Civilrechtspflege.
geiagt l)abe, e fl)mme il)m auf 100 lSr. nicljt an; er molle
gerne 100 lSr. geben, menn er bie ftagIiclje telle l)aben fönnte.
llerbing l)at bel' träger im nfcljluffe l)ieran erfliirt, er l)abe
bem mänblffer :perfßnliel) nicljt lmiprocljen; e liegt aber auf
bel' S)anb, baa jene sftuaerung, er moUe gerne 100 1S
r
.
13 e 6en,
menn er bie telle erl)aUe, unter ben ob 1 ahenben Umftänben
i)ernünftiger l,)eife feine anbere ei)eutung aI biejeuige einer Df"
ferte an mänbHter l)aben fonnte.
3. 3ft fomit an S)anb bel' fteu al erftellt oll betretcljteu,
ba 3 bel' träger bet moritanbnmitgneb miinblifer 3u 6efteel)en
berfuel)t l)at, 10 folgt ban1U , bau im borHegenben 1SaUe in bel'
lSerfon be mieufipfUd)tigen ein micljtiger runb norl)anben
mal', merd)er ben mienftljmn berecljtigte, f ofort im inne non
rt. 346 D1Jl ben mienftuertrag aufaul)eben. menn burclj baß
morgel)en be trägerß mu te, menn eß auel) beim ?Beitecljung "
ne rf u clj geblieben ift, bocf baß mertraueu be mienftl)mn in
beifen 1RebUcljfeit unb l)rlid)feit 6etriicljtlid) erjcljüttert 1.1 erben,
fo ba 3 bem ef(agten nicljt augemutet merben fonnte, ben tläger
auf bem uerantmortrtel)en lSoften eineß mer 1.1aUerß au belaffen.
4. ( 6meiiung bCß tanb:punftcß, eß liege ein melift beß ?Be"
fragten nor.)
memnaclj l)at baß ?Bunbeßgericljt
erfannt:
mie ?Berufung beß ?Bef agten gegen baß Urteil be S)anbe!ß:
gertcl)teß beß tanton argau uom 22. WCära 1904 mirb gut:
gel)ei 3en unb bie trage a6geroief en.
111. Obligationenrecht. No 55.
- Arret du 14 juillet 1904, dans la cause
Itosenband, dem., ree., contre Fischer et consorts, der., int.
Recevabilite du recours (adjonction de motifs dans une cause
plaidee). -
Jugement a.u fond, Art. 580JF: Arret qui recon-
naH
la responsabilite d'uu des dMendeurs en principe. -
Dommages-inMr8ts ensuite d'accident ca.usa par un do-
mestique, Art. 50, 53 CO. Portee des art. 61 et 62 ibid.
Le 29 mai 1901, ä 5 heures 3/ r. de l'apres midi, Ia demoi-
selle Melanie Rosenband, etudiante en chimie a Geniwe, se
dirigeant
a bicyclette du eote de Vesenaz, Iongeait le trottoir
sud du quai des Eaux-Vives,
a Geneve, a droite de Ia route
en venant de Geneve.
Au milieu de Ia route se trouvent les
rails
du tramway (Voie Etroite); Ia partie nord du quai se
trouvait en reparation,
et a Ia hauteur du debouche de Ia rue
laterale
du Roveray sur Ie quai se trouvait, du co te nord des
raiIs, et fixe ä. un chevalet, un ecriteau portant Ia mention:
