730 A. Staatsrechtliche Entscheidungen. L Abschllitt. Blmdesverfassnng.
termes de la disposition constitutionnelle susvisee, nne
mesure aussi serieuse, en elle-meme,
comme dans ses conse-
quences, que celle privant un citoyen du droit d'etablis-
sement.
5° II nlsulte de ce qui precede qu'un senl delit grave est
constate
a Ia charge du recourant ; or comme l'etablissement
ne peut
etre, conformement a l'art. 45 al. 3 pnkite, retire
qU'aux personues qui out ete punies a nmerees fois (wieder-
holt, dans
Ie texte allemand), c'est a-dire deux fois au moins
pour delits graves, il s'en suit que les conditions d'application
de cette disDosition constitutiounelle ne se trouvent pas
rea-
Iisees en ce' qui touche Ie recourant, et que l'arrete d'ex-
pulsion, soit
Ie retrait d'etablissement pro nonce contre lui ne
saurait sub sister. C'est en vain, enfin, que pour justifier l'ar-
rete prefectoral, l'Etat. de Fribourg veut tirer argument du
fait que Ie recourant, en date dn
26 Janvier 1894 deja, aurait
declare par ecrit consentir, ensuite de la demande d'expulsion
emanee du Conseil communal, a ne plus fixer son domicile a
Romont, et s'engager a quitter cette Iocalite Ie 5 Fevrier
suivant. Le droit d'etablissement appal'ait en effet
comme un
droit constitutionnel essentiel
et primordial, au benefice du-
quel un citoyen ne saurait vaIabIement renoncer.
Par ces motifs
Le Tribunal
federal
prononce:
Le recours est admis,
et l'arrete pris par Ie prefet du
District de la Glane,
Ie 3 Avril 1894, renvoyant Ie sieur
Richner du territoire de la commune de Romont
et lui reti-
rant son permis de
sejour, est declare nul et de nul effet.
lIl. Niedcr!assllug und Aufenthait. N° 113.
- Arret dlt 11 Octob1'e 1894 dalls la cause Haldemann.
Par arrete du 8 :Mars 1894, Ie tIepartement de Justice et
Police du canton de Geneve a expulse tiu territoire genevois
Ie sieur Louis Haldemann, ne en 1864 a Machilly (Haute-
Savoie), bourgeois d'Eggiwyl (Berne), ensnite de diverses
con damnations par lui subies pour coups et blessures.
Haldemann
a, en effet, ete condamne soit par Ia Cour cor-
rectionnelle, soit
par Ie tribunal de police:
Le
15 Fevrier 1888 a 10 francs d'amende pour bataille ;
Le
27 Mars 1890 a 24 heures de prison pour bataille ;
Le
28 Decembre 1890 a 8 jours de prison pour coups et
blessures;
Le
29 Avril 1891 a 5 jours de prison pour coups et bles-
sures;
Le 11 Janvier 1892 a 15 jours de prison pour coups et
blessures;
Le
23 Janvier 1894 a 6 mois de prison pour coups et bles-
sures.
Par requete
du 25 Mai 1894, Haldemann s'est adresse au
Conseil d'Etat dn canton de Geneve, concluant a ce qn'il Ini
plaise rapporter et met,tre a neant Ie predit arrete d'expul-
sion, et lui faire delivrer
un permis de sejour regulier.
Par arrete du 1
er
Juin 1894 Ie Conseil d'Etat a maintenu
et confirme purement et simplement l'arrete en question.
C'est contre cet
an'ete confirmatif, ainsi que sur l'arrete
du departement susmentionne, que Haldemann recourt au
Tribunal federal conc1uant a ce qu'il lui plaise casser et
annnier Ie dit arrete et Ie mettre a neant. A l'appui de cette
conclusion,
Ie recourant fait valoir en substance ce qui suit:
Des l'age de six ans Ie recourant vint avec sa mere habiter
Geneve; quelques annees plus tard cette derniere retourna
en France, confiant son
fils a une tante, qui habitait egale-
ment Geneve. Vel's 1886 i1 obtint un permis d'etablissement
sous
N° 32791, et il habita la ville de Geneve jusqu'a son
mariage en Juin
1892; c'est alors qu'il s'etablit a Vernier, et
732 A. SLaaLsrechtliche Entscheidungen. I. Abschnitt. Bundesverfassung.
qu'il obtint un nouveau permis (l'habiter cette localite ; sa
femme a toujours habite Vernier, oU. ses parents possMent
une petite
propriete. Haldemann gagnant largemel1t sa vie et
celle de sa famille, et n'etant pas prive de ses droits civiques
par un jugement penal, il y a lieu seulement d'examiner si,
conformement
a l'art. 45, al. 3 de la Constitution federale,
l'expulsion du recourant peut etre autorisee par Ie motif qu'il
aurait
ete pUl1i a reiterees fois pour delits graves. Or, les
peines
qui ont frappe Ie sieur Haldemann sont to utes de
minime importance.
