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TRIBUNAL CANTONAL
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PE11.000447-//TDE
J U G E M E N T D E L A C O U R D ’ A P P E L P E N A L E
Présidence de M. S A U T E R E L
Juges:MM. Meylan et Winzap
Greffière:MmeRouiller
Parties à la présente cause :
A.W.________, actuellement détenu à la Prison du Bois-Mermet, prévenu,
assisté par Me Matthieu Genillod, avocat d’office à Lausanne, appelant,
et
Ministère public, représenté par le Procureur de l'arrondissement de
Lausanne, intimé.
1.1 A.W., né le 1
er
janvier 1987 en Côte d’Ivoire, pays dont
il est ressortissant, est arrivé clandestinement en Suisse vers l’âge de 15
ans. Il a déposé une demande d’asile dans le canton de Berne, dont il a
été débouté. Encore mineur, il a été condamné pour trafic de stupéfiants
en septembre 2005 (PV aud. 13 p. 1). Depuis cette condamnation, hormis
un séjour de sept ou huit mois en Afrique dont il est revenu en mai 2007,
le prévenu est demeuré en Suisse. S'étant établi à Lausanne en 2007 (PV
aud. 11 p. 2), il a noué une relation sentimentale avecA.H., aide-
soignante, qui vivait seule avec sa fille B.H.. Un garçon prénommé
C.W., né le 9 mai 2008, est issu de cette union. L'intéressé a
épousé A.H.________ le 23 décembre 2009 et a obtenu, en 2010, un permis
B à la suite de ce mariage (PV aud. 13 p. 1). A.W.________, père d'un autre
enfant issu d'une autre relation, a séjourné sans autorisation sur notre
territoire jusqu'à l'obtention de son permis B, en 2010. Il n'a exercé
aucune activité lucrative licite en Suisse.
2.1Appréhendé le 12 mars 2011 à son domicile de [...] (pièce 98
p. 2), A.W.________ a été envoyé en jugement selon acte d’accusation du 2
novembre 2011 du Ministère public de l'arrondissement de Lausanne. La
cour de céans se réfère, en le complétant dans la mesure utile aux besoins
de la cause, à cet état de fait correctement établi, dont l'intéressé a admis
l'authenticité en première instance (jugement p. 3) et qu'il n'a pas
contesté en appel. Sur cette base, elle retient ce qui suit :
2.1.1A Lausanne notamment, entre le mois de septembre 2007
(date de son retour en Suisse) et le 12 mars 2011 (date de son
arrestation), A.W.________ s’est adonné au trafic de cocaïne. Il vendait sa
marchandise directement aux consommateurs ou par l’intermédiaire de
revendeurs. Etant sans emploi, son train de vie dépendait presque
exclusivement de son activité délictueuse. Bien installé sur la scène de la
drogue sans être lui-même toxicomane, l'intéressé se faisait appeler "[...]
le routier [...]" en raison de son expérience. Les écoutes téléphoniques
effectuées par les enquêteurs ont démontré qu'il possédait, dans le milieu
des trafiquants de drogue, les contacts nécessaires à son
approvisionnement régulier et à l'écoulement de la cocaïne sur le marché
des stupéfiants. Sans appartenir à un réseau de trafic de drogue
d'envergure internationale, A.W.________ n'était pas pour autant un simple
dealer de rue; il avait des contacts directs avec un fournisseur hollandais
et des grossistes africains établis en Suisse. Dealer indépendant, il
disposait de son propre modèle d'organisation (pièce 98 p. 12).
Sept toxicomanes l'ont mis en cause pour leur avoir vendu
entre
535, 4 grammes et 825. 2 grammes la cocaïne. Il s'agit de Q.________ (72 à
90 fingers de 5 g, soit 360-540 g), T.________ (48 à 72 boulettes
représentant un total de 33,6 à 50, 4 g), [...] (42 boulettes, soit 35 g),
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10 -
B.________ (22 à 23 boulettes, soit 44 à 45 g), X.________ (4 à 8 boulettes,
soit 4 à 8 g), K.________ (4 boulettes, soit 2,8 g) et C.H.________ (80 à 180
boulettes, soit 56 à 144 g).
