C/5500/2012
ACJC/353/2016
du 11.03.2016 sur JTPI/4960/2015 ( OO ) , CONFIRME
Descripteurs : SIMULATION; PRÊT DE CONSOMMATION; NOVATION; CESSION DE CRÉANCE(CO); FORME ÉCRITE; EXCEPTION D'INEXÉCUTION; VENTE; IMPOSSIBILITÉ SUBJECTIVE; CONVENTION DE LUGANO
Normes : CO.18; CO.20; CO.312
En faitEn droitPar ces motifs RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE POUVOIR JUDICIAIRE C/5500/2012 ACJC/353/2016 ARRÊT DE LA COUR DE JUSTICE Chambre civile du VENDREDI 11 MARS 2016
Entre A.______ LTD, sise , (Chine), appelante d'un jugement rendu par la 8ème Chambre du Tribunal de première instance de ce canton le 28 avril 2015, comparant par Me Charles Poncet et Me Aileen Truttmann, avocats, rue Bovy-Lysberg 2, case postale 5824, 1211 Genève 11, en l'étude desquels elle fait élection de domicile aux fins des présentes, et Monsieur B., domicilié ______, (Norvège), intimé, comparant par Me Frédéric G. Olofsson, avocat, rue de Cornavin 11, 1201 Genève, en l'étude duquel il fait élection de domicile aux fins des présentes.
EN FAIT
Elle expose que le capital de 874'378 fr. correspond aux deux montants prêtés à B.______ par elle-même et C.______ HOLDING SA, le 1er septembre 2007, plus les intérêts courus depuis cette date, au taux de 5% l'an, lesquels lui sont dus en vertu d'un contrat de prêt dissimulé signé le 28 mai 2009.
b. B.______ conclut à la confirmation du jugement entrepris.
c. Statuant sur requête de B., la Cour a condamné A. LTD à verser aux Services financiers du Pouvoir judiciaire, à titre de sûretés en garantie des dépens d'appel, la somme de 22'000 fr. dans un délai de 30 jours à compter de la notification de sa décision, réservé la suite de la procédure et dit qu'il sera statué sur les frais et dépens relatifs à la procédure de sûretés avec la décision sur le fond.
A.______ LTD a versé la somme réclamée dans le délai imparti.
d. Aux termes de leurs réplique et duplique, les parties ont persisté dans leurs conclusions respectives.
e. Les parties ont été avisées le 20 novembre 2015 par le greffe de la Cour de ce que la cause était gardée à juger.
C. Les éléments suivants résultent de la procédure :
a. B., homme d'affaires norvégien domicilié en Norvège, est actif dans l'immobilier. Il entretient une relation d'affaires et amicale avec D., ingénieur norvégien.
Au milieu des années 2000, B.______ a participé à deux projets immobiliers aux alentours de la ville de F., en Thaïlande. Le projet "The P. Project" portait sur la construction de villas, tandis que le projet "The F.______ Garden Project" portait sur la construction d'appartements. Le premier projet a été conduit par la société thaïlandaise G.______ CO LTD (ci-après : G.), fondée le 15 mars 2005, tandis que le deuxième a été conduit par la société thaïlandaise H. CO LTD (ci-après : H.), fondée le 30 janvier 2006. Par ailleurs, B. s'est intéressé à deux appartements "penthouse" dans un immeuble à F.______ dont le nom ou l'adresse comporte le terme de "E.______ I." ou "E.I.". Il a réservé le premier appartement en 2005, tandis que le deuxième a d'abord été réservé par un dénommé J., puis celui-ci a cédé sa réservation à B., à une date antérieure au 12 février 2008. K., avocat norvégien associé à l'Etude L., à ______ (Espagne), a accompagné B. sur le plan légal, en collaboration avec l'Etude thaïlandaise M.______ et le F.______ Business Center, appartenant à un Néerlandais nommé N.. Des employés thaïlandais de l'Etude M., respectivement du F.______ Business Center, fonctionnaient comme hommes de paille ("nominees") pour détenir à titre fiduciaire, pour leurs clients étrangers, des parts majoritaires dans les sociétés thaïlandaises, propriétaires - successives - des biens immobiliers du "P.______ Project" et du "F.______ Garden Project", respectivement des deux appartements "penthouse" à "E.______ I.". Cette détention fiduciaire était nécessaire parce que des étrangers ne pouvaient pas détenir des biens immobiliers thaïlandais à plus de 49 %. Pour chaque appartement terminé, respectivement pour chaque villa terminée, une nouvelle société immobilière séparée a été créée, en vue de sa vente à des tiers acquéreurs. b. Q., avocat à Genève, est l'unique actionnaire (ou détenteur de parts sociales) et bénéficiaire économique des sociétés C.______ HOLDING SA (ci-après : C.), sise à ______ (GE), et A. LTD (ci-après : A.), sise à ______ (Chine). C., dont le but social est la prise et gestion de participations à toutes entreprises commerciales, financières, industrielles et immobilières, détient à 100% R.______ SA (ci-après : R.), autre société sise à ______ (GE) dont le but social comprend la gestion de fortune. A travers l'étude d'avocats dont il est associé, d'une part, et de sa société R., d'autre part, Q.______ est en mesure d'offrir à des clients fortunés des services complets en matière de structuration et de gestion de patrimoine.
