Art. 6 and Art. 24 al. 2 de la loi fédérale sur l’émission et le remboursement des billets de banque; compétence du Tribunal fédéral et remboursement des fragments de billets détruits: les contestations de droit privé résultant de l’émission des billets relèvent du Tribunal fédéral sans minimum de valeur litigieuse. Le remboursement est dû lorsque, selon l’appréciation des preuves, la partie manquante du billet est entièrement détruite; il n’est pas exigé que le fragment conservé atteigne la moitié du billet. L’appréciation des indices matériels et de l’état des fragments permet d’établir la destruction totale même en l’absence de certitude absolue. L’admission des conclusions ou l’absence de contestation formelle par la banque peut conduire à la condamnation correspondante (consid. 2 ss).
B. Civilrechtsptlege. fäftigen unb umfiq tigen Unternel)met etfotbert l)ätfe, nut genetu gentüfte WC,üerict au bermenben unb jebenfetU niq t onne l.lOt erige genaue Untet'fuq ung WCetteriet( au 6enunell, me ct;e , wie bet ftagfiq e J)aclen, butd) Iangjäl)rigen e6raudj l.lieUeiq t in feiner !miberftanbnfäl)igfeit gefd)äbigt mett. :Vie um fo mel)r, ag bod) aud) fonft nid)t in aUen :teilen mit umfid)t!giter EiOtg faU l.lerfal)ren 11.lurbe, benn, mie bie Jverten aunfnred)en, wiire e l.lorfid)tiger gen.lefen, 11.lenn aum llluf3iel)ell ber qslatte nut ei n (etfd)en3ug mit genügenber :tragfiil)igfelt märe l.lermenbet morben, ba e 6ei 58enuenbung :)on 3wei etfd)en3üflen au e6ung ine Eitücle l.lodommen rönne, betj3 her eine berieC6en bieUeid)t dU ftart, her anbere 3u wenig in Illnfvrud) genommeu merbe. .'Jft hemnad) eine teHll.leife Qftvfnd)t bel' enagten megen IDHtber fd)utben 6egrunbet, fo 6raud)t nid)t unterfud)t 3u werben, 06 bie bon ber 580rinftana bem a6rifl)etftVf!id)tgefene gegebene Illu legung :6egrunbet fei, baj3 eine teibueife aftVfIid)t be etrieM untemenmer aud) bann 6eftene, wenn ne6en bem eigenen 58er fd)ulben be 58erlenten nid)t ein I))(it .lerfd)ufben be etrieonun temenmer , wonr aoer ein 3ufämge reigntf; 3u eroeiful)rung . be UnfetUe mitgemirft at. 4. .'Jn e3ug etUT baß Quantitatib ber ntfd)iibigung nimmt bie 58orinftan3 an, ber etöbtete l)a6e auf ben Unter!)art feiner l)efrau anniiJ)crnb 500 r. l-Jer ,3al)t' bermenbet. ei bem IllUer beß etöbteten .lon 65 ,Jal)ren entfnred)e eine ,Jal)reßrente bon biefem etrage einer Stal-JiMfumme bon circa 4400 r. ie .lon fet a6er nid)t nur ber ü6Hd)e Illbftrid) megen ber 580rteife ber .R:atJ itara :6finbung fonbem ein meHerer beßl)a16 au mad)en, meif heim nter unb erufe be .ögn mit Eiid)erl)eit anaune!)men fel, baU fein 58erbienft fid) 6alb l.lerringert l)a6en mürbe unb t'ß tönne be 9aI6 ber ganae nad) Illrt. 6 litt. a, b unb c be O:a6rif aftvf!ia,tgefeßeß a u erfenenbe Eid)aben nid)t !)öl)cr ar auf etm,l 2700-2800 O:r. angefd)fagen merben. :Viefer Eid)aben fel nur a um :trife bon ben ef(agten 3u erfenen unb amar fei i9nen, ba bie Eid)ufb beß etßbteten bod) eine nid)t geringe gemefen fet unh ba auf oer anbern Eieite Nof; ein BufaU mitgefVielt l)a6e, ber geringere :tei! be.6feIUen Qufauet'fegen, ber mit 1000 r. unge fii!)r rid)tig 6emeffen fein möge. !menn nun aud), im egenfate V. Ausgabe und Einlösung von Banknoten. N° 97.
