Expropriation offer not binding outside estimation proceedings

1P.637/2006Bundesgericht / I. öffentlich-rechtliche Abteilung10.01.2007Dismissed

Von Omnilex extrahiert

Omnilex-Zusammenfassung

The owner of three parcels in Salquenen challenged the revised expropriation compensation for land in a source-protection zone. She argued that a 1998 municipal purchase offer should have bound the valuation commission and that the cantonal court had violated her right to be heard and property guarantee by not applying the Valais expropriation statute. The Federal Tribunal held that the earlier purchase proposal was not a binding expropriator's offer within the meaning of the statute because it predated the expropriation proceedings and was not invoked as such before the cantonal court. The public-law appeal was dismissed, and costs and party compensation were imposed on the appellant.

Omnilex-Regeste

Art. 29 al. 2 Cst.; Art. 26 al. 2 Cst.; Art. 19 LEx/VS: the cantonal court does not violate the right to be heard by failing to examine ex officio whether an earlier municipal purchase proposal constitutes a binding offer of the expropriator, where the party did not raise that legal qualification before it. A purchase proposal made years before the opening of expropriation proceedings is not an offer within Art. 19 LEx/VS, which governs only acts undertaken in the framework of the expropriation valuation procedure. The property guarantee is not infringed by refusing to treat such a pre-procedural proposal as binding (consid. 4).

Gesamter Gesetzestext

{T 0/2}
1P.637/2006 /col

Arrêt du 10 janvier 2007
Ire Cour de droit public

Composition
MM. les Juges Féraud, Président,
Aemisegger et Aeschlimann.
Greffier: M. Jomini.

Parties
A.________,
recourante,

contre

Commune de Salquenen, 3970 Salquenen, intimée, représentée par Me Sergio Bondo, avocat,
Tribunal cantonal du canton du Valais,
Cour de droit public, Palais de justice,
avenue Mathieu-Schiner 1, 1950 Sion 2.

Objet
expropriation formelle, source,

recours de droit public contre l'arrêt de la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton du Valais,
du 25 août 2006.

Le Tribunal fédéral considère en fait et en droit:
1.
A.________ est propriétaire à Salquenen de trois parcelles (nos 6593, 6596 et 6740) comprises dans une zone de protection des sources S1, zone délimitée pour la source de Schachtela. Le plan des zones de protection a été approuvé par l'autorité cantonale le 9 octobre 1998. La commune de Salquenen a ensuite demandé l'octroi du droit d'exproprier ces terrains. Le Conseil d'Etat du canton du Valais a pris le 14 novembre 2001 un arrêté déclarant oeuvre d'utilité publique le captage de la source précitée, et autorisant la commune à exproprier les droits réels nécessaires sur les parcelles sises dans la zone de protection S1. Dans le même arrêté, le Conseil d'Etat a désigné une commission d'estimation chargée de fixer les indemnités d'expropriation.
Cette première commission a rendu sa décision le 4 juillet 2002. Puis, sur demande de l'autorité communale, une commission de révision a rendu le 15 février 2006 une nouvelle décision fixant le prix du terrain exproprié, en fonction de la nature du sol (prés, champs en friche, vignes et forêts). L'estimation des terrains de A.________ est ainsi comprise, suivant leur situation ou leur nature, entre 2 fr. et 30 fr. par mètre carré.
A.________ a recouru contre la décision de la commission de révision auprès du Tribunal cantonal du canton du Valais, en demandant en substance que le terrain soit estimé sur la base de sa valeur en 1998 et qu'un supplément d'un quart ("quart légal") lui soit alloué. Son recours contient la phrase suivante: "Selon proposition de la commune de Salquenen du 24.03.1998, il est clairement stipulé que Madame A.________ a droit au quart expropriation, cela étant confirmé par la décision de prise de possession anticipée dans lettre du 14.11.2001, au 9.10.1998, ainsi que par la commune de Salquenen dans sa lettre du 8.02.2000".
Par un arrêt rendu le 25 août 2006, la Cour de droit public du Tribunal cantonal a rejeté le recours.
2.
Agissant par la voie du recours de droit public, A.________ demande au Tribunal fédéral d'annuler l'arrêt du 25 août 2006. Elle se plaint d'une violation du droit d'être entendu (art. 29 Cst.) ainsi que de la garantie de la propriété (art. 26 Cst.).
La commune de Salquenen conclut au rejet du recours, dans la mesure où il est recevable. Le Tribunal cantonal a renoncé à se déterminer.
3.
La décision attaquée ayant été rendue avant le 1er janvier 2007, la loi fédérale d'organisation judiciaire (OJ) demeure applicable à la présente procédure de recours (art. 132 al. 1 LTF).
4.
La recourante dénonce une violation de la règle de l'art. 19 de la loi cantonale valaisanne concernant les expropriations pour cause d'utilité publique (LEx/VS), selon laquelle "l'indemnité allouée ne peut être inférieure aux offres du requérant, ni supérieure à la demande de l'exproprié". Elle fait référence à une lettre de la commune expropriante du 24 mars 1998, qui lui offrait d'acheter ses terrains à un prix compris entre 2 et 40 fr./m2, selon la nature du sol ("ein gütliches Kaufangebot"). La recourante reproche à la Cour de droit public du Tribunal cantonal de n'avoir pas appliqué l'art. 19 LEx/VS, quand bien même elle avait fait référence à cette lettre dans son recours; elle voit là une violation de son droit d'être entendue. Par ailleurs, ignorer la règle selon laquelle le juge de l'expropriation est lié par l'offre de l'expropriant serait, selon la recourante, contraire à la garantie constitutionnelle de la propriété.
Ces griefs sont manifestement mal fondés. Le recours soumis au Tribunal cantonal ne mentionnait pas l'art. 19 LEx/VS et, en évoquant la lettre de la commune du 24 mars 1998, la recourante ne faisait pas valoir qu'il s'agissait d'une offre de l'expropriante liant formellement les commissions d'estimation. La Cour de droit public n'était manifestement pas tenue d'examiner d'office cette question, de sorte qu'elle n'a pas violé le droit d'être entendu de la recourante (art. 29 al. 2 Cst.). Sur le fond - en laissant indécise, à propos de ce grief, la question de l'épuisement des instances cantonales (art. 86 al. 1 OJ) -, il est clair qu'une proposition d'achat formulée par la commune plusieurs années avant la décision d'ouverture de la procédure d'expropriation (arrêté du Conseil d'Etat du 14 novembre 2001) n'est pas une offre de l'expropriant au sens de l'art. 19 LEx/VS, cette disposition ne visant que les actes accomplis dans le cadre de la procédure d'estimation. Le Tribunal cantonal n'a donc pas violé l'art. 26 al. 2 Cst. en renonçant à tenir compte de cet élément.
5.
Le recours de droit public doit en conséquence être rejeté, dans la mesure où il est recevable. La recourante, qui succombe, doit supporter les frais du présent arrêt (art. 153, 153a et 156 al. 1 OJ). La commune intimée, qui ne dispose pas d'une infrastructure administrative et juridique suffisante pour procéder sans l'assistance d'un mandataire, a droit à des dépens, à la charge de la recourante (art. 159 OJ).

