- Arrit du a8 octobre 1915
dans Ia cause D me Sugn ux contre Sugn ux.
D omicile de la femme mani le. art. 170 ces. La femme
mariee peut se constituer. meme en l'absence de toute
aunorisation du juge, un domicile separe, lorsque des motifs
obJectifs -p. ex. l'internement du mari dans un asile
d'alienes -s'opposent a la continuation de la vie commune.
Les eponx, .Sugnanx etaient domicilies a Fribourg.
ugnaux a ete mterne le 11 avril1905 a l'Asile de Marsens
pour cause d'alienation mentale; il y est reste sans inter-
ruption depuis cette date.
Dame Sugnaux a quitte Fribourg et le 2 mars 1912
elle
est venue s'installer a Lausanne, OU elle a obtenu un
permis de domicile ct OU elle continue ademeurer. Le
2 janvier 1915 elle a ouvert action eu divorce devant le
Tribunal civil du district de Lausanne, en invoquant 13
enmse du divorce prevue a I' art. 141 CCS.
,A l'audien;,e e jugement du 14 juin 1913, ä. laquelle le
defendeur II etmt pas represeute, le declinatoire a He
souJeve d' office et par jugement du 24 juill le Tribunal a
OOodlduit 1-a demanderesse de son instauce par le m01 if
:Iue, amt' Sugn3ux n'flyant pas ete autol'isee par k jugt.'
a avou'
un aub'e domieilt' que celui rle SOll epoux, elle est
ccnsee etre domicilil'.e ä. Fribourg, dcrniel' domicile du
mari avant SOll internement ;. c'est donc a tort qu'elle a
ouvert snn action en divol't. e au for de Lausanne. qui n'f'st
pas celUI de son domicile Il'gal.
Dame Sugnaux, representet' par SOli avocat d'office'
Me Fnallcis G boni. a forme un recours de clroit publie
au Tnbunal federal contre ce jugement. Elle a demandf
yu son indigence, l'assistaIICe judiciaire gratuite.
Le Tribunal civil du district cle Lausanne a rait observl'r
qu son jugement aurait pu faire l'objet cl'un recours au
Tnbunal cantonal ; il estime des lors qul' le I'ecours d '
droit public est irrecevable.
Le tuteur dl' Joseph Sugnaux, Lfoll Sugnaux, a BilIens,
Gerichtsstand. N° 43.
30!)
'li'est refuse ä. presenter des observations en reponse au
recours et a declare ne pouvoir repondre d'aucuns frais,
son pupille ne possedant aucuns biens.
Statuant sur ces faits et considerant
en droit :
Contrairement a ce que soutient le Tribunal de Lau-
sanne dans sa reponse, le recours est recevable malgre que
le jugement attaque fUt susceptible de recours ä. I'instance
('antonale superieure. En effet, en matiere de questions
de for, il n'est pas necessaire que les instances cantonales
niellt ete epuisees (RO 35 I p. 82-83, consid. 1).
Le Tribunal de district de Lausanne a decline sa com-
peience par l'unique motif que dame Sugnaux n'a pas eH-
autorisee par I e J u g e ä. avoir un domicile autre que
celui de sou mari et qu'elle n'a done pu se creer un domi-
eile separe ä Lausanne. Cette eOllception est erronee.
Dans l'arnnt recent Ferrnris c. Ferraris (RO 41 I p. 105
l't suiv., en particulier p. 108-109), aux considerants du-
quel il suffit de se referer. le Tribunal federal a juge que
Ja faculte de la femme de se constituer Ull domieile se-
pare n'est nullemenL subordolll1l e ä. une autoriastion
prealable du juge et qu'ellc existe chaque fois qu'il y :1
des motifs objcctifs s'opposallt ä la eontinuation de la
vie commune (CCS art. 170 al. 1). 01', en l' espece il est
illdiscutahle que, par suite dt' l'alienation mentale de
Sugnaux, qui a rendu necessaire son internement definitif
dans une maison de sante, toute vie commUlle est devenue
impossible
et que la demanderesse etait done fondee a se
sepal'er de son mari,aquittel' Fribourg et.a se creer Ull
domicile ä. LausalllH --ce qu'elle a fait effectivement,
puisque depuis plus de trois
ans elle s'est fixee a Lausanne.
OU elle a obtenu UB permis de domicile, et qu'elle y reside
manifestement avec !'intention de s'y etablir (art, 23
:11. 1 CeS). Le Tribunal de Lausanne est dOllC cOlnpHellt
pour statuer sm l'action eil divorce ( u'elle a intentee
(art. 144 CCS).