Informé des affaires de ses clients, il peut par ailleurs y participer (notamment à travers ses sociétés), en cas d'entente.
c. O., employé chez R. du 1er février 2006 au 31 mars 2009, a introduit B.______ comme nouveau client auprès de R.______ et de Q.. L'Etude d'avocats de ce dernier a fourni à B. des services en matière de structuration de son patrimoine tandis que R.______ en a géré une partie, et Q.______ - qui a déclaré dans la présente procédure avoir "géré les sociétés de M. B." - a pris connaissance des affaires immobilières thaïlandaises de B..
d. A une date non déterminée postérieure au 1er septembre 2007, C.______ et A.______ ont chacune conclu avec B.______ un contrat de prêt partiaire ("Participating loan agreement"), avec effet rétroactif au 1er septembre 2007.
Aux termes de ces contrats, C.______ a prêté la somme de 433'000 fr. et A.______ celle de 370'000 fr. à B., étant précisé qu'au moment de la conclusion de ces prêts partiaires et durant l'année 2007, tous les fonds en question avaient été versés directement par C. en mains de différentes sociétés thaïlandaises, respectivement en mains d'K.. A l'occasion des prêts partiaires, A. est ainsi devenue créancière à l'égard de B., s'agissant de la restitution d'une somme d'argent de 370'000 fr. C. et A.______ devaient percevoir un intérêt de 5% par an sur les sommes prêtées et participer, de surcroît et à raison de 30,75%, au bénéfice à réaliser lors de la revente future des biens immobiliers financés en Thaïlande à travers trois sociétés locales désignées comme "E.I., F.______ GARDEN et G.______ (P.S)". A partir du 1er mars 2009, chaque prêt était remboursable partiellement au moment de la vente d'un bien immobilier financé au moyen du prêt. Pour le surplus et à partir de la même date, chaque prêt était automatiquement renouvelé chaque mois pour un mois supplémentaire, sous réserve d'une résiliation écrite par l'une des parties, deux semaines avant la prochaine échéance mensuelle. Les deux contrats de prêt partiaire ont été soumis au droit suisse et à la juridiction des tribunaux genevois. Aucune des parties n'allègue que les fonds prêtés ont été remboursés par B..