Après avoir tenu, en cours d'enquête, des propos peu clairs au
sujet de la quantité totale de cocaïne vendue (pièce 98 p. 13), le prévenu
a fini par admettre, aux débats de première instance, l'intégralité des faits
et des infractions pour lesquelles il avait été renvoyé en jugement. Il ne
conteste donc pas s'être livré à un trafic de stupéfiants portant sur une
quantité minimale 929, 6 g de cocaïne correspondant à 287, 25 grammes
de drogue pure, compte tenu d'un taux de pureté moyen de 31 % (chiffre I
de l'acte d'accusation; jugement p. 9 et pièce 98 p. 2).
Le trafic de stupéfiants auquel s’est adonné A.W.________ lui a
permis de dégager un bénéfice compris entre 18'592 fr. et 46’480 fr.,
compte tenu de la quantité de marchandise écoulée (929,6 g) et du
bénéfice réalisé par gramme (entre 20 et 50 fr.).
2.1.2A Genève et Zürich, entre le 25 septembre 2009 et le 28
décembre 2010, A.W.________ a effectué neuf virements [...] vers la [...]
pour un total de 3'353 fr. (arrondi). Cet argent provenait de la vente de
cocaïne.
A Lausanne notamment, entre le mois de septembre 2007 et
le 12 mars 2011, le prévenu a investi au moins 5'000 fr. issus de son trafic
de cocaïne, dans l’achat de voitures qu’il exportait et revendait ensuite en
Côte d’Ivoire.
2.1.3A Lausanne notamment, entre le mois de septembre 2007 et
le 12 mars 2011, A.W.________ a circulé à plusieurs reprises au volant
d’une voiture alors qu’il n’était titulaire d’aucun permis de conduire.
2.1.4A Lausanne notamment, entre le 20 septembre 2005 (date de
sa dernière condamnation) et le mois de janvier 2007 (date à laquelle il
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11 -
est parti pour l’Afrique), A.W., ressortissant ivoirien, a séjourné en
Suisse sans être au bénéfice d’une autorisation.
En septembre 2007, le prévenu est revenu sur le territoire
suisse en sachant qu’il n’avait aucune autorisation pour ce faire et y a
séjourné illégalement jusque dans le courant de l’année 2010, période
durant laquelle il a obtenu un permis B.
3.Afin de qualifier les actes du prévenu, le tribunal s'est référé,
pour sanctionner le commerce de stupéfiant, à la loi fédérale sur les
stupéfiants [Loi fédérale du 3 octobre 1951 sur les stupéfiants et les
substances psychotropes (Loi sur les stupéfiants, LStup; RS 812.121)] dans
sa version antérieure au 1
er
juillet 2011 – moins sévère que les normes
actuelles –. Pour les mêmes raisons, il a appliqué à l'entrée illégale et au
séjour illégal, la loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers
du 26 mars 1931 (LSEE; RS 142.20) aux faits antérieurs au 1
er
janvier
2008, puis la LEtr (Loi fédérale du 16 décembre 2005 sur les étrangers; RS
142.20) aux faits postérieurs à cette date. Enfin, l’ancien article 95 ch. 1
al. 1 LCR (Loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation routière; RS
741.01) a été appliqué à la conduite sans permis. Cette disposition ne
prévoyait, à l'époque, qu’une contravention pour ce type d’infraction.
Au vu des faits incriminés, A.W. a été reconnu
coupable d’infraction grave à la Loi fédérale sur les stupéfiants au sens de
l’art. 19 ch. 1 al. 3 à 6 et ch. 2 litt. a aLStup, de blanchiment d’argent au
sens de l’art. 305 bis ch. 1 CP, de circulation sans permis de conduire au
sens de l’art. 95 ch. 1 al. 1 LCR, de séjour illégal au sens de l’art. 115 al. 1
litt. b LEtr et d’infraction à la Loi fédérale sur les étrangers au sens de l’art.
23 al. 1 4
ème
par. LSEE.
Une amende a été infligée à A.W.________ pour sanctionner la
contravention à la LCR (Loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la
circulation routière; RS 741.01) et une peine privative de liberté de trois
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12 -
ans et demi sous déduction des 376 jours de détention subie avant
jugement a été prononcée pour sanctionner les autres chefs d'accusation.
4.Aux débats du Tribunal correctionnel, l'épouse du prévenu a
fourni de bons renseignements sur son mari. Un rapport établi par la
Direction de la prison du [...] a fait état du bon comportement de
A.W.________ avec ses surveillants et ses co-détenus. L'intéressé s'est
montré relativement collaborant avec les enquêteurs; il a identifié
formellement deux de ses fournisseurs et reconnu avoir vendu de la
cocaïne aux toxicomanes entendus (pièce 98 pp. 14, 15 et 17). En
détention, il suit des cours avec assiduité.