Par ces motifs,
le Tribunal
fMeral
prononce:
Le recours est admis, le jugement attaque est annule et
le Tribunal civil du district de Lausanne est declare com-
petent pour statuer sur la demande de divorce de la
recourante.
44. T1rteil vom 30. September 1915 i. S.A. Bächler Sr. Oie
gegen T1ri.
Staatsrechtliche Anfechtung eines Strafurteils, das in einem
andern Kanton erlassen worden ist, wegen Unzuständigkeit
des erkennenden Richters, erst gegenüber dem Versuche
der Urteilsvollstreckung im Wohnsitzkanton des Rekur-
renten. -Gerichtsstand für Vergehen betr. den Yer-
kehr mit Wein gemäss den Art. 50 und 01 LMPG.
Kompetenz des Staatsgerichtshofs aus Art. 52 LMPG.
A. -Am 2. Februar 1915 wUlden in Göschenen ,-on
einer Weinlieferung der Firma A. Bäc;hler (ie, Wein-
handlung in Kreuzlingen, all' den Wirt des Bahnhof-
büffets Göschenen, bestehend aus drei Fässern, welche
als
Hallauer coupiert,) Veisser Tafelwein I) und
( Waadtländer coupiert bt:zeichnet waren, Proben ent-
nommen. Ueber deren Untersuchung erstattete die Ur-
schweizerische Lebensmitte1-Untersuchungsanstalt Brun-
nen der Sanitätsdirektion des Kantons Uri am
8. März
1915 folgenden Bericht: Der Hallauer entspreche we-
der im Geschmack noch in den Gehaltszahlen einem
Weine aus dem Kanton Schaffhausen ; es liege mit Be-
zug
hierauf eine Uebertretung VOll Art. 173 der bundes-
rätlichen Lebensmittelverordnung vom
8. Mai 1914 vor;
der Wein dürfe nur unter der Bezeichnung Rotwein
ausgeschenkt werden. Beim Weissen Tafelwein und
Gericbh,tund. N° 44.
beim Waadtländer) handle es sich überhaupt nicht um
rein gehaltene, sondern um gestreckte
Weine.
Auf Grund dieses. Berichts beschloss der Regierungs-
rat des Kantons Uri am 13./26. März 1915 die Ueber-
weisung der
Firma A. Bächler Cie, wegen Zuwider-
handlung gegen die erwähnte Verordnung, an den Straf-
richter, und
am 29. März 1915 lud die Staatsanwalt-
schaft Uri sie,
unter Angabe des vorstehenden Tatbe-
standes als
Klage , auf den 3. Mai 1915 zur Verhand-
lung
vor Kreisgericht Uri vor. Hierauf bestritt die Firma
in Zuschriften ihrer Vertreter an die Staatsanwaltschaft
vom
3. und 20. April 1915 die Zuständigkeit des Urner
Richters
und verlangte, die ergangene Vorladung sei,
nötigenfalls durch Revision des regierungsrätlichen Ueber-
wei ungsbeschlusses, aufzuheben
und die Angelegenheit
an das thurgauische Verhörrichteramt zu verweisen.
wo
bereits eine allseitige Strafunterbuchung wegen ihres
Weinhandels gegen sie anhängig sei. Die Staatsanwalt-
schaft gab dem Regierungsrate von dieser Einsprache
Kenntnis
und ersuchte um rechtzeitige Mitteilung seiner
Verfügung. Eine solche erfolgte jedoch vor dem ange-
setzten
Verhandlungsterffiin nicht. Als die Firma A.
Bächler Cle zur Verhandlung vom 3. Mai 1915 nicht
erschien, beschloss das Kreisgericht gemäss dem Antrage
der Staatsanwaltschaft, die sich in rechtlicher Hinsicht
auf die Art. 41, 48 und 50 des Lebensmittelgesetzes und
die Art. 162 Abs.l, 173 und 192 der Lebensmittelver
ordnung berief, es sei jene
( wegen Uebertretung des
) Art. 173 eingangs erwähnter Verordnung in contumaciam
verurteilt zu 70 Fr. Busse, 2 Fr. Gerichtsgeld und zur
Zahlung der üntersuchungskosten von 36 Fr. ,) Erst
mit Beschluss vom 22. Mai 1915 stellte der Regierungs-
rat sodann fest, der Einsprache der Firma A. Bächler
Oe habe keine Folge gegeben werden können, da als
Ort der Deliktshandlung bezw. wo der Erfolg eintrat I ,
im vorliegenden Falle Göschenen, wohin der Wein ge-