Par ces motifs, vu l'art. 36a OJ, le Tribunal fédéral prononce:
1.
Le recours de droit public est rejeté, dans la mesure où il est recevable.
2.
Un émolument judiciaire de 3'000 fr. est mis à la charge de la recourante.
3.
Une indemnité de 2'000 fr., à payer à la commune intimée à titre de dépens, est mise à la charge de la recourante.
4.
Le présent arrêt est communiqué en copie à la recourante, au mandataire de la commune de Salquenen, au Tribunal cantonal du canton du Valais, ainsi que, pour information, au président de la commission de révision en matière d'expropriation Albin Willisch, à Stalden.
Lausanne, le 10 janvier 2007
Au nom de la Ire Cour de droit public
du Tribunal fédéral suisse
Le président: Le greffier:

Schlagwörter

expropriationright to be heardproperty guaranteesource protection zonevaluationbinding offercostsappeal

Von Omnilex extrahiert

Kernrechtsfrage

Whether the cantonal court violated the right to be heard by not applying Art. 19 LEx/VS ex officio based on the municipality's 1998 letter.

Extrahierter Entscheid

No. The appeal to the cantonal court did not invoke Art. 19 LEx/VS or claim the letter was a formally binding expropriator's offer, so the court had no duty to examine that question on its own.

Extrahierte Begründung

The right to be heard does not require a court to investigate an unraised legal theory ex officio when the party merely mentions a letter without framing it as a legally relevant offer under the expropriation statute.

Kernrechtsfrage

Whether ignoring the 1998 municipal purchase offer violated the guarantee of property under Art. 26 Cst.

Extrahierter Entscheid

No. A purchase proposal made years before the opening of expropriation proceedings is not an offer by the expropriator within Art. 19 LEx/VS, which applies only to acts within the estimation procedure.

Extrahierte Begründung

Because the 1998 proposal preceded the 2001 expropriation order and was outside the estimation proceedings, the cantonal court did not breach the property guarantee by refusing to bind itself to it.

Kernrechtsfrage

Whether the public-law appeal should be allowed against the cantonal judgment.

Extrahierter Entscheid

No. The appeal was rejected insofar as admissible.

Extrahierte Begründung

The constitutional complaints were manifestly unfounded.

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