BGE 64 I 359
BGE 64 I 359Bge12.10.1938Originalquelle öffnen →
358 Strafrecht. in die Talstraißseausfahren wollte. Dieser durfte sein Manöver, das ,für einige Sekunden den Längsverkehr - und das ist der normale -auf der Talstrasse vollständig sperrte, nur ausführen, nachdem er sich überzeugt hatte, dass kein anderes Fahrzeug in dieser oder jener Richtung herannahte, und musste dabei so langsam fahren, dass er jeden Moment auf der Stelle stoppen konnte. Falls ihm die parkierten Autos die Sicht auf die Strasse versperrten, musste er eventuell die Hilfe einer Drittperson in Anspruch nehmen, die die Ausfahrt von der Strasse aus dirigierte, wie man dies bei Garagen häufig sieht. Nicht Reichstein musste, wie die_Vorinstanz ausführt, sich sagen, dass sein Fahrzeug andern in die Fahrbahn tretenden Strassenbe- nützern bezw. die Garage verlassenden Autos nicht genü- gend sichtbar sei. Es -ist nicht am Fahrzeugführer, sein Kommen auf der Strasse anzukündigen, sondern an dem- jenigen, der aus verdeckter Stellung die Strasse betreten will, sich umzuschauen (BGE 61 I 438 f.). Dass in casu der ausfahrende Wüthrich diese seine Vorsichtspflicht gröblich missachtet hat, geht aus seiner eigenen Aussage laut Polizeirapport hervor, wonach er, als er mit seinem Wagen auf dem Trottoir stand, das Auto des Beschwerde- führers in 25 m Entfernung ziemlich rasch herankommen sah und t rot z dem noch über die Strasse fuhr. Mit der Vorinstanz dem Beschwerdeführer zumuten, an dieser Stelle darauf gefasst zu sein, .dass 15m vor ihm hin- ter den parkierenden Autos hervor ein Wagen sich quer in die Strasse schiebe, und mit Rücksicht -auf diese l\fög- lichkeit mit weniger als 25 km Geschwindigkeit zu fahren, hiesse den Gedanken des Art. 25 überspannen. Die Beanstandung der festgestellten Geschwindigkeit von 35-40 km lässt sich nur mit dem Hinweis auf den - -für das Bundesgericht verbindlich festgestellten -man- gelhaften Wirkungsgrad der Bremsen am Wagen des Be- schwerdeführers rechtfertigen. Wegen Fahrens mit unge- nügenden Bremsen, -als Tatbestand für sich, kann nur be- straft werden, wenn die Bremsen den Anfo:r:derungen ge- mäss Art. 12 lit. b MFV nicht genügen. Einer weniger Motorfahrzeug-und Fahrradverkehr. No 64. 359 weitgehenden Mangelhaftigkeit derselben kann jedoch bei der Beurteilung der jeweils zulässigen Geschwindigkeit Rechnung getragen werden. Jeder Führer eines Motor- fahrzeugs muss bei der Bemessung der ihm -im ffinblick auf die geforderte Beherrschung -erlaubten Geschwindig- keit und bei der Anpassung derselben an die gegebenen Strassen-und Verkehrsverhältnisse (Art. 25) von den technischen Gegebenheiten seines Fahrzeuges ausgehen, also z. B. zum voraus dem Umstand Rechnung tragen, dass er mit ungenügenden Bremsen bei gegebener Ge- schwindigkeit eine längere Anhaltestrecke braucht. Wenn daher im vorliegenden Falle die Vorinstanz, ohne zugleich eine Übertretung des Art. 37 in Verbindung mit Art. 12 MFV geltend zu machen, die Geschwindigkeit von 35-40 km als in Ansehung des Zustandes der Bremsen für den fraglichen Abschnitt der Talstrasse übersetzt bezeichnet, so kann im angefochtenen Urteil eine Verletzung des Art. 25 -MFG nicht erblickt werden. Demnach erkennt der Kassationshof: Die Nichtigkeitsbeschwerde wird abgewiesen. 64. Arr et da la Cour da cassation penale du 19 decembre 1938 dans l'affaire Kull c. Tribunal da police de Boudry at Oour de cassation penala du canton da Neuchä.tal. Oirculation routiere. Art. 14 LA. -Le maitre conducteur ne repond penalement que de sa propre faute, non de celle de l'eleve conducteur qu'il accompagne. Le 14 amI, vers 18 h. 15, une automobile circulait sur la route cantonale de St-Aubin -a NeuchateI. -La volant etait tenu par l'eIeve conducteur Georges Hugli qui avait a sa droite le maUre conducteur Albert KulI. Le vehicule roulait reglementairement. A la h,auteur du moulin de la Beroche, Claudine Baltensberger deboucha a bicyclette d'un chemin lateral sur la gauche, traversa la route et vint se jeter contre l'automobile. Elle expira quelques minutes-
