Lex mitior does not apply to later easing of entry rules

CCASS 397/2009Kantonsgericht / Strafkassationskammer14.09.2009Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

P.________, a Romanian national, was convicted by the Lausanne police court for unlawful stay/entry in Switzerland. On cassation she argued that the later extension of free movement rights to Romanian nationals made her conduct no longer punishable and that she should benefit from lex mitior. The cantonal cassation court rejected that argument, holding that only the administrative entry conditions changed, not Article 115 LEtr itself, so the later liberalization had no retroactive effect. The appeal was dismissed, the conviction and 15-day sentence were confirmed, and second-instance costs were imposed on her.

Omnilex-Regeste

Art. 2 al. 2 CP; Art. 115 LEtr: later relaxation of administrative entry conditions does not retroactively exclude punishment for earlier unlawful entry or stay. Lex mitior applies to changes in penal law, not to mere amendments of the administrative prerequisites incorporated by reference, unless the criminal norm itself changes or an express retroactivity basis exists. The protected legal interest and the unlawfulness of the conduct must be assessed according to the law in force at the time of the act; a later easing benefits the foreign national only from its entry into force and does not erase prior liability (consid. 1).

Gesamter Gesetzestext

604 TRIBUNAL CANTONAL 397 PE09.000647-PVA/JON/FHE C O U R D E C A S S A T I O N P E N A L E


Séance du 14 septembre 2009


Présidence de M. C R E U X , président Juges:M.de Montmollin et Mme Epard Greffier :MmeSidi-Ali


Art. 2 al. 2 CP, 115 LEtr La Cour de cassation pénale prend séance à huis clos pour statuer sur le recours interjeté par P.________ contre le jugement rendu le 5 août 2009 par le Tribunal de police de l’arrondissement de Lausanne dans la cause la concernant. Elle considère :

  • 2 - E n f a i t : A.Par jugement du 5 août 2009, le Tribunal de police de l’arrondissement de Lausanne a condamné P.________ pour délit à la loi fédérale sur les étrangers à une peine privative de liberté de quinze jours, sous déduction de neuf jours de détention avant jugement, peine partiellement complémentaire aux condamnations des 6 et 18 novembre 2008 du Juge d'instruction de Lausanne (I) et mis les frais à sa charge (II). B.Ce jugement retient en substance ce qui suit, la cour de céans se référant pour le surplus à l'état de fait dans son intégralité : 1.P.________, née en 1989 en Roumanie, de nationalité roumaine, vit avec sa famille et d'autres gitans dans les environs d'Annecy. Son casier judiciaire suisse mentionne une condamnation le 6 novembre 2008 par le Juge d'instruction de Lausanne, pour escroquerie et activité lucrative sans autorisation, à 45 jours de détention. L'accusée a purgé cette peine jusqu'au 27 juillet 2009. Elle a également été condamnée par ordonnance du Juge d'instruction de Lausanne du 18 novembre 2008 à une amende de 400 fr. pour vol d'importance mineure. 2.Entre la mi-octobre 2008 et jusqu'au 13 janvier 2009, l'accusée a séjourné à plusieurs reprises en Suisse dans la région lausannoise, sans disposer des autorisations administratives nécessaires. Malgré le handicap de la langue, elle avait compris qu'elle devait quitter le pays quand elle a été interpellée. L'accusée venait en Suisse avec son mari et des compatriotes en voiture et y repartait de la même façon, dans le but de mendier, prétendument pour pouvoir payer à manger à ses enfants, version que le tribunal n'a pas retenue dans la mesure où son adresse en France est celle du Secours Populaire Français.

  • 3 - C.En temps utile, P.________ a recouru contre le jugement précité. Dans le délai imparti à cet effet, elle a déposé un mémoire concluant à sa réforme en ce sens qu'elle est acquittée. E n d r o i t : 1.La recourante fait valoir que, le droit ayant changé depuis le 1 er juin 2009, elle doit être mise au bénéfice de la lex mitior et par conséquent être acquittée. a) Le 1 er juin 2009 est entré en vigueur le protocole du 27 mai 2008 relatif à l’extension de l’accord sur la libre circulation des personnes à la Bulgarie et la Roumanie (RS 0.142.112.681.1), en vertu duquel les ressortissants bulgares et roumains peuvent entrer sur le territoire suisse sans visa. Aux termes de l'art. 2 al. 2 CP, la nouvelle disposition légale s'applique à un crime ou à un délit commis avant la date de son entrée en vigueur si elle lui est plus favorable que celle en vigueur au moment de l'infraction. La lex mitior s'applique aux dispositions de la loi pénale, cas échéant celles de la loi pénale administrative. En revanche, lorsque ce sont les dispositions administratives auxquelles renvoie la norme pénale qui changent, les avis sont nuancés (cf. Gauthier in Roth/Moreillon éd., Commentaire romand – Code pénal I, Bâle 2009, n. 31 ad art. 2 CP). En matière de circulation routière, le Tribunal fédéral a retenu que l'art. 2 al. 2 CP ne devait pas s'appliquer à la violation d'une norme de la circulation routière qui, au moment du jugement, avait été abrogée. En effet, si l'idée qui est à la base du principe de la lex mitior est que l'acte apparaît, suite à la modification des conceptions juridiques, moins répréhensible ou plus répréhensible du tout (ATF 89 IV 113 consid. 1a), la suppression d'une limitation de vitesse ne modifie par contre pas la conception juridique selon laquelle la vitesse maximale signalée qui

