Name change for child denied absent just cause

5C.233/2004Bundesgericht / II. zivilrechtliche Abteilung21.01.2005Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

The parents, acting for their son, challenged the Geneva government’s refusal to authorize a surname change from the mother’s name to the father’s. The Federal Supreme Court held that they had not shown concrete social disadvantages justifying a deviation from surname stability. The mother and child already shared the same name, so the child was not disadvantaged within the household. Dual nationality and foreign registration were insufficient grounds, and family integration would not be better achieved by adopting the father’s surname. The appeal was dismissed and the appellants were ordered to pay court costs of CHF 2,000 jointly and severally.

Omnilex-Regeste

Art. 30 al. 1 CC; changement de nom d’un enfant né hors mariage: des justes motifs ne sont admis que si l’intérêt du requérant à porter un nouveau nom l’emporte sur l’intérêt public à l’immutabilité et à la fonction d’identification du nom. Depuis l’évolution de la jurisprudence, le simple fait que l’enfant vive avec sa mère et son père biologique en concubinage ou qu’il porte un nom différent de celui figurant à l’étranger ne suffit pas; il faut établir concrètement des désavantages sociaux sérieux (consid. 2-3). Le désir d’intégration familiale ne justifie pas à lui seul un changement lorsque les parents ne portent pas le même nom et que l’unité familiale ne serait pas mieux exprimée par le nom proposé (consid. 3.3).

Gesamter Gesetzestext

{T 0/2}
5C.233/2004 /msi

Arrêt du 21 janvier 2005
IIe Cour civile

Composition
M. et Mmes les Juges Raselli, Président, Escher et Hohl.
Greffière: Mme Michellod Bonard.

Parties
L'enfant A.X.________, représenté par ses parents:
B.X.________,
C.Y.________,
recourants,
tous représentés par Me Tirile Tuchschmid Monnier, avocate,

contre
Conseil d'Etat du canton de Genève, Chancellerie d'Etat, p.a. Département de justice, police et sécurité, case postale 3962, 1211 Genève 3.
Objet
changement de nom,

recours en réforme contre l'arrêté du Conseil d'Etat du canton de Genève du 25 août 2004.

Faits:
A.
Le 4 septembre 2003, B.X.________, de nationalité suisse et domiciliée à Vernier, a donné naissance à A.X.________. C.Y.________, de nationalité espagnole et domicilié à Genève, a reconnu ce dernier le 17 septembre 2003 auprès de l'état civil de l'arrondissement de Genève et les parents ont obtenu du Tribunal tutélaire de ce canton l'attribution de l'autorité parentale conjointe le 27 novembre 2003.

D'un précédent mariage dissous par le divorce le 15 avril 1997, B.X.________ a eu deux enfants, D.Z.________ (né le 30 mars 1988) et E.Z.________ (née le 11 novembre 1990). Ils vivent sous sa garde et son autorité parentale.
B.
Le 25 juin 2003, la recourante, qui s'appelait alors B.Z.________, a obtenu du Département de justice, police et sécurité du canton de Genève (ci-après: le Département) l'autorisation de changer de nom et de porter celui de X.________, soit son nom de jeune fille. Ses deux aînés ont été peinés par le changement de nom de leur mère. Celle-ci a par conséquent sollicité un nouveau changement de nom, le 11 décembre 2003, afin de reprendre son nom de femme mariée et de porter ainsi le même nom que ses deux premiers enfants.

Le 11 décembre 2003 également, B.X.________ et C.Y.________ ont sollicité l'autorisation pour l'enfant A.________ de porter le nom de Y.________. Ils faisaient valoir que dans l'hypothèse où la recourante était autorisée à porter le nom de Z.________, l'enfant subirait des désavantages sociaux à porter seul le nom de X.________ au sein de la communauté familiale.