3U ber 58orinftan ö , ein WCitl)erfdju ben bel' ef(agten anaune!)men ift, fo tft bod) bie l.lorinftct1t ö Hdj gefl'rod)ene ntfd)iibigung au 6eftiitigen. :venn bem l,)(ofi leid)ten 58erfd)ulben ber enagten fte!)t in ber uMorfid)tigen unb .lorfd)riftßwibrtgen S)Qnblungß meife beß etöbteten ein meit fd)mmrcß beß (entern gegenüber unb t'ß tft bal)er bie ber .R:fiigerin ge6ül)renbe (J:1ttfd)iibigung mefentrtd) u rebuaieren. emnad) 9at ba unbeßgerid)t erfannt: ie !meiter3iel)uug 6eiber qsarteien mirb a(ß un6egrünbet a6ge miefen uub eß !)at bemnad) in aUen :teUen 6ei bem angefod)tenen Utteife be IllvveUation unb .5taffattonßl)ofcß beß stantonß ern fein emenben. V. Ausgabe und Einlösung von Banknoten. Emission et remboursement des billets de banque. 97. Extrait de l' ar1'et du 1" Juillet 1893 dans la cause Societe a: assurance la Nenchitteloise "! contl'e Banque de Zurich 8: consorts. Dans la nuit du 14 JuilJet 1891 un fourgon postal, faisant partie d'un train de chemin de fer, a ete incendie entre Aar- bourg et Rothrist, et son contenu a ete en partie detruit. Ce fourgon contenait, entre autres valeurs, un group adresse par Ia Societe de credit suisse, aZurich, a la Banque canto- nale neuchateloise, group qui, declare pour 5000 francs, et assure pour cent mille francs aupres de la societe d'assurance pour risques de transport La Neuchateloise, "! avait en realite une valeur de 105 000 francs, representes comme suit: Fr. 15 000 en billets de Fr. 50
50000 100 40000 500
B. Civilrechtspflege. Apres l'incendie on retrouva, en bilIets intacts, et en billets deteriores clont SubRistait un fragment superieur a la moitie de leur dimension primitive, une somme de 71 900 francs , la quelle a ete remboursee, sans opposition, par les Banques qui les avaient emis. Ces dernieres, en revanche, se sont refusees a admettre au remboursement 59 fragments de dimension moindre devant provenir de 54 billets divers. Ces fragments, dont l'etat actuel a permis de constater l'origine, se repartissent comme suit, entre les Banques contre 1es- quelles La N euchateloise, 'I apres avoir desinteresse la Banque cantonale de N eucMtel, a ouvert action aux fins de les faire condamner a lui tenir compte de leur valeur, en conformite de I'art. 24 de la loi federale du 8 Mars 1880 sur l'emission et le remboursement des billets de banque :
La Banque de la Suisse italienne : 1 billet de 500 francs Fr. 500 Soit au total, Fr. 13700 V. Ausgabe lind Einlösung YOIl Banknoten. N° 97. G95 Statuant sur 1e proces au vu des actes de la procedure et apres audition de Ia partie demanderesse, qui seule s'est pre- sentee a l'audience, le Tribunal considere :
La competence du Tribunal federal pout' statuer en la cause ne peut etre cleniee en presence de l'art. 6 de Ia loi federale sur les billets de banque du 8 Mars 1881, statuant, cl'une maniere generale et sans restriction que les cOlltes- tations de droit prive resultant de l'emission des billets de banque sont du ressort du Tribunal federal. Gette competence n' est suborclonnee, en particulier, a aucun minimum eIe valeur litigieuse, ce qui resuIte entre autres, de Ia disposition de l'art. 34 de Ia meme loi, au.X: ter- mes de laqueIle, 10rs de la contestation de l'obligation de rembours er meme un seul billet pretendu faux, le Tribunal federal doit juger cl'urgence et sommairement l'action que le porten!' du billet cloit introcluire devant ce Tribunal dans le dtHai de huit jours. -La seule question a trancher dans 1'es- pece est cene de savoir si les fragments d'une dimension moimlre de Ia moitie des biIlets doivent etre neanmoins rem- bourses a teneur de l'art. 24, al. 2 de la loi, par le motif que le porteur a prouve que le reste de ces billets a ete detruit. Cette question reUwe incontestablement du droit prive, et comme, d'autre part, l'obligation de rembourser les billets decoule directement du fait de leur emission, les cleux condi- tions dont l'art. 6 plus haut reproduit fait depenclre la com- petence du Tribunal federal se trouvent realisees. 2° 11 Y a donc lieu de rechereher , en ce qui concerne cha- cune des banques defenderesses, quels sont les fragments litigieux dont le reste doit etre considere comme cIetruit, a teneur des preuves aclministrees, et en ayant egard a l'atti- tude observee en procedure par les dites banques. 3° La Banque du commerce de Geneve, la Banque de Geneve et Ia Banque cantonale cle Glaris ayant declare ad- mettre les conclusions de Ia clemande en ce qui Ies concerne, i1 suffit de donner acte a la demanderesse de ces declarations, qui mettent fin au litige po ur ce qui a trait aux trois etablis- sements financiers prenommes.