Au pas, attention au rouleau eompresseur. Le dit rou-
leau se trouvait, sur Ia partie droite de Ia route, ä une dis-
tanee d'environ
70 metres de Ia. Dlle Rosenband suivait a
,
3 Oll 4 metres de distance, un autre cycliste, le sieur Meyer.
C'est alors que Ies deux velocipedistes rencontrerent et croi-
serent Ie Iandau de sieur Fischer, attele de deux chevaux et
conduit par son cocher Fran(jois Descombes; dans Ia voiture
se trouvaient dame Fischer
et d'autres dames. En presence
du susdit ecriteau, le cocher dirigea son attelage,
a Ia hauteur
rle la rue du Roveray, sur le co te sud de Ia route. A proxi-
mite du mur de cloture des maisons N° 28 et 30 du quai, du
ote sud de celui-ci, stationnait un char de laitier. atteIe d'un
eheval, ceIui-ci regardant du cöte de V esenaz. A moment Oll
le landau croisait ce char, Dlle Rosenband voulut, a l'exemple
de
son compagnon Meyer, -qui yavait reussi sans obstacle,
-passer entre
Ie landau et Ie char ; elle perdit alors I'equi-
libre,
tomba, et les roues de derriere du Iandau lui passerent
sur le
corps; elle eut une jambe brisee, de graves contusions
xxx, 2. -:l90i
Civilrechf.spllege.
au bassin, et souffrit en outre, a la suite de l'accident, d'une
vive surexcitation nerveuse.
Par exploit introductif d'instance du 19 septembre 1901,
Dlle Rosenband ouvrit action aux maries Fischer et au cocher
Descombes, en paiement d'une somme de 12
000 fr. ä. titre
de dommages-interets, avec
interets de droit et solidairement,
se
reservant de modifier ou d'amplifier la dite demande selon
le resultat du traitement medical auquel la recourante est
soumise.
La demanderesse faisait valoir en substance,
a l'appui de
ses conclusions, les considerations ci-apres :
L'accident est
du uniquement aux fautes multiples et aux
negligences graves tant
du cocher Descombes que des maries
Fischer.
11 est constant que Descombes ne tenait pas sa
droite, comme le veut le reglement, mais qu'il appuyait for-
tement sur sa gauche; ses chevaux
et son landau etaient sur
la partie gauche de la route, direction Eaux-Vives-Geneve,
soit au sud des rails de la Voie Etroite, et il n'a te nu aucun
compte
du char de laitier qui stationnait devant le N° 28-30
du quai des Eaux-Vives ; il etait au trot, alors qu'il avait vu
et lu l'ecriteau ordonnant l'allure du pas et de faire attention
au rouleau compresseur. Il devait tenir sa droite,
Ia route
etant parfaitement libre a droite. Dame :Fischer Iui a dit
d'ailleurs,
a ce moment, d'aller au pas. En donnant depuis
sa voiture des ordres
a son cocher, dame Fischer s'est im-
miscee directement dans la conduite du landau, et elle a
ainsi assume une responsabilite directe touchant les
conse-
quences de l'accident
Les maries Fischer ont entrepris de prouver qu'ils avaient
pris toutes les mesures propres
a eviter l'accident, qu'en
particulier
Hs etaient sans reproche en ce qui a trait au choix
de leu
I' cocher, homme experimente dans son metier; que
l'attelage
etait irreprochable, la voiture en parfait etat, les
chevaux
doux et tranquiIles, et les harnais de toute solidite.
Dame Fischer a conteste, en particulier, que Descombes
fut
a son service, et qu'elle fut proprietaire du land au et des
chevaux; elle soutient n'avoir eu aucune competence pour
III. Obligalionenrecht. No 55.
donner au cocher des ordres relativement a la maniere de
conduire la voiture.
Descombes, de son
cote, a conteste s'etre rendu coupable
d'aucune faute, attendu qu'il resulte des enquetes que Ia
partie droite de la route de
Vesenaz etait barree a la hau-
teur de la rue du Roveray; il a
du prendre alors la gauc,'he.
Dlle Rosenband a agi avec une grave imprudence; l'accident
doit
lui etre impute, attendu qu'inexperimentee comme elle
l'etait et montee sur une bicyclette de louage,
eUe devait,
lorsqu'elle a
vu Ia route encombree a sa gauche par le rou-
leau
et le: travaux, a sa droite par le ehar de lai tier, et en
face par le landau Fischer, se garer
ou mettre pied a terre,
et ne pas penetrer, ainsi qu'elle l'a fait, dans l'espace rela-
tivement etroit
Oll elle s'est engagee. La faute de Ia deman-
deresse a
ete de se preoceuper exclusivement de suivre le
sieur Meyer, en negligeant les precautions que tout cycliste
doit prendre lorsqu'il rencontre des vehicules sur son chemin ;
on ne s'explique pas que DU. Rosenband ait pu tomber, au-
trement que
par sa maladresse, sous les roues de derriere
du landau; le premier cycliste, sieur
Meyer, ayant passe
sans obstacle, elle devait passer egalement.