En ce qui concerne celle it 6 mois de
prison, a propos de laquelle un recours en grace a ete
adresse au Grand Conseil, ce recours a ete favorablement
accueilli par la Commission de
grace, qui a estime que l'ex-
pulsion
du recourant n'Mait pas justifiee. Une condanmation
a moins d'une annee de prison pour coups et blessures n'en-
traine pas, d'ailleurs. la privation des droits civiques. Les
effets de la
grace accordee par Ie Grand Conseil ne peuvent
etre annules par une simple me sure de police. Enfin, depuis
sa sortie de prison, Haldemann s'est conduit d'une maniere
exemplaire.
Dans sa reponse, I'Etat
de Geneve conclut au rejet du
recours.
n estime que la gravite d'un delit est appreciee sui-
vant de nombreuses circonstances; qu'un
delit peut etl'e
grave en lui-meme, qu'il peut l'etre par les circonstances qui
l'accompagnent, et enfin, par la situation du delinquant ou de
la victime.
Or, dans l'espece les delits commis par Halde-
mann revetent
un caractere tout special de gravite en raison
de sa conduite
generale et de la frequence de ces delits; il
s'agit d'un homme violent, dangereux et absolument incorri-
gible; c'etait bien l'opinion de la
Cour correctionnelle, qui l'a
expulse judiciairement. Si on ne peut considerer comme
grave un
delit relevant du tribunal de police, il n'en est pas
de
meme des delits qui sont dans la competence de la Cour
correctionnelle. La Commission de grace a diminue la peine
de Haldemann,
non point par indulgence, mais parce qu'elle
a
cm que l'expulsion etait iIlegaIe; or, cette Commission n'a
pas a apprecier la legalite des jugements des tribunaux.
III. Niedel"la:;sullg und Aufenlhalt. NQ 113.
n resulte d'un rapport de la police de surete de Geneve,
que Ie Conseil d'Etat a joint a sa reponse, que Haldemann a
laisse de tres mauvais souvenirs aux Paquis, oU. il a ete eleve ;
que son caractere est mechant, querelleur
et emporte; qu'il
a frappe plusieurs personnes,
meme ses patrons, a diiferentes
reprises,
et qu'il a mordu Ie proprietaire d'une bicyclette,
dont
il s'etait empare sans permission dans Ie courant de
l'annee 1888 ; qu'il a
donne egalement a diverses autres per-
sonnes des coups de couteau
et de canne plombee. Halde-
mann est redoute de tous ses collegues pour sa canaillerie;
lorsqu'il est en
col ere ou qu'il abu, il se fait une arme de
tout
ce qui lui tombe sous la main; il est, en outre, un bra-
connieI' incorrigible, qui a ete declare maintes fois en contra-
vention. A Vernier, Haldemann a egalement une
t1'es mau-
vaise reputation; il y est fort redoute ..
Slatuant sur ces faits et considerant en droit:
QueUe que soit l'importance qu'il faut ou non attribuer
aUK rapports des agents de la police genevoise, ils ne sau-
raient en tout cas etre consideres comme emportant la preuve
de
la gravite, dans Ie sens de l'art. 45 de la Constitution
federale, des delits pour lesquels Ie recourant a ete condamne
a reiterees fois, soit a I' amende, soit a la prison.
Les coups et blessures, et batteries, delits
qui ont motive
les dites condamnations, peuvent
revetir, selon les circoIls-
tances,
un caractere de gravite tres different, et il y a lieu, a
cet egaI'd, de les apprecier dans chaque cas particulier.
Or, s'il faut conceder que, d'une maniere generale, de
simples contraventions de ces chefs, rentrant dans la
compe-
tence des tribunaux de police, ne constituent pas des delits
graves dans
Ie sens de Ia disposition constitutionneHe SU8-
visee, il n'en est pas de meme Iorsque les actes en question
ont fait l'objet d'une repression par les tribunaux correction-
nels. D'ailleurs,
et a supposer meme que la condamnation du
recourant a 6 mois de prison doive seule etre consideree
isoIement
comme grave dans Ie sens susindique, il est incon-
testable que toutes les autres infractions commises parle
sieur Haldemann, alors meme qu'elles ne comporteraient pas
734 A. Staatsrechlliche Entscheidungen. l. Abschllltt. Bundesverfassung.
la meme gravite, empruntent au fait meme de leur frequence
un caractere particulierement serieux, de nature ales faire
rentrer sous la notion exigee par Part. 45 precite. Les faits
nombreux
qui ont determine les condamnations repetees du
sieur Hahlemann sont l'indice evident du caractere violent et
dangereux du recourant, et les circonstances que la paix et
l'ordre publics se trouvent constamment menaces par l'even-
tualite
de la repetition des actes delictueux dont il s'agit, est
un motif d'une portee certainement suffisante, si on Ie rap-
proche de to utes les peines prononcees contre Ie recourant.
pour justifier
l'arrete d'expuision contre lequel it s'eleve. El
presence de la multiplicite et de la nature des infractions
dont il s'agit,
il est indeniable que la decision dont est recoul'S
n'a pas ete prise en violation de l'art. 45, al. 3 de la Consti-
tution
federale.
Par ces motifs,
Le Tribunal
federal
prononce:
Le recours est ecarte.