Le 23 janvier 2004, le Département a proposé aux requérants que l'enfant porte le nom de Z.________ si sa mère était autorisée à reprendre ce patronyme. Les recourants ont expressément refusé cette solution. Le Département a par conséquent suspendu l'instruction de la requête de la mère jusqu'à ce que celle concernant l'enfant soit définitivement tranchée.
C.
Par arrêté du 25 août 2004, le Conseil d'Etat du canton de Genève a rejeté la requête en changement de nom de l'enfant. Il a estimé que les requérants n'avaient pas indiqué concrètement en quoi le fait, pour leur enfant, de porter le patronyme X.________, qui correspond au nom de jeune fille de sa mère auprès de laquelle il vit, lui ferait subir des dommages sérieux sur le plan social, susceptibles d'être pris en considération comme justes motifs d'un changement de nom. Le Conseil d'Etat a aussi relevé que si l'enfant était autorisé à porter le nom de son père, soit Y.________, alors qu'il vivait avec sa mère et les deux premiers enfants de celle-ci, il serait également le seul à porter un nom différent dans son foyer.
D.
B.X.________ et C.Y.________ interjettent un recours en réforme contre cet arrêté, concluant à ce que l'enfant soit autorisé à changer de nom et à porter le nom de famille Y.________.

Le Conseil d'Etat n'a pas été invité à déposer d'observations.

Le Tribunal fédéral considère en droit:
1.
Dans la mesure où l'on admet que les recourants agissent au nom de leur fils, en tant que représentants légaux de celui-ci, ils sont légitimés à recourir contre la décision rejetant la requête en changement de nom (cf. ATF 117 II 6 consid. 1b).

Formé en temps utile contre une telle décision rendue par l'autorité suprême du canton de Genève, le recours est par ailleurs recevable au regard des art. 44 let. a, 48 al. 1 et 54 al. 1 OJ.
2.
Le gouvernement du canton de domicile peut, s'il existe des justes motifs, autoriser une personne à changer de nom (art. 30 al. 1 CC). Savoir si cette condition est réalisée est une question d'appréciation, que l'autorité cantonale doit trancher selon les règles du droit et de l'équité (art. 4 CC). (ATF 124 III 401 consid. 2a p. 402 et les arrêts cités).

Il y a justes motifs, au sens de l'art. 30 al. 1 CC, lorsque l'intérêt du requérant à porter un nouveau nom l'emporte sur l'intérêt de l'administration et de la collectivité à l'immutabilité du nom acquis et inscrit à l'état civil et sur l'intérêt public à la fonction d'individualisation du nom.

