Art. 45 CF; withdrawal or refusal of establishment only in the constitutionally enumerated exceptional cases; proof required. A cantonal authority may not expel or withdraw establishment from a Swiss citizen unless it establishes, by relevant judgments or equivalent proof, that one of the constitutional grounds exists. Mere allegations of misconduct, even if serious, are insufficient; where no conviction or other legally relevant basis is produced, the measure must be annulled. Preliminary objections of lateness and lack of competence are rejected where unsupported by the record.
328 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
wirb, I on berjenigen, mit meld)er eine )Bertragnl'artei 6d)aben
rfa 'roegeninid)terfüUung I erlangt, nid)t I erfd)teben unb es
muU besnalu aud) ber erid)tnftanb, fO'roeit Me inatur be n
f )rud) bafür mauge6enb tft, für ueibe Stragen bcr nämUd)e
fein, b. . nad) 11 ber ntbroalbnerifcf)en (li )Hnr03euorbnung ber
.orbentlid)e erid)tnftanb beß 5ffionnfi eß beß mcf(agten. .3m I or
liegenben ll;aUe tommt in3u, baj3 bie gleid)aeitige )Bcr'roeigerung
bt!ß ):equatur für ba Urteil beß nCld) nfid)t ber intb'roalbnet
erid)te auftänbigen fremben erid)ts einen Buftanb ber lRed)t
lofigteit fd)afft, ben in3unenmen bem lRefurrenten mit bem tn
'roeiß auf bie UnaulängUd)teit ber ueftel)enben internationalen
)lormen über .refution frember Urteile nid)t augemutet 'roerben
fann, 'roenn, 'roie l)ier, baß l)eimiid)e V'ted)t eine anbere 2öfung
ntd)t nur auläut, fonbern, fofem eß tn einer mit ber allgemein
geHeuben lRed)tßanfd)auung üueretnftimmenbeu ilBeile nungelegt
tutrb, gembeau geutetet.
:vemUlld) l)at baß munbcßgerid)t
edannt:
:ver lRefur roirb im Ginne unb Umfang bel' r'roägungen
'Sutgel)eij3en unb bemgemäj3 baß nngefod)tene Urteil beß D6cr
geriel)tß be ,re,mtons inib'roalben I om 10. l'ril 1902 info'rocit
cmfgel)o6en, urß ba mit bie Stomnetena bel' erid)te tlon inib'roarben
aur meurteHung ber el entuellen jHag egel)ren unb bes nt'roort
fd)ruffe abgeIel)nt 'rourbe.
)Bergt auel) inr. 82, Urteil bom 4. :veaemuer 1902
in ad)en d)IäfH gegen V'tegieruttgnrat mern,
unb iRr. 84, arret du 23 decembre 1902,
dans la cause Decroux contre
Conseil d'Etat de :Fribourg.
Refus et retrait de l'etablissement.
78. Arrel du 8 octobre 1902, dans la cause Dumas
cont1'e Conseil d' Etat de Geneve.
Art. lt5 CF.
Par declaration du 6/7 septembre 1902, dame Franceline-
Louise Dumas,
nee Encrenäz, de Thorens, Departement da
la Hante-Savoie (France), femme de Charles-Louis Dumas,
fromager, de Sommentier (canton de Fribonrg), a forme au-
pres du Tribunal federal nn recours de droit public, con-
duant a ce qu'il lui plaise mettre a neant l'arrete du Conseil
d'Etat
de Geneve du 13 aout 1902, confirmant celui du
24 decembre 1901, pronon(jant son expulsion du territoire
genevois. A l'appui de cette conclusion, la recourante fait
valoir
ce qui snit :
Par
arreM du 13 aout 1902, le Conseil d'Etat de Geneve
a
maintenu et confirme une erreur precedemment commise
par lui, en refusant a dame Dumas le droit de sejourner sur
le territoire de
ce canton. Dame Dumas est ressortissante
ßuisse par son mariage; elle n'a jamais subi de condamna-
tion pour
delit grave, et elle n'est point tombee a la charge
de l'assistance publique. Par consequent le droit de sejourner
dans
le canton da Geneve ne saurait lui tre retire: l'arrnte
du Conseil d'Etat, pronon(jant neanmoins son expulsion de ce
canton, constitue une violation flagrante des dispositions
categoriques de l'art. 45 de la Constitution federale, et ne
peut subsister.