Apres de nombreuses auditions de temoins, et une inspec-
tion des Heux du litige, Ie tribunal de premiere instance, par
jugement du 4 juin 1902, a eearte les conclusions de la de-
mande en ce qui concerne les maries Fischer, attendu qu'ils
avaient fait tout
ce qui etait en leur pouvoir pour eviter l'ac-
eident;
le tribunal, en revanche, a condamne Deseombes a
payer a DUe Rosenband Ia somme de 583 fr. a titre d'indem-
nite,
representant le sixieme de la responsabilite de l'acci-
dent,
et de la somme totale du prejudice de 3500 fr. souffert
par la demanderesse.
Sur appel principal de DUe Rosenband, et appel-incident du
defendeur Descombes, Ia cour de justice civile, par arret du
9 mai
1904, a condamlle Descombes, en modification dujuge-
ment de premiere instanee,
areparer, a concurrence de
moitie, le dommage
cause ä la demanderesse par I'aecident,
a
deboute Descombes de toutes conciusions contraires, de-
Civilrechtspflege.
boute Dlle Rosenband de son appel du jugement de premiere
instance en tant que celui-ci met hors de cause les
maries
Fischer, et a confirme le dit jugement sur ce point. La cour,
enfin, a preparatoirement ordonne une expertise
aux fins de
l'examen de
DUe Rosenband, et de faire rapport sur le dom-
mage
eprouve par elle, ainsi que sur le degre d'incapacite
de travail passage
re ou permanente dont elle pourrait se
trouver frappee.
C'est contre cet arret que la demanderesse Dlle Rosen-
band a introduit en temps utile un recours
en reforme aupres
du Tribunal
federal, concluant a ce qu'il lui plaise mettre a
neant le dit arn3t, et, statuant a nouveau, adjuger a la recou-
rante les conclusions prises par elle en premiere instance
et
en appel, conclusions tendant au paiement solidaire par les
intimes, avec interet au 5 % l'an des le 29 mai 1901, a titre
de dommages-interets, de la somme de douze mille francs;
subsidiairement casser
et annuler, dans le sens qui precede,
l'arret
dont est recours, et renvoyer la cause devant la Cour
de Justice civile de Geneve pour statuer sur le chiffre de
!'indemnite reclamee.
De son cote le sieur Descombes, pour le cas Oll le recours
de
Dlle Rosenband serait declare recevable par le Tribunal
federal
a declare recourir par voie de jonction contre le
meme arret, et reprendre les conclusions par lui formulees
devant les instances cantonales. Il conclut
a ce qu'il plaise
au Tribuual
federal reformer l'arret attaque, debouter
Dlle Rosenband de toutes ses conclusions, le decharger de
toute condamnation prononcee contre lui.
Les maries Fischer ont conclu
a ce qu'il plaise au Tribunal
de
ceans declarer le recours de Dlle Rosenband irrecevable,
et subsidiairement mal fonde.
Statuant sur ces faits et considerant en droit:
- -La declaration de recours de la demanderesse est
accompagnee d'un memoire
detaille, que le Tribunal de ceans,
aux termes des dispositions de la loi d'organisation judiciaire
federale en cette matiere, n'a pas a prendre en consideration ;
la recourante prevoyant sans doute cette
fin de non recevoir 7
III. Obligationenrecht. No 55.
adepose posterieurement, soit le 3 juin 1904, une autre
declaration de recours, laquelle se borne, conformement
a la
loi,
a mentionner ses conclusions, sans autres developpements.