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13 -
E n d r o i t :
1.Déposé en temps utile et contenant des conclusions
suffisantes, l'appel de A.W.________ est recevable (art. 399 al. 1 et 3 CPP;
Code de procédure pénale suisse du 5 octobre 2007, RS 312.0).
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14 -
poursuivi son activité délictueuse jusqu'à son arrestation (ch. 1 de l'acte
d'accusation et pièce 98 p. 1).
Par ailleurs, A.W.________ a persisté à nier certains faits
jusqu'aux débats de première instance (jugement pp. 3 et 9) et n'a fait
que des aveux partiels durant l'enquête (pièce 98 p. 17). Dans ce
contexte, le tribunal n'avait pas à retenir une bonne collaboration avec les
enquêteurs
L'état de fait retenu par les premiers juges ne prête donc pas
le flanc à la critique et doit être confirmé.
4.La qualification des infractions et le droit applicable ratione
temporis ne sont pas remis en cause, ni non plus l'amende infligée pour la
contravention à la LCR. Sur ces points, la cour de céans se réfère au
jugement attaqué, qui est conforme au droit et qui doit être confirmé.
Est, en revanche, litigieuse la quotité de la peine privative de
liberté (3 ans et demi) infligée pour sanctionner le séjour illégal,
l'infraction grave à la LStup et le blanchiment d'argent. L'appelant
demande que cette peine soit réduite d'une manière compatible avec
l'octroi d'un sursis partiel. Il se prévaut d'un repentir sincère au sens de
l'art. 48 let. d CP et prétend que sa bonne collaboration pendant l'enquête
devrait au moins être considérée comme un élément favorable pour la
fixation de la peine dans le cadre ordinaire de l'art. 47 CP (mémoire p. 7
ch. 20).
4.1.1L'art. 47 al. 1 CP prévoit que la peine doit être fixée d'après la
culpabilité de l'auteur, en tenant compte des antécédents et de la
situation personnelle de ce dernier, ainsi que de l'effet de la peine sur son
avenir. L'al. 2 de cette disposition énumère, de manière non limitative,
une série de critères à prendre en considération pour déterminer la
culpabilité de l'auteur. Ces critères correspondent à ceux établis par la
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15 -
jurisprudence relative à l'art. 63 aCP (TF 6B_38/2011 du 26 avril 2011 c.
3.2; ATF 134 IV 17 c. 2.1 ; ATF 129 IV 6 c. 6.1).
Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir
d'appréciation. Il y a toutefois violation du droit fédéral lorsque le juge sort
du cadre légal, lorsqu'il fonde sa décision sur des critères étrangers à l'art.
47 CP, lorsqu'il omet de prendre en considération des éléments prévus par
cette disposition ou lorsqu'il a abusé de son pouvoir d'appréciation en
fixant une peine exagérément sévère ou excessivement clémente (TF
6B_327/2011 du 7 juillet 2011 c. 2.1; ATF 134 IV 17 c. 2.1).
Dans le domaine spécifique des infractions à la LStup, le
Tribunal fédéral a, en outre, dégagé les principes suivants : Même si la
quantité de la drogue ne joue pas un rôle prépondérant, elle constitue
sans conteste un élément important. Elle perd cependant de l'importance
au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la limite à partir de laquelle le cas
doit être considéré comme grave au sens de l'art. 19 ch. 2 let. a LStup. Il
en va de même lorsque plusieurs des circonstances aggravantes prévues
à l'art. 19 ch. 2 LStup sont réalisées. Le type de drogue et sa pureté
doivent aussi être pris en considération. Si l'auteur sait que la drogue est
particulièrement pure, sa culpabilité sera plus grande; en revanche, sa
culpabilité sera moindre s'il sait que la drogue est diluée plus que
normalement (ATF 122 IV 299 c. 2c p. 301; 121 IV 193 c. 2b/aa p. 196). Le
type et la nature du trafic en cause sont aussi déterminants.
L'appréciation est différente selon que l'auteur a agi de manière autonome
ou comme membre d'une organisation. Dans ce dernier cas, il importera
de déterminer la nature de sa participation et sa position au sein de
l'organisation : un simple passeur sera ainsi moins coupable que celui qui
joue un rôle décisif dans la mise sur pied des opérations et qui participe de
manière importante au bénéfice illicite (ATF 121 IV 202 c. 2d/cc p. 206).