Dans sa reponse le Conseil d'Etat allegue d'abord les faits
ei-apres:
Une expulsion avait ete prononcee par le Departement
genevois de Justice et Police en date
du 11 aout 1900 contre
la recourante, attendu
que celle-ci est sans domicile fixe, sans
XXVIII, L -1902
330 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. f. Abschnitt. Bundesverfassung. moyens d'existence et que sa couduite donne lieu ä. des plaintes. Par arrete en date du 24 decembre 1901, le Conseil d'Etat avait confirme l'arrete d'expulsion susmentionue; la. femme Dumas avait ete signaIee par des rapports de police comme une prostituee vivant chez une proxenete connue. TI est a noter que la re courante a epouse a Thorens (Haute- Savoie), le 16 septembre 1893,le nomme Charles Dumas, de Thorens. Elle est donc devenue Frannaise par son mariage Statuant snr ces aits el considerant en droit:
.. -Le recours apparait comme justifie au fond. L'art. 45 de Ia Constitution federale, invoque par Ia recou- rante, apres avoir proclame le droit de tout citoyen suisse de s'etablir sur un point quelconque de Ia Confederation, dispose qu'exceptionnellement I'etablissement peut etre refuse ou retire a ceux qu par suite d'un jugement penal, ne jouissent pas de leurs droits civiques, et que l'etablissement peut etre en outre retire a ceux qui ont ete a reiterees fois punis pour des delits graves. Or, dans l'espece, le Conseil d'Etat n'ap- porte aucune preuve des faits mis par lui ä. Ia charge de dame Dumas; il ne produit aucun jugement pronon ;ant contre elle une condamnation pour delits graves; en particulier il n'al- legue pas meme que les faits de prostitution articuIes contre Ia recourante, et dont l'existence n'est pas etablie ä. satisfac- tion de droit, aient ete l'objet d'une seule condamnation penale. En outre, ä. supposer meme que dame Dumas ait eta condamnee, l'absence de production de tout jugement pro- Le considerant eite ensuite l'arret du Tribunal fMeral dans la cause Burry c. Fribourg, No 32 de ce volume, p. 129, cons. 4. 11. Verweigerung und Entzug der Niederlassung. N' 78.
nonnant cette condamnation met le Tribunal de caans dans l'impossibilite de trancher la question de savoir si les delits qu'elle aurait commis revetent un caractere de gravite suffi- sant pour justitier un retrait d'etablissement a l'egard de la recourante. (Voir Salis, Droit federal suisse 406 414 42h.
' , , , v, 4 .; arrets du Tnbunal fMeral dans les causes Haist c. Zunch, Rec .. off. XXIV, I, p. 454; Boudry c. Geneve, ibid. p. 625 et SUlV. ; Ackermann c. Lncerne, ibid. XXV, I, p. 418 et suiv., etc.) Les autorites genevoises n'ayant ainsi nnllement etabli, ni meme pretendu que la recourante ait subi, dans le canton de Geneve, aucune condamnation pour delits, graves on autres . 'll ' Ul qu e e se trouve dans un autre des cas indiques ä. l'art. 45 precite de Ia Constitution federale et dans lesquels seuls l' etablissement dans un autre canton peut etre refuse ou retire ä. un citoyen suisse, il s'en suit que l'arrete du Conseil d'Etat du 13 aout 1902 n'est pas fonde au regard du droit public federal, et que cet arrete, de meme que les prece- dents, dont il n'est que Ia confirmation, doivent etre revo- ques. Par ces motifs, Le Tribunal federal prononce: Le recours est admis et l'arrete pris par le Conseil d'Etat de Geneve le 13 aout 1902, confirmant les arretes d'expul- sion prononces contre la re courante par le Departement de Justice et Police le 11 aout 1900, et par le Conseil d'Etat 1e 24 decembre 1901, sont decIares nuls et de nul effet.