La premiere declaration de recours a seule ete deposee dans
le
delai legal, mais elle ne devient pas irrecevable par le
seul fait de l'adjonction de motifs dont
il ne peut etre tenu
compte.
Il n'echet des lors point de deferer a la conclusion
des
defendeurs Fischer, tendant a faire eCal'ter le recours
comme irrecevable.
2. -
En revanche il n'y a pas lieu d'entrer en matiere
sur le recours de la demanderesse, en tant que dirige contre
le prononce de
la cour eantonale relatif au defendeur Des-
combes, attendu que ee prononce n'apparait pas, en
ce qui
concerne
ce dernier, eomme un jugement au fond. L'arretde
la cour de justice condamne a la verite Descombes, en prin-
eipe,
a supporter, soit areparer, a concurrence de moitie,
le dommage
cause a la demanderesse par l'accident, mais il
n'a pas determine la quotite de ee dommage, reservant eette
fixation
a une expertise ulterieure, ordonnee preparatoire-
ment.
Or, bien qu'il soit loisible a un jugement qui se borne
a trancher en principe la question du dommage, de reserver
a une proeedure ulterieure, c'est-a-dire a un nouveau pro ces
de statuer sur la question de la quotite, et qu'en pareil cas
une pareille sentence pr
es ente indubitablement le caractere
d'un jugement au fond, il en est autrement dans l'espece
actuelle,
Oll la fixation de la quotite du dommage n'a pas ete
reservee
a une pl'ocedure separee, mais doit etre tranchee
dans le me me proces. Les conclusions de la demande ne ten-
daient point, en effet, seulement
a faire reeonnaitre en prin-
cipe la responsabilite des
defendeurs, et la decision inter-
venue, en
ce qui concerne Descombes, da par l'arret de la
cour cantonale, a uniquement pour effet de suspendre mo-
mentanement la cause, en
vue d'un complement d'instruction
par la voie d'une expertise; dans cette situation, le recours,
en
ce qui concerne sieur Descombes, apparait comme mani-
festement
premature, attendu qu'il a trait a un prononce qui
ne
se caracterise point encore comme un jugement au fond,
4.34
Civilrechtspflege.
statuant definitivement sur le litige et mettant fin a celui-ci.
(V oir amnt du Tribunal federal dans Ia cause Schweizerischer
Typographenbund
c. Wullschleger et consorts, Rec. off. XXIV,
2, p. 937 et les arrets qui s'y trouvent cites.)
3. -Il y a donc lieu de proceder
a l'examen du recours
seulement en
ce qui tonche la demande dirigee contre les
mari
es Fischer, laquelle seule a retiu, dans l'arret attaque,
une solution definitive, et,
a cet egard, il est 8uperflu de
rechercher
si leur responsabilite depend de l'existence d'une
faute de la part du sieur Descombes; en effet d'autres con-
siderations suffisent pour faire ecarter les
fins de la demande
en
ce qui concerne les predits defendeurs Fischer.
La cour cantonale a examine la responsabilite des
maries
Fischer uniquement au point de vue de l'art. 61 CO, et non
de l'art. 62
ibidem, attendu que, selon elle, l'art. 62 ne s'ap-
plique qu'aux ouvriers et employes dont les maUre ou pa-
tron louent les services pour I'exercice d'une industrie, d'un
negoce, d'une profession en
general, et non aux domestiques
proprement dits, qui sont au service de la personne
ou de Ia
famille du maUre (un cocher de maison par exemple) et qui
n'ont rien
a voir avec la profession de celui ci, l'art. 61 con-
cernant seul ces derniers. Cette disposition porte que celui
auquel incombe
legalement la surveillance d'une personne
de sa maison est responsable
du dommage cause par elle, a
moins qu'll ne justifie avoir exerce cette surveillance de Ia
maniere
usitee et avec l'attention commandee par Ies circons-
tances.
Cette maniinre de voir ne saurait toutefois etre partagee.
