefois exigible que pour autant que la situation économique de ce dernier se soit améliorée (art. 135 al. 4 CPP).

  • 5 - Par ces motifs, la Chambre des recours pénale, statuant à huis clos : I. Rejette le recours. II. Confirme l'ordonnance attaquée. III. Fixe à 388 fr. 80 (trois cent huitante-huit francs et huitante centimes) l'indemnité allouée au défenseur d'office de S.. IV. Dit que les frais du présent arrêt, par 550 fr. (cinq cent cinquante francs), ainsi que l’indemnité due au défenseur d’office de S., par 388 fr. 80 (trois cent huitante-huit francs et huitante centimes), sont mis à la charge de ce dernier. V. Dit que le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre III ci-dessus ne sera exigible que pour autant que la situation économique de S.________ se soit améliorée. VI. Déclare le présent arrêt exécutoire. Le président : La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à : -M. Astyanax Peca, avocat (pour S.________), -Ministère public central;

  • 6 - et communiqué à : -Mme la Procureure de l’arrondissement de l'Est vaudois; par l’envoi de photocopies. La présente décision peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1

LTF). La greffière :

Schlagwörter

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Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Was the appeal against the refusal to sever the criminal proceedings timely and admissible?

Extrahierter Entscheid

Yes. Although it may have been late, the file did not establish when the appellant received the challenged order, so timeliness was assumed and the appeal was admissible.

Extrahierte Begründung

A refusal to sever proceedings is immediately appealable under the CCP. Because the date of notification could not be established from the file, the court gave the appellant the benefit of the doubt and entered into the merits.

Kernrechtsfrage

Should the appellant's proceedings be severed from those against the co-suspects?

Extrahierter Entscheid

No. The joint prosecution requirements were met and no objective reason justified an exception.

Extrahierte Begründung

The accused were apprehended together, admitted the thefts, and the facts were closely connected. Joint trial was appropriate to avoid contradictory decisions, especially since investigation was still ongoing and the aggravating circumstance of acting in a gang appeared likely.

Kernrechtsfrage

Who bears the costs of the appeal proceedings and appointed-counsel fees?

Extrahierter Entscheid

The appellant bears the appellate costs and the fee of his appointed counsel, with reimbursement to the State only if his financial situation improves.

Extrahierte Begründung

Because the appellant failed on appeal, costs were charged to him under the CCP and the fee of appointed counsel was fixed and made recoverable under the statutory conditions.

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