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TRIBUNAL CANTONAL
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PE11.017988-HNI
C H A M B R E D E S R E C O U R S P E N A L E
Présidence de M. K R I E G E R , président
Juges:MmesEpard et Byrde
Greffière:Mmede Watteville
Art. 227, 228, 393 al. 1 let. c CPP
Vu l'enquête n° PE11.017988-HNI instruite par le Ministère
public de l'arrondissement de l'Est vaudois contre E.________ pour vol en
bande et par métier,
vu l'ordonnance du 27 octobre 2011 par laquelle le Tribunal
des mesures de contrainte a ordonné la détention provisoire d'E.________
pour une durée de 15 jours, soit jusqu'au 6 novembre 2011 au plus tard,
vu la demande de prolongation de la détention provisoire
adressée le 2 novembre 2011 par le Ministère public au Tribunal des
mesures de contrainte,
vu la demande de mise en liberté adressée le 2 novembre
2011 par E.________ au procureur,
vu l'ordonnance du 3 novembre 2011, par laquelle le Tribunal
des mesures de contrainte a prolongé temporairement la détention
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provisoire d'E.________ jusqu'à ce qu'il ait statué sur la demande de
prolongation,
vu les déterminations du 4 novembre 2011 d'E.________
concluant au rejet de la demande de prolongation de la détention
provisoire,
vu l'ordonnance du 8 novembre 2011, par laquelle le Tribunal
des mesures de contrainte a rejeté la demande de libération de la
détention provisoire et ordonné la prolongation de la détention provisoire
d'E.________ pour une durée de trois mois, soit au plus tard jusqu'au 6
février 2012,
vu le recours interjeté le 16 novembre 2011 par E.________
contre cette décision,
vu les pièces du dossier;
attendu que la décision du Tribunal des mesures de
contrainte ordonnant la prolongation de la détention provisoire peut faire
l'objet d'un recours (art. 222 et 393 al. 1 let. c CPP [Code de procédure
pénale suisse du 5 octobre 2007; RS 312.0]),
que la Chambre des recours pénale du Tribunal cantonal est
compétente pour statuer sur un recours de cette nature (art. 13 LVCPP
[Loi vaudoise d'introduction du Code de procédure pénale suisse; RSV
312.01]),
que satisfaisant aux exigences de forme de l'art. 385 al. 1 CPP
et déposé dans le délai de dix jours de l'art. 396 al. 1 CPP, le recours est
recevable;
attendu qu'en vertu de l’art. 221 al. 1 CPP, la détention
provisoire et la détention pour des motifs de sûreté ne peuvent être
ordonnées que lorsque le prévenu est fortement soupçonné d’avoir
commis un crime ou un délit et qu’il y a sérieusement lieu de craindre qu’il
se soustraie à la procédure pénale ou à la sanction prévisible en prenant la
fuite (let. a), qu’il compromette la recherche de la vérité en exerçant une
influence sur des personnes ou en altérant des moyens de preuves (let. b)
ou encore qu’il compromette sérieusement la sécurité d’autrui par des
crimes ou des délits graves après avoir déjà commis des infractions du
même genre (let. c),
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que la détention provisoire et la détention pour des motifs de
sûreté ne doivent pas durer plus longtemps que la peine privative de
liberté prévisible (art. 212 al. 3 CPP);
attendu que la mise en détention provisoire n’est possible que
s’il existe à l’égard de l’auteur présumé, et préalablement à toute autre
cause, de graves soupçons de culpabilité d’avoir commis un crime ou un
délit (TF 1B_182/2011 du 5 mai 2011 c. 3.1 ; Schmocker, in
Kuhn/Jeanneret (éd.), Commentaire romand, Code de procédure pénale
suisse, Bâle 2011, nn. 7ss ad art. 221 CPP, pp. 1024 ss),
qu’il n’appartient cependant pas au juge de la détention de
procéder à une pesée complète des éléments à charge et à décharge et
d’apprécier la crédibilité des personnes qui mettent en cause le prévenu,
qu’il doit uniquement examiner s’il existe des indices sérieux
de culpabilité justifiant une telle mesure,
que l’intensité des charges propres à motiver un maintien en
détention préventive n’est pas la même aux divers stades de l’instruction
pénale,
que si des soupçons, même encore peu précis, peuvent être
suffisants dans les premiers temps de l’enquête, la perspective d’une
condamnation doit apparaître vraisemblable après l’accomplissement des
actes d’instruction envisageables (TF 1B_414/2011 du 5 septembre 2011
c. 3.1),
qu’en l’espèce, le recourant est prévenu de vol en bande et
par métier,
qu'il lui est reproché de s'être indûment approprié, à compter
de 2009 au moins, une partie importante du produit des ventes de
journaux effectuées par le biais de distributeurs munis de caissettes à
monnaie,
qu'il aurait été chargé de récolter les caissettes tous les