L'étendue du trafic entrera également en considération. Un trafic
purement local sera en règle générale considéré comme moins grave
qu'un trafic avec des ramifications internationales. Le délinquant qui
traverse les frontières (qui sont surveillées) doit en effet déployer une
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énergie criminelle plus grande que celui qui transporte des drogues à
l'intérieur du pays et qui limite son risque à une arrestation fortuite lors
d'un contrôle; à cela s'ajoute que l'importation en Suisse de drogues a des
répercussions plus graves que le seul transport à l'intérieur des frontières.
Enfin, le nombre d'opérations constitue un indice pour mesurer l'intensité
du comportement délictueux; celui qui écoule une fois un kilo d'héroïne
sera en principe moins sévèrement puni que celui qui vend cent grammes
à dix reprises. Outre les éléments qui portent sur l'acte lui-même, le juge
doit prendre en considération la situation personnelle du délinquant, à
savoir sa vulnérabilité face à la peine, ses obligations familiales, sa
situation professionnelle, les risques de récidive, etc. Les mobiles, c'est-à-
dire les raisons qui ont poussé l'auteur à agir, ont aussi une influence sur
la détermination de la peine. Il conviendra ainsi de distinguer le cas de
l'auteur qui est lui-même toxicomane et qui agit pour financer sa propre
consommation de celui qui participe à un trafic uniquement poussé par
l'appât du gain (ATF 122 IV 299 c. 2b p. 301). Il faudra aussi tenir compte
des antécédents, qui comprennent aussi bien les condamnations
antérieures que les circonstances de la vie passée. Enfin, le comportement
du délinquant lors de la procédure peut aussi jouer un rôle (TF du 13 juin
2008 6B_270/2008, c. 4.3).
4.1.2D'après l'art. 48 CP, le juge atténue la peine si l’auteur a
manifesté, par des actes, un repentir sincère, notamment s’il a réparé le
dommage autant qu’on pouvait l’attendre de lui (let. d).
Cette disposition reprend l'art. 64 al. 7 aCP. La circonstance
atténuante du repentir sincère ne peut toutefois être retenue qu'en faveur
du délinquant qui fournit, de son propre mouvement, un effort particulier,
spontané et désintéressé par lequel il fait la preuve de son repentir,
notamment en tentant, au prix de sacrifices, de réparer le tort qu'il a
causé. L'effort particulier doit être fourni librement et durablement. Celui
qui ne consent à faire un effort que sous la menace d'une procédure
pénale présente ou à venir ne manifeste pas un repentir sincère, mais
s'inspire de considérations tactiques et ne mérite donc pas d'indulgence
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17 -
particulière. De plus, l'effort particulier requis doit se trouver en rapport
étroit avec l'infraction et doit être dicté uniquement par la prise de
conscience de l'auteur. A titre d'exemple, le bénéfice du repentir sincère
pourrait être accordé à un trafiquant de stupéfiants qui, par un travail
durable, participerait sérieusement à la lutte contre la toxicomanie. Le
seul fait que le délinquant soit passé aux aveux, de même qu'un
comportement correct – voire l'expression de regrets – en cours
d'enquête, même marqué de contrition, ne suffisent pas à constituer en
soi un repentir sincère, pouvant tout au plus être pris en considération au
moment de la fixation de la peine en vertu
de l'art. 47 CP (cf. sur tous ces points, TF 6B_891/2009 du 13 janvier 2010
c. 5).
4.1.3Dans un arrêt du 13 août 2010 (TF 6B_265/ 2010) rendu en
matière de stupéfiants, la Haute Cour précise qu'à l'heure où la criminalité
est de mieux en mieux organisée, la coopération des prévenus est
importante pour démanteler les réseaux, c'est pourquoi une collaboration
exceptionnelle de l'intéressé pendant l'enquête doit être prise en compte
en sus des autres éléments à décharge pour la fixation de la peine. Dans
le cas analysé, le caractère exceptionnel de la collaboration de la
prévenue avait été relevé par les enquêteurs notamment parce que, sur la
base des aveux sincères de celle-ci, il avait été possible d'arrêter le couple
organisateur d'un trafic international de stupéfiants portant au moins sur
30 kg de cocaïne (c. 3.3).