Le Tribunal fédéral a d'abord admis assez largement qu'un enfant de parents non mariés change de nom sur la base de l'art. 30 al. 1 CC pour prendre celui de son père (ATF 119 II 307 consid. 3c et les arrêts cités; cf. aussi la jurisprudence citée à l'ATF 124 III 401 consid. 2b/aa). Toutefois, le Tribunal fédéral a ensuite modifié sa jurisprudence dans un sens plus restrictif. Il a considéré qu'au vu de l'évolution des conceptions sur la situation de l'enfant né hors mariage, l'existence d'un lien de concubinage durable entre la mère et son partenaire, père biologique de l'enfant vivant dans leur ménage, ne constituait plus à elle seule un juste motif au sens de l'art. 30 al. 1 CC; il fallait plutôt que l'enfant indique concrètement dans sa requête en quoi le fait de porter le nom de sa mère en vertu de la loi lui faisait subir des désavantages sur le plan social, susceptibles d'être pris en considération comme justes motifs d'un changement de nom (ATF 121 III 145 consid. 2; 124 III 401 consid. 2b/bb p. 403).
3.
L'arrêté attaqué se révèle parfaitement conforme au droit fédéral et à la jurisprudence du Tribunal fédéral. Les arguments avancés dans le recours en réforme n'y changent rien.
3.1 Les recourants soutiennent que l'enfant subirait d'importants désavantages d'ordre social en étant le seul de sa famille à porter le patronyme X.________. Toutefois, à teneur de l'état de fait, la mère porte actuellement le même nom que l'enfant, avec lequel elle vit. Si celle-ci devait reprendre le nom de Z.________, l'enfant le pourrait également. Ce dernier n'est donc nullement désavantagé par le fait de porter le nom de famille de sa mère.
3.2 Les recourants estiment qu'il y a lieu de tenir compte du fait que l'enfant est titulaire d'un passeport espagnol au nom de Y.X.________ et qu'un changement de nom permettrait d'harmoniser le nom de famille porté par cet enfant dans le cadre de ses deux nationalités.
L'arrêté cantonal ne constate pas sous quel nom l'enfant est inscrit dans les actes d'état civil espagnols. Quoi qu'il en soit, le Tribunal fédéral a jugé que le fait qu'un enfant double national porte le nom de la mère, avec laquelle il vit en Suisse, mais soit inscrit dans les actes officiels étrangers sous le nom du père, ne constitue pas à lui seul un motif important qui justifierait un changement de nom en Suisse (ATF 126 III 1).
3.3 Les recourants allèguent que si l'on tient compte des critiques émises par la doctrine concernant la jurisprudence actuelle du Tribunal fédéral (Andreas Bucher, Personnes physiques et protection de la personnalité, 4e éd. 1999, note 816a), il conviendrait d'examiner la notion de justes motifs de manière plus large, en tenant compte notamment des intérêts d'ordre moral, spirituel et affectif de l'enfant et en particulier du profond désir de l'enfant de voir son intégration dans l'unité familiale s'exprimer à travers son nom de famille.

En l'espèce, à supposer que l'on tienne compte du désir d'intégration de l'enfant dans l'unité familiale, celle-ci ne serait pas mieux réalisée s'il portait le patronyme de son père plutôt que celui de sa mère, puisque que ceux-ci, non mariés, ne portent pas le même nom.
4.
Au vu de ce qui précède, le recours sera rejeté et les recourants, qui succombent, supporteront les frais de la procédure fédérale à parts égales et solidairement entre eux (art. 156 al. 1 et 7 OJ). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens au gouvernement genevois, celui-ci n'ayant pas été invité à déposer d'observations (cf. art. 159 al. 1 OJ).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:
1.
Le recours est rejeté.
2.
Un émolument judiciaire de 2'000 fr. est mis à la charge des recourants, à parts égales et solidairement entre eux.
3.
Le présent arrêt est communiqué en copie à la mandataire des recourants et au Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève.
Lausanne, le 21 janvier 2005
Au nom de la IIe Cour civile
du Tribunal fédéral suisse
Le président: La greffière:

Schlagwörter

name changejust causechildsurnamefamily unitysocial disadvantagedual nationalitybirth out of wedlockcourt costs

Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Whether the child had just cause under Art. 30 CC to change his surname to the father's name

Extrahierter Entscheid

No. The child did not show concrete social disadvantages from bearing the mother's surname, and the asserted family-integration and bilingual-nationality arguments were insufficient.

Extrahierte Begründung

Just cause exists only when the applicant's interest in a new name outweighs the public and administrative interest in stability and identification. Here, the mother bore the same surname as the child, so the child was not isolated within the household; dual nationality and foreign registration alone did not justify a change; and family-integration concerns were not better served by the father's surname.

Kernrechtsfrage

Whether the federal appeal should succeed against the Geneva Council of State's refusal

Extrahierter Entscheid

No. The cantonal decision was consistent with federal law and Federal Supreme Court case law.

Extrahierte Begründung

The lower authority correctly applied the restrictive case law on name changes for children born outside marriage and reasonably denied the request.

Kernrechtsfrage

Allocation of federal court costs

Extrahierter Entscheid

The appellants must bear the federal costs jointly and equally.

Extrahierte Begründung

They were unsuccessful in the proceedings; no costs were awarded against the respondent because it was not called upon to file observations.

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