  • 4 - déroge à la vitesse maximale générale doit être respectée (ATF 123 IV 84 consid. 3b, JT 1997 I 822). b) Ce raisonnement doit être suivi par analogie dans le cas d'espèce. L'art. 115 LEtr n'a pas changé entre 2008 et 2009. Il punit notamment toujours celui qui contrevient aux dispositions sur l'entrée en Suisse ou y séjourne illégalement. L'obligation de respecter les dispositions qui déterminent les conditions d'entrée ou le séjour n'a pas varié. Si celles-ci sont modifiées, les étrangers concernés doivent adapter leur comportement. Si elles s'assouplissent, comme en l'espèce, ils en bénéficient dès leur entrée en vigueur. Mais elles n'ont pas d'effet rétroactif. En matière administrative en effet, le nouveau droit ne s'applique pas aux faits antérieurs à sa mise en vigueur, sauf base légale expresse (Moor, Droit administratif vol. I, 2 ème éd., Berne 1994, 2.5.2.3 pp. 170 s. et 2.5.3 p. 179). C'est donc à juste titre que la violation de l'art. 115 LEtr par P.________ a été sanctionnée, en dépit de l'entrée en vigueur ultérieure du protocole additionnel à l'Accord sur la libre circulation des personnes. 2.Sur le vu de ce qui précède, le recours doit être rejeté et le jugement attaqué confirmé. Les frais de justice sont mis à la charge de la recourante, qui succombe (art. 450 al. 1 CPP).

  • 5 - Par ces motifs, la Cour de cassation pénale, statuant à huis clos en application de l'art. 431 al. 2 CPP, p r o n o n c e : I. Le recours est rejeté. II. Le jugement est confirmé. III. Les frais de deuxième instance, par 1'037 fr. 35 (mille tente- sept francs et trente-cinq centimes), y compris l'indemnité allouée à son défenseur d'office par 387 fr. 35 (trois cent huitante-sept francs et trente-cinq centimes), sont mis à la charge de la recourante. IV. Le remboursement à l'Etat de l'indemnité allouée au chiffre III ci-dessus sera exigible pour autant que la situation économique de P.________ se soit améliorée. V. La détention subie depuis le jugement est déduite. VI. L'arrêt est exécutoire. Le président :La greffière :

  • 6 - Du 16 septembre 2009 Le dispositif de l'arrêt qui précède est communiqué à la recourante et aux autres intéressés. La greffière : Du L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié à : -Me Fabien Mingard, avocat (pour P.________), -M. le Procureur général du canton de Vaud, et communiqué à : -Département de l'intérieur, Office d'exécution des peines, -Service de la population, secteur étrangers (20.12.1989), -Office fédéral des migrations, -Mme la Présidente du Tribunal de police de l'arrondissement de Lausanne, -M. le Juge d'instruction cantonal, par l'envoi de photocopies. Le présent arrêt peut faire l'objet d'un recours en matière pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent

  • 7 - être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1 LTF). La greffière :

Schlagwörter

lex mitiorforeign nationalsunlawful stayentry rulesretroactivityappeal costscustodial sentenceadministrative lawcriminal liability

Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Whether the 2009 easing of entry rules for Romanian nationals required acquittal under lex mitior principles.

Extrahierter Entscheid

No. Article 2(2) CP does not make the later, more permissive entry regime retroactively applicable to earlier conduct; Article 115 LEtr remained unchanged and continued to penalize unlawful entry or stay.

Extrahierte Begründung

The court held that lex mitior concerns changes in penal law or, at most, penal-administrative law. Here only the administrative entry conditions changed, not the criminal norm. A later relaxation benefits foreign nationals only from its entry into force and does not retroactively erase prior illegal conduct.

Kernrechtsfrage

Whether the first-instance conviction and sentence for violation of Article 115 LEtr should be set aside.

Extrahierter Entscheid

No. The conviction and custodial sentence were upheld.

Extrahierte Begründung

Because the conduct remained punishable under the unchanged criminal provision, the lower court correctly sanctioned the violation despite the later protocol extending free movement rights.

Kernrechtsfrage

Allocation of second-instance costs and compensation for appointed counsel.

Extrahierter Entscheid

The appellant was ordered to pay second-instance costs, including the appointed counsel fee, with reimbursement subject to improved financial circumstances.

Extrahierte Begründung

As the appellant lost the appeal, costs followed the outcome; the state’s reimbursement claim was made conditional on an improvement in her economic situation.

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