e. Selon un courrier de K.______ de l'Etude L.______ à O.______ chez R., daté du 12 février 2008, l'Etude L. confirmait et garantissait que les deux appartements "penthouse" dans l'immeuble désigné par le terme de "E.______ I.", à F., étaient en train d'être transférés ("in process of being transferred"), respectivement, à S.______ CO LTD et T.______ CO LTD, sociétés dirigées par B.______ et dont la majorité des actions étaient détenues à titre fiduciaire par M., pour B.. L'Etude L.______ confirmait et garantissait également que l'acquisition, par O., de 20% de la participation minoritaire de 49% à la société G. avait été dûment enregistrée le 12 juillet 2007, et que 51% des actions étaient détenues à titre fiduciaire par des employés du F.______ Business Center, des documents de transfert en blanc de ces titres étant en possession d'K.. Enfin, l'Etude L. confirmait et garantissait une option d'achat, en faveur de O., de 50% de la participation minoritaire de 49% (détenue par U. HOLDING SA, société luxembourgeoise représentée par B.) dans la société H. dont 51% des actions étaient détenues à titre fiduciaire par des employés du F.______ Business Center, des documents de transfert en blanc de ces titres étant en possession d'K.. f. En raison de la crise financière de 2008, la vente des appartements et villas en Thaïlande à de tiers acquéreurs s'est révélée difficile. g. Par contrat du 28 mai 2009, A. et B.______ ont convenu de la cession, par A.______ à B., de 50% des parts sociales ("shares") de H. ("The F.______ Garden Project"), 20% des parts sociales ("shares") de G.______ ("The P.______ Project") et 100% des parts sociales ("shares") dans les deux appartements "penthouse" à "E.I." contre le paiement, par B.______ à A., de la somme de 874'378 fr. Selon ce contrat, signé par Q. au nom et pour le compte d'A., celle-ci avait acquis les parts sociales en question, pour avoir financé certains projets immobiliers de B. à F.______ en Thaïlande.
Le prix de vente était payable par acomptes, la totalité du montant devant être versée jusqu'au 30 novembre 2009, avec intérêts à 5% l'an, et un délai de grâce de six mois était accordé si B.______ payait au moins l'équivalent, en francs suisses, de NOK 2 millions (2 millions de couronnes norvégiennes).
Le contrat en question a été soumis au droit suisse et à la juridiction des tribunaux genevois.
Selon les allégués de A., entièrement contestés par B., les parts sociales à céder étaient en réalité déjà en possession de celui-ci, la promesse de cession était simulée, et les parties avaient en réalité voulu remplacer les deux contrats de prêt conclus en 2007 entre A.______ et C., d'une part, et B., d'autre part, par un nouveau contrat de prêt unique entre A.______ et B.. En effet, le capital de 874'378 fr., dont elle réclame actuellement le paiement (avec intérêts à 5% l'an dès le 28 mai 2009), correspond au capital initialement prêté à B. par elle-même et par C.______ (soit 370'000 fr. + 433'000 fr. = 803'000 fr.), additionné des intérêts courus du 1er septembre 2007 au 28 mai 2009.
h. B.______ n'a rien payé à A., postérieurement au 28 mai 2009. Par courriels des 17 septembre et 26 novembre 2009 à Me V., avocate de A.______ et par ailleurs employée de l'Etude d'avocats dont Q.______ est l'un des associés, B.______ a indiqué qu'il travaillait dur pour assurer le remboursement du prêt consenti.
Puis, par courriel du 10 février 2010 à Me V., B. a exprimé ses regrets de ne pas avoir été en mesure de rembourser le prêt comme convenu.
D. a. Par assignation déposée le 24 août 2012 par devant le Tribunal, A.______ a conclu à la condamnation de B.______ au paiement de 874'378 fr. avec intérêts à 5% dès le 28 mai 2009.
A.______ a fondé sa demande sur le contrat signé entre les parties en mai 2009 qui, selon elle, n'était en réalité qu'un nouveau contrat de prêt remplaçant ceux de 2007.
b. B.______ s'est opposé à la demande en faisant valoir que A.______ n'était pas propriétaire des parts sociales cédées, de sorte que le contrat de vente de ces parts ne l'engageait pas à en payer le prix.
E. a. Des pièces produites par les parties ressort ce qui suit :
a.a W.______ AS (ci-après : W.) est une société norvégienne par actions, constituée en 1987. Selon un certificat daté du 30 juillet 2012, le président de son conseil d'administration est B..
a.b X.______ AS (ci-après : X.) est une société norvégienne par actions, constituée en 2000. Selon un certificat daté du 30 juillet 2012, le président de son conseil d'administration est D., et selon une procuration datée du 15 novembre 2007, X.______ lui appartient à 100 %. Selon ladite procuration, X.______ a donné à B.______ le pouvoir de la représenter pour investir en Thaïlande, étant précisé que B.______ pouvait aussi agir en son nom personnel, mais pour le compte de X.. Au bilan de X. de l'année 2010 figuraient des investissements en parts sociales et autres participations dans G., H. et "TAHILAND S.______ CO LTD" (recte : S.______ CO LTD).