4.2.En l'espèce, A.W.________ a séjourné sans droit dans le
territoire suisse jusqu'en 2010, sans y exercer aucune activité lucrative
licite. De mai 2007 (date de son retour d'Afrique) à mars 2011 (période de
son arrestation), soit durant trois ans et demi, il n'a cessé de vendre de la
cocaïne. La quantité de drogue pure qu'il a ainsi écoulée (287, 25 g)
réalise plus de vingt fois le cas grave (ATF 119 IV 180 c. 2d). Au
demeurant, son commerce a été intense de par la fréquence des
transactions effectuées. A la tête de sa propre organisation, il s'est
approvisionné auprès d'un fournisseur hollandais et de grossistes africains
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installés en Suisse (pièce 98 p. 3). Il a distribué sa drogue à d'autres
revendeurs qu'il fournissait en permanence. Actif depuis plusieurs années
(pièce 98 p. 11), il se faisait appeler "[...] le routier [...]" (pièce 98, p. 6),
en raison de son expérience. Cette activité délictueuse a non seulement
permis à A.W.________ d'améliorer considérablement son train de vie en
Suisse, mais elle a engendré un bénéfice de plusieurs dizaines de milliers
de francs. Les revenus dégagés de cette activité délictueuse dont
l'intéressé faisait son métier (JT 1992 IV169) lui ont en outre permis
d'envoyer de l'argent en Côte d'Ivoire et d'acheter des voitures qu'il
exportait ensuite vers ce pays.
Au vu de ce qui précède, la culpabilité de l'appelant est très
importante. Le prévenu n'apparaît pas comme un simple dealer de rue
poussé par la misère, mais plutôt comme un individu en pleine santé,
habitué à sortir le soir pour faire la fête (cf. photos annexes 1 et suivantes
du PV aud. 11). N'étant pas lui-même toxicomane, il a agi par pur appât du
gain et sans le moindre scrupule. On soulignera que ses infractions sont en
concours au sens de l’art. 49 CP (entrée et séjour illégal, trafic de
stupéfiants et blanchiment d’argent) et qu'il s'en est pris au bien juridique
fondamental qu'est la santé publique. Enfin, on relèvera A.W.________ avait
déjà été condamné pour trafic de stupéfiants alors qu'il était mineur.
A la décharge de A.W., on retiendra son adhésion
finale à l'acte d'accusation, les bons renseignements fournis notamment
par la direction de la prison, les regrets exprimés, ainsi que des efforts
qu'il fait pour s'insérer dans le marché du travail.
Si une certaine collaboration avec les enquêteurs doit entrer
en ligne de compte, A.W. ayant notamment accepté d'identifier
formellement deux de ses fournisseurs (pièce 98 pp. 14 et 15), ce sont
surtout les écoutes téléphoniques mises en place qui ont permis de cerner
son activité délictueuse en matière de stupéfiants et sa complicité avec
d'autres dealers (pièce 98 p. 3). Dans le cas particulier, on ne saurait donc
parler d'une collaboration extraordinaire à prendre en compte comme
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19 -
élément à décharge pour la fixation de la peine au sens de la
jurisprudence fédérale citée (cf. supra; TF du 13 août 2010 6B 265/2010,
c.3.3).
Au demeurant, l'appelant n'a pas manifesté par ses actes un
repentir sincère au sens de l'art. 48 d CP puisque, même s'il avait des
velléités de se convertir à une activité lucrative licite, il a néanmoins
poursuivi son activité délictueuse jusqu'à son arrestation.
Enfin, le grief – non motivé – selon lequel les premiers juges
auraient fait coïncider la durée de la peine avec la durée du trafic est
dépourvu de consistance. Si l'on tient compte des infractions ici en cause
et de la gravité de la faute commise, une peine privative de liberté de 4
ans au moins aurait pu être infligée à A.W.________ (TF du 16 juin 2008
6B_270/2008 et TF 6B_du 30 mai 2011). C'est en tenant compte des
éléments à décharge exposés ci-dessus qu'une peine de trois ans et demi
a été tenue pour adéquate (jugement p. 13). Cette peine respecte les
critères de l'art. 47 CP et doit être confirmée. Supérieure à 36 mois, elle
n'est pas compatible avec un sursis, même partiel (art. 42 CP et 43 CP).
5.En définitive, l'appel est mal fondé et doit être rejeté aux frais
de son auteur (art. 428 al.1 CPP). A cet égard, le dispositif comporte une
omission manifeste dans la mesure où la condamnation aux frais n'y figure
pas. Il y a lieu de rectifier d'office cette lacune (art. 83 al. 1 CPP) en
insérant un chiffre Vbis dans le dispositif du jugement d'appel.