114. Urt eit i,)0 m 25. Dtt06er 1894 in 6 ac9 e n
I!Uc9cn6er gcr.
A. urtebrtc9 %tfd cu6crger, i,)on umi. mafb, )l)urbe bom e
meinberat bon roa :.vietmt)(, mo er fic9 aUft, i eft, unterm
17. ill?:ai 1894 au. gCllCll1nter emeinbe aU. gemiefen. 0:r rerur
rierte t,iegegen an ben 1R.egierung. r,tt be. stanton. udern, Iuef
cg
er
jeboc9 untenn 15. Juni 1894 ben 1R.efur. a(. un6cgritnbet
a6mie. , unb 31uar geftunt aUf bie 0:rll)iigungen, bau naa)
ht. 46 18. 5n. bie iniebedaffung bemienigen entaogen )l)erbcll
fonnc, bel' lucgen fc911.lCrCn 5nergct,cn. miebert,oit geric9tlt oejtntft
luorDen fei, unb ba iJlefurrent im stanton %targau bn Jal)re
1892 luegen .iBetruge au 18 Wconaten Bud)tt,au. berut'teift un!
gemii amtlict;,en 18efd)einigungen QUc9 in ben .ffantonen -'Sent
unb 2uaern gerid tHdj tiefhctft uurbe.
m. Nieder/assul1;j nnd Aufellthalt. No 114.
B. egen biefen 0:ntfd)eib erWirte 'lUd)enoerger ben ftaat. red)t
Hcgen 1R.efur. an ba 18unbengeric9t, nbem er %tufl)eoung ge
nannten 0:ntfcgeibc. oeantragte. Bur 18cgrunbung fUl)rt er an:
%trL 45 18. 5n. 6eatet,e fic9 mtr aUf trtmineUe 5nerget,en; megett
folc9cr fei aoer 1R.efurrent nic9t 6effraft morben. Uoert,au:pt ieten
fetne 5nerget,elt ,)on ben 18ct,orben nic9t a(. fc9mer 6eaeic9net
morben, inbcm ftet ill?:t(bemngngrunbe .lorlagen; tm stanton
%tCtrgau fob ann fet cr, obn)ot,f .lor6eftraft, 6egnabigt morben, )l)
6ei einem fc9nmen, mit 5noroebac9t 6egangenen 5nerget,en nic9t
i,)orgefommen miire. :.vcr emcinbemt .lon roB :.viet ul)r t,iitte
Ci,)entucU, ba bemfel6en bte fragHd)en 5nergct,en 6efannt luaren,
il)m ntc9t bie l!fu. luei. lc9riften aoncf)mcn foUen, u. f. m.
C. :.ver 1R.cgierung. mt be. stanton. uaem 6eantrQgt 6 1)ek
lung be. 1R.efurfe. , inbem er au. ful)rt: emiit %trt. 45 18. 5n.
tonne bie 91teberlajfung bemjenigen .)ermeigert ober entaogcn
mcrben, bel' ftc9 infolge eine ftrafgeric9Hicgen UrteiW nic9t 1m
18efinc bel' MrgcrIic9cn l)ren unb 1R.cc9te 6efinbet. Bcun fei me
tuncnt unterm 24. ,3uni 1892 .lom iBc3irfngeric9te 1R.t,etnfeIbett
luegen iBetruge au 18 illconaten 3udltt,aunftmfc berurteilt
unb bieie l rfenntni l .lom aargauifcgen D6ergeric9te 6eftittigt
morben. 91ac9bem bann 1R.efurrent 31Uei :.vritteiIe feiner trllfe
aogejefiw, fet er tm %tuguft 1893 auf 'illol) l,)ert,aHen l)in
6ebingt cntfaffen morben. emu 3 %trio 16 be. aargauifd)cn
tr ' fgefene fei nun ble 5nerurteUultg 3U einer BUd)tt,aU0fblfe
l)on 1R.ec9t. megen mit bem 5nerIuft bel' 6iirgedidlCn t,rell aUf
eoen. aeit i,)er6unben. ine 1R.ct,aoHitatiolt fonne aUerbing erfof
gett, boc9 bilrfe eln 6eauglicge. efuc9 erft brei Jat,re lllld)
erfolgter 6ebingter reHaffung geiteUt merben, unb fei biefe rift
in casu noc9 nic9t tlerfhic9cn. %tlc9cnilcrger t,aoe fic9 alfo aur
Belt ber %tu. ueifung tnfolge eine. ftrafgeric9tHc9en Urteile. nic9t
tm eftne ber 6urgerIicgell Rec9te unb 0:t,ren 6efunbell. :Daau
fomme aoer noc9, ba berfelue, uuser tm stanton %targau, QUc9
nod) anbermeitig miebert,oft 6efhaft 11.lorben lei, fo .lon ben
(ffifen be. III. oernifcgen efc91tlOreltenbC3irfe , !.lom tattt,aUer
antt ilIifau luegen Ubertretung be 5neroot. oetreffenb 2otterie,
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QU .lerfc9iebencn Umftemben fc9fiej3en, ba 0 mit ber 1R.calitiH