B. Civilrechtspflege.
La demanderesse a pretendu ensuite que deux fragments de billets carbonises, produits au dossier, etaient tout ce qui restait de denx billets de 500 francs, emis l'un par la Banque de Schaffhouse, l'antre par Ia Banque de la Suisse italienne, la plus grande partie de ees billets ayant ete detruit lors de l'ineendie de Rothrist. Les denx banques en qnestion n'ayant produit aueune reponse aux conclusions de la demande, et n'ayant ainsi pas conteste les faits ci-dessus, il y a lieu d'admettre les dits faits comme reeonnus par elles, aux termes de l'art. 104 de la procedure eivile federale, et de prononeer l'obligation, pour les dites banques, de rembourser les deux billets dont il s'agit, en eorformite de l'art. 24, al. 2 h ftne de la loi federale sus- visee. 50 La Banqne eantonale de Zurieh, s'expliquant sur la demande en ce qui la concerne, n'en a pas davantage con- teste formellement les conclnsions. TI y a done lieu egalement de statuer, de ee chef, comme il a ete dit pour les deux ban- ques precedentes. TI n'est, d'ailleurs, point doutenx que les fragments des deux billets de la Banque eantonale de Zurieh, dont il s'agit, proviennent de l'ineendie du fourgon postal a Rothrist, et la Banque prenommee a declare expressement admettre les eonclusions de la demande, des le moment ou ee fait serait etabli.
TI en est de meme en ee qui touche les chefs de la demande relatifs a la Banque eantonale de Saint-Gall et a la Banque du Toggenbourg, qui n'ont pas davantage conteste formellement ces conclusions, pas plus que la destruction, lors de l'incendie du fourgon a Rothrist, des parties manquan- tes de leurs billets ; elles ont, au contraire, declare admettre ces conclusions a la condition, aceeptee par la demanderesse, que celle-ci les garantisse par un revers contre le dommage qu'elles pourraient souffril' du fait du remboursement des fragments de leurs billets plus haut specifies.
Relativement a la Banque cantonale de Soleure les faits a la base de la demande sont les memes qu'a l'egard des banques precMentes ; elle n'a formuIe a l'encontre de l'expose V. Ausgabe und Einlösung von Banknoten. N° 97.
de ces faits par La N euchateloise qu'une seule objection, consistant a dire que les deux fragments, decrits a page 3 de la demande comme provenant de cleux billets differents, ont fait partie, en realite, d'un seul et meme billet de 500 francs, portant le numero 226 de la serie BI, d' ou il suit que la Banque de Soleure n'aurait a rembours er que 5000 francs, an lieu des
francs qui lui sont reclames. Elle s'eu remet d'ailleurs a la decision du Tribunal de ce ans pour ce qui a trait a l'in- terpretation de l'art. 24, al. 2 de la loi federale, ainsi qu'ä son application a l'espece. Oette determination n'implique nullement une contestation formelle des fins eIe la demancle, que la defenderesse accepte, au contraire, a l'egard de 10 fragments de ses billets de 500 francs, sur 11 qui sont en cause i il s'en suit que les COll- clusions de La N euchateloise doivent lui etre adjugees en ce qui a trait aces 10 fragments. L'expertise a admis que les deux fragments contestes ap- partenaient a un senl billet, et leur examen minutieux ne fournit aucun element de nature a infinner cette appreciation. La seule difference d'avec les 10 fragments incontestes, git dans le fait que ces derniers sont seulement carbonises dans leur partie mediane et continuent a former un tout ininter- rompu, tandis que les deux fragments en question ont ete separes ensuite de l'action plus intense du feu. La preuve que ces deux fragments ne proviennent pas d'un seul billet ne saurait en tout cas etre consicleree comme faite, il y a donc lieu de reconnaitre l'obligation de la Banque cle Soleure a rembours er par 5000 francs seulement les 11 fragments pro- duits, et cle repousser le surplus des conclusions de Ia clemande sur ce chef. 8° La Banque aZurich conteste son obligation de relll- boursel' les 31 fragments de ses billets de 100 francs aussi longtemps qu'il n'aura pas ete reconnu par le Tribunal que les parties man quantes de ces fragments -dont plusieurs n'atteignent cl'ailleurs pas la moitie d'un billet intact, -ont e16 entierement detruites. La predite Banque estime, en outre, que jusqu'a ce que cette preuve soit faite, il est admis- XIX -1893 39