36u St.rafrecht.. plus tard. Hug~ perdit la maitrise de.la macmne. Kull s'empara du frein a main et reussit a arreter 1a voiture 35 m. apres l'e4droit de 1a collision. Le Tribunal de police de Boudry condamna 1e 8 septem- bre 1938 Kull a 10 fr. d'amende en vertu des art. 14, 25 et 58 LA. Le prevenu n'a, en verite, commis aucune faute personnelle, et j} a fait tout ce qui etait a son pouvoir pour remOOier a celle de son eleve. Mais, aux termes de l'art. 14 LA et de l'arret ATF 63 I p. 254, « l'infraction commise par l'eleve conducteur retombe automatiquement et par cascade sur celui qui l'accompagne I). La Cour de cassation penale du Canton de Neuchatel a maintenu ce jugement par arret du 12 octobre 1938. Elle estime que les premiers juges ont applique l'art. 14 LA « dans 1e seul sens que,pris en 1ui-meme, il presente, bien que ce sens deconcerte tous ceux qui demeurent imbuS des principes traditionnels de la responsabiliM penale I). Suivant certains auteurs, il est vrai, l'art. 14 presumerait la faute du maitre conducteur et permettrait a ce1ui-ci de se liberer en detruisant la presomption, mais cette inter- pretation parait artificielle. Le pourvoi de KulI tend a l'annulation de l'arret can- tonal et du jugement du Tribunal de police. La Cour de cassation neuchateloise d6clare qu'elle n'a « aucun desir de voir cet arret maintenu», et le Procureur general du Canton conclut a l'admission du pourvoi. Oonsiderant en droit: L'interpretation de la Cour cantonale trouve, a la veriM, un appui dans 1a redaction peu satisfaisante de l'art. 14, al. 1 er LA dont le texte allemand et l'italien pris a la lettre semb1e1}.t en effet substituer la responsabiliM du maitre a celle de l'eleve conducteur «(,die Verantwortlichkeit als Führer», « la responsabilita deI condncente »), tandis que 1e texte fran9ais parle plus genera1ement de Ia ({ respon- sabilite legale ». Mais cette interpretation litterale implique .la negation de 1a regle fondamentale du droit penal qui ne permet de Motorfahrzeug. und Fahrradverkehr. No 64. 361 punir que celui qui a commis personnellement une faute. Et cette faute ne se presume pas ; elle doit etre etablie de maniere positive a la charge de l'inculp6. Comme le Procureur general neuchatelois le fait remar- quer avec raison, rien, dans les travaux preparatoires de Ja loi ni dans les deliberations des Chambres, ne permet de supposer que le Iegislateur ait reellement voulu se departir de ces principes essentiels du droit penal et instituer une sorte de responsabiliM par cascade ou une presomption de faute. Aussi bien l'art. 65 al. 3 LA renvoie a la premiere partie du code penal federal du 4 ferner 1853, et a l'alinea premier: il etend la repression uniquement en ce sens que les contraventions sont punissables meme si elles n'ont eM commises que par simple negligence. TI faut donc que la personne poursuivie penalement ait au moins commis une pareille faute. L'art. 72 LA abroge, a 1a veriM, toutes les « dispositions contraires du droit federal et cantonal », mais cette abrogation n'atteint pas les dispo- sitions memes de la loi, notamment pas son art. 65, dont les principes generaux sont applicables a moins que sur un point special la loi n'y deroge expressement. Ce n'est pas le cas de l'art. 14. L'arret 63 I p. 254 ne vient point a l'appui d'une autre interpretation; il declare simplement que l'eleve conduc- teur n'encourt pas en principe les p6nalites edictees par le code routier, seulle maitre conducteur pouvant etre rendu responsable s'il neglige de faire observer les regles de circulation qu'il est seul a connaitre. ür, en l'espece, il est au contraire etabli que le recourant n'a commis aucune faute personnelle et qu'il a fait tout ce qui lui incombait pour remedier au manque de sang-froid de son eleve. La condamnation du recourant est des lors injustifi6e et doit etre annul6e. Par ces moti/8, le Tribunal/6leral admet le recours et libere Albert Kull de toute peine et de tous frais.
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