dimanches soirs pour le compte d'Y.________SA,
qu'il aurait agi avec à tout le moins deux co-auteurs identifiés,
savoir sa mère et le compagnon de celle-ci, en extrayant une partie de
l'argent contenu dans les caissettes à l'aide d'un couteau,
que le butin s'élèverait à environ 400'000 fr. si l'on tient
compte que les montants détournés par le recourant et ses comparses
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s'élevaient entre 3'000 fr. et 5'000 fr. par dimanche d'après leurs
déclarations et les montants en espèce versés sur les comptes bancaires
des prévenus (PV aud. du 1
er
novembre 2011 d'E.________ et de sa mère;
Rapport complémentaire de police du 2 novembre 2011),
qu'E.________ a admis une part importante de l'activité
délictueuse qui lui est reprochée (PV aud. du 1
er
novembre 2011 devant la
police),
que compte tenu des déclarations du prévenu et de l'ensemble
du dossier, il existe contre E.________ des présomptions de culpabilité
suffisantes;
attendu que la décision attaquée se fonde sur le risque de
collusion, soit le risque de compromettre la recherche de la vérité en
exerçant une influence sur des personnes ou en altérant des moyens de
preuves (art. 221 al. 1 let. b CPP),
que le maintien du prévenu en détention peut être justifié par
un tel risque notamment lorsqu’il est à craindre que l’intéressé ne mette
sa liberté à profit pour faire disparaître ou altérer les preuves, ou qu’il
prenne contact avec des témoins ou d’autres prévenus pour tenter
d’influencer leurs déclarations (TF 1B_55/2010 du 11 mars 2010 c. 3.1),
que ce risque doit être étayé par des faits concrets et précis, la
simple possibilité théorique que le prévenu se livre à des manoeuvres
destinées à compromettre la recherche de la vérité ne suffisant pas
(Schmocker, op. cit., n. 16 ad art. 221 CPP, p. 1027; ATF 132 I 21 c. 3.2),
qu’en l’espèce, le recourant conteste l'existence d'un tel risque
au motif que les prévenus ont livré des versions similaires s'agissant de la
destination de l'argent soustrait,
que ce faisant, le recourant méconnaît que le procureur ne doit
pas se contenter d'aveux, qui ont d'ailleurs pu être concertés par avance,
que des preuves matérielles sont nécessaires, non seulement
pour acquérir une conviction sur l'ampleur des montants soustraits et leur
disparition, mais aussi pour séquestrer ce qui peut encore l'être,
que la totalité des relevés bancaires des prévenus et les
relevés de leurs transactions vers l'étranger n'ont pas encore pu être
obtenus (Rapport complémentaire de police du 2 novembre 2011),
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que les prévenus ne doivent donc pas communiquer entre eux
ou avec les bénéficiaires d'éventuels versements, avant que l'enquête
aboutisse sur ces questions,
qu'en conséquence, c'est à juste titre que le Tribunal des
mesures de contrainte a retenu le risque de collusion;
attendu que l’ordonnance entreprise se fonde également sur le
risque de fuite (art. 221 al. 1 let. a CPP),
que le recourant conteste que la décision puisse se fonder sur
ce motif du fait que la décision du 27 octobre 2011, ordonnant la
détention provisoire pour une durée de quinze jours, était fondée
uniquement sur le risque de collusion,
que dans la mesure où il suffit qu'un des motifs énumérés à
l'art. 221 al. 1 CPP soit réalisé, le Tribunal des mesures de contrainte n'a
pas à examiner tous les risques justifiant une mise en détention,
qu'il n'est, par ailleurs, pas lié par les motifs invoqués à l'appui
d'une précédente demande,
qu'au demeurant, l'enquête étant évolutive, un risque qui
apparaissait minime peut augmenter avec l'enquête,
qu'en conséquence, l'argument du recourant tombe à faux,
que le recourant conteste tout risque de fuite au motif qu'il
serait établi en Suisse depuis plus de dix ans et au bénéfice d'un permis
d'établissement ou permis C,
que selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, le risque de
fuite doit s’analyser en fonction d’un ensemble de critères tels que le
caractère de l’intéressé, sa moralité, ses ressources, ses liens avec l’Etat
qui le poursuit ainsi que ses contacts à l’étranger qui font apparaître le
risque de fuite non seulement possible, mais également probable (TF
1B_414/2011 du 5 septembre 2011 c. 3.1),
que la gravité de l’infraction ne peut pas, à elle seule, justifier
la prolongation de la détention, même si elle permet souvent de présumer
un danger de fuite en raison de l’importance de la peine dont le prévenu
est menacé (TF 1B_478/2011 du 5 octobre 2011 c. 4.1),
qu'en l'espèce, E.________ a reconnu s'être rendu, depuis 2009,