B. Chilrechtspflege. sible que les 31 fragments dont il s'agit appartiennel1t aux 113 billets de 100 francs, faisant egaIement partie ae l'envoi deteriore par le feu et qu'elle a deja rembourses. Bien que l'expertise declare ne pas pouvoir se prononcer avec certitude sur ce point, il resulte toutefois de l'eusemble des circonstances, ainsi que de l'examen des fragments eil Iitige que le8 parties manquantes des dits billets doivent avoir subi une destruction totale. L'aspect de ces fragments ne permet, en effet, pas cl'all- mettre que les parties man quantes aient ete simpIel11ent sepa- rees par l'action du feu, et encore moins qu'iI puisse en avoir subsiste des restes d'une dimension superieure a la moitie d'un billet. COl11me il est etabli que les billets de 100 francs faisant partie de l'envoi deteriore etaiel1t reunis en liasses entourees de bandes de papier, et que les 113 billets rem- bourses avaient presque tous 1ems quatre angles detruits par Ie feu, il faut necessairement admettre que l'action ae l'eIß ment destructeur s'est r,roduite d'abord sur les parties exte- rieures, soit sur les bords des billets, qui ont ete entierel11ent detruites, et que la partie centrale conservee constitue 1e senl reste dES dits billets. L'etat de carbonisation des bords des 31 fragments en question, clont il ne reste que la partie cen- tl-ale, del110ntre qu'il en a ete de meme en ce qui les con- cerne, et que leurs parties l11anquantes doivent avoir ete consumees. La circonstance qu'il se trouve au dossier des fragments appartenant au meme billet n'infirme nullement (;e qui precede ; il ressort, en effet, de leur aspect qu'iIs n'ont point ete separes par l'action de la flamme, mais qu'ils doivent leur origine a la brisure, posterieure au sinistre, du papier fortement car- bonise. En outre, il est etabli en la cause que 500 billets de 100 francs se trouvaient dans le pli assure. Comme 398 d' entre eux ont ete rel11bourses, il s'en suit qu'il en l11anque 102. 01' comme 31 biIlets seulement de Ia Banque aZurich font l'objet de la demande actuelle, il en re suIte que 71 billets de 100 francs doivent avoir ete totaIement detruits. Cette circon- v. Ausgabe und Einlösung von Banknoten. N° 97.
stance constitue un indice important en faveur de la these que les 31 fragments, dont le remboursement est reclame de Ia Banque aZurieh, ne sont pas des restes des biIlets deja rem- bourses. En effet, s'iI en etait autrement, le nOl11bl'e des bil- lets detruits totalement devrait avoir ete superieur a 71, et celui des billets detruits partiellement, inferieur a 31. Dans cette situation la preuve de la destruction totale des parties man quantes des 31 billets en question doit etre con- sideree comme faite, et 1a Banque aZurieh est tenue, aux termes de l'art. 24, al. 2 in fine de la loi, d'en operer le rem- boursement en main de la demanderesse. Par ces motifs,
Le Tribunal federal
prononce:
2° Les banques clont les noms suivent sont condanmees a
rembourser a la clemanderesse les fragments, produits au
dossier, de leurs billets 1'espectifs, a savoir :
Cl) la Banque a Schaffhouse, un fragment de billet, par
500 francs;
500 francs et l'autre par 50 francs.
d) la Banque cantona1e de Saint-GaIl, t1'ois dits, provenant
de billets de 500 francs; par 1500 francs, contre revers;
e) la Banque du Toggenbourg, quatre fragments, provenant
de 2 billets de
500 francs, par 1000 francs, egalement contre
revers;
f) la Banque cantonale de Soleure, 11 fragments, prove-
nant de 10 biIlets de 500 francs, par 5000 francs.
g) la Banque aZurich, 31 fragments
J
provenant de 31 bil-
lets a 100 francs, par 3100 francs.
Les parties sont deboutees de toutes ulterieures et plus al11ples conclusions.