La surveillance sur les personnes de Ia mais
on (häusliche
Aufsicht), incombant
a quelqu'un, et qui seule pent donner
lieu
a responsabilite aux termes de l'art. 61, doit etre en
effet entendue d'ulle surveillance intensive, s'etendant sur
toute l'activite de celui qui en est l'objet. nest incontestable
en effet que si Ia personne chargee de cette surveillance doit
etre responsable pour toutes les infractions commises par Ia
personne surveillee,
II ne pent s'agir que d'une surveillance
qui, exercee avec soin, sera de nature
a empecher toutes
III. Obligationenrecht. N° 55.
les infractions susmentionnees. Partout au contraire ou il ne
peut s'agir
que d'une surveillance ne devant s'exercer que
dans une direction
determinee, notamment en ce qui concerne
l'accomplissement exact de certains services domestiques,
il
ne sanrait etre question d'admettre, comme incombant a Ia
personne
chargee de cette surveillance, une responsabilite
generale, s'etemlant meme aux actes qui ne sont en aucune
connexite avec les
predits services. Une pareille obligation
ne devrait
etre reconnue, vis-a-vis de semblables domesti-
ques, que dans les cas
ou ceux-ci, non point ensuite de l'exer-
ci ce de leurs fonctions, mais d,autres circonstances particu-
Her es, comme par exemple de leur age ou de leur etat
mental, constituent un danger pour des tiers, et doivent etre
soumis en consequence a une :,mrveillance plus stricte. En
revanche, lorsque,
comme dans l'espece, l'on ne se trouve
pas en
pl'esence de circonstances exceptionnelles de ce genre,
il n'y a pas lieu ä. application de l'art. 61 CO.
4. -La question de savoir si c'est l'art. 62 ibid., -sta-
tuant
que Ie maitre ou patron est responsable du dommage
eause par ses ouvriers et eruployes dans l'accomplissement
de leur travail, a moins qu'il ne justifie avoir pris toutes les
precautions necessaires pour prevenir ce dommage
-qui
doit
etre applique dans l' espece, doit recevoir une solution
affirmative.
Le motif juridique qui se
trouve a Ia base de l'art. 62
existe en ce qui a trait
aux domestiques aussi bien qu'en ce
qui concerne les autres employes. La reparation du dommage
resulte de l'accomplissement de services doit incomber a
eelui auquel ces services profitent. Les arguments qu'on a
voulu tirer de Ia comparaison avec l'art. 1384
Cc (frantiais),
lequel a servi de modele a l'art. 62 (voir Binder, Zeitschrift
für
Schweiz. Recht, Neue Folge 5, p. 335 et Burckhardt,
Verhandlungen des schweiz.
Juristen Vereins 1903, p. 73)
ne sont pas convaincants. L'art. 62 presente
un sens plus
etroit que l'art. 1384 uniquement en ce qu'en restreignant Ia
responsabilite au maUre ou patron vis-a-vis de l'employe ou
ouvrier, au lieu de Ia stipuler a Ia charge du commettant vis-
Givilrechtsptlege.
a-vis d'un prepose, le dit art. 62 a voulu exclure les per-
sonnes employees momentanement seulement a de certains
services; mais
il ne s'ensuit nullement que le domestique ne
doive pas tre compris dans la categorie des employes. La
circonstance que l'art. 62 ne parIe pas des domestiques,
expressement mentionnes
aPart. 1384, s'explique par l'in-
tention du legislateur de se servir d'un terme general, expri-
mant une notion d'ensemble, et en omettant tous les exem-
pIes devant rentrer dans celle-ci.
n ne resulte pas davantage de I'alinea 2 de l'art. 62 que
la responsabilite prevue
a rart. 1 ibidem ne tombe que sur
les maitres
exer ;ant une industrie; si teIle eut ete l'intention
du
Iegislateur, ill'eüt certainement manifestee en se servant
dans les deux alineas
precites de cette meme expression:
qui exercent une industrie '1 . La restrietion, a l'alinea 2, de
la responsabilite aux seules personnes moral es,
a l'exclusion
de la categorie, plus nombreuse, des personnes physiques,
trouve son explication dans la situation particuliere des
per-
sonnes morales, et ne permet pas de l'etendre, par voie de
generalisation, aux personnes physiques.
