Detention complaint became moot; costs after illegal detention

BH.2009.7Bundesstrafgericht / Beschwerdekammer01.07.2009Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

A. challenged her detention ordered by the Fribourg detention judge after arrest by the Federal Prosecutor's Office for collusion risk in a criminal investigation. Before the complaint was decided, the MPC released her, making the complaint moot. The court struck the case from the docket, held that no court costs were to be charged, and awarded A. CHF 1,500 in compensation at the MPC's expense. It also noted that detention beyond 14 days without a timely prolongation request would have been unlawful on the merits.

Omnilex-Regeste

Art. 72 PCF, applicable by analogy; art. 66 al. 1 et 4 LTF; art. 68 al. 1 LTF; art. 51 al. 2 et 3 PPF in relation to art. 44 al. 2 PPF: when a complaint becomes moot, the court declares the proceedings terminated and decides costs by summary assessment of the situation existing before the event that extinguished the dispute. If the outcome on the merits cannot be determined without fuller examination, costs are allocated by analogy to civil-law criteria, in particular to the party that caused the proceedings to become moot or against whom the mootness-inducing event occurred. Detention ordered solely for collusion risk may not be maintained beyond fourteen days without a timely request for prolongation; otherwise the detention becomes unlawful.

Gesamter Gesetzestext

Bundesstrafgericht Tribunal pénal fédéral Tribunale penale federale Tribunal penal federal Numéro de dossier: BH.2009.7

Arrêt du 1er juillet 2009 Ire Cour des plaintes Composition Les juges pénaux fédéraux Emanuel Hochstrasser, président, Barbara Ott et Alex Staub, La greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni

Parties A., représentée par Me Saverio Lembo, avocat, plaignante

contre

MINISTÈRE PUBLIC DE LA CONFÉDÉRATION, partie adverse

JUGE DE LA DETENTION, autorité qui a rendu la décision attaquée

Objet Détention (art. 47 al. 2 PPF en relation avec l'art. 44 PPF)

  • 2 -

Vu:

− l’arrestation de A. effectuée à 6h30 le 21 avril 2009 par le Ministère pu- blic de la Confédération (ci-après: MPC) en raison d’un risque de collu- sion dans le cadre d’une enquête pour soutien, respectivement partici- pation à une organisation criminelle (art. 260ter CP) et blanchiment d’argent (art. 305bis CP),

− la requête en confirmation de l’arrestation adressée par le MPC au Juge de la détention du canton de Fribourg le 23 avril 2009,

− l’ordonnance du 24 avril 2009 par laquelle le Juge de la détention du canton de Fribourg admet la requête du MPC visant au maintien en dé- tention de A.,

− la plainte formée par A. contre cette ordonnance, dans laquelle elle conclut à l’annulation de cette dernière et à sa remise en liberté immé- diate sous suite de frais et dépens,

− l’élargissement de A. ordonné le 5 mai 2009,

− l’invitation faite aux parties de se prononcer sur le sort des frais dans la présente affaire,

− la détermination du MPC concluant à ce que les frais soient mis à la charge de A. « compte tenu de l’utilité et de la nécessité en respect des bases légales de sa détention »,

− la prise de position du 22 mai 2009 par laquelle A. relève avoir été libé- rée plus de quatorze jours après sa mise en détention préventive sans qu’une requête de prolongation de sa détention n’ait été présentée à l’autorité de céans avant l’expiration du délai légal, ce qu’il y a lieu de prendre en compte pour la fixation des frais dans la présente procédure,

− l’absence de détermination du Juge de la détention du canton de Fri- bourg quant au sort des frais dans cette affaire,

  • 3 -

Et considérant:

que les opérations et omissions du juge d’instruction peuvent faire l'objet d'une plainte devant la Cour de céans (art. 105bis al. 2 PPF et art. 28 al. 1 let. a LTPF); que l’élargissement de A. décidé par le MPC le 5 mai 2009 a rendu la plainte sans objet; qu'à teneur de l'art. 72 PCF, applicable par analogie (art. 245 al. 1 PPF en lien avec l'art. 71 LTF), lorsqu'un procès devient sans objet ou que les par- ties cessent d'y avoir un intérêt juridique, la Cour de céans, après avoir en- tendu les parties mais sans autres débats, déclare l'affaire terminée et sta- tue sur les frais du procès par une décision sommairement motivée, en te- nant compte de l'état de choses existant avant le fait qui a mis fin au litige; que, dans ce cadre, il n'y a pas lieu d'examiner en détail quelle eût été normalement l'issue du procès et qu'il convient de procéder simplement à une appréciation sommaire au vu du dossier, la décision sur les frais n'équivalant pas à un jugement matériel et ne devant, selon les circonstan- ces, pas préjuger d'une question juridique délicate; que si l'issue probable de la procédure, dans un cas concret, ne peut être établie sans plus ample examen, il convient d'appliquer par analogie les cri- tères valables en procédure civile, les frais et dépens étant alors supportés en premier lieu par la partie qui a provoqué la procédure devenue sans ob- jet ou chez qui sont intervenues les causes qui ont conduit à ce que cette procédure devienne sans objet (ATF 118 Ia 488 consid. 4a p. 494; arrêt du Tribunal fédéral 2A.573/2003 du 30 juillet 2004, consid. 2.7); qu'en l'occurrence, les procédures sont devenues sans objet en raison du fait que le MPC a ordonné la remise en liberté de A.; que le MPC paraît ainsi être la partie qui succombe; qu’il convient en outre de relever à cet égard qu’à teneur de l’art. 51 al. 2 et 3 PPF en lien avec l'art. 44 al. 2 PPF, si, lors de l'enquête de police judi- ciaire, le MPC entend maintenir au-delà de quatorze jours la détention pré- ventive ordonnée exclusivement en raison du risque de collusion, il doit présenter à la Cour des plaintes une requête de prolongation de la déten- tion avant l'expiration de ce délai;

  • 4 -

qu’en l’occurrence, la prévenue a été arrêtée uniquement en raison du ris- que de collusion le 21 avril 2009 à 6h30 du matin et libérée le 5 mai 2009, vraisemblablement à 15h;

que la durée de la détention a donc excédé 14 jours, sans que le MPC n’ait adressé à l’autorité de céans une demande de prolongation de la détention conformément aux dispositions précitées (TPF BH.2006.8 du 24 avril 2006 consid. 1.1 et 1.2; BH.2005.54 du 25 janvier 2005 consid. 1.1);

que la détention de la prévenue étant ainsi devenue illégale, le MPC aurait succombé sur le fond également;

qu'il sera dès lors statué sans frais (art. 66 al. 1 et 4 LTF, applicable par renvoi de l'art. 245 al. 1 PPF); que, dans la mesure où le mandataire de la plaignante n'a pas déposé de mémoire d'honoraires, le montant de ceux-ci sera fixé à Fr. 1'500.-- (TVA comprise), à la charge du MPC (art. 3 al. 2 du règlement sur les dépens et indemnités alloués devant le Tribunal pénal fédéral; RS 173.711.31 et art. 68 al. 1 LTF).

  • 5 -

Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce:

  1. Devenue sans objet, la procédure est rayée du rôle.

  2. Il est statué sans frais.

  3. Une indemnité de Fr. 1'500.-- (TVA comprise) est allouée à la plaignante à la charge du Ministère public de la Confédération.

Bellinzone, le 1 er juillet 2009

Au nom de la Ire Cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral

Le président: la greffière:

Distribution

  • Me Saverio Lembo, avocat
  • Ministère public de la Confédération
  • Juge de la détention

Indication des voies de recours Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Ire Cour des plaintes relatifs aux me- sures de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fé- dérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF. Le recours ne suspend l’exécution de l’arrêt attaqué que si le juge instructeur l’ordonne (art. 103 LTF).

Schlagwörter

detentioncollusion riskmootnesscostscompensationprolongation of detentionillegal detention

Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Whether the detention complaint had become moot after the complainant's release

Extrahierter Entscheid

Yes. The release ordered by the MPC made the complaint without object.

Extrahierte Begründung

Once the detainee was released, there was no longer a live interest in the complaint against the detention order.

Kernrechtsfrage

How procedural costs should be allocated in a case that became moot

Extrahierter Entscheid

No court costs were charged; the MPC had to pay the complainant's compensation.

Extrahierte Begründung

The proceedings became moot because the MPC ordered the release, so it was treated as the losing party; moreover, the detention had become unlawful because no timely prolongation request was filed after 14 days.

Setzen Sie Ihre Recherche in ChatGPT oder Claude fort

Verbinden Sie Omnilex, um den Rechtskorpus über Ihren KI-Assistenten zu durchsuchen.