a.c Selon un certificat du 17 juillet 2012, B.______ est l'unique "director" de G.. Les listes successives des détenteurs de parts sociales de G. des 16 juillet 2007, 24 septembre 2007, 30 juin 2008, 4 avril 2009, 30 avril 2010, 30 avril 2011 et 30 avril 2012 indiquent que 10'200 parts sociales sur 20'000 étaient détenues par des ressortissants thaïlandais et les parts restantes par les étrangers suivants : W.______ à concurrence de 490 parts, X.______ à concurrence de 490 parts, O.______ à concurrence de 1'960 parts, Y.______ à concurrence de 6'370 parts, Z.______ SA à concurrence de 490 parts. Selon une notification adressée au département compétent par B.______ et accompagnée d'une nouvelle liste, destinée à corriger celle du 30 avril 2012, AA.______ AS a remplacé O., le 21 septembre 2011. a.d Depuis 2011, B. est l'unique "director" de H.______ en remplacement de N., et depuis l'assemblée extraordinaire du 21 septembre 2011, W. détient 9'800 parts sociales sur 20'000 en remplacement de U.______ HOLDING SA (ci-après : U.), une société anonyme incorporée au Luxembourg depuis le 12 septembre 2000. a.e S. CO LTD (ci-après : S.) et T. CO LTD (ci-après : T.) sont des sociétés incorporées en Thaïlande dont B. est l'unique "director" selon des certificats datés du 17 juillet 2012.
Les listes successives des détenteurs de parts sociales ("List of Shareholders") de T., signées par B. les 1er février 2008, 3 décembre 2008, 4 avril 2009, 30 avril 2010, 30 avril 2011 et 30 avril 2012 indiquent que B.______ détenait 4'900 sur 10'000 parts sociales. La liste du 1er octobre 2011 fait état du remplacement de B.______ par W.. Selon une attestation établie le 2 mai 2013 par M. qui gérait les listes des détenteurs de parts sociales depuis le début des sociétés BB.______ LTD et T., pour le compte de W., la dernière liste correcte des détenteurs de parts sociales de T.______ était la liste approuvée par son assemblée générale extraordinaire du 1er octobre 2011, tandis que celle du 30 avril 2012 était fausse et avait été déposée auprès du département compétent sur la base d'une erreur administrative. B.______ avait adressé au département compétent une notification en vue de corriger l'erreur.
Les listes successives des détenteurs de parts sociales de S., signées par B. les 29 janvier 2008, 3 décembre 2008, 4 avril 2009, 30 avril 2010, 30 avril 2011 et 30 avril 2012, indiquent que B.______ détenait 4'900 sur 10'000 parts sociales. Puis, selon la liste établie à l'issue de l'assemblée extraordinaire des actionnaires du 23 octobre 2012, X.______ a remplacé B.. b. Le Tribunal a ordonné des enquêtes et entendu les parties et plusieurs témoins. b.a Le témoin O. a déclaré avoir détenu des parts sociales de W.______ - dont Y.______ détenait également des parts sociales - à titre fiduciaire pour B., sans toutefois se souvenir à concurrence de quel pourcentage et durant quelle période. Il ne se souvenait plus d'avoir détenu des parts sociales de G.. Il savait que B.______ détenait des parts sociales de cette société, mais ne savait plus si B.______ le faisait en son nom ou par le biais de sociétés interposées, ni à concurrence de quel pourcentage. Il ignorait également à concurrence de quel pourcentage B.______ détenait des parts sociales de H., et il ne se souvenait plus si B. détenait des parts sociales liées aux deux appartements "penthouse".