L'art. 62
etant applicable, il s'impose de rechercher si la
responsabilite des maries Fischer existe dans le cas actuel,
ou si elle doit etre exclue par le motif prevu par le dit ar-
ticle, qu'Hs ont justitie avoir pris toutes les precautions ne-
cessaires pour prevenir le dommage souffert par la deman-
deresse.
O. -A cet egard il est cODstant que les maries Fischer
n'ont
commis aucune faute dans le choix qu'ils ont fait du
sieur Descombes en qualite de cocher. Il resulte en
effet de
plusieurs temoignages concordants intervenus en procedure,
ainsi que des nombreux certificats produits
par Descombes
lui-meme, que
ce dernier connaissait parfaitement son metier,
qu'il a exerce, notamment a Geneve, pendant de nombreuses
annees
a l'entiere satisfaction de tons les maitres qui l'ont
employe.
II est etabli egalement par les instances cantonales
que, contrairement anx griefs
articuIes par la demanderesse
de ce chef, les chevaux des
defendeurs etaient tout a fait
III. Obligationenrecht. N0 55.
sages et tranqui1les, et nullement ombrageux. Cette appre-
ciation n'est point en contradiction avec les pieces du dossier.
Descombes a pretendu,
a la verite, qu'au moment de I'ac-
cident il surveillait attnntivement ses chevaux qui avaient
peur du rouleau.
Mais cette affirmation, qui s'explique par
l'interet evident qu'avait alors Descombes de se justitier du
reproche de n'avoir pas
dirige son attention sur les deuK
cyclistes qui s'approchaient, ne peut etre consideree comme
decisive en presence des depositions contraires du veterinaire
Olivet
et de toute une serie d'autres temoins: Il n'est pas
sans
interet de relever en outre, sur ce point, que la deman-
deresse elle-meme, dans
son ecriture du 6 mai 1902, affirme
que le rouleau compresseur, leqnel se trouvait d'ailleurs
a
plus de 40 metres de l'aecident, ne constituait aucun encom-
brement ponr le landau des
defeudeurs, ni aucune cause de
crainte
( puisque les chevauK des maries Fischer etaient des
plus sages et n'avaient peur de rien, ce que l'enquete a
de-
montre.
6. -En engageant un cocher d'une capacite incontestee,
et en mettant a sa disposition une voiture et des chevaux
d'excellente qualite, les
defendeurs avaient pris les precau-
tions necessaires en vue de prevenir l'eventualite d'un acci-
dent
et d'un dommage. Dans les circonstances dans lesquelles
le dommage s'est prodnit, dame Fischer n'avait en particulier
pas
a intervenir par des conseils aupres du co eher Descombes,
sur la maniere dont celui-ci avait
a diriger la voiture au
moment critique; dame Fischer
etait en droit de se confier
a cet egard a l'experience que Descombes avait acquise
pendant le long exercice du metier auquel il
etait rompu, et
l'examen de la question de savoir s'il a neanmoins commis
une faute lors de l'accident, doit
etre reserve au jugement
de la cour cantonale dans la cause encore pendante entre
le dit Descombes
et la demanderesse. Il a ete constate d'ail-
leurs par les instances cantonales q
ue dame Fischer, loin
d'observer une attitude entierement passive dans le moment
qui a
precede immediatement l'accident, avait aussitOt apres
avoir vu l'ecriteau place sur le chevalet, intime a son cocher
Civilrechtspftell'e.
l'ordre de ralentir son allure et de faire attention au rouleau
compresseur. En tout cas,
a supposer qu'une faute ait ete
commise par Descombes du fait de n'avoir pas evife Ie bi-
cycle de DUe Rosenband en dirigeant a temps Ie landau a
droite, c'est-a-dire sur Ia partie de Ia route situee au nord
des raiIs de Ia Voie etroite, c'est
a luiseul qu'iucombe Ia
responsabilite de
Ia decision qu'il a prise au dernier moment,
et dame Fischer n'avait ni I'obligation, ni Ia competence
necessaire pour
Iui donner alors des directions dans un do-
maine touchant lequel elle pouvait Iegitimement avoir toute
contiance dans son dit
cocher, et admettre qu'il prendrait de
Iui-meme toutes les mesures de prudence ou de precaution
necessitees par les circonstances.