à plusieurs reprises pour une semaine à un mois et demi, dans son pays
d'origine,
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que contrairement à ce qu'affirme le recourant, sa mère a
expliqué à la police qu'il avait passé en 2010 environ six mois en Serbie
pour se marier (PV aud. du 1
er
novembre 2011, R. 7, p. 4),
qu'il a également reconnu avoir envoyé une partie de l'argent
qu'il aurait détourné à sa famille en Serbie (PV aud. du 1
er
novembre 2011,
R. 14, p. 4),
qu'ainsi les attaches du recourant avec son pays d'origine sont
très importantes,
qu'en outre, vu l'importance de l'activité délictueuse pour
laquelle il est mis en cause, le recourant risque de perdre son permis
d'établissement, hypothéquant ainsi ses projets de création d'une
entreprise en Suisse,
qu'au demeurant, le recourant a déjà accumulé de
nombreuses dettes,
qu'ainsi, E.________ sera d'autant plus tenté de se rendre à
l'étranger ou en Serbie, où sa mère semble avoir fait construire une
maison, pour échapper à la justice suisse,
qu'en conséquence, c'est à juste titre que le Tribunal des
mesures de contrainte a retenu le risque de fuite;
attendu, pour le surplus, que la proportionnalité de la
détention doit être examinée au regard de l’ensemble des circonstances
concrètes du cas d’espèce (ATF 133 I 168 c. 4.1 et les arrêts cités),
que le juge peut maintenir la détention préventive aussi
longtemps qu’elle n’est pas très proche de la durée de la peine privative
de liberté à laquelle il faut s’attendre concrètement en cas de
condamnation (TF 1B_411/2011 du 31 août 2011 c. 4.1; ATF 133 I 168 c.
4.1; ATF 132 I 21 c. 4.1),
qu’en l’espèce, le recourant a été appréhendé le 23 octobre
2011,
que cela fait donc moins d'un mois qu'il est détenu,
que mis en cause pour vol en bande et par métier, et compte
tenu des circonstances exposées plus haut, le prévenu encourt une peine
privative de liberté d’une durée bien supérieure à celle de la détention
subie jusqu’à maintenant si les faits sont avérés,
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que le fait que la peine puisse éventuellement être assortie du
sursis n'a aucune incidence sur la proportionnalité de la détention,
contrairement à ce que prétend le recourant (TF 1B_9/2011 du 7 février
2011, c. 7.2; ATF 133 I 270 c. 3.4.2; ATF 125 I 60 c. 3d),
que, par conséquent, le principe de proportionnalité des
intérêts en présence demeure respecté,
qu'au surplus, le recourant peut déposer en tout temps une
demande de mise en liberté s'il estime que la détention provisoire
ordonnée pour une durée de trois mois est excessive;
attendu, en définitive, que le recours manifestement mal fondé
doit être rejeté sans autres échanges d'écritures (art. 390 al. 2 CPP) et
l’ordonnance confirmée,
que les frais de la procédure de recours, par 770 fr. (art. 20 al.
1 TFJP [Tarif des frais judiciaires pénaux du 28 septembre 2010, RSV
312.03.1]), ainsi que les frais imputables à la défense d’office (art. 422 al.
1 et al. 2 let. a CPP), fixés à 810 fr., plus la TVA, par 64 fr. 80, et les
débours, par 20 fr. compte tenu des frais effectifs, soit un total de 894 fr.
80, sont mis à la charge du recourant, qui succombe (art. 428 al. 1 CPP),
que le remboursement à l’Etat de l’indemnité allouée au
défenseur d’office d'E.________ ne sera toutefois exigible que pour autant
que la situation économique de ce dernier se soit améliorée (art. 135 al. 4
CPP).
Par ces motifs,
la Chambre des recours pénale,
statuant à huis clos :
I. Rejette le recours.
II. Confirme l'ordonnance attaquée.
III. Fixe à 894 fr. 80 (huit cent nonante-quatre francs et huitante
centimes) l’indemnité allouée au défenseur d’office
d'E.________.
IV. Dit que les frais du présent arrêt, par 770 fr. (sept cent
septante francs), ainsi que l’indemnité due au défenseur
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d’office d'E., par 894 fr. 80 (huit cent nonante-quatre
francs et huitante centimes), sont mis à la charge de ce
dernier.
V. Dit que le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au
chiffre III ci-dessus sera exigible pour autant que la situation
économique d'E. se soit améliorée.
VI. Déclare le présent arrêt exécutoire.
Le président : La greffière :
Du
L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis
clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Mme Elisabeth Chappuis, avocate (pour E.________),
-Ministère public central,
et communiqué à :
-Mme la Présidente du Tribunal des mesures de contrainte,
-M. le Procureur de l'arrondissement de l'Est vaudois,
par l’envoi de photocopies.
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Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1