-
20 -
Par ces motifs,
la Cour d’appel pénale,
appliquant les articles 40, 46 al. 5, 47, 49, 50, 51, 69, 70, 106, 305bis ch. 1
CP ; 19 ch. 1 al. 3 à 6 et ch. 2 let. a aLStup ; 95 ch. 1 al. 1 LCR ;
115 al. 1 let. b LEtr ; 23 al. 1 4
ème
par. LSEE et 398 ss CPP
prononce :
I.L'appel de A.W.________ est rejeté.
II. Le jugement rendu le 21 mars 2012 par le Tribunal
correctionnel de l'arrondissement de Lausanne est confirmé
selon le dispositif
suivant :
"I. Constate que A.W.________ s’est rendu coupable
d’infraction grave à la Loi fédérale sur les stupéfiants, de
blanchiment d’argent, de circulation sans permis de
conduire, de séjour illégal et d’infraction à la loi fédérale sur
le séjour et l’établissement des étrangers;
II.Condamne A.W.________ à une peine privative de liberté
de trois ans et demi, sous déduction de 376 (trois cent
septante-six) jours de détention avant jugement;
III. Condamne A.W.________ à une amende de
CHF 1'000.- (mille francs) et dit qu’à défaut du paiement de
l’amende, la peine privative de liberté de substitution sera
de
10 (dix) jours;
IV. Constate que le sursis accordé par le Juge d’instruction
de Lausanne le 20 septembre 2005 ne peut plus être
révoqué (art. 46 al. 5 CP);
V.Ordonne le maintien en détention de A.W.________ pour
des motifs de sûreté;
VI. Ordonne la confiscation et la dévolution à l'Etat du
montant de CHF 1'275.20 (mille deux cent septante-cinq
francs et vingt centimes) séquestré sous fiche No 50042;
VII. Ordonne la confiscation et la destruction de l’ensemble
des objets séquestrés ou conservés à titre de pièces à
conviction sous fiches Nos 49792 et 49793;
VIII. Met les frais de justice par CHF 51'106.95 à la charge
de A.W.________ et dit que ces frais comprennent les
indemnités allouées à ses défenseurs successifs, Me Denys
GILLIERON, par CHF 5'197.- et Me Mathieu GENILLOD, par
-
21 -
CHF 5'260.-, dites indemnités devant être remboursées à
l’Etat par le condamné dès que sa situation financière le
permettra."
III.La détention subie depuis le jugement de première instance
à ce jour est déduite.
IV.A.W.________ est maintenu en détention pour des motifs de
sûreté.
V.Une indemnité de défenseur d'office pour la procédure
d'appel d'un montant de 2'149 fr. 20 (deux mille cent
quarante-neuf francs et vingt centimes), TVA incluse et
débours compris, est allouée à Me Matthieu Genillod.
Vbis. Les frais d'appel, fixés 3'979 fr. 20 fr. (trois mille neuf cent
septante-neuf francs et vingt centimes), y compris
l'indemnité due au défenseur d'office prévue au chiffre V ci-
dessus, sont mis à la charge de A.W..
VI.A.W. ne sera tenu de rembourser à l'Etat le montant
de l'indemnité en faveur de son défenseur d'office prévue au
chiffre V ci-dessus que lorsque sa situation financière le
permettra.
Le président :La greffière :
Du 9 août 2012
Le dispositif du jugement qui précède est communiqué à
l'appelant et aux autres intéressés.
La greffière :
-
22 -
Du
Le jugement qui précède, dont la rédaction a été approuvée à
huis clos, est notifié, par l'envoi d'une copie complète, à :
-Me Matthieu Genillod, avocat (pour A.W.________),
-
Ministère public central,
et communiqué à :
-M. le Président du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de
Lausanne,
-M. le Procureur de l'arrondissement de Lausanne,
-
Office d’exécution des peines,
-
Prison du Bois-Mermet,
-Service des automobiles et de la navigation,
-Service de la population, secteur étrangers (1
er
janvier 1987),
-Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent,
par l'envoi de photocopies.
Le présent jugement peut faire l'objet d'un recours en matière
pénale devant le Tribunal fédéral au sens des art. 78 ss LTF (loi du 17 juin
2005 sur le Tribunal fédéral – RS 173.110), cas échéant d'un recours
constitutionnel subsidiaire au sens des art. 113 ss LTF. Ces recours doivent
être déposés devant le Tribunal fédéral dans les trente jours qui suivent la
notification de l'expédition complète (art. 100 al. 1