7. -Aucune faute ne pouvant, en consequence de ce qui
precMe, etre relevee a Ia charge des defendeurs Fischer, il
se justitie d'admettre qu'ils ont prouve avoir pris toutes les
precautions necessaires
pou!" prevenir Ie dommage souffert
par
Ia demanderesse, -que c'est des lors avec raison que
les instances cantonales ont estime que Ia responsabilite des
dits
defendeurs n'etait a aucun egard engagee, et ont mis
ces derniers hors de cause.
Dans cette situation,
il est superflu de rechercher si et
jusqu'a quel point l'accident doit etre attribue a une faute de
Ia demanderesse elle-meme.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononce:
-
-TI n'est pas entre en matiere sur le recours en tant
qu'il concerne
Ie sieur Descombes.
H. -Le recours en ce qui a trait aux maries Fischer est
ecarte, et l'arret rendu a cet egard par Ia Cour de Justice
civile de Geneve, le 9 mai
1904, est maintenu.
III. Oblill'ationenrecht. N° 56.
-
tfeU l"UJ 18. un 1904 in 6adjen
td, j'tl. u. erA ;L, gegen Jtf6req,t, eU. u. er., efL
Berufttng geglJn ein freisprechendes Ut teil in einlJm Adhäsionsprozess ;
Zulässigkeit. -
Haftung des Anwaltes für Behauptungen und
Aeusserungen in Rechtsschri ten und Plädoyer gegenüber der Gegen-
partei. Art. 50 ltnd 55 OR; Rechtswidrigkeit.
A. :.Durdj Urteil )om 2. ))(ai 1904 at bic ljSoHaeifammer
be6 '!( ):pellation , unb j'taffation ofe6 be Jranton6 ern er
fannt:
-
3unu '!((6redjt wirb in Ilt iinberung be erftinftan3Hdjen
Urteil )on ber m:nfd)ulbigung auf erleumbung um inadjteU
be :Robert irt freigei:prodjen, jebodj onne ntfdjiibigung.
-
:.Die :i )U )artei:Roßert irt wirb mit il)rem ntfdjiit-i
:jJungnßegenrett gegenü er ,3uUu m:loredjt abgewiefen.
B. egen biefe Urteil at ber .reläger im il)U:punfte (:.Dir:po
iut ) 2) rcdjtacitig unb in ridjtiger 1Sorm bie erufung an ba
ltnbe6geridjt ergriffen, mit bem ntrage, ber ef(agte fei au
ber in ber Jr(age berlangten ntfdjabigung )on 2100 1Sr. 3u
berurteUen.
C. :.Der Q'.1effagte fteflt ben m:ntt' lg: 6 jei auf bie Ilt iinberltng
anträge be j'tläger nidjt eiu3utreten, e )entuell fei ber SUägcr
mit feinen m:oiinberungnantriigen a03Ulueifen.
:.Da ltnbeßgeridjt aiel)t in rwiigltng:
L ,3m uU 1900 erl)oo ffiitwe 1Jl:ofina ?ffienenet ge . niigi
gegen inren 0djwnger rilJ ?ffieneneH) j'tlage auf e3nl)(ung einer
lieftrittenen 0umme )on 4530 1Sr. ne ft gefenUdjem eraug 3in .
:.Diefe Jrlage ftünte fie auf einen Jraufoertrag 3wif wen ben ljSar
tden )om 3. 0eptem er 1892 über eine 2iegenfdjaft, laut weIdjem
%ralt 3enenel al6 erfäuferin eine Jraltfreftana )on 5030 r.
3lt 4
/
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