b.b Le témoin V.______ a expliqué avoir conseillé R., C. et A., dans le cadre du prêt consenti à B., et avoir rédigé les contrats de prêts liant C.______ et A.______ à B.. En revanche, elle n'avait pas rédigé le contrat du 28 mai 2009 qui lui avait été soumis par D., pour faciliter le remboursement des prêts partiaires par B.. Selon V., les parts sociales visées par le contrat du 28 mai 2009 étaient alors déjà en mains de B.. b.c Le témoin D. a indiqué que U.______ appartenait à B.______ et X.______ à lui-même. Il avait été détenteur de parts sociales de G.______ par le biais de X.______ tandis qu'à sa connaissance, B.______ n'en avait détenu ni dans G., ni dans H.. Selon ce témoin, Q.______ voulait investir en Thaïlande à travers A., et non pas seulement prêter de l'argent à B.. V.______ avait rédigé le contrat du 28 mai 2009, et B.______ voulait alors effectivement acquérir 50% des parts sociales H., 20% de celles de G. et 100% des deux appartements "penthouse". D.______ lui-même détenait des parts sociales S.______ depuis 2007 ou 2008 par le biais de X.______ qui n'avait toutefois été inscrite sur la liste des détenteurs qu'en 2012, B.______ ayant agi pour elle auparavant, en vertu d'une procuration. Selon D., B. ne détenait pas W.. b.d Selon Q., toutes les parts sociales de toutes les sociétés thaïlandaises s'étaient toujours trouvées en mains de M., avec des cessions en blanc en faveur de B..
O.______ avait représenté directement ou indirectement R., C. et A., mais jamais directement Q..
b.e B.______ n'a pas répondu directement à la question du juge de savoir s'il avait réclamé les parts sociales visées par le contrat du 28 mai 2009. Il s'est borné à déclarer qu'il avait appris qu'A.______ ne les détenait pas.
Il a indiqué qu'en 2008/2009, W.______ était théoriquement entièrement sous son contrôle par l'intermédiaire d'une société holding appelée CC., mais qu'en réalité, W. était sous le contrôle de divers créanciers. Lui-même était actionnaire d'U.______ à concurrence d'un tiers. Il était au bénéfice de procurations émanant d'autres investisseurs impliqués dans les projets immobiliers en Thaïlande, et il a énuméré J., Y., N.______ et les sociétés U., W., X.______ et "Aa." parmi les investisseurs initiaux, A. et C.______ s'étant jointes à eux ultérieurement.
c. En dernier lieu, les parties ont persisté dans leurs conclusions respectives.
F. Dans le jugement querellé, le Tribunal a considéré que le contrat de vente était nul pour cause d'impossibilité, A.______ n'étant pas en mesure de transférer les parts sociales dont elle n'était pas propriétaire. Quant aux contrats de prêt de 2007, A.______ n'était partie qu'à l'un d'entre eux, et elle n'avait pas prouvé avoir exécuté ses propres obligations en résultant.
G. L'argumentation juridique des parties sera examinée dans la mesure utile à la solution du litige.
EN DROIT
PAR CES MOTIFS, La Chambre civile : A la forme : Déclare recevable l'appel interjeté par A.______ LTD contre le jugement JTPI/4960/2015 rendu le 28 avril 2015 par le Tribunal de première instance dans la cause C/5500/2012-8. Au fond : Confirme ce jugement. Déboute les parties de toutes autres conclusions. Sur les frais : Arrête les frais judiciaires d'appel à 30'300 fr., les met à la charge de A.______ LTD et les compense avec les avances fournies par les parties, qui restent acquises à l'Etat de Genève. Condamne A.______ LTD à payer à B.______ la somme de 300 fr. à titre de remboursement des frais judiciaires relatifs à la requête de sûretés. Condamne A.______ LTD à payer à B.______ la somme de 22'000 fr. à titre de dépens d'appel et ordonne aux Services financiers du Pouvoir judiciaire la libération des sûretés du même montant, en faveur de B.______. Siégeant : Monsieur Cédric-Laurent MICHEL, président; Madame Pauline ERARD et Madame Paola CAMPOMAGNANI, juges; Madame Marie NIERMARÉCHAL, greffière.
Le président : Cédric-Laurent MICHEL
La greffière : Marie NIERMARÉCHAL
Indication des voies de recours :
Conformément aux art. 72 ss de la loi fédérale sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (LTF; RS 173.110), le présent arrêt peut être porté dans les trente jours qui suivent sa notification avec expédition complète (art. 100 al. 1 LTF) par-devant le Tribunal fédéral par la voie du recours en matière civile.
Le recours doit être adressé au Tribunal fédéral, 1000 Lausanne 14.
Valeur litigieuse des conclusions pécuniaires au sens de la LTF supérieure ou égale à 30'000 fr.